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20-03-17/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE LUNDI (CongoForum)

Les journaux parus à Kinshasa en ce lundi 20 mars 2017 centrent leurs articles sur deux sujets pricipaux. Le premier est le phénomène Kamwina Nsapu qui a gravement perturbé la situation sécuritaire au centre du pays du pays, dans les provinces du Kasaï central, Kasaï Oriental, Kasaï et Lomami. Il semble s’acheminer vers un dénouement, notamment grâce aux efforts consentis par le Vice-Premier ministre Emmanuel Shadary. Mais la question des massacres attribués aux FARDC continue à se poser. En second lieu, on assiste à la poursuite de l’offensive des médias « joséphistes » pour faire passer la dissidence minoritaire d’Olenghankoy pour un problème grave et bloquer ainsi les négociations sur l’Arrangement particulier devant permettre l’application des Accords du 31/12/16.

Kamwina Nsapu

Le Phare titre «Massacre au Kasaï : les masques commencent à tomber» 
« Un pan de voile vient d’être levé par l’Auditeur général des FARDC (Force Armées de la République Démocratique du Congo), le général Joseph Ponde, au sujet du massacre des populations civiles au village Bena Tshikasu, dans le groupement de Mwanza Lomba, dans la province du Kasaï Central. Au cours d’un point de presse qu’il a animé le samedi 18 mars 2017, cet officier supérieur a révélé que sept éléments des FARDC impliqués dans ces crimes se trouvent aux arrêts.  
Il s’agit du major Nyembo, commandant du 2me Bataillon PM (Police Militaire) et commandant des opérations sur le terrain ; du major Martin Bitshumba Pithou, commandant second des opérations ; du capitaine Séraphin Pailimbo, commandant second du Bataillon PM et chef de la première section des opérations ; du lieutenant Silavuvu Dodokolo, S4 Bataillon PM et fusilier ; de l’adjudant en chef Mohindo, fusilier sur qui a été saisie une copie de la vidéo des faits reçue du sergent-major Maneno ; l’adjudant de 2me classe Amani ; le sergent-major Maneno Katembo alias Tonton Baobab, auteur de l’enregistrement de la vidéo diffusée dans les réseaux sociaux.  
Selon l’Auditorat général des FARDC, les préventions suivantes sont retenues contre les sept prévenus : crimes de guerre par meurtre, crimes de guerre par mutilation, crimes de guerre par traitement cruel, inhumain et dégradant, refus de dénonciation d’une infraction commise par des justiciables auprès des juridictions militaires. Il s’agit ici des résultats partiels des investigations menées par des magistrats militaires. Il est prévu également le décryptage des téléphones cellulaires saisis sur les prévenus et d’autres personnes en contact avec eux, l’expertise de deux tombes à Mwanza Lomba en vue de l’identification formelle des victimes. L’expertise de la Monusco sera mise à contribution.

