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28/03/13/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE JEUDI (CongoForum)

Bien que les événements de Lubumbashi continuent à alimenter la chronique, ce que l’on peut lire dans les colonnes de beaucoup de journaux paraissant à Kinshasa donne une curieuse impression de « retour à la normale ». Entendez par là, non pas que la RDC se serait mise à fonctionner normalement – c’est toujours le « foutoir » - mais qu’une bonne partie de la presse annonce que les politiciens ont engueulé le gouvernement ou se sont enguirlandés entre eux. L’on parle aussi d’un ultimatum de l’ONU concernant les viols commis par des soldats FARDC dans l’Est.

L’shi

Le Potentiel titre « La Société civile lève un coin de voile ».
Un collectif d’ONG de la Société civile du Katanga, dix au total, vient de produire un rapport circonstancier sur les événements du 23 mars 2013 à Lubumbashi. De la matière pour les commissions d’enquêtes parlementaire et gouvernementale dépêchées dans la capitale du cuivre. « Il va de soi, note Le Potentiel, que les personnes citées ne sont pas coupables » ( ???). Par cette curiese formule, il entend que présomption d’innocence interdit à quiconque de prendre ce rapport pour une condamnation ferme. Toutefois, il serait tout aussi inconcevable que toutes ces informations ne retiennent pas l’attention des enquêteurs.

Le Palmarès signale qu’outre le gouvernement central qui vient de diligenter une enquête sur l’affaire, l’Assemblée nationale également a mis sur pied une commission d’enquête pour comprendre ce qui s’est réellement passé. L’opinion voudrait comprendre comment les assaillants ont effectué une promenade de santé depuis la périphérie de Lubumbashi jusqu’en plein centre-ville sous le nez et la barbe des FARDC, de la police et des services de sécurité.
Sur cette question, Le Palmarès affirme que le ministre de l’Intérieur a clairement laissé entendre qu’il doit y avoir des complicités internes. Au moment où les « Kata Katanga » étaient déjà en plein centre-ville, certaines autorités provinciales interrogées par Kinshasa ont prétendu ne rien savoir de la situation. Comment est-ce possible ?

Le Phare titre : « Ceux qui se cachent derrière les ‘Bakata Katanga’ ».
Il souligne que les organisations de la Société civile du Katanga soutiennent que la province du Katanga en est arrivée à la situation d’insécurité permanente à cause de l’AFDL (Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo) et du RCD (Rassemblement Congolais pour la Démocratie). L’occupation du Katanga par ces deux mouvements rebelles, indique-t-on, a eu pour impact négatif l’essaimage d’une multitude de nébuleuses Mai-Mai, récupérées aujourd’hui par des pyromanes de tous bords bien positionnés dans les institutions nationales et provinciales katangaises.

Politique

Començons par le plus exotique la politique belge. L’Avenir met en gros titre « Gisèle Mandaila au M23 ».
 Selon ce journal, la députée bruxelloise FDF, ex-secrétaire d’Etat aux Familles et deux autres élus d’origine congolaise sont cités dans un rapport de la Sûreté de l’Etat belge pour être en relation avec l’Eglise de Scientologie, soucieuse d’étendre son influence en RDC.
Le même rapport évoque le soutien de la Scientologie aux rebelles pro-rwandais du M23.
Citant une dépêche du journal Le Soir, l’Avenir affirme que Gisèle Mandaila s’est résolue à introduire une action judiciaire pour rétablir sa réputation. Elle vient d’adresser à la ministre de la Justice, Annemie Turtelboom, une citation à comparaître, le 9 avril prochain, devant le tribunal de première instance de Bruxelles.

Forum des As voit « Matata Ponyo dans le collimateur des députés!».
Des initiatives parlementaires se multiplient pour faire partir le Gouvernement, rapporte Forum des As, ajoutant que de nombreux députés nationaux sont en colère contre le Premier ministre. L’éditorialiste du journal évoque une motion de défiance contre le Premier ministre, qui est en gestation sur l’initiative de deux élus de l’UNC, parti de l’opposant Vital Kamerhe. « Nous venons des vacances parlementaires. Nous avons trouvé que plus rien ne va à l’intérieur du pays malgré le discours folklorique du Gouvernement. L’insécurité est généralisée à travers le pays. Le social ne marche bien qu’aux yeux du Gouvernement. Le Gouvernement Matata doit des explications claires et nettes », a déclaré à Forum des As l’un des auteurs de la motion de défiance ». » Cette motion va-t-elle passer en ce moment où les efforts doivent être conjugués pour la cohésion nationale ? », s’interroge le quotidien qui estime que c’est la question qui mérite d’être posée.

