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25/03/13/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE LUNDI (CongoForum)

La Politique est reine ce matin puisqu’elle fournit les deux sujets principaux en manchette des journaux. La majorité de journaux ont planché sur l’accord quadripartite sur la paix en RDC signé à Oyo (Congo-Brazzaville) entre Denis Sassou Nguesso, Yoweri Kaguta Museveni, Paul Kagame et Joseph Kabila. Il est aussi question de l’attaque de la ville de Lubumbashi par les miliciens Mai-Mai.

Accord d’Oyo

La République titre à la Une: «Sous l’œil de Denis Sassou Nguesso, J. Kabila, Y. Museveni, P. Kagame: le vrai dialogue… ». Le trihebdomadaire indique que la rencontre de ces quatre chefs d’Etat de la région des Grands lacs a tourné autour de l’examen des voies et moyens de résorber définitivement les velléités guerrières entretenues dans la région depuis environ deux décennies. (Le choix du mot « velléité » est ici une connerie de toute beauté. La velléité se définit comme une « intention de faire quelque chose qui n'est finalement pas mise en pratique ». Cette « velléité guerrière » a déjà fait plusieurs millions de morts ! NdlR).  
La République souligne que le vrai dialogue pour le dénouement de la crise dans la région des Grands Lacs a pris son envol à Oyo, ville natale du président congolais, Denis Sassou Nguesso, et soutient que le déplacement des trois chefs d’Etat rassure quant au crédit à apporter à ce choc frontal entre les trois Présidents concernés au premier chef par la  crise des Grands lacs. 
La République perçoit la rencontre d’Oyo comme une victoire diplomatique pour le Président de la RDC dans la mesure où ce dernier a toujours réclamé un dialogue avec les vrais agresseurs bien identifiés, à savoir le Rwanda et l’Ouganda.

Le Potentiel titre à la Une « Grands Lacs : quadripartite à Oyo sans Dos Santos ».
Il annonce que la médiation de Sassou Nguesso est en marche. En effet, rapporte ce journal, quatre chefs d’Etat se sont donné rendez-vous dimanche 24 mars à Oyo, village natal du président Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville. Joseph Kabila, Paul Kagame, Yoweri Museveni et Denis Sassou Ngueso, tous signataires de l’accord-cadre du 24 février dernier, ont conféré sur « la paix dans la région des Grands Lacs, notamment dans l’Est de la RDC à la suite des accords conclus dernièrement sur la RDC à Addis-Abeba ». 
Mais il fait cependant remarquer que l’Angola, le géant militaire de l’Afrique centrale, a été laissé de côté. L’absence du président angolais, Eduardo dos Santos va certainement peser sur la portée réelle de la rencontre d’Oyo. Le médiateur aurait dû inclure l‘Angola dans sa démarche, estime ce journal.

La Prospérité reste sur la même page et titre : «Phase décisive de l’Accord-cadre à Oyo». Selon le journal, cette tâche, si difficile soit-elle, place le Président Sassou dans l’obligation de persuader ses pairs ougandais et rwandais, maintes fois accusés d’agresser la RDC, de mettre fin à ce jeu mortel qui n’a que trop duré, avec toutes les pertes énormes en vies humaines. La quadripartite a, par ailleurs, exprimé le vœu de voir les pourparlers de Kampala aboutir dans les meilleurs délais, indique ce quotidien.

Situation en Centrafrique

La situation en Centrafrique a été également traitée au cours de cette quadripartite d’Oyo, au Congo-Brazzaville.

Au sujet de la Centrafrique, Le Potentiel indique que le président centrafricain, François Bozizé a été renversé depuis dimanche 24 mars par la coalition Séléka. Il voit une nouvelle crise en perspective avec le changement de régime à Bangui le fait que les violons sont loin de s’accorder entre les nouveaux hommes forts de Bangui. Le quotidien indique que la coalition Séléka ne tient pas le même langage entre les branches armée et politique sur la question de la désignation du nouveau président centrafricain. Ce qui risque de plonger la RCA davantage dans la crise. Le départ de Bozizé n’a donc rien résolu.
 (L’on peut s’attendre au pire si l’on se met à la recherche de « l’homme fort qui garantira la stabilité », une notion que l’on ferait bien d’abandonner. Ce n'est hélas, "pas demain, la veille". Voyons quel sera le sort réservé aux chefs d'Etats, du Tchad, Burkina, RCA et plus tard Cameroun, Gabon et autres "démocratures africaines", parmi lesquelles il faut bien sûr compter la RDC.

