Congoforum Congoforum


News
Analyse et réflexion
Coopération
Economie
Fiche du Congo
Fiche de la Belgique
Développement
Interviews
Liens

print

Dernières infos

06/03/14 / REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE JEUDI (CongoForum)

L’attention des journaux parus ce jeudi à Kinshasa se disperse encore une fois entre des sujets divers. L’UNC accuse la police d’avoir interpellé à tort ses militants à Kinshasa. Il est aussi question de l’amélioration de la gouvernance, de la formation du gouvernement de cohésion nationale, de la lutte contre les rebelles ougandais ADF-Nalu, de l’affaire Denis Lessie, etc.


UNC

 

L’Union pour la nation congolaise de Vital Kamerhe, annonce Radio Okapi, dénonce l’interpellation, mercredi 5 mars, d’une quarantaine de ses militants partis accueillir à l’aéroport de N’djili leur leader qui devait revenir de Bukavu mais qui n’est finalement plus arrivé. Le secrétaire général de l’UNC, Jean-Bertrand Ewanga affirme que ces militants ont été arrêtés à leur retour de l’aéroport. Vital Kamerhe n’est plus revenu comme prévu à cause d’une panne de l’avion de la CAA qui devait le ramener à Kinshasa, ont expliqué les responsables de cette compagnie aérienne.

« Nous avons été à l’aéroport, le président Kamerhe n’est pas revenu. Nous avons donné des instructions à nos militants et militantes qui sont disciplinés de rentrer chez eux. Voilà qu’au niveau du pont N’djili, M. Kanyama [chef de la police de Kinshasa] et ses hommes ont procédé à des fouilles. Ils ont arraché nos drapeaux et les ont déchirés. Tout ce qu’il y a comme insignes du parti de l’UNC ont été jetés ainsi que ceux du Parti travailliste de Steve Mbikayi. On a arrêté une quarantaine de gens qui sont gardés dans le cachot à Matete et d’autres sont partis ailleurs », raconte le secrétaire général de l’UNC.

Jean-Bertrand Ewanga dénonce cette arrestation et affirme que son parti avait informé les autorités de la ville de Kinshasa de la tenue de cette manifestation.

Il estime en outre que ses militants n’ont pas perturbé l’ordre public et réclame leur libération immédiate. « Nos militants qui n’ont fait qu’exercer leur droit démocratique garanti par la constitution », souligne-t-il.

Toutes less sollicitations de Radio Okapi pour avoir la version des responsables de la police et du ministre de l’Intérieur n’ont pas abouti.

Vital Kamerhe séjourne depuis la mi-février dans l’est de la RDC pour une série d’activités qu’il a dénommées « caravane de la paix ». À Bukavu, la police a dispersé le 20 février dernier à coups de gaz lacrymogène un meeting populaire de Vital Kamerhe prévu place de l’indépendance. Une quarantaine de personnes ont été blessées. Les activités du président de l’UNC à Goma et Beni dans la province du Nord-Kivu s’étaient plutôt déroulées sans incident. 
(Les différents « accrochages » avec les autorités qui ont émaillé cette tournée de Vital Kamerhe, tout comme d’autres faits similaires et plus anciens concernant d’autres personnalités de l’Opposition, ne peuvent s’expliquer que d’une manière, au demeurant fort simple : le pouvoir n’admet pas qu’une personne de ce genre puisse faire étalage de sa popularité et « faire courir les foules ». Or, la politique congolaise fonctionne un peu comme certaines courses cyclistes, où, quand on traverse le village natal d’un coureur, on laisse celui-ci passer en tête. Le sens bantou de la famille élargie et de la tribu assure au plus obscur politicien un large comité d’accueil, rien qu’avec ses frères, beaux-frères et cousins. Personne ne se fait d’illusion sur ce que cela signifie en termes de véritable popularité, c'est-à-dire d’intentions de vote. Le bon sens commanderait de laisser faire. Mais le pouvoir veut avoir le monopole de l’enthousiasme, tout comme il prétend avoir celui de la « légitimité » et même de la « démocratie ». NdlR)

 

