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26/03/13/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE MARDI (CongoForum)

L’entrée surprise des Maï-Maï Bakata Katanga samedi à Lubumbashi - ou faut-il parler d’attaque de la ville de Lubumbashi le week-end dernier par les miliciens « Kata Katanga » ? - continue d’alimenter les journaux de Kinshasa en ce mardi.

26/03/13/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE MARDI (CongoForum)

L’entrée surprise des Maï-Maï Bakata Katanga samedi à Lubumbashi  - ou faut-il parler d’attaque de la ville de Lubumbashi le week-end dernier par les miliciens « Kata Katanga » ? - continue d’alimenter les journaux de Kinshasa en ce mardi.

 Lubumbashi

L’affaire n’a pas fini d’alimenter les commentaires dans les colonnes de journaux kinois et même de la presse internationale. Et l’on ne manque bien sûr pas d’évoquer le spectre de la Sécession katangaise. La perplexité des journalistes se traduit notamment par les guillemets qui accompagnent les mots « attaque » ou « reddition ».

Trésor Kibangula intitule son papier dans Jeune Afrique : « La mystérieuse "reddition" des "Kata Katanga" à Lubumbashi ».  
 « Le 23 mars, un groupe de miliciens "Kata Katanga" est entré à Lubumbashi, occasionnant des accrochages avec les forces de l'ordre au centre-ville, avant de se réfugier au camp de la Mission onusienne sur place. Les autorités de la province du Katanga les ont transférés, le 25 mars, à Kinshasa. L'incident laisse néanmoins plusieurs zones d'ombre ».

Comment près de 250 miliciens indépendantistes dénommés « Kata Katanga » [coupez le Katanga, en swahili, NdlR] se sont-ils retrouvés, le 23 mars, au cœur de Lubumbashi ? Tout le monde semble avoir été pris de court, ne sachant pas comment réagir face à cette colonne des gens - vieux, jeunes, hommes, femmes et enfants - armés de flèches, de couteaux mais également d'AK 47 et de lance-roquettes, marchant droit dans la ville en provenance de la commune de Ruashi, située à 7 km de la capitale katangaise. 
S'agissait-il vraiment d'une simple « reddition » qui a dérapé ? Moïse Katumbi, le gouverneur de la province, n'a pas trouvé d'autre explication. « Ils [les miliciens] sont venus se rendre et il y a eu quelques débordements », a déclaré le numéro un de la province. Une allusion à l'accrochage avec les forces de l'ordre, après que les « Kata Katanga » ont descendu le drapeau de la RDC et hissé le leur aux couleurs de l'ancien Katanga indépendant, sur la place Moïse Tshombe, du nom de celui-là même qui avait proclamé la sécession de la plus riche province congolaise, le 11 juillet 1960. Bilan : environ 35 morts et 54 blessés dont 15 « gravement atteints » parmi les assaillants, selon les ONG locales. Pourchassés par les éléments de la Garde républicaine, les miliciens s'étaient réfugiés au quartier général de la Monusco à Lubumbashi. « Ils ont forcé la porte », explique un témoin sur place. « Nous ne sommes pas venus pour nous rendre mais nous sommes ici pour demander à l'ONU de nous rendre notre indépendance. Nous voulons que le Katanga soit un État et que notre président soit reconnu », avait alors lancé un des miliciens au siège de la mission onusienne.
(Cette démarche auprès de l’ONU peut s’expliquer par un souvenir historique : ce sont en effet les troupes de l’ONU qui on mis fin à la sécession katangaise des années ’60. De là à penser que l’ONU peut défaire ce qu’elle a fait… NdlR) 
Finalement désarmés, les 245 combattants « Kata Katanga » ont été rendus le lendemain aux autorités provinciales qui les ont transférés, le 25 mars, à Kinshasa. Une décision des «autorités du pays », se contente d'avancer Dikanga Kazadi, le ministre de l'Intérieur du Katanga. Pas suffisant pour lever tout le mystère autour de l'entrée dans la ville de Lubumbashi de ces miliciens qui ne se reconnaissent pas comme des Congolais, mais comme des Katangais.  
Leur chef se nomme Ferdinand Ntanda Imena Mutumbo. Une figure quasi-inconnue de la vie politique locale. « Il est l'oncle de Gédéon, le chef de la milice maï-maï du Nord-Katanga, aujourd'hui mort ou en cavale », soutient une source. Mais, à Lubumbashi, beaucoup pointent du doigt Kyungu wa Kumwanza, le président de l'Union nationale des fédéralistes du Congo (Unafec) et président de l'assemblée provinciale. Il serait, pour eux, le tireur de ficelles dans l' « affaire Kata Katanga ». Pour couper court à ces rumeurs de plus en plus insistantes, Kyungu wa Kumwanza avait prévu de tenir, le 25 mars, un meeting à la place de la Gare, à Lubumbashi. Mais, Kinshasa a ordonné l'annulation de ce rassemblement. Le fédéraliste n'aura donc pas, pour l'instant, l'occasion de s'expliquer...
Un « complot pour salir le parti, se défend Jean-Noël Ngoy Kikungula, un des conseillers de l’Unafec. Il ne faut pas confondre fédéralisme et sécession : les miliciens réclament l'indépendance du Katanga, mais nous nous battons depuis des années pour l'instauration du fédéralisme dans notre pays », nuance-t-il.