Ces "hommes forts" sont en réalité des "hommes faibles" instrumentalisés par les puissances régionales et autres et les multinationales dans le secteur des ressources naturelles. Ces pays ne se développeront qu’avec le retour d'un Etat capable d'assurer ces fonctions regaliennes, des institutions nationales et provinciales représentatives d'une base électorale digne de ce nom, une administration digne de ce nom. Cela passe par de "vraies élections" garantie "réellement" par la Communauté Internationale qui devrait faire pression pour que les résultats, quelles qu'ils soient, soient respectés. Il faut rappeler que les élections du 28/11/11 ont été organisées, tout comme celles de 2006, en faisant voter un « corps électoral inconnu », faute de recensement préalable de la population. Ce fait à lui seul suffirait à en « plomber » gravement la crédibilité. Elles ont, par-dessus le marché, été entachées de fraudes et de manipulations à un point tel qu’elles ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli.  
Trop de puissances régionales, trop de  multinationales en association avec une classe politique dévoyée et qui sont juste capable d'organiser la seule chose qui le soit; le DESORDRE, cadre indispensable pour leurs prédations au profit de quelques uns et au détriment de la population. En plus de la misère la plus extrême, ces populations subissent une violence au quotidien d'une nature presque indicible et cela depuis si longtemps… NdlR)

La Prospérité indique que, si la situation sociopolitique dans l’Est de la RDC et dans la région des Grands Lacs africains était au menu des discussions entre les quatre chefs d’Etat, la situation en Centrafrique s’est également invitée à cette quadripartite d’Oyo, et rappelle que cette rencontre s’inscrit dans la droite ligne des efforts de la CIRGL, de la SADC, de l’UA et de l’ONU, en vue de la stabilisation de la situation dans l’Est de la RDC, pour permettre l’application de l’Accord-cadre. 

Lubumbashi

La énième attaque armée dirigée contre Lubumbashi, par des assaillants qui semblent sortis de nulle part, est à la Une du Phare. Que s’est-il réellement passé avec les Mai-Mai « Kata Katanga », se demande–t-il. 
Pour une agglomération urbaine fortement militarisée et hébergeant plusieurs sites stratégiques, l’on se demande où se trouvaient les troupes des FARDC, de la Police nationale ainsi que les limiers des services spéciaux au moment du déploiement des « insurgés », note Le Phare. Le bilan des morts - 35 victimes selon la Monusco - est loin d’être le reflet d’une simple promenade de santé des Mai-Mai Kata Katanga à travers les artères principales de la ville de Lubumbashi. Si l’intention des intéressés était d’aller remettre leurs armes à la Monusco ou aux autorités provinciales, ils auraient dû au préalable prendre langue avec leurs interlocuteurs et convenir des modalités du processus de leur démobilisation. 

Le Palmarès rapporte que le samedi 23 mars dernier aux environs de 10 h, plusieurs centaines de miliciens Maï Maï - d’aucuns parlent de 500 personnes- ont ‘envahi’ la ville de Lubumbashi. Venus du Nord Katanga, ces miliciens accompagnés de femmes et d’enfants sont entrés dans la ville par la commune de Ruashi, puis ont gagné la place de la poste, en plein centre ville. De l’avenue N’djamena, ils se sont dirigés vers le gouvernorat et le siège de la 6ème région militaire. Les crépitements des balles ont obligé les populations à fuir dans tous les sens.

La République nous informe de la reddition des 245 Maï-Maï « Bakata Katanga » à la Monusco. Selon le journal, Moïse Katumbi en appelle à la sanction contre les commanditaires des événements de Lubumbashi. Sur ce sujet, Le Potentiel estime que: les miliciens « Kata Katanga» constituent: une épine dans le pied du gouvernement….

