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07.09.06 Kabila-Bemba : Nzanga Mobutu refuse de donner la préférence à lun ou à lautre, par Freddy mulumba kabuayi (Le Potentiel)
A loccasion du neuvième anniversaire de la mort du maréchal Mobutu Sese Seko, Le Potentiel a interrogé Nzanga Mobutu, président de lUDEMO (Union des démocrates mobutistes) et candidat à lélection présidentielle du 30 juillet 2006. A la question de savoir sil a déjà choisi celui pour qui il va battre campagne au second tour, Nzanga Mobutu – quatrième au premier tour avec 4,77% - sest montré très sibyllin sur le sujet : « La situation est suffisamment grave. Jaurais souhaité sincèrement quau moins un des deux protagonistes du deuxième tour provienne de lopposition non armée », nous a-t-il confié. « Je pense que celui qui sera en mesure de rassembler notre peuple, de répondre aux attentes de la population, de la réconcilier et non de la diviser, celui-là aura la confiance des Congolais », a-t-il ajouté7 septembre 1997-7septembre 2006. Neuf ans se sont écoulés depuis la mort à Rabat, au Maroc, du maréchal Mobutu Sese Seko. Que vous inspire cet anniversaire ?
Cet événement signifie, pour nous, une marque de respect. Nous célébrons le souvenir de ce grand chef, de ce rassembleur. En fait, Mobutu c’était l’arbre qui cachait la forêt ; l’homme a réunifié ce pays alors qu’au lendemain de l’indépendance, et jusqu’en 1965, il était divisé. Il y avait des guerres civiles, mais il a pu, avec un pays déchiré, faire la cohésion nationale et l’unité de ce pays. Et cela a été son combat durant toute sa vie.
Je crois que cet anniversaire nous rappelle que nous avons besoin d’un rassembleur, de quelqu’un qui assure l’unité dans ce pays. Chaque année, lorsque nous commémorons cet anniversaire, nous avons à l’esprit que nous devons travailler sans relâche pour l’unité de ce pays.
Que répondez-vous aux gens qui retiennent de Mobutu d’avoir été dictateur ? Est-ce les médias qui ont façonné cette image ?
Certes, c’était un leitmotiv pour beaucoup de gens, pour des politiciens, pour certains milieux occidentaux. Mais ce n’était pas la réalité. Ce n’était pas non plus le vécu des Congolais. On l’a vu lors de ces élections. Lorsque vous voyez les résultats réalisés par l’UDEMO, notre mouvement - qu’il s’agisse des élections pour les présidentielles ou pour les législatives - cela démontre à suffisance que les Congolais restent fermement attachés à cet homme qui a été un rassembleur, qui a contribué à l’unité du pays. De ce point de vue, il reste l’exemple. Beaucoup tentent d’ailleurs de s’en inspirer. Nous, nous restons clairement dans cette ligne-là : la paix et l’unité nationale.
Pour le reste, nous devons travailler pour le développement du pays, pour que la croissance puisse s’y établir. Nous allons y travailler et nous allons consolider les acquis mobutistes. Aujourd’hui, même nos adversaires s’en inspirent.
Vous êtes quatrième sur la liste des candidats à la présidence de la République au premier tour. Vous avez obtenu près de 5% des voix, alors que vous n’aviez pas fait campagne comme les autres. Peut-on déduire que le nom de votre père a beaucoup joué ?
Oui, absolument. Cette élection, qu’il s’agisse du moins de ma candidature à la présidentielle, ou des législatives, nous la dédions au maréchal Mobutu. Les gens nous ont accordé leur confiance, surtout grâce à son nom qui évoque la paix, l’unité, le rassemblement. Il a été un rassembleur et aujourd’hui, le pays a besoin d’un rassembleur.
Malheureusement, il y a cette division qui se dessine entre Est et Ouest. Eh bien, nous devons lutter très durement pour éviter cette scission qui, à mon sens, n’est que de façade. C’est l’œuvre de politiciens.
Nous, nous voulons que ce pays reste un et un seul. Et notre population, malgré les guerres qu’on lui a imposées, est toujours restée très attachée à ce principe « Ekolo moko na lisanga » (Une nation unie, ndlr).
Vous avez obtenu beaucoup de voix à l’Equateur…
Il y a certainement un attachement sentimental au niveau de l’Equateur. Le président Mobutu était un fils de l’Equateur. Vous savez également que l’Equateur a beaucoup souffert après la chute du régime de Mobutu du fait justement de son appartenance à cette province. Mais, nous nous attelons à changer les choses parce que cette province a énormément souffert, jusqu’aujourd’hui. J’espère que je serai en mesure de lancer des signaux importants et de redonner confiance à cette province.
En votant pour moi, les originaires de l’Equateur ont voulu m’adresser un message fort. Je dois et je veux répondre à cet appel.
J’ajoute que j’arrive en troisième position en province Orientale avec plus de 120.000 voix. Au Bandundu, je suis en tête dans le territoire de Bolobo.
Maintenant, se profile le second tour. Beaucoup de gens ne savent où vous situer. Vers quel camp ira votre préférence ?
La situation est suffisamment grave. J’aurais souhaité sincèrement qu’au moins un des deux protagonistes du deuxième tour provienne de l’opposition non armée. Cela aurait été un message fort au pays, mais également en dehors du pays.
