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22.11.08 Clôture du VIème Forum pour le développement en l’Afrique: Adoption du Plan d’action d’Addis-Abeba : de l’engagement à la réalisation (Pot)

Par Freddy Monsa Iyaka Duku

Les travaux du VIème Forum pour le développement de l’Afrique ont pris fin hier vendredi en début de soirée. Ils ont été sanctionnés par l’adoption d’un Plan d’action, lequel s’adresse aux gouvernements nationaux, aux organisations régionales et internationales. Mais également aux pays industrialisés à travers les organisations financières internationales, Banque mondiale, mais surtout les G-8 et G-20. Entre-temps, au niveau de l’Afrique des Grands Lacs, les pays membres, particulièrement les hommes et les femmes de la RDC ont été responsabilisés pour mener une série d’actions pragmatiques visant à ramener la paix, à mettre fin aux conflits armés pour se placer dans une nouvelle dynamique de développement.
Les hommes et les femmes de l’Afrique et des autres continents, toutes tendances sociales et politiques confondues, réunis pendant cinq jours à Addis-Abeba, ont convenu d’adopter un Plan d’action pour promouvoir un développement durable en Afrique. Evidemment l’égalité de sexes et l’autonomisation de la femme sans oublier les violences faites à la femme ont été au centre des débats pour le développement de l’Afrique. Continent confronté aux récentes crises financière, alimentaire, énergétique, emplois ainsi qu’aux défis du changement climatique. C’était à l’occasion du VIème Forum pour le développement en Afrique organisé conjointement par l’Union africaine, la Banque africaine de développement et la Commission économique pour l’Afrique.

Les participants à ce forum rejoignent ainsi le président éthiopien, Girma Wolde, qui soutient la nécessité de se doter d’un plan d’action détaillé et réaliste. Pour rencontrer ce souhait, les derniers jours de ce forum ont été caractérisés par des travaux en commissions. Les participants ont éclaté en sept ateliers portant sur des thèmes suivants: Parité, droits fonciers et droits de propriété; Emploi, marchés et commerce; Education, formation, perfectionnement et TIC; Financement en faveur de l’égalité des sexes; Vih/Sida et droits en matière de procréation; Santé et enfin gouvernance, conflit, paix et sécurité.

DES ENGAGEMENTS AUX REALISATIONS

Contrairement aux précédentes rencontres, celle d’Addis-Abeba devrait sortir de l’ordinaire. C’est-à-dire, éviter les discours rituels pour autant que tout a été dit à Beijing, Nairobi et Copenhague. A Addis-Abeba, l’option levée consistait à ‘’Agir sans délai’’. Ce qui explique la décision de se doter d’un plan d’action qui s’intitulera désormais: ‘’ Plan d’action Addis-Abeba: des engagements aux réalisations’’.

Tout tient à ce constat amer, à la veille de la date butoir de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, OMD. Un constat amer de plus de trois décennies d’engagements, de déclarations et de plans solennels, mais des progrès pour parvenir aux droits des femmes et enfants en Afrique, à l’égalité homme-femme, à mettre fin à la violence à l’égard des femmes ont été décevants.

Mais conscients du fait que les femmes africaines possèdent une force, un pouvoir formidables et qu’elles constituent un élément moteur du changement démocratique et du développement, les hommes et les femmes réunis à Addis-Abeba ont décidé de passer à l’action. Sans délai. D’où l’élaboration et l’adoption de ce plan d’action qui devra avoir un impact sur le développement durable en Afrique. Toutefois, il faudra que toutes les parties concernées, de l’homme et la femme à l’Onu et l’Union africaine, en passant par les gouvernements africains, européens, asiatiques, l’Onu, Union européenne, Union africaine, G8 , G20, SADC, CEEAC, CIRGL,UEMOA, BAD, Banque mondiale, s’approprient l’initiative. Les grandes lignes de ce Plan d’action sont les suivantes :

1.- Mettre un terme à la violence contre les femmes et les filles, assurer l’égalité entre homme-femme et l’autonomisation des femmes comprend les principales mesures suivantes qui peuvent avoir des effets de longue portée: a) une campagne panafricaine pour éliminer la violence contre les femmes et les filles; b) un financement en faveur de l’égalité des sexes et de l’élimination de la violence contre les femmes et les filles; c) des données fiables sur l’égalité des sexes, l’autonomisation des femmes et la violence contre les femmes et les filles.

2.- Mettre un terme à toutes les formes de violence contre les femmes et les filles. La campagne panafricaine en 2009 sera placée sous le thème: ‘’ Agir maintenant, sans délai. Cette campagne à pour but d’instituer une ‘’ responsabilité universelle’’ que ce soit en temps de paix, de conflit ou d’après-conflit pour protéger la femme et les filles.