Le Potentiel titre à la Une « Tensions récurrentes à Lubumbashi : Mystère ». 
 Il note que coïncidence ou choix délibéré, les Maî-Maï Kata Katanga sont descendus dans la rue à Lubumbashi le samedi 23 mars 2013, perturbant l’ordre public.
Le gouvernement a décidé de les  transférer à Kinshasa pour qu’ils répondent de leurs actes devant la  justice. Jusque-là, personne ne connaît la main invisible qui agit derrière cette agitation permanente qu’on tente d’installer à Lubumbashi. Des « farfelus » ? « Des aventuriers drogués » ? Des séparatistes fanatiques ? Autant d’interrogations qui n’ont pas encore des réponses. Le mystère est, jusque-là, entier ! Le Potentiel conclut tout de même que la défaillance des services de sécurité serait la cause de l’entrée des Maï-Maï à Lubumbashi.

L’attaque de la ville de Lubumbashi par des miliciens Mai-Mai « Kata Katanga », le samedi 23 mars 2013 en pleine journée, continue à intriguer plus d’un compatriote, relève Le Phare qui s’interroge : « qui instrumentalise les Mai-Mai « Kata Katanga » ?
Il note qu’en plus de l’opacité qui a entouré la réaction tardive des éléments de l’armée, de la police et des services des renseignements tant civils et militaires, il persiste des grosses zones d’ombres au sujet des commanditaires d’une opération qui a tout l’air d’une insurrection armée contre l’autorité légalement établie. A en croire certains analystes politiques, signale Le Phare, le « défilé » des « Mai-Mai « Kata Katanga » au cœur de la capitale du cuivre est à interpréter comme un message spécial des Katangais hostile au découpage territorial de cette province adressé à leurs frères acquis à cette option. Ceux qui ne veulent pas de la séparation de ce qui est décrit comme le « Katanga utile » (Sud-Katanga minier) d’avec le « Katanga pauvre » (Nord-Katanga non minier), ont cru bon de se rappeler à la mémoire collective en recourant aux armes. 

Le Palmarès fait état de l’ouverture d’une enquête à Lubumbashi. En effet, le gouvernement a dépêché une mission d’enquête à Lubumbashi en vue d’une « évaluation appropriée de la situation sécuritaire », perturbée samedi dernier par les miliciens « Kata Katanga ».
 « Des personnes qui se seraient compromises avec ces délinquants armés seront déférées devant les cours et tribunaux pour subir la rigueur de la loi », a promis le ministre de l’Intérieur Richard Muyej.

