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14.01.12 Forum des As - Retombées de la déclaration des évêques congolais: la bombe tant redoutée n'a pas explosé


Finalement, il n’y a eu que plus de peur que de mal. C’est du moins ce que retiennent bon nombre d’observateurs qui s’attendaient au pire. Car, indique-t-on, les princes de l’Eglise catholique ont pris le sens de la mesure. Là où des gens s’attendaient à une sorte de tabula rasa (table rase), à une remise en question de l’ordre institutionnel congolais, rien de tel n’a été observé. En fait, les évêques congolais se sont limités, conclut-on, à dénoncer les irrégularités et fraudes qui ont émaillé le scrutin du 28 novembre tout en invitant la Commission électorale nationale indépendante à corriger les imperfections enregistrées lors des élections du 28 novembre 2011.


Plus de peur que de mal au bout du compte. La bombe tant attendue par certains et redoutée par d'autres n'a pas été au rendez-vous hier soir en la Cathédrale Notre-Dame du Congo. C'est là que les princes de l'Eglise catholique ont fait leur rapport après quatre jours de travaux. Curieuse coïncidence tout de même que l'événement soit prévu à la veille de la publication, par la Centrale électorale congolaise, des résultats provisoires des législatives. Voilà qui semblait en rajouter à la psychose au point de pousser certaines officines à prédire déjà l'hécatombe. Mais, sens de la mesure oblige, les prélats catholiques ne se sont pas illustrés dans cette démarche politicienne.

NI ANNULATION DU SCRUTIN PRESIDENTIEL, NI EXIGENCE D'UN GOUVERNEMENT D'UNION NATIONALE    

Dans leur déclaration, les évêques congolais ne remettent pas en cause ni ne rejettent la légitimité et la légalité du pouvoir en Rd Congo. Autre fait marquant dans la même déclaration, il n'est nullement question d'annulation du scrutin présidentiel comme le pensaient certaines officines politiques congolaises. Tout comme, les membres de la Conférence épiscopale nationale du Congo ne prennent pas position dans le débat autour de la mise sur pied d'un Gouvernement d'union nationale ou de transition. Les évêques n'annoncent pas non plus l'organisation des manifestations de rue. Bien au contraire, en appellent à la non- violence, à la culture des vertus du dialogue et de l'inclusivité.    

L'appel à ces vertus s'inscrit dans le cadre de la recherche des solutions aux maux qui rongent la société congolaise d'une manière générale. Pour leur part, les opérateurs politiques congolais sont invités à la maturité. Pas question donc, à en croire les princes de l'Eglise catholique, d'apporter une quelconque caution à la culture de l'injure. Les politiciens congolais sont plutôt appelés à renoncer à cette culture. Bref, la déclaration des évêques congolais n'a pas eu pour démarche de jeter de l'huile au feu. Voilà là où les observateurs se félicitent du message de la Cenco qui ne prenne position aucun de deux camps politique en présence, ni ne prennent en mains la bataille politique.

DENONCIATION DU PROCESSUS ELECTORAL    

Alors que l’opinion craignait des flèches somme toutes empoisonnées de l’Eglise catholique sur la centrale électorale, la Cenco a plutôt adopté un ton plus ou moins peu sévère. Plaçant l’intérêt national au devant de toute autre motivation aux fins partisanes, les évêques catholiques exhortent la Ceni à un exercice d’autoévaluation. Cette remise en question devra consister, entre autres, à corriger les erreurs du processus électoral en cours qui a suscité tant de chahus.    

En un mot comme en mille, les choses ne se sont pas passées comme certaines prémisses le pensaient au point que l'opinion s'attende à ce que la légitimité ou la légalité du pouvoir soient remises en cause au niveau du chef de l'Etat. C'est donc là qu'artisans et adeptes du chaos sont certainement déçus en regrettant de ne pas du tout tirer profit, en termes d'hécatombe, de la déclaration tant attendue et aussi tant redoutée des évêques de la RD Congo.

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