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09.02.10 Le Potentiel / EDITORIAL: Tout sauf l’agriculture

Le Premier ministre a brisé le silence samedi 6 février 2010 en s’adressant directement à la presse nationale. C’était bien un show médiatique. Aucun détail à la Primature n’avait été mis de côté pour rendre toute la solennité à l’événement.
En effet, depuis son arrivée fin 2008 à la tête du gouvernement, c’était la première fois que le Premier ministre faisait état devant la presse nationale de sa gestion. Tableaux, graphiques, histogrammes, etc. les statistiques ont été mises à profit pour donner la preuve que la RDC se trouve sur la bonne voie. C’est cela aussi, semblait dire le Premier ministre, la gestion moderne rendue par des « nationalistes au pouvoir ».

Contre les pécheurs en eaux troubles, le Premier ministre a balayé d’un revers de main toutes les mauvaises prédictions. Entre lui et le chef de l’Etat, il y a unanimité non seulement dans la vision mais dans les procédés et méthodes mis en œuvre, s’est-il empressé d’affirmer. Le climat est au beau fixe.

Depuis le discours de décembre 2009 du président de la République devant le Parlement réuni en Congrès, le Premier ministre s’est vu confier de nouvelles tâches, et aussi, de nouveaux défis. L’échéance de mars 2010 est celle que s’est fixée le président de la République pour juger de l’efficacité de ces actions.

Aussi, lors de sa conférence de presse, le Premier ministre a-t-il passé en revue la situation économique et sociale de la RDC. L’atteinte du point d’achèvement de l’initiative d’allégement de la dette en faveur des pays pauvres très endettés n’a pas été éludée.

L’évolution du budget de l’Etat, les salaires des agents et fonctionnaires de l’Etat, la dette publique, le transfert des ressources aux provinces, les barèmes de l’enseignant, du personnel médical et du magistrat, l’éclosion du secteur bancaire, l’appui au secteur privé, les cinq chantiers, l’amélioration du climat des affaires, rien, en tout cas, n’a été occulté. Non, a-t-on constaté, à bout de parcours.

Car au cours de sa prestation médiatique d’une heure trente minutes, le chef du gouvernement n’a pas fait mention des actions entreprises ou celles prévues pour soutenir la relance du secteur agricole. Est-ce la faute à la presse qui n’a pas posé une seule question sur ce secteur ?

Mais ce qui est plus évident est que le Premier ministre n’a nullement évoqué dans son « show médiatique » ce que son gouvernement entend faire de « l’agriculture, priorité de priorité ». A l’époque de cinq chantiers, aucune attention n’est cependant accordée à ce secteur, pourtant très porteur au regard de l’immensité des terres arables en RDC et que l’agriculture est le soubassement de toute économie.

Au niveau du gouvernement, l’on est loin de s’en soucier. Son attention est bien ailleurs. Elle est de plus en plus rivée sur des secteurs à rentabilité visible et immédiate.

Pays à vocation agricole, la RDC a perdu des repères et manque de dynamisme pour booster son secteur agricole. Pourtant, les opportunités sont là. Reste cependant une volonté politique affirmée pour relancer un secteur à forte capacité d’entraînement de l’appareil économique.

Certes, le Premier ministre a parlé. Il s’est montré convaincu de la pertinence de son analyse, de la profondeur de ses arguments et surtout de l’objectivité de ses statistiques. Mais, le Congolais s’attendait à plus que cela. L’avenir du Congo ne pourra pas se négocier dans le secteur minier. Des études – de plus sérieuses – ont prouvé que le décollage économique doit partir de son secteur agricole. Les Etats-Unis, la Chine, les deux super puissances actuelles sont passés par cette voie.

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