Congoforum Congoforum


News
Analyse et réflexion
Coopération
Economie
Fiche du Congo
Fiche de la Belgique
Développement
Interviews
Liens

print

Dernières infos

31.07.06 A Lubumbashi, la ferveur d'un dépouillement à "graver dans l'histoire" (Jeune Afrique)

RD CONGO - 30 juillet 2006 - AFP "L'an 2006, le 30e jour du mois de juillet": dans un lycée du quartier populaire de Ruashi, à Lubumbashi (sud-est), débute le dépouillement des premières élections multipartites dans l'ex-Zaïre depuis plus de 40 ans.

Au milieu d'une salle de classe éclairée par deux ampoules nues, le président du bureau, Henri Mwanza, professeur d'histoire de 37 ans, fait la lecture du procès-verbal des opérations de vote, qui se sont déroulées sans incidents.

"Le bureau de vote a reçu la visite de neuf observateurs nationaux, 11 observateurs internationaux (...)".

Mis à part les bureaux et les bancs des élèves, sur lesquels sont assis observateurs et témoins des partis politiques, une quinzaine au total, tout est en carton: les quatre isoloirs, au fond de la classe, et les urnes, deux blanches pour les législatives, une orange pour la présidentielle.

Le décompte, seulement interrompu par des mélodies de téléphone portable, est studieux, appliqué, mais pas tendu.

Ces élections constituent un test crucial pour la stabilité de la République démocratique du Congo qui sort d'une fragile transition politique initiée en 2003 après une guerre régionale meurtrière de près de cinq ans.

"D'un moment à l'autre, je vais procéder à la rupture des scellés et déverser les bulletins sur cette table pour la circonstance", explique le président.

Le dépouillement débute par le scrutin présidentiel, et le dépliage de grandes feuilles à rayures orange et blanche où figurent le nom, la photo et le numéro des 33 candidats à la magistrature suprême.

Dès les premiers bulletins, débute une impressionnante série, quasiment ininterrompue, en faveur de l'actuel chef de l'Etat, candidat à sa propre succession: "Numéro sept, Joseph Kabila". Rapidement, l'assesseur passe à une lecture abrégée : "Sept, Joseph".

Pour tenir compte d'un taux d'analphabétisme très élevé dans le pays, les électeurs avaient trois alternatives: faire une croix, un signe plus, ou apposer leur empreinte digitale.

"Bulletin très nul", annonce l'assesseur en présentant un bulletin traversé par un dessin abstrait. "Celui-ci n'est pas Congolais ?", interroge un témoin. "Il est Congolais, c'est sa façon d'exprimer son choix", répond l'assesseur dans les rires.

Informé d'une coupure de courant dans un quartier voisin, événement quasi-quotidien à Lubumbashi, le président demande à ce que les lampe-tempêtes à piles soient préparées par précaution.

Après trois heures de dépouillement, les résultats tombent: dans cette salle de classe, sur 455 suffrages exprimés, 343 se sont portés sur Joseph Kabila. Un seul sur Nzanga Mobutu, fils de l'ancien dictateur, qui a dirigé le pays pendant 32 ans.

Le dépouillement des législatives, avec des "bulletins de vote" de quatre pages, devait se poursuivre tard dans la nuit. Plus de 25 millions de Congolais étaient appelés à voter dans les quelque 50.000 bureaux de vote répartis à travers ce pays aux infrastructures dévastées.

Juste avant la fermeture du bureau, à l'issue d'une journée "paisible mais fatigante", Henri Manwza avait exprimé sa fierté.

"C'est une étape très importante. Comme je disais aux autres, le travail que nous faisons restera gravé dans l'histoire. Jamais nous n'avons vécu de moment pareil au sein de notre pays, le pays où nous avons grandi".

< Retour