Gouvernance et dialogue politique

De passage à Kinshasa, le commissaire européen au développement, Andris Piebalgs, est revenu sur l’amélioration de la gouvernance et du dialogue politique comme préalables de l’UE pour la poursuite et l’augmentation de ses multiples interventions en RDC, rapporte Le Potentiel qui titre à la Une : l’Union européenne relance le débat, « Les Concertations nationales remises en question ». 
Dès lors, il y a lieu de comprendre pourquoi le gouvernement de cohésion nationale tarde à être formé, en déduit ce journal. Tenues en dehors du cadre consensuel de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, les Concertations nationales sont remises en question- l’UE ayant dit tout haut ce que d’autres partenaires pensent tout bas.  
 « A l’époque, le chef de l’Etat avait donné la promesse de ne ménager aucun effort pour que les résolutions issues des concertations nationales ne croupissent dans le placard. La formation d’un gouvernement de cohésion nationale étant imminente,  l’agitation avait gagné la classe politique. Majorité, Opposition, voire Société civile, tous les camps étaient sur les nerfs. 
Le temps passait mais rien n’était venu expliquer la longue attente. Fallait-il continuer à croire aux Concertations nationales ou y renoncer, s’interrogeait-on dans l’opinion tant il est vrai ce grand forum, sans la formation d’un gouvernement,   devenait une coquille vide.  
Avec le temps, le pan de voile commence à être levé. Et l’éclairage est venu du côté des partenaires extérieurs, au premier rang desquels se trouve l’Union européenne. C’est par le truchement de son commissaire au développement, Andris Piebalgs, que celle-ci a fini par dévoiler sa position.  
Au cours d’une conférence de presse animée conjointement avec le ministre délégué aux Finances, Patrice Kitebi, le mardi 4 mars 2014, Andris Piebalgs a indiqué l’Ue avait débloqué l’octroi d’une nouvelle aide en faveur de la RDC  d’un montant respectif de 620 millions d’euros pour la période 2014-2020. Selon lui, ce  montant constitue une augmentation significative de l’aide par rapport à ces dernières années.  La nouvelle aide financière sera mobilisée, a-t-il précisé, au titre du 11ème Fonds européen de développement (FED), par lequel l’Ue fournit une aide aux pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique sur la période 2014-2020 et qui succède au 10ème FED (2008-2013) au titre duquel la RDC a bénéficié d’une aide d’un montant de 569 millions d’euros destinés principalement aux domaines essentiels que sont la gouvernance, les infrastructures, la santé et l’environnement. En sus de l’aide programmée, la RDC a également bénéficié d’une aide d’urgence d’un montant de 140 millions d’euros dans les domaines de la sécurité alimentaire, de la santé, de la justice et de la violence à caractère sexiste. Sur la même période, un soutien financier supplémentaire de 175 millions d’euros a été engagé en faveur de domaines thématiques tels que l’appui à la société civile, la lutte contre le changement climatique, la santé et les violences sexuelles, l’environnement, la sécurité alimentaire, la démocratie et les droits de l’homme. 
D’ores et déjà au départ de Bruxelles, Andris Piebalgs avait déclaré   que « la région des Grands Lacs et ses habitants ont eu à relever des défis exceptionnels ces dernières années - et ce n’est pas terminé », rappelant que « la fin du conflit avec le M23 et les signes encourageants d’amélioration de la stabilité et de la sécurité qui ont été observés ouvrent de nouvelles perspectives »… 
Après avoir rappelé toutes les bonnes intentions de l’Union européenne en faveur de la RDC, Andris Piebalgs a finalement révélé ce que l’Ue considère désormais comme préalables dans le partenariat qu’elle entretient avec la RDC. 
Il a indiqué que l’Ue entend voir la RDC s’engager activement sur deux fronts pour bénéficier davantage de son aide. Il s’agit, a-t-il dit, de l’amélioration de la « gouvernance » (économique et politique) dans le pays et de l’instauration d’un « dialogue politique ». Et d’ajouter : « Nous encourageons un dialogue politique très approfondi entre tous les acteurs ». 
Selon le commissaire européen au développement, ce dialogue politique doit s’inscrire dans la logique tracée dans l’Accord-cadre d’Addis-Abeba. « Nous sommes toujours très fortement engagés et l’Accord-cadre est un espoir », a soutenu Andris Piebalgs. 
Que retenir donc de cette déclaration, sinon que les concertations nationales n’ont pas trouvé un écho favorable dans le rang des partenaires extérieurs de la RDC. Que l’Ue, qui dispose d’un important portefeuille en RDC, s’engage sur cette voie, il y a de quoi prendre au sérieux cette déclaration.  Ce pavé de Pielbags sème le doute sur la portée réelle de concertations nationales au regard des exigences des partenaires extérieurs qui ne jurent que sur le respect de l’esprit et de la lettre de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba.  
Dès lors, une chose est sûre : les partenaires au développement ne reconnaissent pas les Concertations nationales de 2013 qui n’auraient pas été inclusives. Pour rappel, quelques poids lourds de l’Opposition tels que l’UDPS  de Tshisekedi, l’UNC de Kamerhe, n’y avaient pas pris part. Quid ? Dans les rangs de la communauté internationale, dont l’Ue n’est qu’un porte-voix, l’on est dans l’attente de la tenue d’un dialogue politique, largement ouvert à tous les acteurs de la crise congolaise.  
Vu sous cet angle, l’on comprend aisément les raisons pour lesquelles les recommandations et résolutions sorties de ces assises, notamment la formation d’un gouvernement nationale, tardent à être appliquées, d’une part ; d’autre part, les sous-entendus des messages envoyés au pouvoir de Kinshasa en son temps par les envoyés spéciaux, notamment Mary Robinson. En clair, n’ayant pas pu obtenir l’appui de principaux partenaires extérieurs, les Concertations sont remises en question. Le forum national de 2013 n’aura finalement été qu’une coquille vide – tout devant se jouer dans un dialogue politique inscrit dans la dynamique de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba. C’est la voie choisie par l’Ue. » 
(Cette explication ne pèche que sur un point : l’avis de l’UE ne concerne pas seulement les Concertations. L’on a eu tort dans les sphères du pouvoir kinois de prendre le silence européen pour une acceptation. L’Europe sait fort bien, par le rapport Nedelcheva, que les élections du 28/11/11 ont été tout simplement nulles. Elles ont été organisées, tout comme celles de 2006, en faisant voter un « corps électoral inconnu », faute de recensement préalable de la population. Ce fait à lui seul suffirait à en « plomber » gravement la crédibilité. Elles ont, par-dessus le marché, été entachées de fraudes et de manipulations à un point tel qu’elles ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus[1]. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. Ensuite, les Concertations, promises fin 2012 pour calmer le mécontentement, ont été vidées de leur sens au cours des neuf mois de tractations nécessaire à les réunir dans des conditions qui les rendraient parfaitement anodines. Le message de l’UE c’est, en substance, « Nous ne sommes pas dupes de votre comédie ». Mais pourquoi l’UE ne l’a-t-elle pas dit plus tôt ? En réalité, cela ne l’intéresse guère. Certaine que le pouvoir, en RDC, sera toujours entre les mains de la bourgeoisie puisqu’aucun candidat ne présente un programme de rupture avec le capitalisme prédateur, l’UE préférerait que les différentes factions bourgeoises congolaises concourent « à la loyale ». Simple souci d’élégance, sans grande signification politique. Bref, une tempête dans un verre d’eau. NdlR)

