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05.02.10 La Libre: Présence du Roi au Congo le 30 juin : sensible pour Kinshasa comme pour Bruxelles

Article de Marie-France Cros

Bruxelles a intérêt à retarder le plus possible sa réponse officielle.

 

La question de l’éventuelle présence du roi Albert II aux festivités marquant, à Kinshasa, le 50e anniversaire de l’indépendance du Congo, le 30 juin prochain, est sensible pour la Belgique comme pour son ancienne colonie.

La première voudrait en effet que cet anniversaire se passe bien, confirmant le récent rapprochement de Bruxelles et Kinshasa après la brouille d’avril 2008, qui dura plus d’un an, suscitée par les critiques du ministre belge des Affaires étrangères de l’époque, Karel De Gucht (Open VLD), à l’encontre de la corruption régnant au Congo.

Le 30 juin 1960, on s’en souvient, fut suivi dès juillet d’une série de revers dramatiques qui entachèrent l’indépendance de notre unique colonie : mutinerie de la force publique, exactions, fuite des Belges, bombardement de Matadi par l’aviation belge, sécessions katangaise et kasaïenne, limogeages mutuels du président et du Premier ministre Le tout suscitant à l’étranger, aujourd’hui encore, une appréciation négative de la colonisation belge. Que, cinquante ans après, les choses se passent au mieux, redorerait un peu le blason de la Belgique officielle.

Côté congolais aussi, on souhaite que cela se passe pour le mieux. Un anniversaire dans une atmosphère apaisée avec l’ancien colonisateur, dont l’avis est toujours consulté par les puissances étrangères qui veulent se faire une opinion sur le Congo, serait un signe positif pour le président Kabila, qui entamera, le 30 juin, la dernière ligne droite de son premier mandat de chef d’Etat élu avant de se présenter à la présidentielle de 2011.

Joseph Kabila a d’ailleurs dit, en janvier dernier, combien il apprécierait la présence du roi des Belges à ses côtés à Kinshasa le 30 juin prochain.

Côté belge, on le sait, ce n’est pas le souverain qui décidera mais le gouvernement - donc les partis, divisés sur la question, selon leur appréciation du pouvoir congolais en place.

La discussion peut s’éterniser, ce qui retardera la décision finale de Bruxelles.

On peut supposer, en outre, que les autorités belges voudront se prononcer officiellement le plus tard possible. Le Congo n’est en effet pas à l’abri - par exemple - d’un dérapage de ses forces armées, coutumières du fait. Or, si un tel scandale devait survenir, la discussion belgo-belge sur le bien-fondé d’un déplacement royal à Kinshasa le 30 juin reprendrait de plus belle; et si elle devait se conclure par un "niet", il serait bien plus embarrassant, pour la Belgique comme pour le Congo, de revenir sur une acceptation officielle que de présenter diplomatiquement un tel refus, la santé du Roi, que l’on sait fragile, laissant latitude à toute la gamme des nuances souhaitées.

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