La Prospérité, dans son éditorial, exige un châtiment exemplaire contre ces miliciens Bakata Katanga. Selon le quotidien, cette situation est intervenue au moment où on venait de mettre la main sur un groupe de conspirateurs à Kinshasa. Le journal indique que le groupe, arrêté dans la capitale avait pour mission d’attenter à la vie du chef de l’Etat, et de paralyser le fonctionnement régulier des institutions. (Il fait allusion à l’affaire Mukandi qui ressemble furieusement à un mauvais montage des services de sécurité, dans le style de l’affaire Yangambi. Le point faible de ces montages peu crédibles est, entre autres, qu’il s’agit toujours de quatre ou cinq conspirateurs prétendant, nous dit-on, « attaquer Kinshasa » et « ter JKK » avec un arsenal dérisoire que la police peut très bien avoir apporté elle-même. Y mêler les Kata Katanga permet d’étoffer un peu la « conspiration ». NdlR)

Forum des As titre en sa machette: « le Gouvernement menace… » 
Ce quotidien croit savoir que les Congolais veulent, cette fois-ci, que l’enquête puisse aller jusqu’au bout. C’est-à-dire jusqu’à l’établissement des responsabilités assorti des sanctions. Pour le tabloïd, des Congolais craignent une fois de plus que les investigations s’arrêtent et que les fautifs restent impunis. Forum des As rappelle que le gouvernement vient de diligenter une mission d’enquête à Lubumbashi en vue d’une évaluation appropriée de la situation sécuritaire qui servira de base pour des orientations et décisions contre les miliciens Bakata Katanga.

(Les « conspirations à la gomme » style Mukandi ou Yangambi, comme les « alertes aux milices » pourraient trs bien être liés au « dialogue national », en ce sens que le pouvoir ne dispose plus de la menace de l’Est pour créer un réflexe d’union nationale. Il lui faut une autre menace pour jstifier sa fermeture à un vrai dialogue. 
Ce qui serait sans aucun doute le problème crucial du « dialogue », c’est le manque de légitimité d’un pouvoir issu d’élections sans nulle crédibilité. Il faut rappeler que les élections du 28/11/11 ont été organisées, tout comme celles de 2006, en faisant voter un « corps électoral inconnu », faute de recensement préalable de la population. Ce fait à lui seul suffirait à en « plomber » gravement la crédibilité. Elles ont, par-dessus le marché, été entachées de fraudes et de manipulations à un point tel qu’elles ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli.  
Le pouvoir en place a déjà donné des signes évidents de sa volonté d’abuser de sa prépondérance. Il est manifeste que des expressions sonores comme « cohésion nationale » ou « respect de l’ordre constitutionnel » signifient en réalité « reconnaissance du pouvoir établi » et « acceptation des ‘résultats électoraux’ de 2011 ».  
Il y a en RDC une crise liée, non aux institutions, mais à ceux qui en occupent les postes à responsabilité. Et cela, tout simplement, parce que la Constitution repose sur l’idée que lesdits postes auront des titulaires désignés par des élections honnêtes, et qu’elles ne l’ont pas été. Mais précisément, dans le vocabulaire de la Majorité, « pas de crise institutionnelle » veut dire « pas de remise en question de la mascarade électorale ». 
Un « dialogue » qui ne se baserait pas sur l’acceptation de la réalité, à savoir que les élections de 2011 ont été NULLES, qu’il n’y aura JAMAIS de résultats électoraux acceptable sans recensement national et sans une CENI dépolitisée ne sera jamais qu’un achat à grand spectacle, par la distribution de postes lucratifs, de complices supplémentaires pour ce coup d’état dont le principal ressort consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli.  
Les distorsions du langage ne sont cependant pas le privilège du camp gouvernemental. Si celui-ci parle de « l’ordre institutionnel » ou « constitutionnel » pour défendre ses postes usurpés, pour une partie de l’Opposition « vérité des urnes » se prononce « Tshisekedi président » alors que RIEN ne peut sortir d’une élection NULLE. Proclamer la victoire d’un candidat, quel qu’il soit, c’est tenter le même coup de force que l’on reproche à JKK, à ceci près que, ne disposant pas comme lui de la force, on ne tombe pas dans le crime, mais dans le ridicule. 
Une autre partie de l’opposition acceptera sans doute un « replâtrage » par application de la « Loi de l’Entrecôte ». L’obstination des uns et la vénalité des autres empêcheront une remise en question fondamentale des « élections à corps électoral inconnu » et permettront une soi-disant « concertation » qui n’aboutira qu’à un statu quo, c'est-à-dire au maintien de la même situation pour les élections de 2016. NdlR)

