Congoforum Congoforum


News
Analyse et réflexion
Coopération
Economie
Fiche du Congo
Fiche de la Belgique
Développement
Interviews
Liens

print

Dernières infos

10-04-15/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE VENDREDI (CongoForum)

L’Affaire «fosse commune de Maluku» a de nouveau intéressé les journaux parus ce matin dans la capitale congolaise. Lambert Mende a fait une longue communication consacrée à deux sujets : les résultats de Sukola 2 et l’affaire des fosses communes. La presse du jour consistant essentiellement en commentaires de ce morceau d’éloquence, nous commencerons notre revue de la presse en en donnant le texte. Quelques nouvelles concernant la politique ou les élections complètent le menu du jour

Communication de Lambert MENDE OMALANGA, Ministre de la Communication et Médias, Porte-parole du Gouvernement

Je voudrais, pour notre rendez-vous de ce jour, vous entretenir de deux sujets. Le premier concerne l’évolution de l’Opération Sukola 2 et le second la fameuse affaire de fosse commune découverte à Maluku. 

OU EN EST L’OPERATION SUKOLA 2 ? 
Après une première évaluation de l’opération Sukola 2 du désarmement forcé des FDLR que nous avons faite en février dernier, soit un mois après le lancement de ladite opération, nous voudrions à présent rendre compte à l’opinion nationale des évolutions intervenues depuis lors. Il s’agit de bilans globaux des opérations de traque des forces résiduels des FDLR du 27 janvier au 7 avril 2015. 
Après avoir encerclé et fixé les éléments des FDLR, les Forces Armées de la République Démocratique du Congo ont récupéré plusieurs localités qui étaient occupées par ces rebelles rwandais, notamment :


Dans le Sud-Kivu :

MULENGE
REVWE
LULINDYE
KANYOVU
KAVWE
NYUNDWE
KAGABWE
KANANTENDE
SHENGEBWE
KERHALA
KANGOVA
KITOGA
KIGOGO
BUSHALE
KIDOTI
NGINGU
MUHUZI
KATOBO
KATASHOMWE
MISISI
KASHINDABA, etc.
 
Dans le Nord-Kivu :

TCHAI 1 et 2
KATEMBA
KAZAROHO
KIRUMBA
KAGONDO
KAHUMIRO
KABUENDO
MUGOGO
KATUIA
KALAKE
KISIMBA
KAMATEMBE
MONT MULIMBI
KATWABE PARC


S’agissant du bilan humain, rappelons que 342 éléments des FDLR s’étaient volontairement rendus, dont 338 avant le début de l’opération de désarmement forcé et 4 pendant la phase préparatoire de cette dernière. Ils sont à l’heure actuelle, répartis entre les sites de Kisangani, Kanyabayonga et Walungu. 

Quant à l’opération de désarmement forcé Sukola 2, son  bilan à ce jour est de 162 Fdlr capturés, 13 tués au combat et 62 éléments rendus sans opposer de résistance et mis à la disposition de la Monusco en vue de leur rapatriement. Parmi ces derniers, on compte 15 enfants soldats. 

Ainsi donc, le chiffre global des éléments Fdlr neutralisés est à ce jour de 575, soit 482 de plus que les 93 éléments neutralisés signalés dans le premier bilan de fin février.

Le nombre des dépendants est de 346, soit une augmentation de 286 par rapport aux 60 listés lors de la première évaluation. L’opération de désarmement des FDLR se déroule donc sous de meilleurs auspices que ne l’avaient prédit les détracteurs de notre pays et de son armée. 

Nos forces engagées dans cette opération ont noté que certains combattants FDLR se sont déguisés en dépendants et que certains corps de combattants FDLR tués ont été emportés ou dissimulés par leurs congénères dans leur retraite. 

Ce qui signifie que le bilan est en réalité plus important que les chiffres qui viennent d’être indiqués. Quoi qu’il en soit, en partant de 1.200 éléments FDLR actifs déclarés avant le lancement de l’opération, une rapide évaluation permet d’établir de manière effective le désarmement et la neutralisation de près de la moitié de ces forces négatives. 

Certes, il en reste quelques 625. Mais un tel bilan après deux mois seulement d’opérations est élogieux à plus d’un titre pour les FARDC que certains ont eu la malencontreuse idée de discréditer.