Jugement en appel dans l’affaire Lessie

Le Phare fait état d’un coup de théâtre à la Cour militaire de Gombe. « Denis Lessie quitte la prison dans 3 mois », annonce ce journal. Après avoir examiné pendant plus de deux mois les appels interjetés par toutes les parties, la Cour militaire de garnison de Gombe a finalement rendu son verdict dans l’affaire opposant le ministère public, les parties civiles Jean- Baptiste Ntahwa et Drolia Omedal contre le prévenu Denis Lessie et consorts. C’est à l’audience publique du mercredi 5 mars 2014 que Denis Lessie a été condamné à 15 mois de servitude pénale principale (SPP) pour escroquerie et incitation des militaires à la violation de leurs consignes.

S’agissant d’une affaire déjà assez ancienne, un rappel des faits n’est pas superflu. L’officier du ministère public, organe poursuivant dans la présente cause, était en appel contre le verdict du premier juge pour faire condamner davantage Denis Lessie et ses complices. Il avait qualifié de complaisantes les peines prononcées contre les prévenus au premier degré. Selon l’organe de la loi, le prévenu Denis Lessie et sa bande devraient être condamnés à perpétuité. C’est pour cette raison qu’il avait demandé à la cour de reformuler la décision rendue au premier degré. 
La partie civile Jean-Baptiste Ntahwa également avait introduit son recours à la CMG pour réclamer la restitution de ses 135.OOO dollars américains et des biens escroqués par le prévenu Lessie et consorts. Son action avait été rejetée au premier degré au motif que toutes ces libéralités avaient un caractère illicite. 
Le prévenu Denis Lessie et ses complices avaient formé appel au motif que le premier juge s’était servi de certains procès-verbaux des auditions à l’ANR alors que dans son jugement avant dire droit, il les avait déjà écartés du débat. Selon eux, le premier juge avait fait une mauvaise appréciation des faits parce qu’il s’était écarté des prétentions contenues dans l’acte d’accusation de la partie civile Ntahwa. C’est ce qui l’avait conduit à sortir une motivation erronée. Il avait également statué sur des faits tirés de l’imaginaire pour plaire à Ntahwa et avait pris en compte des SMS qui ne sont pas des preuves tangibles.  
La deuxième partie civile, Drolia Omedal, victime de l’escroquerie d’un véhicule de marque « Hyundai » occasionnée par Denis Lessie, était aussi en appel pour réclamer des dommages et intérêts. Ses avocats avaient fait savoir au juge d’appel que la décision de son homologue du premier degré était satisfaisante à l’égard de leur client Drolia mais étant donné que les recours introduits par les parties bloquaient l’exécution de cette décision, leur client s’était vu dans l’obligation de former appel.  
Il y a lieu de rappeler que cet procès à rebondissements opposait le ministre honoraire du Budget, Jean-Baptiste Ntahwa, au prévenu Denis Lessie, fondateur de l’église « Arche de Noé » et ses complices, à savoir Okunhimo Mambusa, étudiant en deuxième licence à la faculté de droit,  qui s’était fait passer pour le petit-frère du chef de l’Etat et Kasongo wa Ngoy, ancien chauffeur de l’escorte présidentielle, qui s’était présenté comme un capitaine des FARDC, pour escroquer Ntahwa.  
