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Histoire

1996 Le Monstre du Loch Tanganyika ou les Accords de Lemera

Long, mince, un peu décharné, même, le visage et le nez en pointe, si l’on devait trouver une comparaison canine pour parler de Paul Kagame, la première image qui viendrait à l’esprit serait celle d’un lévrier. Du moins pour le physique, car au moral il aurait plutôt des côtés bull-dog : « Quand j’ai mordu, je ne lâche pas ! »

Son obstination à être présent dans l’Est du Congo n’a d’égale que la régularité avec laquelle ses amis mettent en avant des plans de « partage des ressources frontalières ». C’est la cas tout aussi bien des vieux amis américains avec le « Plan Cohen » que du nouveau prétendant Nicolas Sarkozy.

Quand on veut être bien vu de quelqu’un, on flatte ses petites manies. Visiblement, quand on veut devenir copain avec Paul Kagame, il est bon de lui dire qu’en toute justice le Rwanda devrait avoir des droits sur le Congo.

Où pourrait-il avoir pêché cette idée ?

 

Cette question fait émerger des profondeurs des Grands Lacs (et même du plus profond : le Tanganyika) le Monstre du Loch Ness de l‘histoire congolaise récente, c'est-à-dire les « accords de Lemera ».

Lemera est une localité secondaire non loin d’Uvira et serait le lieu où est née l’AFDL. Et l’existence d’une alliance entre ce mouvement et le Rwanda n’est plus à démontrer. De la matérialité d’une alliance à l’existence d’un quelconque document signé entre les parties, il n’y a qu’un pas qu’on a vite franchi. (Peut-être trop vite, car pourquoi des engagements vraiment compromettants ne seraient-ils pas restés verbaux ?). Une autre supposition assez naturelle est que si un document de ce genre a existé et a servi de base à l’alliance qui permettait à l’AFDL de bénéficier du soutien militaire rwandais, il devait comporter l’une ou l’autre clause mentionnant reconnaissance et gratitude envers le Rwanda… et de « gratitude » à « gratification », il n’y a pas loin. L’idée vient, encore une fois, naturellement que le « matabiche » d’usage pourrait bien avoir figuré en toutes lettres dans ces accords, si toutefois ces accords ont existé.

Comme on vient de le voir, le terme « Accords de Lemera », qui signifiait initialement un accord de création de l’AFDL, entre ce que LD Kabila lui-même devait qualifier plus tard de « conglomérat d’aventuriers et d’opportunistes » (Il s'agit de Laurent Kabila du PRP, Parti de la Révolution populaire" ", André Ngandu Kisase du MNC/L-CNRD "Mouvement national congolais/Lumumba - Conseil national de résistance pour la démocratie", de Anselme Masasu du MRLZ "Mouvement révolutionnaire pour la libération du Zaire", de Deogratias Bugera de l'ADP "Alliance Démocratique des peuples", et de Bizima Karaha) avec l’appui des pays voisins, en particulier du Rwanda, a fini par une série de « déductions naturelles » qui PEUVENT en effet venir à l’esprit mais dont AUCUNE n’est EVIDENTE en soi, par désigner dans l’esprit du public une sorte de « contrat de vente du Kivu au Rwanda ».

La seule preuve décisive serait de mettre la main sur le texte … si du moins un tel texte existe !

 

Le texte

 

Toutes les citations faites des « Accords de Lemera » remontent à une publication faite par le journal « Umoja », à qui cette publication a d’ailleurs valu des ennuis dans lesquels d’aucuns voient une confirmation de l’authenticité du texte.