3.- Les gouvernements devraient définir des programmes communautaires visant à sensibiliser les familles aux questions d’égalité homme-femme et à l’élimination de la violence contre les femmes.

4.- Les gouvernements doivent se doter des programmes d’éducation populaire pour aider à déconstruire la culture d’une manière novatrice pour tirer profit de l’Observatoire africain des droits fondamentaux de la femme afin de suivre les mesures contenues dans ces programmes et d’en évaluer l’impact.

5.- Les institutions et les chefs religieux devraient respecter la législation sociale dans les interprétation de pratiques culturelles et des doctrines religieuses.

6.- Les forces de police et les services publics devraient protéger les femmes, arrêter et punir tout auteur d’acte de violence.

7.- Intégrer les questions d’égalité homme-femme et de violence à l’égard des femmes dans le programme d’enseignement officiel et non officiel. Former également les médias sur ces deux questions.

8.- Concevoir et diffuser les nouvelles méthodes pour amener les femmes victimes de violence à en parler et à faire état de leurs expériences.

9.- Mettre sur pied un groupe de travail comprenant des parties prenantes continentales, sous-régionales et nationales, notamment la Société civile pour diriger la campagne.

10.- Obtenir un financement en faveur de l’égalité des sexes et l’élimination de la violence contre les femmes et les filles. Des mesures à prendre pour obtenir ce financement tant au niveau national, régional et international.

11.- Chaque gouvernement devrait formuler et appliquer de politiques fiscales et des allocations des ressources pour pouvoir évaluer l’impact sur l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes.

12.- Elaborer un plan global pour promouvoir l’égalité des sexes.

13.- L’Union africaine, la Commission économique pour l’Afrique et la Banque africaine de développement, en collaboration avec le système des Nations unies, instituer un groupe de travail pour le renforcement des capacités des institutions gouvernementales, et ce dans un délai de douze mois.

14.- Lancement et mise en oeuvre du Fonds d’affection spéciale pour les femmes de l’Union africaine.

15.- Mis sur pied en 2009 de l’Organisme des Nations unies pour la femme avec un budget minimum de 1 milliard de dollars US.

16.- Traduire en outils efficaces la Déclaration de Paris et le Plan d’action d’Accra.

17.- Etablissement des données fiables sur l’égalité des sexes et la violence contre les femmes et les filles pour permettre l’élaboration des politiques pertinentes. Sur base de ces données, l’UA, la CEA et la Bad devraient publier un rapport régulier intitule: ‘’ La situation de la femme en Afrique’’.

Rapport de l’UNIFEM

Profitant de cette occasion, l’UNIFEM a publié son rapport annuel. Malgré les progrès accomplis par certains pays, il reste beaucoup à faire. Selon Mme Micheline Ravololonarisoa, responsable section Africa, il faudra 40 ans pour que les pays en développement parviennent à des progrès considérables en ce qui concerne l’égalité homme-femme. Alors qu’il en faut 20 pour les pays développes. Ce rapport porte sur la représentativité de la femme, l’accès au service public, au commerce, la justice, la sécurité et aide... En conclusion, il faudra repenser le système de développement, particulièrement en Afrique, a proposé cette responsable de l’UNIFEM.

A la question du journal Le Potentiel sur la façon de repenser le développement en Afrique face à ces crises alimentaire, financière, ces changements climatiques alors qu’à la réunion du G 20 l’Afrique a été ignorée, donc inexistante. Donc, il faudra s’attendre à une réduction de l’aide au développement. Surtout que pour l’UNIFEM, les pays industrialisés ont failli à leurs promesses. Sur les 26,8 milliards US attendus en 2006, seuls 7 milliards avaient été libérés.

A cette interrogation, Mme Micheline a reconnu les faits. Mais pour l’UNIFEM, il faut de nouvelles modalités de développement. Que le développement ne se conçoive pas en terme l’aide à recevoir, mais qu’il faudra mobiliser les ressources internes. Notamment par le rétablissement des équilibres macroéconomiques pour que les efforts des femmes soient comptabilises. ‘’ Le femmes en Afrique interviennent beaucoup dans le secteur informel. Il importe, dans le cadre de la fiscalité, de la taxation, évaluer comment imposer l’impôt pour un changement de la charpente économique. Jusqu’ici, le calcul du PIB se fait sur base du secteur formel alors qu’il y a également le secteur informel où se distinguent les femmes’’, a-t-elle conclu.

Notons qu’entre deux séances plénières, la délégation de la RDC a eu une importante séance de travail avec les responsables de l’UA et de la CEA. Il a été question d’une stratégie à adopter dans la région des Grands Lacs pour accompagner ces efforts de développement en ramenant la paix, la sécurité dans la région sans lesquelles aucun développement n’est possible.

FREDDY MONSA IYAKA DUKU, ENVOYE SPECIAL A ADDIS-ABEBA

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