Les précités étaient poursuivis par le ministère public pour avoir fait usage de fausses qualités dans le but de soustraire des sommes d’argent et des biens à Jean-Baptiste Ntahwa. Ils avaient fait croire à ce dernier qu’ils étaient des proches du président de la République. Denis Lessié s’était fait passer pour le conseiller spirituel du chef de l’Etat et avait garanti un poste ministériel à l’ancien ministre du Budget dans le gouvernement Matata. Il lui avait fait croire avec sa bande que Kabila était mécontent du fait que lorsque Ntahwa était ministre du Budget, il aurait bloqué un document et porté un grave préjudice aux intérêts de sa sœur jumelle, Jaynet Kabila. Aussi, pour être pardonné par la famille présidentielle, il devait payer  des dommages et intérêts à titre de réparation des préjudices subis par Jaynet Kabila. Et Ntahwa faisant foi aux propos de Denis Lessie avait fini par libérer 135.000 dollars américains et des véhicules pour le compte du chef de l’Etat, de sa sœur jumelle et de sa mère Sifa. Après avoir perçu l’argent, Denis Lessie avait disparu de la circulation et vendu la jeep, en association avec ses complices.  
Au cours de l’audition de Ntahwa devant le tribunal militaire de Gombe qui siégeait en chambre foraine à Ndolo, ce dernier avait martelé qu’il avait une confiance aveugle en Denis Lessie, serviteur de Dieu comme lui. C’est ainsi qu’il ne lui avait pas exigé des décharges. Selon Ntahwa, il n’avait pas libéré argent et biens en contrepartie d’un quelconque avantage politique ou financier. C’était juste pour se mettre en harmonie avec la famille présidentielle. 
En ce qui concerne ses relations avec le prévenu Okunhimo Mambusa, qui s’était présenté au nom de Mulindwa, le pasteur Ntahwa avait indiqué avoir fait sa connaissance par le canal de son ami Kasongo wa Ngoy, qui avait sollicité une assistance pour un problème de santé.            
S’agissant de Denis Lessie, il avait soutenu n’avoir perçu aucun sou de la part du plaignant. Selon lui, la jeep réclamée par Ntahwa lui avait été donnée gratuitement comme action de grâce pour ses courses ( ???) en tant que pasteur. Il avait soutenu également qu’il n’avait jamais coopéré avec les autres prévenus.  
Le ministère public, dans son avis, avait demandé la condamnation de Lessie et consorts à perpétuité parce qu’ils méritaient une sanction sévère. 
Au cours des audiences passées, Ntahwa avait présenté au tribunal les preuves qui enfonçaient Lessie et ses complices, notamment des SMS que le prévenu lui adressait régulièrement pour des demandes d’argent et des véhicules devant faciliter sa mission et également pour rendre compte de ses démarches et de l’évolution du dossier. Lesdits SMS étaient enregistrés et sauvegardés dans son appareil téléphonique. .
Toujours lors des audiences passées, le bourgmestre de la commune de Kalamu, Jean-Claude Kadima, invité par la CMG pour éclairer sa religion sur l’existence ou non du mariage civil de Ntahwa célébré par son prédécesseur BOWOLE en 1985, avait contesté tous les actes d’état civil produits par Ntahwa, bien que ces documents attestent l’existence dudit mariage. Il avait même remis en cause le nom de son prédécesseur sans avoir apporté la preuve contraire. C’est ainsi que le ministère public, après avoir parcouru ces actes de mariage, avait constaté que le bourgmestre faisait un faux témoignage. Il avait demandé au tribunal de prendre en considération les actes de l’état civil produits par Ntahwa, parce que c’était l’œuvre de l’administration communale de l’époque. Et il avait recommandé au bourgmestre de se référer correctement aux archives de la commune, faut de quoi il pouvait faire la prison pour faux témoignage.
En ce qui concerne les avocats de Denis Lessie et consorts, ils continuent à contester le mariage civil de Ntahwa et estiment qu’il n’a pas qualité pour réclamer la jeep Hyundai qui serait escroquée par leurs clients, dans la mesure où ce bien a pour propriétaire une femme. Seule son épouse peut la réclamer. En réplique, les conseils de Ntahwa avaient relevé que leur client était légalement marié car tous les documents le prouvaient. Ce mariage avait été célébré sous le régime de la communauté des biens.