Affaire Ntaganda

L’Avenir titre : « Chasse aux seigneurs de guerre ». 
Il rapporte qu’au moment où le procès de Bosco Ntaganda s’ouvre ce matin à la Haye, la procureure de la CPI devra s’engager rapidement à fond pour la pacification totale de la RDC. (Laquelle, il faut le croire, est la têche de la CPI, de la CRGL, de l’ONU, de tout qu l’on voudra, mais surtut pas du pouvoir de Kinshsa… NdlR) 
Fatou Bensouda sera dans l’obligation d’ouvrir un nouveau chapitre pour la justice en poursuivant les seigneurs de guerre locaux ainsi que les hauts responsables qui les soutiennent. Parmi les personnalités qui sont dans le collimateur, L’Avenir cite le président ougandais Museveni, le président Paul Kagame, James Kabarebe, Sultani Makenga, etc.

La Prospérité parle de l’audience de première comparution, à la CPI, de Bosco Ntaganda!
Le quotidien indique que c’est devant la chambre préliminaire II de la Cour pénale internationale que Bosco Ntaganda va décliner son identité et indiquer la langue dans laquelle il pourra suivre les procédures. 
A cette occasion, il sera informé de charges portées contre lui. Conformément à la procédure, les juges fixeront également une date pour l’ouverture de l’audience de cette confirmation des charges, étape préliminaire pour déterminer si l’affaire sera renvoyée au procès ou non, précise La Prospérité.

RCA

Dans son article du Soir, Colette Braeckman constate que « La chute de Bangui dégarnit la frontière nord du Congo Kinshasa ».