Une vidéo finalement authentique  
Une vive polémique s’était engagée dernièrement entre le gouvernement congolais et toutes les institutions, Etats et Ong qui exigeaient une enquête internationale au sujet des violences perpétrées par des éléments des FARDC sur des civils sans défense au Kasaï Central. En réaction à toutes ces requêtes, Kinshasa avait non seulement qualifié la vidéo des faits de montage grossier mais aussi martelé que les fosses communes dénoncées à cette occasion étaient le fait des miliciens de Kamuina Nsapu, qui tuaient, mutilaient, torturaient et pillaient sans d’âmes. Il était aussi souligné qu’en son temps, la justice militaire congolaise avait déjà sanctionné les militaires coupables de dérapages, et non de tueries, dans les opérations de rétablissement de la paix troublée dans l’espace kasaïen.
Il est tout de même troublant d’apprendre, aujourd’hui, que la vidéo incriminée était l’œuvre d’un membre des FARDC présent sur les lieux des crimes, qui avait pris soin de faire des copies, dont l’une a été trouvée sur un de ses compagnons d’armes. L’authenticité des images macabres ayant fait dernièrement le tour du monde est de nature à confirmer la thèse d’un génocide en chantier dans le Grand Kasaï, où les tueries des populations civiles n’ont toujours pas cessé. Elle tend à confirmer aussi celle de l’existence des fosses communes où reposent des victimes de la barbarie de certains éléments des FARDC dans cette partie de la République.  
Ce qu’il faut souhaiter est que le dossier ouvert au niveau de l’Auditorat général des FARDC soit géré de manière correcte, afin de traquer les criminels réellement impliqués non seulement dans le massacre de Mwanza Lomba mais aussi dans ceux perpétrés dans d’autres localités du Grand Kasaï, loin des caméras pouvant servir de pièces à conviction contre leurs auteurs. Que les vrais éléments égarés des FARDC et les donneurs d’ordre soient recherchés et sévèrement punis.  
Mais, encore une fois, l’on insiste sur la conduite d’investigations sérieuses de nature à éviter l’amalgame et des accusations gratuites contre des officiers et soldats n’ayant rien à voir avec les tueries du Grand Kasaï.  
Ce qu’il faut à présent craindre est que l’opinion tant nationale et internationale ait de plus en plus du mal à croire aux versions que les autorités congolaises donnent de certains faits, notamment des massacres et violations des droits de l’homme, dès lors qu’après avoir tout démenti, l’on se mette à admettre des évidences sur le tard
 ».

En rapport avec cette vidéo, le Bulletin de l’ACP indique que sept suspects, tous éléments des FARDC sont arrêtés et actuellement en détention.  
L’agence qui cite le général major Joseph Ponde, auditeur général des Forces armées précise que les sept présumés auteurs de ces massacres sont poursuivis pour crimes de guerre par meurtre, crimes de guerre par mutilation, crime de guerre par traitements cruels inhumains et dégradants, refus de dénonciation d’une infraction commise par des justiciables de juridictions militaires.

Cependant que la presse d’opposition a un peu l’air d’entamer la danse du scalp autour de Lambert Mende, du côté de la presse « main stream » on préfère chanter les louanges d’un autre ministre du gouvernement Badibanga, Shadari, pour son rôle pacificateur dans la même affaire affaire Kamwina Nsapu

Forum des As évoque l’évolution de la situation des miliciens dans le Kasaï Central et note que grâce à la mission du vice-Premier ministre chargé de l’intérieur, Emmanuel Shadari, des centaines des miliciens Kamuina Nsapu venus de plusieurs localités se sont rendus aux FARDC à Kananga. Pour le tabloïd, le dialogue et l’esprit d’écoute ont fait taire les armes dans cette partie du pays. 
« Heureux qui, comme Emmanuel Ramazani Shadary a effectué une mission périlleuse à Kananga, et rentre à Kinshasa avec un bon résultat. Après cinq jours d’intenses travaux par le patron de la Territoriale dans le chef-lieu du Kasaï Central, une centaine d’éléments de la milice privée Kamwina Nsapu se sont rendus hier dimanche 19 mars aux autorités locales. D’où, la liesse légitime de la population autochtone, a déclaré hier à la presse, le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur et sécurité.  
« Selon Emanuel Ramazani Shadary, ces " soldats " sont venus de plusieurs localités de cette province du Kasaï-central, en proie à l’insécurité consécutive à l’activisme funèbre de cette milice, timbrée Kamwina Nsapu. "Nous avons travaillé de manière collégiale. Nous avons consulté les différentes couches de la population et nous avons compris que nous devons tous regarder dans la même direction : la paix et la sécurité à tout le monde ", a confié à la presse, Ramazani Shadary, fier des résultats de sa mission.  
Par ailleurs, le VPM Emmanuel Ramazani Shadary et la famille du défunt chef Kamwina Nsapu ont accordé leurs violons quant à l’exhumation, la présentation des restes de ce dernier et son inhumation selon le rite coutumier. "Nous avons pris langue avec la famille du défunt. Nous sommes tombés d’accord sur la procédure à suivre concernant l’exhumation, la présentation des restes du corps du chef Kamwena à la famille et à tout le groupement, l’inhumation du défunt conforme au rite coutumier puis la désignation de son successeur par la famille régnante ", a précisé le numéro 1 de l’Intérieur et sécurité. A en croire Emmanuel Ramazani Shadary, tout cela doit se faire très rapidement. En respectant la coutume. Sur ce point précis, a-t-il insisté, "les engagements pris seront respectés et c’est une avancée significative ". En plus des contacts avec la famille de la défunte autorité traditionnelle Kamwina Nsapu, le vice-Premier ministre, ministre de l’intérieur et sécurité et sa délégation ont devisé avec quelques couches de la population pour parler de l’administration du territoire et de la gouvernance de la province du Kasaï-Central. " A ce sujet, nous avons rencontré deux difficultés dans la mesure où le phénomène Kamwina a envahi tous les territoires de la province du Kasaï Central", a déploré le VPM Emmanuel Ramazani Shadary.  
Il a, en outre, ajouté que les administrateurs des territoires saccagés par la milice devraient retourner à leurs postes au plus tard ce lundi 20 mars. C’est le cas des AT de Kazumba et de Dibaya. Selon lui, la paix règne déjà dans ces entités territoriales. " A ce niveau, des avancées significatives sont enregistrées ", a-t-il soutenu. Et de renchérir : " Des propositions seront faites à partir des secteurs jusqu’au niveau provincial pour que la situation soit prise en compte de manière à ce que la paix règne et que toute la population soit sécurisée "