Celui-ci était la traduction par « Umoja » d’un original anglais, extrait du livre « In Search of The Power », par Claudia McElroy[1], paru chez Penguin Books en 1999. Or, à chaque fois que l’on entend citer « Les Accords de Lemera », le texte est absolument identique à celui de « Umoja ». Si l’une de ces citations était faite d’après un original, il serait quand même étonnant qu’un texte soit identique à l’autre, alors que celui-ci aurait été traduit du français en anglais par Mme McElroy, puis à nouveau de cette langue en français à « Umoja ». Identité de sens, oui, mais mot à mot, ce serait un miracle ! Autre signe de ce même fait : aucun texte ne cite plus de 8 articles, alors que la journaliste écossaise dit explicitement qu’il y en avait davantage, mais qu’elle cite uniquement huit premiers, son but étant d'illustrer, sur base de ce texte, l'irresponsabilité des mouvements rebelles africains dans la prise des décisions sans consultation préalable du peuple.

 

Voici le contenu des 8 articles tels que répertoriés par Claudia McElroy.


Accords de Lemera signés le 23 Octobre 1996 par les camarades fondateurs de 
l'AFDL


Art.1. Il est créé, en ce jour du 23 octobre 1996 à l'Hôtel Lemera, une Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo qui sera soutenue militairement par les forces combattantes de l'AFDLA[2]

Art.2. Le sol et le sous-sol congolais appartiennent à l'Alliance. 

Art.3. L'Alliance devra demeurer une institution de l'Etat canalisatrice de l'idéologie de libération. 

Art.4. Prêchant le panafricanisme, l'Alliance s'engage à céder 300 kilomètres aux frontières congolaises, à l’intérieur du pays, pour sécuriser ses voisins ougandais, rwandais et burundais contre l'insurrection rebelle. 

Art.5. Dès que l'Alliance aura gagné la victoire, une rétribution spéciale sera allouée aux Alliés. Sa détermination est de la compétence de l'instance supérieure de l'Alliance. 

Art.6. Tous les politiciens des années soixante en Rdc et ceux ayant collaboré avec le régime de Mobutu seront mis en retraite politique. 


Art.7. La nationalité congolaise sera accordée collectivement aux camarades Banyamulenge et aux autres populations d'origine rwandaise établies au pays avant la date de l'indépendance de notre pays
(le 30 Juin 1960). 

Art.8. L'Anglais et le Swahili devront concurrencer le français dans l'espace linguistique de notre pays. 

 

Le dernier article vaut que l’on s’y arrête d’abord, tant sa rédaction comporte de bizarreries ! Certes, un argument tel qu’une rédaction bizarre ne suffit pas à prouver que le texte en question soit un faux. Y a-t-il d’ailleurs lieu de faire une telle démonstration ? Il conviendrait plutôt de remarquer que Mme McElroy ne prouve pas que ces accords aient existé, ni qu’elle en citerait le texte exact, et n’explique pas de quelle manière ce document se trouverait en sa possession. Un historien trouverait donc le « pedigree » de ces accords éminemment suspect.

Revenons à cet article 8 !

Tout d’abord, l’anglais et le swahili sont mis sur le même pied, comme s’il s’agissait de deux langues étrangères. Ceci, alors que le swahili est l’une des quatre langues nationales, ce que tout Congolais sait depuis l’école primaire, et que c’est de plus la langue la plus importante du pays, ce que ne pouvaient ignorer les signataires, et certainement pas LD Kabila, qui parlait cette langue depuis son enfance.

D’autre part, en anglais, le mot « concurrence » a un sens qui l’apparente davantage à notre mot « concurremment », qui suppose la simultanéité qu’à « concourir » où il y a une idée de compétition, voire d’hostilité. Dans un tel cas, un anglais parlera non de « concurrence » mais de « challenge » [3].

Enfin, au Congo, il n’y a pas « concurrence » entre la langue coloniale (le français) et les langues nationales. Elles se superposent et parfois même se mélangent allègrement ! Il pourrait donc y avoir concurrence entre l’anglais et le français d’une part, et entre le swahili et, par exemple, le lingala, mais pas entre le swahili et le français. Il est vraiment difficile de croire que cette phrase ait été rédigée par Congolais, ou même par un étranger ayant une connaissance un peu sérieuse du Congo. Par contre, quelqu’un dont les connaissances seraient plus superficielles, par exemple une journaliste britannique…

Il n’est pas nécessaire d’aller jusqu’à supposer que McElroy a sciemment et délibérément commis un faux. Après tout, son propos n’était pas de le traiter en document juridique, mais d’illustrer ses propos sur « l’irresponsabilité des mouvements africains ». Elle a très bien pu citer en se référant à des notes quelconques, prises au cours d’un entretien avec quelqu’un qui lui a dit connaître ce texte… En tous cas, on ne saurait le considérer comme totalement exact, au sens où l’est, par exemple, un article de loi pris dans un code.