Un problème de choix subsiste aujourd’hui. Pour moi, il est beaucoup plus important de réaffirmer la consolidation des acquis mobutistes que sont la paix et l’unité nationale. Celui qui sera en mesure de rassembler notre peuple, de répondre aux attentes de notre population, de la réconcilier et non de la diviser, alors celui-là certainement aura la confiance des Congolais.
Il y a la consolidation de ces acquis. Il y a les préoccupations de la population. Il y a des attentes énormes au plan économique ou social. Il faudra à tout prix qu’on puisse répondre à ces attentes. Aujourd’hui, si je n’ai pas la conviction que l’un ou l’autre peut apporter ces solutions-là, pourquoi m’afficherais-je avec l’un ou avec l’autre ?
Quel que soit le vainqueur, notre identité de mobutiste et surtout, j’insiste, les acquis du mobutisme doivent être préservés.
Vous revendiquant du mobutisme, vous êtes le seul à avoir émergé aux élections. Allez-vous tout faire pour rassembler tous les mobutistes qui étaient presqu’égarés…
J’ai toujours dit que la porte reste grandement ouverte. Etre mobutiste, c’est être rassembleur et je ne serai jamais le commun diviseur ni au plan national ni au sein de la province de l’Equateur. Donc, la porte reste grand’ouverte pour autant qu’on respecte ces principes-là.
Comment analysez-vous les événements des 20, 21 et 22 août derniers ?
Ces événements restent une grande inconnue pour moi dans la mesure où jusqu’à présent, nous ne connaissons de tout cela que ce que la presse a publié. Nous voulons savoir exactement quels sont les éléments qui ont amené à ce dérapage. Le plus étonnant, c’est que les deux protagonistes du deuxième tour se sont affrontés. C’est ce qui nous surprend le plus. Nous attendons les résultats de la Commission mixte,mise en place pour faire la lumière sur ces événements. Donc, me prononcer à ce stade ce ne serait que me baser sur ce que j’ai pu lire ou entendre. Je serai beaucoup plus prudent en attendant les résultats de cette enquête.
Le maréchal Mobutu n’est pas enterré ici, mais au Maroc. Quand comptez-vous ramener la dépouille du maréchal au Congo?
Les conditions ne sont pas requises pour le retour de sa dépouille. En tant que fils, c’est mon devoir ; en tant que bantou c’est également mon devoir de ramener la dépouille de mon père pour pouvoir l’enterrer dignement. Aujourd’hui, ces conditions ne sont pas encore réunies. Le site où il sera inhumé, c’est à dire à Gbadolite, ne donne pas encore la possibilité d’un retour. Maintenant que je suis installé ici, que l’on a pu se profiler comme acteur politique et installer l’UDEMO, l’on va s’y atteler. C’est un devoir pour nous tous, non pas seulement comme mobutistes mais parce que le peuple aussi souhaite ce retour.
Vous avez vécu avec le maréchal Mobutu jusqu’à la fin de sa vie. Qu’est-ce qui vous a marqué le plus dans la personne de Mobutu, en tant que père et président de la République ?
Au risque peut-être de me répéter, ce qui m’a marqué le plus c’est son attachement à l’unité de ce pays. On s’est retrouvé à plusieurs reprises à Goma, il aimait se rendre à Goma, notamment au parc de la Virunga, et il nous répétait régulièrement : « Les enfants, vous êtes ici à Goma, demain nous serons à Lubumbashi, et bien partout où vous êtes, vous êtes au Zaïre, vous êtes des Zaïrois ». Ce n’était pas un discours de façade, c’est un homme qui a vécu par ce principe-là. Et c’est pour cela qu’aujourd’hui, je ne fais pas un complexe par rapport aux questions ethniques. Dans notre mouvement, par exemple le secrétaire exécutif, le numéro deux du mouvement, est du Kasaï Oriental, de Kabinda précisément. Toutes les provinces sont représentées au sein de notre mouvement. Je crois que c’est le type de message positif que nous devons envoyer à nos populations. Malheureusement, le repli communautaire s’est manifesté à nouveau dans ces élections. Je ne suis pas contre. C’est vrai qu’il y a cet attachement communautaire qui peut être très important, mais je crois que, lorsqu’il s’agit de la politique, il faut plutôt regarder les qualités humaines de tout un chacun.
Pour revenir au maréchal Mobutu, je crois que son attachement à une nation solide, unitaire, c’est ce qui nous a le plus marqué. Maintenant, pour ce qui est de Mobutu en tant que père, il était un homme qui savait être sévère, mais qui savait être également un père affectueux.
CV Express
24 mars 1970. Naissance de François Joseph Mobutu Nzanga Ngbangwame, fils aîné du le Président Mobutu Sese Seko et de Mama Bobi Ladawa.
1991-1997. Président du Conseil d’administration de la Société zairoise de Banques, après des études primaires et secondaires en Belgique, des études supérieures en Arts et Sciences à l’Université de Montréal et en relations internationales à l’American University de Paris.
1997-2001. conseiller en communication du Président de la République du Zaïre, le Maréchal Mobutu Sese Seko. Part en exil en mai 1997, à l’arrivée de l’Afdel à Kinshasa. Président de la société Aries Communications (1998-2001), qdministrateur de la société Casa Agricola Solear et membre du cercle de réflexion Renaissance en Belgique.
2002. Retour à Kinshasa. Secrétaire Général adjoint du MPR en charge des Relations Internationales
2005. Fondation de l’Union des Démocrates mobutistes (UDEMO)