QUAND L’ARME DU DIALOGUE ET DE L’ECOUTE FAIT TAIRE LE DIALOGUE DES ARMES
On peut tout dire sur le Pouvoir de Kinshasa. Ceux qui l’accusent de violation des droits de l’homme devront sans doute voir ailleurs. La preuve, c’est que face à tous les problèmes touchant aussi bien à la sureté de l’Etat, qu’à la sécurité des personnes et de leurs biens, Kinshasa privilégie l’écoute et le dialogue. L’objectif étant d’obtenir une issue concertée de crise. Le VPM Emmanuel Ramazani Shadary est donc ce bon élève du régime qui applique à la lettre ligne de conduite, mieux l’approche de résolution pacifique de conflit imprimée par le Président Joseph Kabila. 
Que ce soit dans le conflit Bantous-Pygmées dans la province du Tanganyika, l’affaire Bundu Dia Mayala à Kinshasa et dans certains coins de la province du Kongo central que le dossier Kamwina Nsapu dans le Kasaï Central, Emmanuel Ramzani Shadary ne s’est pas détourné de cette démarche qui fait bonne fortune. S’il est admis qu’en politique comme en sport c’est le résultat qui compte, les différentes missions d’itinérance administrative et de restauration de la paix effectuées par le VPM, ministre de l’Intérieur et sécurité doivent être appréciées à l’aune de leurs résultats. 
Au-delà de tout commentaire, le dernier succès du pouvoir, via Emmanuel Ramazani Shadary dans le Grand Kasaï est révélateur. La principale leçon à retenir, c’est que cette réussite est la preuve que les dirigeants congolais sont capables de résoudre des problèmes de souveraineté, notamment ceux liés à la restauration de l’autorité de l’Etat, sans recourir à l’expertise étrangère. Ce, par l’écoute et le dialogue. Le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur et sécurité, vient d’en administrer un bel enseignement.