Quant au bilan matériel de l’opération Sukola 2, il se présente comme suit :

76 AK 47  (11 à la Monusco)
02 pistolets
01 RPG7
02 UZI
01 R4
01 Mor 60
02 Roq 40 mm
11 Bombes Castor
06 Bombes 60mm
05 Gren Def
09 Chargeurs
300 Cart 7.62 x 54 mm
100 Cart 7.62x39 mm
05 Bombes Roq 107 mm 
01 Gp électrogène 
02 Phonies 
10 Motorola 
01 Batterie 
02 Microscopes 

Le bilan en termes de dégâts ou dommages collatéraux pour toute l’opération est à ce jour de 4 cases brûlées, 3 tués et 1 blessé au sein de la population civile. 

Jusqu’à présent, nos forces n’ont pas eu à rencontrer une résistance farouche de la part de l’ennemi. En effet, les FDLR se trouvant en débandade décrochent après une brève résistance et cherchent plutôt à se réfugier vers les profondeurs des forêts. Ils y sont désormais pourchassés. 

LA FOSSE COMMUNE DE MALUKU : UNE AFFAIRE EN VASE CLOS 

Lorsqu’on suit tout ce qui est dit et écrit sur l’enterrement collectif d’indigents et corps de mort-nés à Maluku, on a l’impression que pour certaines personnes, lorsqu’il n’y a rien qui puisse jeter l’anathème sur les dirigeants actuels de la RDC, il faut en inventer. Ainsi en est-il de cet enterrement routinier et somme toute banal de dépouilles de personnes indigentes pris en charge par la municipalité de Kinshasa. 

Les rapports parvenus au Gouvernement de la République signalent effectivement l’inhumation par les services de la Direction de la morgue centrale de Kinshasa de 421 corps identifiés comme suit : 

57 personnes non identifiées 
30 personnes indigentes identifiées 
300 morts-nés 
26 corps abandonnés à l’hôpital Saint Joseph 
12 personnes abandonnées à l’hôpital général de référence de Kinshasa 

Soit 425 mais à l’examen, on se rendra vite compte que par erreur de frappe, 4 noms avaient été repris deux fois. D’où le chiffre de 421. 

Émotion, indignation, stupéfaction, spéculation, protestations, exigence de vérité, tout se mélange et se bouscule dans les questionnements, les uns sincères, les autres politiquement motivés depuis l'annonce par les autorités provinciales de Kinshasa, de cette opération  d’enterrement collectif de 421 corps d’indigents. 

La réglementation des services en charge des funérailles et sépultures dans notre pays entend par « personnes indigentes », les dépouilles trouvées par les services sociaux et la police, mais dont ni l’identité, ni les liens de parenté ne sont établis. 

C’est le cas des 57 corps de personnes non identifiées inhumés sur le site de Maluku. Une liste disponible à l’hôtel de ville indique pour qui le souhaite. Elle reprend, le numéro de réception, le sexe, l’âge, la provenance et la date d’admission à la morgue centrale de Kinshasa.

La réglementation sus-évoquée considère comme relevant de la catégorie d’indigents, les corps des personnes connues par la population (identifiées), mais abandonnées après leur décès dans les morgues de formations médicales. Une liste de 30 personnes classées dans cette catégorie est également disponible à l’hôtel de ville. Elle reprend tous les détails déjà évoqués pour la liste des non identifiés, y compris la formation médicale de provenance.

Je ne sais pas s’il faut définir ici un mort-né. Tout le monde sait de quoi il s’agit. Les 300 corps relevant de cette catégorie sont enregistrés dans le livre général de la réception des corps.

Le rapport de l’hôtel de ville précise qu’ils proviennent le plus souvent de l’hôpital général de référence de Kinshasa et de l’hôpital pédiatrique de Kalembe-lembe. Il ajoute qu’à ce groupe sont associés les corps d’enfants abandonnés dans les différents ruisseaux.

S’agissant des 26 corps abandonnés à l’hôpital Saint Joseph, il faut dire qu’il y avait en fait 27 corps dont 1 n’a pas été enterré parce qu’il s’agissait d’un cas judiciaire. Les 27 corps avaient été transférés à la morgue centrale de Kinshasa par l’hôpital Saint Joseph. En témoigne sa lettre n° 1600/HSJ/DA/MK/122014 du 9 février 2015. 