 

Sous ces réserves, que nous apprennent les articles dont nous disposons.

 

- l’article 1 ne nous apprend rien, si ce n’est l’existence de l’AFDL.

- le sens de l’article 2 est clair. L’AFDL se considère comme le gouvernement vraiment légitime du Congo (par opposition à celui de Mobutu) et donc comme en droit de financer son action par des moyens tirés du sol ou du sous-sol congolais. C’est le « financement à la Savimbi ».

- l’article 3 ne regarde que les institutions politiques.

- l’article 4 fait allusion à la cession de 300 km de territoires, en invoquant pour cela le panafricanisme et la sécurité des pays voisins. Tout le chiendent provient de ce que, dans les conditions peu sûres de transmission du texte, on n’est pas trop sûr de ce que veut dire le mot « céder » ! Annexion ? Accès privilégié ? Droit de poursuite militaire ?

- l’article 5 est de nature à limiter l’interprétation incertaine du précédent. Il prévoit en effet une « récompense » pour les alliés de l’AFDL, dont la nature n’est pas précisée et qui est laissée à l’appréciation des seuls Congolais. Pourquoi cette appréciation, si on a déjà convenu avec eux de leur céder une bande de territoire large de 300 km dans l’Est du Congo ?

- l’article 6 articule une évidence dont on aurait bien fait de tenir compte davantage.

- L’article 7 veut régler la question des « rwandophones congolais », en fait par un simple retour au « statu quo ante », annulant à la fois la loi inspirée par Bisengimana (1972), très favorable aux « zaïrwandais » et celle, très restrictive, votée en 1981 par le Conseil Législatif, sans plus de chances d’y arriver[4] .

- L’article 8 a déjà été commenté.

 

Donc, dans ce texte qui n’est déjà pas très sûr et sur 8 articles que nous connaissons, six parlent d’autre chose et les deux qui peuvent concerner le sujet se contredisent presque absolument.

 La version de Mzee LD Kabila

Il faut planter le décor, c'est-à-dire évoquer le contexte, qui est d’une importance capitale.

Lundi 27 juillet, la RTNC, la télévision publique interrompt ses programmes pour diffuser un communiqué du ministère de la Défense nationale lue par le commandant David Kokolo, directeur de cabinet du ministre de la Défense (qui n'est autre que Laurent Désiré Kabila lui-même.
"Le commandant suprême des Forces armées congolaises, le chef de l'État de la République démocratique du Congo et ministre de la Défense nationale, informe le peuple congolais qu'il vient de mettre fin, à dater de ce lundi 27 juillet 1998, à la présence des militaires rwandais qui nous ont assistés pendant la période de la libération de notre pays. Il remercie à travers ces militaires tout le peuple rwandais de la solidarité qu'il nous a témoignée jusque-là. Aussi félicite-t-il la grandeur d'âme du peuple congolais démocratique d'avoir toléré, hébergé et encadré ces soldats amis durant leur séjour passager dans notre pays. Ceci marque la fin de la présence de toutes forces militaires étrangères au Congo."

Au lendemain de la publication de ce communiqué, Kabila lui-même descend dans l'arène, il réunit les officiers de l'armée[5]. Il s'agit pour lui de répondre à deux défis : celui de ses compatriotes qui tolèrent difficilement l’alliance rwandaise, et celui de ses anciens alliés qui prévalaient d'être les vrais libérateurs du peuple congolais. Face à cet impératif, Kabila sent comme son devoir de dire tout haut ce que furent les termes de son alliance avec le Rwanda. Il donne donc sa version de faits. "Je n'ai pas vendu le pays, les Rwandais ne sont pas les vrais "libérateurs" et ils n'avaient pas l'intention d'occuper le pays: il s'est agi d'une coopération révolutionnaire", explique-t-il. Ci-après les passages significatifs de son discours[6].