Le Ministère public n’a pas obtenu satisfaction. Bien au contraire Lessie n’écope plus que de 15 mois au lieu de 10 ans « Mathématiquement parlant, écrit le Phare, il devrait quitter la prison militaire de Ndolo dans 3 mois, pour y avoir déjà passé 12 mois sous le régime de la détention préventive. Tout le monde s’attendait à ce que la Cour se montre plus sévère à son égard, compte tenu de la gravité des faits mis à sa charge. Mais, la Cour en a décidé autrement. 
Le deuxième prévenu, Thierry Okunhimo Mambusa, condamné à 12 mois de SPP pour escroquerie, a toutes les chances de se retrouver incessamment en liberté, pour avoir déjà consommé 12 mois en détention préventive. Et enfin, Kasongo wa Ngoy est condamné à 3 ans de servitude pénale pour escroquerie et violation des consignes. 
S’agissant des actions introduites par Jean-Baptiste Ntahwa et consorts liées à la restitution de leurs biens escroqués ainsi qu’à la réparation des dommages et intérêts, la Cour militaire de Garnison de Gombe les a déclarées recevables et fondées. Elle a par ailleurs ordonné à Denis Lessie ainsi qu’à sa bande de restituer tous les biens reçus de Ntahwa, notamment les sommes d’argent ainsi que la jeep Hyundai. Elle les a tous condamnés au paiement de 200.000 FC à titre d’amende. Lessie est également condamné à la restitution de 33000 dollars américains, somme perçue lors de la vente de la jeep Hyundai auprès du preneur Drolia Omedal. Les mêmes juges d’appel ont fait savoir qu’étant donné que Drolia a subi des préjudices énormes, Lessie doit lui payer des dommages et intérêts de l’ordre de 5000 dollars américains pour les réparer. 
En ce qui concerne l’appel du prévenu Thierry Okhunimo contre la requête du pasteur Ntahwa lui réclamant des dommages et intérêts, la Cour l’a déclaré recevable mais non fondé. Elle a également rejeté l’appel introduit par le ministère public qui avait requis la condamnation du prévenu Denis Lessie et consorts à perpétuité. 
Les avocats du fondateur de l’église « Arche de Noé », Denis Lessie, peu après le prononcé du jugement définitif par la Cour militaire de garnison de Gombe (CMGG), ont fait savoir qu’ils ne sont pas totalement d’accord parce que la Cour ne pouvait plus ordonner la restitution de la jeep de Ntahwa, au motif qu’elle était déjà mise en vente et que le preneur avait déjà rempli toutes les formalités nécessaires »
.

