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06.04.07 Cinq questions à André Yoka Lye Mudaba, par Dieumerci Monga Monduka (Le Potentiel)

Commissaire général du projet culturel « Yambi » (Gouvernement congolais - ­Communauté française de Belgique).

1. Quel est l’état des lieux du projet «Yambi 2007 » à six mois de sa tenue à Bruxelles et dans la communauté française de Belgique ?

Nous sommes sur la ligne droite. Après les tournées effectuées à l’intérieur du pays pour faire des repérages, identifier les talents artistiques émergents, entrer en contact avec les artistes et les professionnels de la culture pour des formations et pour leur mise en réseau, entrer en contact avec les autorités provinciales et municipales, nous avions pu établir les premières urgences (Dieu sait si tout n’est pas urgent !) en termes de personnes-ressources et en termes d’infrastructures à remettre en état. Dans ce sens-là, les choix sont de plus en plus clairs dans les domaines du théâtre, de la musique, des arts plastiques, de la littérature, et dans une certaine mesure de la photographie et de la danse. Les choses paraissent avancer également en ce qui concerne la remise en état des infrastructures. C’est chose faite à Kisangani, à Goma, à Matadi, à Lubumbashi, à Kinshasa : le Projet « Yambi » y a fourni des équipements et a procédé à des remises en forme ici et là. .

2. Comment la Belgique francophone se prépare-t-elle à accueillir pendant près de deux mois ce grand festival culturel multidisciplinaire ?

Il me faut dire qu’en Belgique francophone, « Yambi » est devenu une affaire d’Etat. Et les institutions publiques et les groupes associatifs se sont engagés à la réussite de cette grande fête en l’honneur des artistes congolais. Il y a d’ailleurs un tel engouement que même certaines institutions de la partie flamande ont introduit des demandes de programmation pour certains groupes de musique. Vous avez, sans prétention, « Yambi » est peut-être le projet le plus important convenu entre la Belgique et la RDC depuis 1960 !

3. « Yambi 2007 » est un projet de coopération et d’échanges culturels entre la Belgique et la RDC. Qu’est-ce que le Commissariat général attend du gouvernement ?

Aux termes de la Convention signée par le gouvernement congolais et celui de la Communauté française de Belgique, les belges prennent en charge les missions à l’intérieur et à l’extérieur de la RDC, les formations, les cachets des artistes en prestation, les facilités de leur circulation en Belgique, mais aussi la réfection des infrastructures ainsi que leur équipement. La partie congolaise prendrait en charge les titres de voyage des artistes congolais invités ainsi que le transport des équipements, le fonctionnement et la rémunération du Commissariat général. Je dois dire que la partie belge a honoré ses engagements jusqu’à présent. Mais, en revanche, étant donné les difficultés rencontrées pendant la transition en RDC, le gouvernement congolais n’avait pas pu s’engager matériellement, mais tous les responsables à tous les niveaux ont manifesté plus que de l’intérêt, mais vraiment de la détermination à voir aboutir avec succès la grande fête congolaise de septembre - octobre 2007 en Belgique.

Maintenant, il y a urgence, du côté congolais, pour mettre en marche le dossier des facilités de transport Kinshasa - Bruxelles - Kinshasa. Le nouveau ministre de la Culture et des Arts, Marcel Malenso, a d’ores et déjà pris les choses en mains.

4. Depuis quelques temps, les voyages des artistes congolais à l’étranger posent problème. Quelles sont les dispositions prises à ce propos pour l’obtention des visas?

Nous travaillons en étroite collaboration et, Dieu merci, en parfaite harmonie avec le Centre Wallonie - Bruxelles de Kinshasa, et par ricochet avec le Commissariat général des relations internationales (CGRl) de la Communauté française de Belgique. Nos partenaires sont ainsi en contact avec les services des migrations en Belgique et l’Ambassade de Belgique à Kinshasa. Pour notre part, nous avons fait en sorte que les sélections des artistes tiennent compte non seulement des talents artistiques, mais aussi des qualités de professionnels disciplinés. C’est une des premières garanties pour donner confiance à nos partenaires concernant l’octroi des visas. Sur ce point, nous continuons à être vigilants et fermes.

5. Quels sont les critères qui entrent en ligne de compte dans la sélection des artistes de la RDC ? Avez-vous impliqué également la diaspora congolaise ?

Les missions de repérages à travers le pays ont été fort utiles et bénéfiques. Nous y avons fait le constat que la culture congolaise, si diverse et si riche, restait le ciment de la cohésion sociale et l’arme de résistance contre l’adversité. Donc, premier critère : tenir compte, dans la mesure du possible, de la représentativité au niveau national, pour que le projet « Yambi » ne soit pas, comme d’habitude, l’affaire des seuls Kinois. Et je vous assure que les provinces ont encore de quoi nous étonner par leur créativité. On a même l’impression que ces provinces, en fonction de l’évolution des mœurs, « se spécialisent » : le Katanga reste la province des arts de la scène et des arts plastiques, le Kasaï est le pôle des arts traditionnels et du folklore, il en est de même de l’Equateur et du Bandundu, la province Orientale privilégie de plus en plus le théâtre et la musique engagés, le Kivu s’intéresse de plus en plus à la vidéo et aux nouvelles technologies de l’image.

Donc, 2ème critère : la qualité ou les promesses de qualité, notamment chez les jeunes talents émergents.

3ème critère de sélection pour les groupes ou les artistes pressentis : être disponibles pour des formations en vue de la professionnalisation. Car seule la professionnalisation est la clé d’une compétitivité efficace sur le champ de la créativité et de la promotion. Vous avez également demandé si la diaspora congolaise à l’étranger a été sollicitée. Bien sûr ! Afin d’être sûr que le projet atteigne le plus grand nombre de nos compatriotes à l’étranger, en plus des contacts de porte à porte pour ainsi dire que nous avons entrepris avec l’excellente collaboration de nos homologues belges, «Yambi» - Bruxelles a lancé un appel à projets en direction de la diaspora.

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