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09 04 15 - Existence d’un autre charnier dénoncé dans la ferme de la « mère » de Kabila à la Rwashi. Les corps ensevelis sont ceux des membres de l’église de Mukungubila

Une source très confidentielle et témoin oculaire de l’enterrement de centaines des adeptes de l’église du prophète Mukungubila, nous a contacté pour nous informer de l’existence de plusieurs fosses communes, des endroits, des engins utilisés, et même des photos prises avec des téléphones cellulaires par les creuseurs, les agents de l’ANR et les militaires de la garde présidentielle.
Corps des assaillants des attaques de Kinshasa – 30 décembre 2013 © DR

Corps des assaillants des attaques de Kinshasa – 30 décembre 2013 © DR sur afrikarabia

 

Ce témoin oculaire, dont nous gardons l’anonymat, décrit le scénario macabre comme suit :

« Les corps sans vie étaient cachés dans un dépôt de minerais sous des bâches. L’odeur était devenue nauséabonde et tous attendaient l’ordre des autorités de Kinshasa.

Après tant d’attente, l’ordre serait finalement venu des autorités de la présidence de Kinshasa ou de l’ANR disant que les corps doivent être enterrés à Lubumbashi dans la ferme de maman Sifa, mère du chef de l’état. »

Pourquoi chez maman Sifa ?

« Pour éviter aux curieux de découvrir, un jour, le charnier.

Et elle continue en me disant : Qui va aller fouiller derrière la maison de la mère du président ?

mukungubila

Le prophète Mukungubila

Une maison qui est entièrement sous surveillance par la garde personnelle de Joseph Kabila et les services de sécurité. »

Quels engins ont été utilisés?

« Pour le transport des corps, on a utilisés six camions de marque Tata ou tous les corps ont été entassés et transportés à 1 heure du matin jusqu’à la Rwashi. »

Ont-ils commencés à creuser des trous?

« Non, ils ont préparés les trous la veille, avec des Cartopel de marque JCB »

L’enterrement a pris combien de temps?

À peu près deux heures.

Comment étaient les corps ?

Certains corps avaient la présence de tortures et d’autres manquaient certains membres du corps (sans tête, sans doigts ou un membre du corps arraché…)

Avez-vous des photos ?

Oui, l’odeur était nauséabonde, les officiers nous ont laissés seuls terminer le boulot et c’est à ce moment-là que nous avions profité pour prendre des photos.

Travaillez-vous pour le gouvernement ?

Non. Je travaille pour une autre entreprise dont je préfère garder l’anonymat. Notre entreprise a eu le contrat pour faire le travail sous supervision de l’ANR et de la Garde Républicaine.

Avez-vous contacté les autorités congolaises ?

Nous avons peur de les contacter, nous risquons d’être tués ou arrêtés. Au Congo, on tue d’abord, et si tu as la chance de survivre, on t’arrête.

Pourquoi m’avez-vous contacté et pas la Monusco ?

Lorsqu’on téléphone les gens de la Monusco, ils nous posent beaucoup de questions et on ne sait pas quoi répondre et qui contacter en fin de compte.

Mais vous, nous savons que vous faites les enquêtes et que vous publiez tout ce que vous recevez comme évidence.

Êtes-vous au Congo ?

Oui, mais je vis en cachette. J’ai besoin de la protection pour quitter.

Combien étiez-vous payés ?

Deux casiers de bière Simba et Tembo et 50$. Et, on nous avait promis un autre 50$, après le travail mais nous ne l’avions jamais reçu.

On devait aller récupérer cet argent à l’ANR mais on a eu peur d’y aller.

Nous vous remercions et soyez prudent !

Chers compatriotes, frères et sœurs, nous recevons de tels témoignages et appels tous les jours venant du Congo mais ce dossier est très sérieux et c’est pour cela que :

1- Nous demandons aux pays qui ont la capacité de prendre des photos satellitaires, de pointer leurs satellites immédiatement pour filmer tout mouvement suspect au cas où ils veulent déterrer ces corps et les déplacer ou les cacher à un autre endroit.

2- Quant à la Monusco, si elle n’est pas déjà au courant de ce dossier, de contacter qui de droit pour ouvrir une enquête sur ce charnier du dossier du massacre des fidèles de Mukungubila et la présence des fosses communes à la Rwashi, chez maman Sifa, la mère du président Joseph Kabila.

3- Et nous demandons à la Monusco d’entrer en contact avec nous immédiatement pour protéger ces témoins oculaires et leur intégrité physique, qui ont des preuves physiques sur la présence de ces fosses communes.

Pour finir, je demande aux congolais et congolaises d’avoir une pensée pieuse pour nos frères et sœurs qui ont été tués et de faire un deuil dans leur cœur car si vous voulez attendre un deuil national, vous attendrez longtemps…

Priez pour ces pauvres croyants en Dieu qui sont mort pour rien, à cause de la folie de certains qui pensent être les héritiers éternels d’un pouvoir finissant de la RDC.

J’ai une question, le peuple congolais s’était-il débarrassé de Mobutu, pour le remplacer par un nouveau Idia Min Dada avec ses photos, ses meurtres et ses fosses communes?

Jusqu’où Joseph Kabila veut-il aller ?

Encore une fois, mon message à Joseph Kabila : « il n’est pas encore trop tard pour arrêter toutes ces tueries et abus des droits de l’homme. Arrêtez et surprenez le peuple congolais et la communauté internationale…

La République Démocratique du Congo a besoin d’un ex-président vivant !

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