NECESSITE D’UNE AIDE HUMANITAIRE 
A plusieurs endroits, la province du Kasaï Central porte les stigmates de la destruction du fait des miliciens Kamwina Nsapu. Des centres médicaux, des écoles et des routes sont détruits. Ce tableau partiel et sombre des dégâts matériels de cette " rébellion " qui a touché le Grand Kasaï induit impérativement une importante et urgente aide humanitaire. Pour ce faire, le numéro 1 de la Territoriale a fait savoir qu’il faudrait d’abord désigner le successeur de Kamwina Nsapu. C’est après cette désignation que le gouvernement va dépêcher une grande mission humanitaire pour voler au secours de la population sinistrée. " Il faut qu’il y ait un chef à qui on va remettre le don du Gouvernement. Nous avons rencontré tous les chefs de Groupements qui auront un travail à faire ", a-t-il précisé, avant d’insister que " ces autorités traditionnelles doivent regarder dans la même direction, celle de la paix. " J’estime que notre mission ici est une réussite ", a-t-il renchérit.  
" Nous invitons toute la population, les parents, les enseignants à la paix et de s’abstenir à toute voie de violence, parce qu’ on ne peut pas développer une entité dans un climat d’insécurité", a martelé Ramazani Shadary, avant d’inviter la population à vaquer normalement à leurs occupations.  
Toutefois, le VPM Ramazani Shadary n’entend pas dormir sur ses lauriers. Malgré le succès, il reconnait qu’il y aura toujours des poches de résistance, d’autant plus qu’il existe beaucoup de " factions " Kamwina. Selon lui, l’Etat va utiliser la puissance publique pour tout récalcitrant. Néanmoins, il s’est réjoui du fait que la famille du défunt ait pris la décision d’arrêter la violence. Ainsi, " Je considère qu’il y a le retour de la paix, parce que les gens vaquent à leurs occupations ", s’est-il dit confiant.  
S’agissant de la libération des prisonniers de Kamwina Nsapu, le VPM a indiqué qu’une Commission a été créée en accord avec la famille. Cette dernière les aidera donc à identifier les vrais miliciens. A en croire Emmanuel Ramzani Shadary, cette libération est une procédure, car il faudra différencier les miliciens des criminels qui sont en prison. Pour terminer, le VPM en charge de l’Intérieur et de la sécurité a annoncé le retour du ministre des Affaires coutumières à Kananga dans les tous prochains jours, afin d’introniser le nouveau chef du Groupement qui sera choisi par la famille régnante.  
Enfin, le VPM Shadari n’a pas manqué de remercier la presse qui l’a accompagné durant cette mission. Il a demandé au quatrième pouvoir de poursuivre cet accompagnement en lançant des messages de paix. Sans laquelle le sous-développement se poursuivra au lieu d’avancer comme c’est le cas dans d’autres provinces
 ».

L’Avenir ajoute qu’Emmanuel Shadari avec la famille régnante et les chefs coutumiers ont convenu de l’exhumation et de la présentation des restes de feu chef coutumier Kamuina Nsapu, la désignation et l’intronisation de son remplaçant au plus tard cette semaine, suivies des rites coutumiers.  
Pour ce journal, c’est ce chef qui recevra les dons du Gouvernement à cette population meurtrie par plusieurs mois de violences et va œuvrer pour la paix.

Le Phare, sous une photo de Shadari en cravate bleue et tenue de bal (c’est-à-dire : chauve), titre « Vers l’exhumation de Kamuina Nsapu » et écrit :  
« Le Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur et Sécurité, Emmanuel Ramazani Shadari, a annoncé le samedi 18 mars 2017, peu avant de quitter Kananga, au terme d’une mission de plus d’une semaine dans le Grand Kasaï (Lomami, Kasaï Oriental, Kasaï, Kasaï Central), que le corps du feu chef coutumier Kamuina Nsapu, tué en août 2016 dans la foulée des affrontements entre ses miliciens et les forces régulières, serait exhumé dans un proche avenir. A l’en croire, c’est le compromis trouvé à l’issue des négociations entre lui et la famille biologique du défunt. Le même membre du gouvernement a indiqué que les funérailles de ce grand chef coutumier vont se dérouler selon les rites traditionnels de son terroir, après la présentation préalable de ses restes à ses proches.  
S’agissant de sa succession, elle va être assurée par un nouveau chef coutumier à désigner par la famille régnante, et à entériner par le ministre des Affaires Coutumières, qui va se rendre au village de feu Kamuina Nsapu dans deux semaines en vue de son investiture. L’autre mesure annoncée par Ramazani Shadari concerne la libération prochaine des miliciens de l’illustre disparu présentement en détention dans une prison de Mbuji-Mayi, au Kasaï Central. A ce propos, une commission mixte comprenant des magistrats militaires et des représentants du clan Kamuina Nsapu devrait se rendre au chef-lieu du Kasaï Oriental en vue de l’identification des détenus éligibles à la libération et ce, dans le respect de la procédure judiciaire.  
A la lumière de ces mesures de décrispation du climat politique et social dans l’espace Grand Kasaï, peut-on s’attendre à la fin du phénomène Kamuina Nsapu, avec l’émergence de ses miliciens dans tous les coins et recoins des quatre provinces qui composent cette entité ?  
Il est difficile de donner une réponse. Les observateurs pensent que cela n’est possible que si le ministre Shadari a réellement pris langue avec les véritables ayant-droits coutumiers du défunt. Seuls des messages d’apaisement émanant de ces derniers, après le respect par le gouvernement de ses engagements, pourraient effectivement ramener une paix durable dans le Grand Kasaï.  
On peut déplorer l’adhésion tardive des autorités centrales et provinciales à l’option du dialogue et du règlement pacifique du conflit leur recommandée, dès août 2016, par de nombreux notables de l’espace Kasaï. Le recours à la répression ayant montré ses limites, il est permis de croire que les va-t-en vont laisser Shadari mener sa mission de pacification à bonne fin.  
C’est dommage que la solution pacifique intervient après de nombreux morts, blessés, mutilés, sans abris et autres orphelins et veuves
 ».