 « Indignée, l’Union Africaine a suspendu la Centrafrique, et refusé de reconnaître le nouveau pouvoir, dirigé par l’un des chefs de la coalition rebelle, Michel Djotodia. C’est que, en dépit de deux cycles électoraux et de dix années d’une stabilité apparente, l’histoire se répète : le président François Bozizé, qui avait lui-même pris le pouvoir voici dix ans avec le soutien des forces tchadiennes, a été chassé du pouvoir par une coalition, la Seleka, dont on ne connaît pas encore tous les contours mais qui, cette fois, n’a pas rencontré sur sa route de militaires tchadiens, ces derniers étant actuellement mobilisés au Mali où ils épaulent les forces françaises. Seule l’armée sud africaine a tenté, jusqu’au bout, de protéger le président sortant, mais cet engagement a été payé au prix fort : treize soldats ont été tués, en plus de nombreux blessés. 
Cette prise de pouvoir par la Seleka (un terme qui signifie alliance, en sango) a des aspects connus : les troupes rebelles se sont emparées de la capitale et des pillages ont éclaté, le président sortant aurait fui en direction de la République démocratique du Congo (seul le fleuve Oubangui sépare Bangui de la province congolaise de l’Equateur et de Gbadolite, ancien sanctuaire du président Mobutu). Quant aux rebelles de la Seleka, ils s’inspirent, avec plus de succès, des revendications présentées par le M23, qui a implosé au Congo Kinshasa. En effet, l’entrée en guerre de la coalition rebelle a été motivée, au départ, par le non respect des accords de paix signés en 2007. Ces accords prévoyaient, sur le même modèle qu’en RDC, la réinsertion et l’indemnisation des combattants rebelles. Par la suite, alors qu’en décembre dernier déjà, les rebelles menaçaient de s’emparer de Bangui, des accords furent signés à Libreville, avec la médiation de la Communauté des Etats d’Afrique centrale. Ils prévoyaient la mise sur pied d’un gouvernement d’union nationale, la libération des prisonniers politiques et le départ des troupes sud africaines qui avaient prêté main forte au président Bozize. Selon la Seleka ces accords ne furent pas appliqués, ce qui a justifié l’offensive actuelle.
Tout n’est cependant pas répétition : la rapidité et l’efficacité des rebelle ont surpris ainsi que la relativement bonne tenue des combattants. Selon des observateurs, les membres de la coalition, relativement bien armés et disciplinés, seraient descendus de la frontière soudanaise et en particulier de la province du Darfour où sont déployés des casques bleus de différentes nationalités dont un contingent rwandais, très apprécié.
La situation en Centrafrique est suivie de très près à Kinshasa, car le président François Bozizé était un allié du président Kabila. On se souvient en effet que, voici dix ans, lorsque cet ancien général était arrivé au pouvoir par les armes, il avait chassé son adversaire Ange-Félix Patassé avec le soutien de l’armée tchadienne. Patassé à l’époque, bénéficiait aussi du soutien de Jean-Pierre Bemba, dont les troupes, qui campaient à Gbadolite, avaient traversé le fleuve pour se porter au secours du régime. C’est d’ailleurs le comportement des soldats du MLC (Mouvement pour la libération du Congo) qui vaut à Jean-Pierre Bemba d’être toujours détenu par la Cour pénale internationale : alors que le principal challenger du président Kabila se trouvait à cette époque en train de négocier à Sun City, en Afrique du Sud, il avait été tenu pour responsable du comportement de ses troupes qui, à Bangui, placées sous commandement centrafricain, s’étaient livrées à des viols et des pillages. A l’époque, l’opposition congolaise dénonça le « service » que François Bozizé, après son arrivée au pouvoir, avait rendu à son voisin Kabila, en permettant l’inculpation de Jean-Pierre Bemba. 
Autre signe des temps : le changement de pouvoir actuel a eu lieu sans qu’intervienne la France, ancienne puissance coloniale. Une telle passivité eut été impensable jadis, où la Centrafrique était considérée comme un « porte avions » de la France : située aux confins du Tchad, qui entretenait des relations troubles avec la Libye de Kadhafi, voisine des deux Congo et du Cameroun, ouverte sur le soudan et de là sur l’Afrique de l’Est, la Centrafrique, qui ne manque cependant pas de ressources naturelles, (or et diamants entre autres) valait surtout pour sa situation stratégique et la France avait installé deux bases militaires dans le pays, l’une dans la capitale, l’autre à Bouar, tournée vers le Tchad et rendant possible les interventions régionales. 
Cette importance stratégique de la Centrafrique avait justifié, à l’époque du président Giscard d’Estaing, l’un des épisodes les moins glorieux de la « Françafrique » : le sacre, en 1977, de l’ « empereur » Jean Bedel Bokassa, un ancien caporal qui avait servi dans les forces françaises en Indochine et en Algérie. A l’époque, un ministre français, Robert Galley, assista au sacre de l’empereur et de l’impératrice Catherine, accompagné d’une palanquée d’hommes d’affaires. Deux ans plus tard cependant l’empereur, devenu gênant fut renversé et finit ses jours dans son château d’Hardicourt en France.
De telles complaisances semblent appartenir au passé : la France a fermé la base de Bouar pour ne garder que 250 hommes à Bangui (même si des renforts viennent d’être envoyés) et le président Hollande a déclaré que « si nous sommes présents, ce n’est pas pour protéger un régime, c’est pour protéger nos ressortissants et nos intérêts. Et en aucune façon pour intervenir dans les affaires intérieures d’un pays. Ce temps là est terminé. »
Au-delà de cette volonté de non ingérence et de ce changement de politique, François Bozize, qui avait cependant été élu deux fois après sa prise de pouvoir mais s’était lui aussi illustré par la corruption de son régime, a aussi été une victime collatérale de l’intervention française au Mali, qui mobilise toutes les forces disponibles. Quant à ses alliés africains, l’Afrique du Sud et, plus discrètement, le Congo Kinshasa, ils se sont avérés impuissants à enrayer l’avancée des rebelles qui, sur le plan militaire tout au moins, avaient peut-être bénéficié des conseils des stratèges du M23… »

 

 

 

 

© CongoForum, le mardi 26 mars 2013

 

 

 

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