« Chefs officiers,
« Il a fallu vous réunir afin de m'entretenir avec vous de la situation des Forces armées congolaises et pour que vous soyez orientés vers les principes de la nouvelle armée. C'est nécessaire! On ne doit pas philosopher pour parler de n'importe quoi. Il y a des points principaux. L'actualité récente demeure le départ de nos camarades rwandais qui coopéraient avec les Forces armées congolaises et leur retour dans leur pays. C'est ça l'actualité. Mais, qu'est-ce que cela signifie? Mais cela devait tôt ou tard arriver. Tout le monde s'y attendait. Ce pays est un pays souverain … À travers le processus de lutte, pour la dernière étape qui a vu l'extinction de la dictature, chacun de vous garde encore en mémoire la nécessité de composer les alliances avec les pays voisins - je dis bien les pays au pluriel - était une nécessité historique. .. Nous avons, avec le Rwanda, avant même la création de l'Alliance, discuté entre les dirigeants congolais et les Rwandais de l'armée et de la politique et soutenu que nous avions un seul ennemi commun. Il fallait compter sur une alliance. Avec les forces révolutionnaires de ces pays qui, eux aussi, avaient un problème.
 
« Voilà le besoin d'alliance entre les deux. Le régime révolutionnaire du Congo et du Rwanda est né de la nécessité pour le Rwanda de survivre à la menace de l'extinction, en tant que régime politique. Et, pour le Congo, c'était le moyen d'acquérir le matériel qui permettrait aux forces immanentes du peuple, d'en découdre avec le régime qui est déchu maintenant. L'alliance était donc nécessaire. Les stratèges l'ont compris et, de cette façon-là, nous avons donc noué l'alliance.
 
« Après tout, j'étais le seul représentant de la révolution congolaise et Kagame était le seul représentant du gouvernement du Rwanda et de leur mouvement, qui avions fait l'étude des calculs stratégiques pour nouer cette alliance. Donc, on ne vous racontera pas ce qui n'a pas été dit, parce que qui d'autre était là? Personne! Ceux qui n'y croyaient pas du côté congolais comme du côté rwandais, parce que l'Alliance a triomphé, nous avons prouvé que tous deux avions raison. C'est le clou de l'histoire.

« Nous Congolais devons donc considérer que les camarades rwandais qui n'étaient pas des milliers et des milliers de Rwandais parce que vous avez vu que l'élément le plus important dans la mobilisation de notre peuple a été autour de l'instrument politique dont nous avons voulu doter notre démarche de libération, l'Afdl et son dirigeant. C'est pourquoi, des milliers, des dizaines de milliers de "Kadogo" sont sortis, envoyés par leurs parents, pour rejoindre le camp de la révolution congolaise. Et ça été un mouvement massif. C'est à cause de cela que cette armée nouvelle, qui est entrée à Kinshasa, prend déjà le chiffre de 57.000 hommes. Allez-y trouver les Rwandais! En-dessous de 3.500. Et, dites-moi, qui sont les libérateurs? Il faut faire la part des choses!
 
« Vous savez que pendant tout ce temps-là, toute avalanche de propagande mensongère était dote à travers le monde. Voilà : on envahit le Congo, c'est l'affaire des "Nyamulenge"... Ce sont les Rwandais, même les Ougandais qui n'ont jamais envoyé même un seul soldat, pas deux, un seul, étaient cités être parmi les envahisseurs. Mais tout le monde sait que cela relève de l'ancien régime pour qui la révolution, partie de l'Est, était la tentative des pays étrangers, des Rwandais, des Tutsis, de capturer quelques territoires et surtout les deux Kivu. On les annexait au Rwanda, on parlait de l'hégémonie. Et là est venue toute la fable qu'on ne cesse de distiller dans la presse locale comme quoi, on aurait signé des accords à Lemera pour que Kabila et les autres qui ont été avec lui, vendent au Rwanda les deux provinces du Kivu.