En Belgique, Le Soir publie de ces faits le récit suivant. « Lubumbashi a commencé le week end dans le crépitement des balles et les cris des manifestants. « Les combattants Mai Mai étaient vêtus de costumes traditionnels, brandissaient des manchettes, des arcs et des flèches et ils criaient « Kata Katanga », nous raconte un ressortissant belge, encore sous le choc de la violence avec laquelle les forces de l’ordre ont dispersé quelque 300 manifestants. 
Venus du Nord Katanga, les miliciens Mai Mai accompagnés de femmes et d’enfants sont entrés dans la ville par la commune de Ruashi, puis ont gagné la place de la poste, en plein centre ville. «
Ils marchaient, sans que rien ne les arrête » assure notre témoin, « et même lorsque les forces de l’ordre ont commencé à tirer, ils poursuivaient leur progression. C’est ainsi que l’on déplore au moins cinq morts dans les rangs des manifestants. » 
Dans l’après midi, alors que la panique était générale au sein de la population de Lubumbashi, quelque 150 miliciens Mai Mai se sont dirigés vers le siège de la Monusco où ils se sont rendus et ont été désarmés. La police a par la suite procédé au ratissage de la ville.
D’après notre témoin, les manifestants, qui brandissaient le drapeau du Katanga ne scandaient pas de slogans politiques mais exprimaient plutôt un ras le bol social :
« ils criaient : on n’en peut plus, nous ne sommes pas des esclaves »… 
Le gouverneur du Katanga, M. Moïse Katumbi, s’est dit indigné par cette manifestation violente et il a promis de mettre ces miliciens à la disposition de la justice. Il a aussi évoqué des complicités politiques : «
ceux que nous allons interroger vont citer des gens que nous allons arrêter… » 
Il apparaît en effet que derrière le malaise social, le Katanga traverse aussi une crise politique : la province du cuivre, l’entité la plus riche du pays, vit très mal la perspective d’être découpée en quatre provinces distinctes, très inégales sur le plan économique. Dans le Nord Katanga en particulier, berceau de la famille du président Kabila, les Balubakat redoutent d’être coupés du « Sud utile » où se trouvent les principaux gisements miniers générant l’essentiel des ressources de la province. 
En outre, plusieurs « Balubakat » importants, comme le général John Numbi (mis en cause dans l’assassinat de Floribert Chebeya) ou le pasteur Mulunda Ngoy (critiqué à la suite des élections de novembre 2012) sont écartés du pouvoir tandis que le député de Pweto, Katumba Mwanke a péri dans un accident d’avion. Se sentant de plus en plus écartés du pouvoir présidentiel, dont ils ont été la matrice, des notables « Balubakat », dénonçant l’ « ingratitude » du chef de l’Etat, laisseraient volontairement fermenter la révolte d’une base frustrée, qui craint d’être privée des progrès économiques de la province. Ce week end, la révolte a gagné Lubumbashi, mais il y a déjà plusieurs semaines que le Nord Katanga affronte la révolte des Mai Mai… »

 Conspiration

 Certains médias congolais continuent déployer les plus grands efforts pour faire prendre au sérieux la « conspiration de Kanku Mukandi », qui repose sur une mise en scène policière et judiciaire aussi grossière que l’affaire Yangambi.  
L’Avenir est revenu sur l’affaire des présumés conspirateurs arrêtés qui préparaient à renverser le régime de Kinshasa. Le quotidien titre en sa Une : «Ministère de l’Intérieur : un réseau contre Joseph Kabila démantelé». Sur cette affaire, il indique qu’un sujet belge d’origine congolaise répondant au nom de Kanku Mukandi Jean-Pierre, tombé dans le filet des services de renseignements après une perquisition intervenue à sa résidence sise 3è rue, avenue de la Révolution, dans la commune de Limete. Il est le responsable d’une bande de criminels préparés à renverser par les armes les institutions légalement établies, selon le journal. (Comme il n’y a plus, en RDC, d’institutions légalement établies, comment pourrait-on les renverser ? NdlR) 
L’Avenir souligne que les services ont également mis la main sur Mandimba Mongombe Isidore Idrin alias Cobra, agent de la police de 2è classe, déserteur du Bataillon Police de Police, recruté par le premier cité. Ce complice a reconnu avoir participé à toutes ces réunions, acceptant de garder les armes, recrutant même le capitaine Christian Siboko alias Colombe dans le réseau, poursuit le quotidien.

 

 

 

© CongoForum, le lundi 25 mars 2013

 


 

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