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06.02.10 Le Potentiel / EDITORIAL: Arrêter le bradage
Du bradage du patrimoine de lEtat congolais, cest-à-dire un patrimoine qui appartient au peuple congolais, donc à tous les fils et toutes les filles de ce pays quest la RDC, on en parle de plus en plus ces derniers temps. Un bradage systématique contre lequel les Congolaises et Congolais devraient naturellement se dresser ou se liguer pour mettre fin à un fléau qui a pris la forme dune pieuvre se révélant de plus en plus difficile, voire impossible, à éradiquer.A la base, l’expropriation d’un bien de l’Etat – combien de biens ne font-ils pas, chaque jour, l’objet de ce bradage éhonté, aussi bien à Kinshasa, dans les provinces qu’à l’extérieur du territoire national où l’Etat congolais possède des biens immeubles et meubles ? - en faveur d’un expatrié.
La question ne se trouve pas tellement au niveau de celui – qu’il soit noir, blanc, jaune ou rouge - qui en est devenu le « propriétaire », mais dans la manière dont cette « attribution » s’est faite. Dans tous les cas, pas dans les règles de l’art comme on l’aurait souhaité et qui, dans ce cas-là, feraient un point d’honneur à la bonne gestion, à la transparence, mais en suivant des méthodes dignes de la Camora sicilienne. On a beau fustiger le mal, mais rien n’y fait. Bien au contraire, il s’est tellement incrusté dans nos mœurs politiques au point de ressembler à quelque chose de normal.
Et pourtant, on est en train d’appauvrir le pays et toute sa population au profit d’un petit groupe d’individus jouisseurs. On est en train d’aliéner l’avenir de tout un pays et des générations à venir dont les horizons sont totalement bouchés à cause de cette terrible politique de bradage érigé, chez nous, en mode de gestion.
A partir du moment où l’on sait que l’arnaque qui nous est offerte en spectacle aujourd’hui n’est que la partie visible de l’iceberg, il y a lieu de prendre rapidement le taureau par les cornes de manière à donner le coup d’estocade à ce processus de bradage du patrimoine de l’Etat. Mais la tâche s’annonce d’autant plus difficile que l’on n’a pas encore pris la réelle mesure de la complexité du mal. En effet, on oublie une autre forme de bradage qui s’opère dans les entreprises publiques ou celles d’économie mixte. Ce bradage-là est encore plus dangereux. Il a des effets encore plus pernicieux à voir ne fut-ce que la façon dont il dépouille l’Etat de toute sa sève.
En effet, là où l’Etat a des parts, celles-ci sont bradées à vil prix. Elles sont rachetées par des amis, des copains ou des relations qui sont presque tous des hommes du sérail. De toute façon, les repreneurs se recrutent, dans la plupart des cas, dans ces milieux. Que de fois n’a-t-on pas vu des entreprises faisant partie du patrimoine public bazardées sans tenir compte de quoi que ce soit ? Ce qui compte pour ces gens qui se moquent éperdument des biens de l’Etat et de la collectivité qu’ils considèrent comme des biens sans maître, c’est se faire du beurre. Et, disons-le sans ambages, du beurre, ils savent bien s’en faire…Sans être inquiétés le moins du monde. Sans se fatiguer parce qu’ils ne sont pas prêts à se détourner de leur job favori.
A l’allure où vont les choses, il ne faudra pas s’étonner que, demain, la RDC qui occupe une place de choix au hit-parade des pays les plus corrompus du monde, remporte la palme des pays passés champions dans le bradage du patrimoine de l’Etat où, comme dans la mafia, le silence est d’or dans le cadre de l’omerta. Parions qu’il y a énormément de travail du côté de l’opération «Tolérance zéro ».