Quant aux 12 corps abandonnés à l’hôpital général de référence de Kinshasa, ils ont été transférés par ledit hôpital à la morgue centrale le 3 mars 2015. La liste de ces personnes avec les détails déjà évoqués pour les autres listes, est également disponible à l’hôtel de ville.

Il n’y a donc rien qui puisse autoriser un quelconque lien entre cette affaire et les événements des 19 au 21 janvier 2015. Le bilan de ces événements est connu : 27 morts. Même les sources les plus mal intentionnées n’ont pas dénombré 421 morts en janvier dernier. Ceux qui s’adonnent à cet amalgame tentent simplement d’alimenter inutilement l’affabulation.

Ce type d’inhumation d’indigents s’est déjà effectué plusieurs fois avant même les événements de janvier, notamment le 02 avril 2014, 83 personnes ont été enterrées par les soins des mêmes  services municipaux parmi lesquelles 08 adultes abandonnés, 12 indigents, 27 corps non identifiés et 36 morts nés abandonnés. 

Le 08 juin 2014, 343 personnes durent inhumées dans les mêmes conditions 13 adultes abandonnés, 23 indigents, 40 corps non identifiés et 267 mort-nés et fœtus. 

Le 21 décembre 2014, 98 corps ont été enterrés collectivement parmi lesquels : 17 corps abandonnés, 26 indigents et 55 non identifiés. Pourquoi vouloir isoler les corps inhumés le 09 mars 2015 et en faire une affaire particulière ? Simplement parce que cette inhumation est postérieure aux évènements de janvier 2015 ? Soyons sérieux. 

Rappelons avant toute chose que le principe selon lequel Tout homme a droit à une sépulture digne est et demeure un des droits fondamentaux des individus auxquels notre pays a souscrit. 

Il est dès lors naturel qu'une telle information soulève  des interrogations. Néanmoins, nous estimons que certaines déclarations entendues ici et là au sujet de ces inhumations sont au-delà du raisonnable. 

En effet, malgré les informations et les explications fournies par les autorités de la municipalité, c'est-à-dire de la ville de Kinshasa, on va de surenchère en surenchère.

Cette affaire est instrumentalisée au point de pousser certains enfants du Congo dans la diaspora à entreprendre des actions malveillantes telle cette agression avec des casses en règle dont notre représentation diplomatique à Paris a été victime hier. 

Les questions qui sont revenues le plus souvent sont par exemple : 

Pourquoi y a-t-il des indigents abandonnés par leurs familles ? 
Je me demande à qui cette question est posée. Le Gouvernement est prêt à s’impliquer dans une réflexion sur les voies et moyens de ramener plus de solidarité au sein des familles.

Pourquoi les autorités n’ont-elles pas associé la société civile à l’enterrement collectif des indigents ? 
Nous sommes là en face d’une perception erronée de la division du travail social. S’il y a un problème avec de telles actions, c’est à la justice et non à la société civile qu’appartient la solution. Que chacun face son travail. 

Pourquoi avoir enterré ces indigents et bébés abandonnés en catimini sans associer leurs familles ? 
Une question qui ferait sourire n’eut été la gravité des faits. Car en effet, ces pauvres compatriotes sont indigents parce que plus personne parmi leurs proches ne s’occupe d’eux.

Ces enfants morts en couche ont été abandonnés par leurs mères. Pour votre information, quiconque suit les émissions des chaînes publiques et même de Molière TV sait à quel point cette problématique est poignante. Les services de la Morgue lancent régulièrement des appels aux familles concernées, souvent sans succès. 

Où ira-t-on chercher ces fameuses familles qui accompagneraient les services de l’Etat dans la mise en terre de ces indigents ? 
C’est réellement parler pour dire n’importe quoi. 

Pourquoi un enterrement aux petites heures ? 
Pour répondre à cette question, je vais vous donner lecture du passage d’un rapport du Directeur de la Morgue Centrale de Kinshasa à sa hiérarchie au sujet  de la sécurité de ces opérations : « Nous vous saurons gré d’envoyer sur le site un peloton d’agents de l’ordre afin d’y garantir la sécurité lors du déroulement de la mise en terre. 

Ceci éviterait à l’équipe des fossoyeurs commis à cette tâche d’être exposée à la colère de la population environnante plus préoccupée à préserver leurs lopins de terre acquis en cet endroit » (13 février 2015). 