Le Guide rappelle que le pasteur Denis Lessie a été arrêté en avril 2013 pour avoir escroqué JB Ntawa, ancien ministre du Budget dans le gouvernement Muzito, en lui promettant de faire partie du gouvernement du Premier ministre Matata Ponyo. Le pasteur de l’Arche de Noé et ses complices ont notamment extorqué des biens parmi lesquels une jeep Hyundai et une somme d’argent évaluée à 135 000 dollars US à Ntawa.

Forum des As titre « Le pasteur Denis Lessie recouvre sa liberté dans quatre mois ».
Il rapporte à la Une que le pasteur Denis Lessie, condamné à 10 ans de servitude pénale en première instance, pourrait s’en tirer plus tôt que prévu grâce à l’arrêt rendu mercredi 5 janvier par la Cour militaire de Kinshasa/Gombe. Il est condamné pour escroquerie et  incitation à la violation de consigne militaire prononcée en première instance, et acquitté pour l’accusation d’association de malfaiteurs. En effet, au terme de cette audience, sa peine a été réduite à 15 mois seulement en lieu et place de 10 ans retenus à son encontre au premier degré. Le journal explique que dans quatre mois, le responsable de l’église ” Arche de Noé ” recouvrera sa liberté pour avoir déjà passé 11 mois en prison. Il devra cependant restituer à Jean-Baptiste Ntawa 62.500 dollars américains dans 8 jours, et 33.000 dollars dans les trois prochains mois.

 

(L’affaire Lessie ne peut qu’inspirer un certain nombre de réflexions sur la société congolaise :
- une fois de plus, il suffit de la présence d’un militaire, dans un rôle secondaire de « figuration intelligente » pour que la justice militaire soit réputée compétente ;

- une fois de plus aussi, est mis en évidence que les pasteurs des « Eglises du Réveil » sont des escrocs ;

- en RDC, on refile des postes de ministre à des imbéciles capables de croire à des histoires invraisemblables présentées par des escrocs de carnaval. Cet homme était Ministre du Budget dans le gouvernement Muzito, présenté comme l’un des meilleurs économistes du Congo !

- un ministre, même bête, est quand même censé savoir à peu près comment les choses se passent au Palais présidentiel. Il ne lui paraît pas invraisemblable que JKK soit manipulé par des « directeurs spirituels » de pacotille ;

- il ne lui semble pas non plus anormal que la famille Kabila s’enrichisse subitement de nouveaux « petits frères » - Mzee avait une virilité active, joyeuse et vagabonde, soit, mais il y a des limites – ni que Jaynet fixe les tarifs de la faveur ou de la disgrâce.

Edifiant ! NdlR)