(Il faut, pour comprendre ce qui se trame, remonter à l’origine de tous les maux les élections frauduleuses de novembre 2011, envisagées sous l’angle des législatives. Elles ont doté la RDC d’une assemblée où la majorité « MP sans R » est assez différente de l’ancienne Majorité AMP : elle est beaucoup plus inconsistante et polymorphe. Dans de nombreuses circonscriptions, les membres de la MP se concurrençaient entre eux parce que la MP est une coalition basée uniquement sur la préférence pour JKK à la Présidence.
La composition du gouvernement est perçue par maint politicien comme devant servir, non à mettre the right man in the right place, mais à récompenser le meilleur colleur d’affiches. Autrement dit, à récompenser les meilleurs agents électoraux de JKK, même si pour être eux-mêmes élus ils sont passés par la très petite porte. Bien entendu, ils ont tous fraudé, mais ils étaient si nombreux à le faire que, les fraudes s’annulant, il n’est pas exclu qu’à certains endroits les voix des électeurs aient pu se faire entendre. Si un portefeuille ministériel est attribué sur base de performances publicitaires, et soumis en sus à des dosages par partis, régions et ethnies, il ne faut pas s’étonner que le résultat n’ait rien d’éblouissant.

Mais les résultats électoraux ont été très discutés. C’est alors que les commentaires négatifs tombaient de partout, que JKK a brusquement décidé un retournement des alliances. De fin 2008 à fin 2011, la thèse officielle était que le Rwanda était un allié, que tous les ennuis venaient du FDLR et que Ntaganda était indispensable à la paix. Subitement, le Rwanda devenait un ennemi et il fallait arrêter Bosco Ntaganda. Cela prenait dans le sens du poil l’opinion congolaise et la communauté internationale. Mais il ne pouvait échapper à personne que cela allait rallumer la guerre, d’autant plus qu’au lieu d’arrêter Ntaganda par surprise, on annonça à grand bruit l’intention de le faire. Le bandit n’a bien sûr pas attendu les gendarmes ! Comment ne pas en retirer l’impression que le pétard qui a éclaté à Goma a été allumé volontairement et en connaissance de cause par le pouvoir, en vue, précisément, de créer la psychose d’urgence nationale dont il s’est efforcé, ensuite de profiter. Il lui devenait facile de prétendre que « l’opposition tient le même langage que le M23 ».

Pour gérer ce climat d’urgence, un gouvernement fut mis en place sous l’habituelle étiquette de « technicien ». Mais, le Congolais cultivant volontiers l’hyperbole, l’on parla des « jeunes technocrates surdoués ». Il est probable qu’au départ il en avait pour environ six mois. La « crise de l’Est » s’est prolongée plus que prévu, du fait d’une très large internationalisation -CIRGL, SADC, ONU – qu n’avait sans doute pas été prévue. Or, quand les « grands machins » se mêlent de quelque chose, ils vous font perdre un mois aussi aisément que l’on croque un biscuit. L’on n’avait pas prévu non plus, sans doute, que Ntaganda aurait suffisamment peur de ses propres mandants pour se réfugier à la CPI. Le gouvernement provisoire a donc duré. Le véritable partage de l’entrecôte ara donc lieu plus tard que prévu au cours de l’opération « silence dans les rangs » fallacieusement présentée comme « concertation nationale ». NdlR)

Concertations nationales

La Prospérité titre: «Concertations nationales: Les Forces vives s’impatientent !» au sujet de cette cohésion nationale que doivent conforter les concertations nationales, selon le vœu, dit-il, de JKK.
L’éditorialiste du journal s’interroge : «A quand le dialogue ? ». Voilà que tout d’un coup, tout semble s’arrêter, depuis que Joseph Kabila a lancé cette idée fin 2012. On ne se sait trop pourquoi, écrit le journal. «Même les discoureurs, les harangueurs et autres bavards se sont tus, pourtant ils s’étaient montrés très agressifs quant à l’exigence de la tenue du dialogue», fait remarquer l’éditorialiste. Ne faut-il pas alors vider dans les cœurs des uns et des autres ce qui pousse à recourir à la barbarie ? C’est le moment d’en parler, estime le quotidien. D’aucuns ont affirmé que toutes les propositions possibles de la classe politique, de la société civile ou des sociétés civiles, des membres des confessions religieuses et des personnalités…, se trouvent sur la table du Chef de l’Etat, depuis la rencontre de Kingakati. Et la suite ?, questionne encore l’éditorialiste, indiquant que tout le monde attend la convocation du dialogue. La Prospérité note que M. Aubin Minaku qui a été chargé d’ouvrir les pré-contacts, en a pris la vraie température. Proposition du lieu, nombre de participants, profil du médiateur, tout a été dit. Seulement, depuis, silence radio.