Pourquoi il n’y a même pas de croix ? 
Les services de l’Etat n’ont aucune possibilité d’établir la confession religieuse de chaque personne indigente prise en charge. Celui qui a posé cette question  est certainement adepte d’une religion chrétienne. Ce n’est pas le cas de tout le monde au Congo qui est un Etat laïc par ailleurs. 

Quelqu’un s’est interrogé pourquoi les bébés mort-nés ne sont plus enterrés le même jour comme on le fait traditionnellement ? Il est probablement le seul à ignorer que les très jeunes filles qui attendent famille sont parfois l’objet d’un tel mépris dans leur milieu familial ou scolaire qu’elles commettent l’irréparable en étouffant leurs bébés et en abandonnant le corps dans une poubelle ou dans la rue. La mère étant inconnue, on se demande à qui le donneur de leçons fait allusion pour l’inhumation le jour même.

Les coups de gueule et autres roulements de mécaniques devant nos ambassades à l’étranger ne sont pas la solution. C’est depuis plus de 30 ans, nous disent les agents de la morgue centrale que ce fléau dû au déficit de solidarité familiale rempli nos cimetières d’indigents.

A Kinshasa, les gens ont de plus en plus tendance à abandonner leurs proches souffrant. C’est une erreur de croire ou de faire croire que le Gouvernement ou toute autre institution a le pouvoir de suppléer à ce déficit de solidarité qui est pourtant une règle dans nos coutumes.

Au lieu de ne voir dans ce drame qui est une marque, non pas du gouvernement mais de notre société dans sa globalité, qu’une occasion pour une polémique politicienne de plus, il serait plus utile aux uns et aux autres de se rassembler autour d’initiatives susceptibles de créer des pratiques funéraires moins onéreuses et une meilleure intégration des jeunes filles-mères avec leurs enfants dans la société. 

En un mot, l’Etat par ses structures locales s’efforce de faire le ménage des défaillances de la solidarité familiale ou communautaire. Il ne faut pas inverser les responsabilités. Quoiqu’il en soit, les choses doivent être faites correctement. En l’espèce, l’opinion retiendra ce qui suit : 

Le 19 mars 2015 les services de la Morgue centrale de l’Hôpital Général de Référence de Kinshasa ont effectivement procédé à un enterrement collectif sur le site du cimetière Fula Fula de la Commune de Maluku de 421 corps de bébés abandonnés et d’indigents ;
Conformément à la Note circulaire n° 015/2012 du 15 octobre 2012, la Morgue Centrale de Kinshasa a fait savoir que tout corps ayant totalisé plus de 30 jours de conservation doit faire l’objet d’enquête sociale pour recueillir les renseignements authentiques sur la personne décédée et, à fortiori, on procédera à l’enterrement des indigents ;
Il s’agit d’une opération routinière qui s’effectue régulièrement pour désengorger la Morgue Centrale de l’HGR de Kinshasa dont la capacité ne dépasse pas 400 places ;
Les corps ont été portés en terre chacun enveloppé dans un linceul en plastique conformément aux pratiques en vigueur en pareil cas. Je signale que ceci intéressera particulièrement les enquêteurs ; 
Les bruits les plus invraisemblables s’étant mis à courir sur cette initiative qui, rappelons-le, relève de l’initiative du service de la Morgue centrale, le gouvernement provincial de Kinshasa a aussitôt décidé de communiquer là-dessus, ce qui bat en brèche la légende d’une ‘’découverte’’ (dont l’auteur reste curieusement anonyme) d’une fosse commune ;
Le Ministre de la Justice, Garde des Sceaux et Droits humains a, aussitôt après la communication des faits par l’Hôtel de Ville, enjoint le Parquet à diligenter sans délai une enquête judiciaire sur cet enterrement collectif. Il n’a attendu pour cela aucune pression de qui que ce soit. 

Les magistrats et experts se sont d’ores et déjà déployés sur le site. Il s’agit essentiellement de confirmer ou infirmer les faits tels que relatés et en examiner la régularité au regard notamment des dispositions de l’ordonnance n° 11-104 du 15 mars 1950 sur les services des inhumations et police des cimetières qui stipule que chaque congolais a droit à une tombe 

En cas de nécessité les enquêteurs apprécieront la coopération de quiconque estime pouvoir apporter sa contribution à la manifestation de la vérité. 

