Congoforum Congoforum

print

Dernières infos

08.02.10 Le Potentiel: Mise en œuvre de la feuille de route de la SADC. Kinshasa poursuit ses efforts en matière d’intégration économique

Par Marcel lutete

Des années déjà depuis que les Etats membres de la SADC ont pris le pari du développement de leur espace. Mais ils savent que cela ne pourra se faire sans l’intégration économique régionale.

Pas de doute possible : l’avenir économique des Etats membres de la SADC dépend absolument du sort qu’ils vont devoir réserver à leur processus d’intégration régionale. Cette réalité a été, une fois de plus, réaffirmée à la faveur de la 9ème réunion du Groupe de travail des ministres de la SADC consacrée à la question.

VOLONTE POLITIQUE EVIDENTE

Tant au niveau d’experts de quinze Etats membres qui se sont réunis, du 1er au 2 février, à Emperors Palace Convention Center à Jo’bourg, qu’à celui des ministres, la problématique de l’intégration économique régionale a été décortiquée dans tous ses contours. Certes, des options avaient été levées depuis de longue date. Une feuille de route avait été mise au point. Un calendrier avait été élaboré avec des échéances fixées par rapport aux objectifs que l’organisation sous-régionale s’était fixés au départ. Mais il se fait que chaque jour qui passe, on a la confirmation que l’intégration régionale ne s’obtient pas comme par un coup de baguette magique. Des préalables, il y en a tout un tas qui doivent être réunis. Des obstacles, il y en a pleins qui se dressent sur le chemin, au-delà de ceux qui avaient été identifiés au début.

La 9ème réunion du Groupe de travail des ministres de la SADC dont les travaux ont été présidés par M. Raymond Tshibanda, ministre congolais de la Coopération internationale et régionale - la RDC exerçant la présidence de la SADC -, s’est, en effet, révélée comme une rencontre déterminante en ce qu’elle a permis de recadrer les choses pour une meilleure continuation du processus d’intégration économique régionale.

Peut-on dire qu’en plus des acquis déjà enregistrés sur le tableau de chasse de la SADC, la route est aujourd’hui toute tracée pour que l’intégration régionale soit désormais considérée comme réunissant de réelles chances de réussite ? La réponse est affirmative dans la mesure où le décor y afférent ne fait que continuer à se mettre en place. Avec une détermination renouvelée de la part des Etats membres de cette organisation sous-régionale qui tiennent à capitaliser toutes les opportunités qui s’offrent à eux pour gagner un pari d’aussi grande envergure.

La volonté politique y est. La détermination aussi. C’est dans ce cadre qu’il faudra placer la logique ayant prévalu tout au long du déploiement du Groupe de travail des ministres des Etats membres de la SADC, une trentaine au total.

Ce dernier s’est fait le devoir de rappeler que, dans la feuille de route, se trouve en première ligne le lancement, pour la sous-région de l’Afrique australe, d’une union douanière ; lancement prévu pour 2010 avec à l’affiche la création d’une Zone de Libre Echange au plus tard en 2008. Cette étape ayant été prévue par le Programme stratégique indicatif de développement.

Il y a lieu de reconnaître que des progrès notables sont déjà réalisés sur le parcours. La ZLE est devenue une réalité palpable nonobstant quelques problèmes que l’on est en train de régler au fur et à mesure.

Le calendrier prévoit, dans la même optique, la mise sur pied d’un Marché commun de la SADC en 2015, d’une Zone monétaire commune et d’une Union monétaire en 2016, ainsi que d’une monnaie unique avec comme date, 2018. METTRE FIN AU CHEVAUCHEMENT

La 9ème réunion du Groupe de travail des ministres a également rappelé une réalité incontournable, celle qui consiste à savoir que l’architecture projetée devrait être précédée d’un paquet d’études approfondies. « C’est le genre de préalables dont on doit à tout prix tenir compte », a-t-on insisté aux assises de Jo’bourg, notamment sur l’impact qu’elle va avoir sur les recettes et la compétitivité des Etats membres de la SADC. Et quand on sait combien dans cette région « les écarts entre les niveaux de croissance économique et de développement sont énormes » et que « des changements brusques pourraient se révéler suicidaires pour la plupart des pays africains », il importe donc de se soumettre à cet exercice, sinon les Etats membres risquent de rater le coche.

C’est ce qui explique, d’ailleurs, que les participants à cette rencontre soient parvenus à se mettre d’accord sur le fait que les Etats membres devraient s’imposer des tarifs douaniers identiques à l’importation, appelés « Tarif extérieur commun ». « La création du TEC, a-t-on noté, est nécessaire pour permettre la libre circulation des marchandises. Cela voudrait dire qu’une fois la perception des droits douaniers effectuée, les marchandises circuleraient librement dans la zone de l’Union douanière SADC.

Chevauchement d’adhésions à plusieurs accords commerciaux régionaux, voilà un autre écueil sur la voie de l’intégration économique régionale. Les experts des quinze Etats membres de la SADC se sont intéressés au problème en s’appuyant sur la mise en œuvre des décisions prises au sommet de la Tripartite COMESA-EAC-SADC. Ces décisions sont d’autant plus importantes que l’élargissement projeté de la Zone de libre échange doit être harmonisé avec le processus interne à la SADC. «La réussite de la marche vers l’Union douanière et la Zone de libre échange dépend entre autres de l’harmonisation qui découlerait de ces décisions », a-t-on fait valoir étant donné que « les pays d’Afrique australe appartiennent pratiquement tous à ces trois organisations régionales et sous-régionales ».

Pour contrer la difficulté que représente le chevauchement d’adhésions à plusieurs accords commerciaux régionaux, le ministre congolais de la Coopération internationale et régionale a appelé la SADC à développer une approche pragmatique et à épouser une dynamique découlant de la Tripartite COMESA-EAC-SADC.

Dans tous les cas, la RDC, en ce qui la concerne, poursuit inlassablement ses efforts dans la perspective de donner à la SADC le maximum de chances pour réussir sa pleine intégration économique. Kinshasa croit au relèvement de ce défi. Raison pour laquelle, elle fait tout pour rattraper rapidement le retard qu’elle accuse dans la mise en œuvre de la feuille de route de la SADC en la matière

Droits de reproduction et de diffusion réservés © Le Potentiel

< Retour