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Petna Ndaliko Katondolo : itinéraire d’un cinéaste, chorégraphe et danseur au palmarès impressionnant (Le Potentiel)

31ans, Petna Ndaliko Katondolo, est congolais de par son père et sa mère. Ce jeune garçon au sens aigu du relationnel, a l’air d’un étudiant. Mais attention ! Ne vous fiez pas à cette image. Car, derrière son physique juvénile, se cache un cinéaste, chorégraphe et danseur instruit. Il milite activement et s’investit physiquement pour promouvoir la cause des opprimés, des sans voix. Directeur du Centre culturel ‘‘Yole ! Africa’’ pour réfugiés à Kampala, en Ouganda, Katondolo, caméra à la main, mène, sans se disperser, le combat sur tous les fronts pour la réalisation des objectifs du Millénaire. Après plusieurs formations dans l’action audiovisuelle en Europe, il réalise beaucoup de films, qui ne cachent pas les références du réalisateur. Petna travaille l’image avec des techniques audiovisuelles modernes (numériques). Les rythmes des images et des sons se mêlent pour mieux questionner le cinéma d’hier et apostropher celui de demain : l’ère numérique sera-t-elle un rêve de plus ou tournera-t-elle au cauchemar ? Ce genre de prédilection ne peut pas être considéré comme de la fiction ou du documentaire. En avril 2006, Petna Ndaliko a participé aux festivals des cinémas d’Afrique : ‘‘Afrique Taille XL’’ organisé par l’asbl ‘‘Afrique Taille XL’’ en collaboration avec Africalia et la commune d’Ixelles à Bruxelles et ‘‘Africa film-festival’’ de Leuven.


Petna a les deux pieds sur terre et le parfait profil d’un cinéaste qui sait ce qu’il veut dans sa vie. Jaloux de son indépendance, Ndaliko mène un combat sur tous les fronts. L’évolution et le devenir du cinéma africain et son homme sont devenus, son cheval de bataille.

CARRIERE EMERGEANTE

Né en 1974 à Goma (province du Nord-Kivu) en Rdc, Petna, depuis sa jeunesse, rêve de devenir comédien. Il se dit timide, il a du talent pour le dessin, et vers sa dixième année, il vend son premier dessin. Plus tard, il découvre le cinéma avec ses amis : des films asiatiques de Kung Fu (Bruce Lee, Ti Lung, etc) et des comédies musicales (films indiens) et pratique le Karaté.

A l’âge de sept ans, il rêve de devenir Bruce, Ti ou Chang Shing. Il trouve des livres sur le cinéma, des acteurs et réalisateurs de films célèbres à la bibliothèque de la maison de la Jeunesse de Goma (chambre de la jeunesse) et de l’Alliance française. Il admire les héros du cinéma français et américain (Jean Paul Belmondo, Clint Eastwood, etc.). Il suit une formation de théâtre avec le Nzobo à Tchimba auprès de l’atelier ‘‘Expérimental Culturel et Ecologique’’.

En 1993, il y obtient le diplôme de la mise en scène de théâtre. Un an plus tard, il écrit sa première pièce de théâtre « Victime de la guerre » sur le thème de la mémoire des survivants du génocide rwandais. Dès lors, il est sollicité ci et là et réussit à s’intégrer dans le projet ‘‘Implantation et Exploitation de L’Audiovisuel’’ (Piena) à Goma. En 1995, il termine un cours de cameraman et de montage organisé par le Piena. Entre-temps, il travaille déjà comme producteur à Ozrt/Nord Kivu. Il y produit le film « Mukama » (1996) qui connaît une large diffusion via les stations des télévisions locales. Un programme à la télévision nationale parle de Ndaliko-Katondolo comme l’espoir de la province du Nord Kivu en matière de production audiovisuelle.

En 1997, il écrit une nouvelle pièce de théâtre qui sera adoptée pour la campagne de sensibilisation pour la paix et la promotion de la tolérance dans le Nord Kivu. Puis, la guerre arrive dans sa région, et en novembre de cette année-là, il fuit dans la forêt avec un groupe de jeunes. Après quelques semaines, ils se retrouvent dans un camp de réfugiés à Kampala.

En août 2000, Ndaliko fonde avec la hollandaise Ellen Lammers le Centre culturel Yole ! Africa pour réfugiés à Kampala. La même année, il écrit et réalise la première performance de danse et drame : Homeless au Théâtre National à Kampala. Deux ans plus tard, il termine son documentaire ‘‘Wakimbizi (Réfugiés)’’ traitant de la vie de jeunes réfugiés vivant à Kampala. Durant ces années, il suit des ateliers et des cours en audiovisuel à l’université de Nyundo.