Commentaires de la presse 

« Plus de la moitié des Fdlr neutralisé par l’opération Sukola 2 », renseigne l’Agence ACP. 575 éléments Fdlr sur 1.200 actifs déclarés ont été effectivement désarmés et neutralisés depuis le lancement de l’opération de désarmement forcé Sukola 2, menée par les Fardc au 07 avril 2015. Ce bilan a été présenté par le ministre de la Communication et des Médias, Lambert Mende. Pour le ministre Mende, un tel bilan après deux mois seulement d’opérations est élogieux à plus d’un titre pour les Fardc. (C’est le seul commentaire qui concerne la traque des FDLR. NdlR)

 « Affaire Fosse commune : Mende fustige l’instrumentalisation ! », annonce La Prospérité. Pour le porte-parole du Gouvernement, cette affaire est instrumentalisée au point de pousser certains Congolais de la diaspora à entreprendre des actions malveillantes, comme à Paris. 
Pour Mende, « les 421 corps enterrés à Maluku n’ont rien à voir avec les événements des 19 et 21 janvier », insiste le ministre des Médias et de la communication. Selon lui, lorsqu’on suit tout ce qui est dit et écrit sur l’enterrement collectif d’indigents et corps de mort-nés à Maluku, on a l’impression que pour certaines personnes, lorsqu’il n’y a rien qui puisse jeter l’anathème sur les dirigeants actuels de la RDC, il faut en inventer. 

Forum des As titre pareillement en manchette: « Affaire fosse commune, Mende fustige l’instrumentalisation». Le quotidien revient sur les inquiétudes du porte-parole du gouvernement congolais qui pense que cette affaire est instrumentalisée au point de pousser certains Congolais de la diaspora à entreprendre des actions malveillantes dans leur pays d’accueil. Dans ses lignes, FdA cite Lambert Mende qui explique que dans cette fosse commune, il y a 57 personnes non identifiées, 30 personnes indigentes identifiées, 300 mort-nés, 26 corps abandonnés à l’hôpital Saint-Joseph et 12 personnes abandonnées à l’Hôpital général de référence de Kinshasa, ex-Mama Yemo. Pour Forum des As, ces chiffres, avancés par Lambert Mende, fait suite à l’exigence de vérité “politiquement motivés depuis l’annonce par les autorités provinciales de Kinshasa, de cette opération d’enterrement collectif de 421 corps d’indigents”. Il souligne que les rapports parvenus au gouvernement de la République fait état de l’inhumation par les services de la Direction de la morgue centrale de Kinshasa de 421 corps. 
Le porte-parole du gouvernement de la RDC, poursuit FdA, affirme qu’ “il n’y a rien qui puisse autoriser un quelconque lien entre l’affaire de la fosse commune de Maluku et les événements survenus les 19, 20 et 21 janviers derniers à Kinshasa, lorsque l’Assemblée nationale modifiait la loi électorale.

Le Phare reste sur la même voie. «Fosse commune de Maluku, la Monusco promet des moyens techniques», titre le journal. Le quotidien souligne que le dossier “fosse commune de maluku” s’est invité à la conférence de presse hebdomadaire des Nations unies, tenue mercredi 8 avril à Kinshasa. De nombreuses interrogations ont été soulevées, indique Le Phare, par les participants sur les contours de cette affaire qui n’a pas encore livré tous ses secrets. «Nous allons accompagner cette mission d’enquête pour voir clair sur les circonstances qui entourent ce dossier», a promis Charles Bambara, porte-parole de la mission onusienne, selon Le Phare.  
Il précise également que la Monusco a pris acte des résultats des enquêtes administratives et salué la démarche de communication faite par les autorités provinciales de la ville de Kinshasa qui ont laissé entendre que l’enterrement des indigents et inconnus dans des fosses communes fait partie d’une «pratique ordinaire» au niveau de l’administration urbaine. 
Le Phare rapporte par ailleurs que le gouvernement provincial de Kinshasa a donné le chiffre de 421 corps, inhumés le 19 mars dernier parmi lesquels 300 mort-nés et fœtus abandonnés, 23 corps abandonnés, 64 personnes non identifiées car dépourvues de pièces d’identité et 34 personnes dont les familles étaient incapables de supporter les frais funéraires.