Politique

On ne peut que constater, avec le Phare, que la situation politique se résume à « Arrangement Particulier : blocage total »  
« Après deux jours de tractations, jeudi 16 et vendredi 17 mars 2017, les positions de la Majorité Présidentielle et du Rassemblement sont restées inchangées au sujet de la désignation du futur Premier ministre, l’unique sujet à l’ordre du jour de leurs travaux, sous la médiation de la Conférence Episcopale Nationale du Congo. La famille politique du Chef de l’Etat s’en tient à une liste de trois candidats, fondant son exigence sur le respect du pouvoir discrétionnaire du précité, conformément à la Constitution, tandis que le Rassemblement s’accroche à l’Accord Politique Global et Inclusif du 31 décembre 2016, qui lui confère le droit exclusif de désigner le futur locataire de la Primature.  
La proposition du Rassemblement relative à un tête-à-tête entre Joseph Kabila, Chef de l’Etat et « Autorité morale » de la Majorité Présidentielle, et Pierre Lumbi, successeur d’Etienne Tshisekedi à la présidence du Conseil des Sages du Rassemblement, dans l’espoir de les voir parvenir à un compromis à huis clos, a été catégoriquement rejetée par la Majorité Présidentielle. Selon les ténors de ce regroupement politique au pouvoir, pareille rencontre est sans objet, car le principe de la présentation de trois candidats « Primaturables » n’est pas négociable.  
Face à ce blocage, la Cenco a décidé de suspendre les travaux, le temps de permettre à toutes les parties prenantes d’engager des négociations informelles susceptibles de favoriser la sortie de l’impasse. Car tant que la divergence concernant la direction du futur gouvernement ne sera pas vidée, la Majorité Présidentielle, le Rassemblement comme les autres parties prenantes à l’Accord du Centre Interdiocésain ne pourraient passer à d’autres étapes, notamment celles de l’acceptation du nouveau président du Conseil des Sages du Rassemblement, candidat à la succession d’Etienne Tshisekedi à la présidence du Conseil National de Suivi de l’Accord du 31 décembre 2016, du partage des ministères, de la nouvelle composition de la CENI ( Commission Electorale Nationale Indépendante) et du CSAC (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication), des mesures de décrispation du climat politique, de la réouverture des médias fermés, des échéances électorales, etc. Ainsi qu’on peut le deviner, la finalisation de l’Arrangement Particulier n’est pas pour demain. Chacun peut constater que plus de deux mois et trois semaines après sa signature, l’Accord du 31 décembre 2016 est loin d’être mis en œuvre. Il n’est pas impossible que le statu quo puisse persister jusqu’au milieu de l’année 2017 ».