« Et, y compris les politiciens que j'ai toujours appelés véreux que regorgeait la capitale ici, ont pris au lendemain de la libération de la capitale, une chanson : la chanson, c'est que nous sommes occupés par des étrangers. On nous a vendus... Comme s'ils ne savaient pas que le pays était déjà vendu à d'autres! Ils venaient maintenant découvrir l'arrivée des Kadogo et des autres. Oh! Oh! Oh! Le pays a été vendu… »

Admettons-le, les circonstances (il fallait prendre avec élégance un virage politique à 180°) sont davantage celles d’un discours de propagande voir démagogique, que celles d’un discours diplomatique ou d’un exposé objectif.

On y reconnaît d’ailleurs quelques grosses ficelles de propagande, telles que l’attribution systématique de tout propos opposés aux siens à la propagande de l’adversaire (Hier, Mobutu, aujourd’hui, les « politiciens véreux »).

Sa position n’était d’ailleurs pas trop difficile : les Congolais étaient en majorité opposés à la présence rwandaise et, du point de vue particulier des militaires, la disparition des Rwandais augmentait les chances d’avancement ou d’obtention d’un poste intéressant.

 

 Il y a toutefois une phrase intéressante à propos de l’Alliance rwandaise : « Après tout, j'étais le seul … et Kagame était le seul pour nouer cette alliance... qui d'autre était là? Personne! ».

Elle montre que pour Kabila, qui doit tout de même bien savoir de quoi il parle, les discussions préparant l’intervention rwandaise ont eu lieu entre lui-même et Kagame, et non à une réunion comme celle de Lemera.

Cela ne prouve pas qu’il n’y ait pas eu d’accords par lesquels Kabila aurait promis des concessions au Rwanda en échange de son aide. Cela prouve simplement que, s’il y en a eu,

Ils n’ont pas été stipulés à Lemera, et que les fameux « Accords » n’ont concerné que la formation de l’AFDL.

 

Ce qui diminue encore un peu davantage la crédibilité du fameux « texte des accords de Lemera »…

 

© Guy De Boeck, le mercredi 4 février 2009



[1] productrice de télévision pour la chaîne Sky TV à Londres

[2] AFDLA = Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération totale de l'Afrique. Autrement dit, comme on l’aura compris, les Rwandais et les Ougandais.

 

[3] Il faut mentionner, à l’appui de la véracité de la version de Mc Elroy, mais aussi de cette interprétation du texte le fait que les premiers billets émis lors de la « résurrection » du franc congolais comportaient deux changements qui furent remarqués : le montant en toutes lettres était désormais indiqué en swahili – la langue principale – à l’avers du billet, cependant qu’une inscription en anglais apparaissait à côté du français. Les langues étaient donc utilisées « concurremment »…

[4] On s’est sans cesse efforcé de résoudre par des mesures portant sur la nationalité un conflit qui était en réalité FONCIER. Durant les « années folles du mobutisme », Bisengimana et d’autres « congolais rwandophones » de l’Est faisaient partie de l’entourage étroit et très privilégié du dictateur. Ils ont été les grands bénéficiaires, dans l’Est, de la « zairisation » et des épisodes subséquents, et ils ont accaparé force terres au détriment des Chefs, des collectivités traditionnelles et des propriétaires blancs. Au lieu d’annuler simplement ces mesures - mais alors, pourquoi seulement dans le Kivu ? - on s’efforça de tripoter la nationalité de manière à « décongoliser » les bénéficiaires.

[5] Dont la majorité avaient servi dans les FAZ.

[6] Citation d’après le journal « Le Soft » n°752 du 13 août 1998, où l’on trouvera l’intégralité de ce discours

 

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