Politique

La Prospérité se tourne vers la Primature: «Affaire Transco et SNCC, Matata crie à l’intox». Le quotidien rapporte que certains organes de presse étrangers et congolais ont désespérément tenté de saper l’image du Premier ministre de la RDC, en l’accusant d’avoir touché une forte commission dans l’achat des bus Transco et des locomotives de la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC). Il cite les services de la Primature qui expliquent que le contrat d’acquisition des bus Transco est l’aboutissement d’un appel d’offres international conduit dans les conditions de transparence les plus rigoureuses, en total respect du code des marchés publics. La Prospérité rapporte également que les locomotives en fabrication au profit de la SNCC ont également été commandées à l’issue d’un appel d’offres international tandis que la gestion de la construction des écoles publiques est effectuée par le ministère de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Initiation à la Nouvelle Citoyenneté (EPSP).

« Complot contre la Rdc : Wivine Moleka traquée par trois diplomates », note le journal satirique Le Grognon. En effet, mentionne-t-il, l’Ambassadeur de France, celui de Belgique et le représentant spécial du siège de la Monusco, Martin Kobler, se sont autorisés à convoquer l’honorable Wivine Moleka pour l’entendre sur le dossier Kamerhe, principalement pour lui demander de leur fournir toutes les preuves qu’elle détient contre le président national de l’UNC. Le Grognon qui déplore cet acte, souligne que le Congo n’est plus sous tutelle de néocolonialistes. Ces diplomates ne peuvent en aucun cas se substituer en justice congolaise qui a le dossier en main, dit-il .

Elections 

La République annonce « Selon les tracts, entre le 30 mai et le 30 juin prochains : une marche de tous les dangers ! »  
Selon des sources concordantes, des tracts sont mis en circulation pour annoncer une marche pacifique pour la justice, la démocratie et les élections crédibles. Et que cette marche sera organisée entre le 30 mai et le 30 juin sur toute l’étendue du pays. Les organisateurs de cette marche exigeraient entre autre la libération des prisonniers politiques, rapporte Ce journal.

Sous le titre « Risque de glissement pour le cycle électoral 2015-2016 : vigilance à l’Union européenne », Le Potentiel s’intéresse aux futures échéances électorales. Le quotidien signale que l’Union européenne minimise désormais le risque du glissement du cycle électoral 2015-2016, compte tenu des garanties que lui ont présentées le gouvernement mais elle promet néanmoins de rester vigilante pour éviter tout effet de surprise. Une délégation du Parlement européen l’a rappelé mercredi dernier devant la presse à Kinshasa.

(Il faut rappeler que les élections de novembre-décembre 2011 ont donné des résultats qu'une personne avisée, réfléchie, d’esprit libre et critique devrait considérer comme nuls, donc sans gagnant. La suite aurait dû être l'annulation pure et simple, des enquêtes sérieuses pour déterminer les causes et origines des irrégularités, qu’on punisse les responsables, qu’on les écarte définitivement de toute responsabilité électorale et qu’on en tire les conséquences quant aux futures élections. Il aurait dû y avoir  une protestation générale des démocrates de tous les partis, car un démocrate ne saurait accepter que son candidat gagne par la fraude, la corruption et le mensonge. Au lieu de quoi on n’a assisté qu’à des élucubrations pour défendre la victoire « officielle » de JKK, et à d’autres élucubrations pour défendre celle, tout aussi hypothétique, de Tshisekedi.  
Les élections de 2011 avaient été organisées, tout comme celles de 2006, en faisant voter un « corps électoral inconnu », faute de recensement préalable de la population. Ce fait à lui seul suffirait à en « plomber » gravement la crédibilité. Elles ont, par-dessus le marché, été entachées de fraudes et de manipulations à un point tel qu’elles ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus[1]. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. Malumalu, principal responsable de cette absurdité d’élections sans recensement préalable de la population, a été remis à la Présidence de la CENI, ce qui promet encore de beaux jours à l’avenir pour les fraudeurs ! NdlR)

 

 

© CongoForum, le vendredi 10 avril 2015

 


 

 



[1] Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs malgré cette déclaration du Cardinal Laurent Monsengwo, archevêque de Kinshasa : « Les résultats publiés ne sont conformes ni à la justice ni à la vérité “. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus. C’est d’autant plus certain que la CENI a fait incinérer tous les documents relatifs aux élections de 2006 et 2013 en octobre 2014, soit, en ce qui concerne les plus récents, après un délai de trois ans seulement, anormalement court pour ce genre d’affaires

< Retour