Sa participation en 2003 à l’atelier sur l’action visuelle lui augure de nouveaux horizons. En 2004, Ndaliko voyage successivement à Nairobi, Amsterdam, Barcelone, Düsseldorf, Bruxelles et Amiens. A Nairobi, il est invité à faire partie d’une équipe internationale de cinéma pour le tournage d’un film sur le retour de l’auteur Kenyan Ngungi Wa Tshiong’o après 21 années d’exil.

Cette équipe comprend le cinéaste ghanéen Manthia Diawara, professeur à l’Université de New York, et le cinéaste congolais Balufu Bakupa Kanyinda. Au même moment, son film documentaire ‘‘Lamokowang (La calebasse)’’, produit avec le soutien de l’ambassade de France en Ouganda et l’Alliance française de Kampala, est sélectionné pour participer au forum Psbt de l’Unesco à New Delhi, en Inde.

A Amsterdam, Petna Ndaliko Katondolo prépare sa participation avec ‘‘Baobab Connections’’ à l’Onu Habitat forum de Barcelone. Au cours de ce forum, le jeune Ndaliko montre son film documentaire de dix minutes réalisé à Kampala, Cape Town et Bujumbura. A cette même occasion, il est invité par Bakupa à faire partie de l’équipe de tournage de son film « Juju Factory ». Lors de son voyage en Allemagne, il prépare avec Saliani une future collaboration dans le domaine de la danse et du théâtre visuel. Dès son retour, il présente le court-métrage ‘‘Lamokowang’’ au Ciné Week de Nairobi.

GOMA, CAPITALE DU CINEMA

Entre temps, ce film expérimental de 13 minutes tourné en Ouganda est sélectionné pour la compétition officielle des courts-métrages par le 24ième festival international d’Amiens. Avec Mwenze Ngangura et Dieudonné Kabongo, il participe à la table ronde sur le cinéma du Congo belge. Ndaliko présente son court métrage, dont l’esthétique cinématographique est inhabituelle de la part d’un cinéaste africain. Il prend la calebasse comme métaphore de l’Afrique. Il suggère ainsi que la calebasse n’est pas qu’un élément d’une Afrique ancienne, mais que c’est aussi celui d’une Afrique contemporaine.

Il veut ainsi briser l’image de l’Afrique en mettant ce fruit dans un contexte intemporel, en retravaillant l’image avec des techniques audiovisuelles modernes, notamment numériques. Les rythmes des images et des sons se mêlent pour mieux questionner le cinéma d’hier et apostropher celui de demain : l’ère numérique sera-t-elle un rêve de plus ou tournera-t-elle au cauchemar ? Ce genre de prédilection ne peut pas être considéré comme de la fiction ou du documentaire.

En novembre 2004, il produit ‘‘Digital 01’’ dans le quartier Matonge à Bruxelles. Ce documentaire est réalisé au moment où il tourne son film ‘‘Juju Factory’’.

En septembre 2005, Petna et son frère Sekombi ouvrent avec leur film ‘‘Goma, Capitale du cinéma’’ le premier festival de cinéma organisé au Nord-Kivu à la suite de festivals de Bukavu (Sud-Kivu) et de Kalemie (Katanga). Par l’intermédiaire du titre, ils veulent faire savoir au monde entier qu’en dehors de Kinshasa, il y a encore des Congolais qui font du cinéma. Dans cette production, Petna Ndaliko-Katondolo présente les acteurs, techniciens et réalisateurs du centre Cepv. Il explique aussi d’une manière subtile la différence entre théâtre filmé et cinéma. Une scène confronte le jeu exagéré d’un comédien du théâtre à celui, plus naturel, d’une actrice de cinéma.

En intégrant dans son film le directeur de la Rtnc locale, qui diffuse ses films et ceux du centre, il démontre que la production de Goma est une affaire sérieuse (ce qu’elle est, au vu de sa présence dans des festivals internationaux) ! Fin 2005, il achève deux documentaires : le premier, Mad-ia, est une réflexion sur le rôle des médias dans la société. Le réalisateur pose la question de savoir si les médias sont un instrument du monde capitaliste pour manipuler la vérité ou s’ils contribuent au développement de l’humanité.

Le second, ‘‘Threatened fate’’ évoque les effets de la globalisation sur l’humanité et montre comment l’écosystème mais aussi l’homme, paie le prix de cette globalisation. En février 2006, Petna Ndaliko a été invité par l’initiative Talent Campus du festival de Berlin.

D. MONGA MONDUKA ENVOYE SPECIAL A BRUXELLES

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