Processus électoral

La Prospérité note que « la Société civile du peuple se range derrière les évêques ».
En effet, alliée de taille dans la lutte pour l’émergence de toute démocratie pluraliste, la Société civile qui, jusqu’ici, était considérée comme une force aphone a, du coup, brisé la glace.
Quelques jours seulement après l’importante déclaration déclaration des Evêques catholiques sur le processus électoral, la Société civile du peuple, SOCIP en sigle,  par la voix de son président, le pasteur Martin Kavundia, revient, à la charge.
 « Tout en se félicitant de la démarche de l’Eglise catholique en ce qui concerne, particulièrement, l’idée d’accompagner, par la prière, la formation à l’éducation civique, elle invite la communauté internationale à s’impliquer davantage dans l’appui financier et logistique des prochaines élections. De même qu’elle  demande au gouvernement de la République de prévoir un budget conséquent, pour la réussite des joutes électorales.  Dans la même optique, elle  recommande à l’Assemblée Nationale et au Sénat d’examiner, en toute responsabilité, la proposition de la feuille de route de la CENI, dès l’ouverture de la session ordinaire, le 15 mars 2014.  
La Société Civile du Peuple qui,  par ailleurs, se mue en plateforme électorale promet, à sa manière, de se couper en quatre morceaux, pour soutenir la CENI, à
toutes les étapes du processus électoral. Ainsi, prend-elle l’engagement d’accréditer ses membres, dans la perspective  de booster, par ricochet,  la mise en œuvre des cadres de concertations ainsi que de multiples commissions ad hoc, quel que soit  le nombre de thématiques.  Elle pourrait, en outre, mettre la main à la pâte, pour accélérer la  sensibilisation de la population, quant à la tenue des élections.  
Enfin,  la Socip demande à Joseph Kabila de mettre en place le gouvernement de cohésion nationale, dans le respect du  trinôme : majorité – opposition –société civile, sans le moindre déséquilibre dans la répartition  des responsabilités. Ici, l’autonomie dans la gestion du quota ainsi que des ambitions est vivement recommandée.  
Face aux enjeux, elle invite  toutes les franges de la Société civile, à cimenter l’unité, comme socle d’une cohésion interne devant la complexité des défis à relever ».
(L’on aura compris qu’en fait ce n’est pas derrière la CENCO, critique envers Malumalu et sa feuille de route, que se range la SOCIP, organisation favorable à la « Majorité », mais derrière Malumalu et la CENI. De ce fait, elle ne retient du texte de la CENCO que les exhortations pieuses et l’appel au financement. NdlR)

Est

L’Avenir titre à la Une « Une enveloppe de 500 USD mise en jeu par tête d’ADF ».
Ce journal affirme que le conseil de sécurité de Beni a décidé de reprendre une vielle méthode qui avait porté ses fruits par le passé. La population de cette ville du Nord-Kivu est invitée à dénoncer tous les collaborateurs des rebelles ougandais ADF et à gagner de l’argent. 500 dollars américains pour la dénonciation d’un de ces bandits. L’appel a été lancé mardi 4 mars par le maire, Nyonyi Bwanakawa. Le journal indique que cet appel vient après l’attaque à la grenade du véhicule de la Monusco lundi 3 mars. Six casques bleus de la Monusco avaient été blessés dont deux grièvement. 
L’Avenir note que depuis deux semaines, une criminalité a vu le jour en pleine ville de Beni, ce qui se manifeste à travers le sabotage de l’opération « Sukola 1 ». Les collaborateurs des rebelles ougandais ADF tirent aveuglement des grenades lacrymogènes sur les pauvres populations et sur les casques bleus de la Monusco. La mesure prise par le Conseil de sécurité urbain de Beni intervient après l’attaque du convoi de la Monusco. Cette attaque dirigée contre la mission onusienne a suscité la réaction de Martin Kobler qui pense que cet acte ne réduit en rien son soutien aux FARDC dans la lutte contre les groupes armés. Il a réaffirmé que le mandat de la Monusco est de neutraliser tous les groupes armés illégaux dans l’Est de la RDC, et elle est déterminée à le mettre en œuvre. 

L’Observateur signale que « le PAM apporte l’assistance alimentaire à plus de 74 000 personnes affectées par les conflits armés dans le territoire de Beni », dans la province du Nord-Kivu. Les bénéficiaires de cette assistance alimentaire viennent de retourner dans leur localité d’origine, proche de la frontière ougandaise après des mois d’attaques et occupation de la contrée par des rebelles depuis juillet 2013.

Le Potentiel fait remarquer une « lourdeur dans l’exécution » de l’amnistie.  
Ce faisant, ce journal relaie les propos du président de la Fondation Bill Clinton pour la paix, sur la procédure entamée par le ministère de la Justice et des Droits humains qui rend lourde l’application de la loi sur l’amnistie pour faits insurrectionnels et faits de guerre et infractions politiques. En effet, il est demandé aux candidats bénéficiaires de signer un acte par lequel ils s’engagent à ne plus commettre les fautes pour lesquelles ils ont été détenus. Le hic, selon cette organisation, est que l’on demande aux prisonniers de produire deux photos passeports alors que les appareils photos sont interdits dans tous les centre de détention, informe Le Potentiel.

 

© CongoForum, le jeudi 6 mars 2014

 


 



[1] Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus.

< Retour