(Il n’est pas inintéressant d’observer l’évolution du vocabulaire en la matière. Au Nouvel An, JKK avait évoqueé dans son message un « dialogue national ». Celui-ci est ensute devenu une « concertation » au singulier. L’on parle aujourd’hui de « concertations » au pluriel. Cela fait penser à une évolution d’une idée de « mise à plat de tous les problèmes » à une forme de « dialogue » où il y aurait un inerlocuteur nettement « dminant », ayant devant lui des interlocuteurs dispersés.  
Les attaques de « séparatistes katangais », les« conspirations à la gomme » style Mukandi ou Yangambi, comme les « alertes aux milices » pourraient très bien être liés au « dialogue national », en ce sens que le pouvoir ne dispose plus de la menace de l’Est pour créer un réflexe d’union nationale. Il lui faut une autre menace pour justifier sa fermeture à un vrai dialogue.  
Ce qui serait sans aucun doute le problème crucial du « dialogue », c’est le manque de légitimité d’un pouvoir issu d’élections sans nulle crédibilité. Il faut rappeler que les élections du 28/11/11 ont été organisées, tout comme celles de 2006, en faisant voter un « corps électoral inconnu », faute de recensement préalable de la population. Ce fait à lui seul suffirait à en « plomber » gravement la crédibilité. Elles ont, par-dessus le marché, été entachées de fraudes et de manipulations à un point tel qu’elles ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli.  
Le pouvoir en place a déjà donné des signes évidents de sa volonté d’abuser de sa prépondérance. Il est manifeste que des expressions sonores comme « cohésion nationale » ou « respect de l’ordre constitutionnel » signifient en réalité « reconnaissance du pouvoir établi » et « acceptation des ‘résultats électoraux’ de 2011 ».  
Il y a en RDC une crise liée, non aux institutions, mais à ceux qui en occupent les postes à responsabilité. Et cela, tout simplement, parce que la Constitution repose sur l’idée que lesdits postes auront des titulaires désignés par des élections honnêtes, et qu’elles ne l’ont pas été. Mais précisément, dans le vocabulaire de la Majorité, « pas de crise institutionnelle » veut dire « pas de remise en question de la mascarade électorale ». 
Un « dialogue » qui ne se baserait pas sur l’acceptation de la réalité, à savoir que les élections de 2011 ont été NULLES, qu’il n’y aura JAMAIS de résultats électoraux acceptable sans recensement national et sans une CENI dépolitisée ne sera jamais qu’un achat à grand spectacle, par la distribution de postes lucratifs, de complices supplémentaires pour ce coup d’état dont le principal ressort consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli.  
Les distorsions du langage ne sont cependant pas le privilège du camp gouvernemental. Si celui-ci parle de « l’ordre institutionnel » ou « constitutionnel » pour défendre ses postes usurpés, pour une partie de l’Opposition « vérité des urnes » se prononce « Tshisekedi président » alors que RIEN ne peut sortir d’une élection NULLE. Proclamer la victoire d’un candidat, quel qu’il soit, c’est tenter le même coup de force que l’on reproche à JKK, à ceci près que, ne disposant pas comme lui de la force, on ne tombe pas dans le crime, mais dans le ridicule. 
Une autre partie de l’opposition acceptera sans doute un « replâtrage » par application de la « Loi de l’Entrecôte ». L’obstination des uns et la vénalité des autres empêcheront une remise en question fondamentale des « élections à corps électoral inconnu » et permettront une soi-disant « concertation » qui n’aboutira qu’à un statu quo, c'est-à-dire au maintien de la même situation pour les élections de 2016. NdlR)

Viols

Radio Okapi annonce que « L’Onu lance un ultimatum à la RDC pour sanctionner des soldats accusés de viols à Minova »

Les Nations unies ont lancé, mercredi 27 décembre, à la RDC un dernier ultimatum d’une semaine pour agir contre les soldats de deux bataillons des Forces armées de la RDC (FARDC) accusés d’avoir commis au moins 126 viols en novembre dernier à Minova alors qu’ils se repliaient face à l’avancée des rebelles du M23, ont indiqué des diplomates à l’AFP. L’ultimatum a été posé par secrétaire général adjoint de l’Onu chargé des opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, lors d’une réunion à New York avec le ministre des Affaires étrangères de la RDC, Raymond Tshibanda. « On sait maintenant qu’un total de 126 femmes ont été violées à l’Est de Goma au moment où des troupes avançaient dans tous les sens. Une grosse partie de ces viols ont été commis, semble-t-il, par des militaires congolais », avait déclaré Hervé Ladsous mardi 18 décembre au sortir d’une réunion de conseil de sécurité à New York.
L’ultimatum de l’Onu a été lancé alors que le Conseil de sécurité doit se réunir ce jeudi pour voter une résolution mettant en place une brigade d’intervention. Cette brigade, avec un mandat robuste, doit aider l’armée à combattre les groupes rebelles dans l’Est de la RDC. “Le gouvernement congolais a été averti que les actions de l’armée ne sont pas acceptables et qu’il y aura de sérieuses conséquences”, a souligné un diplomate à l’AFP.
Les autorités congolaises avaient ouvert une enquête sur ces allégations aussitôt informées. Le porte-parole de l’Onu, Martin Nesirky avait prévenu que l’ONU “révisera le soutien fourni” aux unités auxquelles appartiennent les soldats coupables.

 

© CongoForum, le jeudi 28 mars 2013

 


 

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