(Rappelons au passage que l’enjeu de ce débat sur la Primature, ce n’est pas seulement la Primature elle-même.  
C’est débord un affrontement au sujet du pouvoir de la Présidence « de transition » où l’on a commis l’erreur de laisser JKK. Celui-ci prétend faire usage de son « pouvoir discrétionnaire » - un attribut de la présidence de plein droit – pour choisir un PM sur une liste, d’abord de 7 candidats, puis de 5 et aujourd’hui, de 3. Peut-être même ira-t-il demain jusqu’à 2. Peu importe. L’essentiel est qu’il puisse exercer un choix qui, si minime soit-il, montre qu’il est toujours le Président, au sens fort du terme.  
La Primature sera probablement le seul poste doté de pouvoirs réels qui sera remis entre les mains de l’Opposition. Mais il est probable qu’on s’empoignera quant aux postes ministériels, car il y aura une tentative pour priver le PM de tout pouvoir important, notamment des ministères «  de souveraineté », tels que l’Intérieur – qui permet de donner des coups de pied au cul – ou les Finances – qui permet de payer ceux qui les donnent.  Cela ne fera qu’aggraver la gaffe d’avoir laissé à JKK la disposition de l’armée et de la police. Il ne faut en effet pas accorder trop d’importance à la Présidence du CNSA qui n’aura aucun pouvoir réel, sinon celui de se lamenter. C’était, à l’usage du vieux Tshisekedi, un hochet clinquant ou une sucette de consolation. . NdlR)

Devant cette situation, Le Phare s’intéresse aux négociations politiques à la CENCO et titre: «Rassemblement : les frères ennemis attendus ce lundi à la CENCO».  
« En dépit de la reconnaissance officielle, par la Cenco (Conférence Episcopale Nationale du Congo) elle-même, de Félix Tshisekedi comme leader du Rassemblement, avec son colistier Pierre Lumbi d’abord le 03 mars 2017, au lendemain de leur désignation par leurs pairs, et ensuite le jeudi 16 mars, à l’occasion de la reprise des travaux sur l’Arrangement Particulier une certaine confusion persiste. Pour ce faire, les « frères ennemis » sont attendus ce lundi 20 mars au Centre Interdiocésain.  
C’est, dit-on, pour tenter de réconcilier les ailes de Félix Tshisekedi et de Joseph Olenghankoy, qui a reçu un soutien actif de la Majorité Présidentielle et ses « satellites », le vendredi 17 mars, après que le précité a formulé, en séance plénière, une motion contestant la désignation de Félix Tshisekedi à la Présidence du Rassemblement, et de Pierre Lumbi à la tête du Conseil des Sages.  
Tout en considérant Félix Tshisekedi comme leur unique correspondant au niveau du Rassemblement, les Evêques Catholiques estiment que le rapprochement avec le camp de Joseph Olenghankoy est indispensable pour permettre à cette méga plate-forme politique de débattre, en toute sérénité, avec la Majorité Présidentielle, des points qui fâchent au niveau de l’Arrangement Particulier, notamment la désignation du Premier ministre du futur gouvernement de transition, le remplacement d’Etienne Tshisekedi à la présidence du Conseil National de Suivi de l’Accord du 31 décembre 2016, le partage des portefeuilles ministériels.  
On signale qu’une première rencontre convoquée le samedi 18 mars par le Secrétaire général de la Cenco a avorté, le camp Olengha ayant boudé le rendez-vous. Nul ne sait si l’invitation de ce lundi sera la bonne.  
On laisse entendre que Félix Tshisekedi, pour sa part, a marqué son accord total pour une telle rencontre, son souci majeur étant de refaire l’unité du Rassemblement et de permettre à toutes ses forces vives de participer à la dure bataille de la mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre 2016, prélude à l’organisation d’une transition devant déboucher sur des élections présidentielles, législatives nationales et provinciales transparentes, démocratiques et apaisées.  
Certains observateurs estiment qu’après avoir donné son quitus au tandem F. Tshisekedi-P.Lumbi à l’occasion de réouverture des négociations directes entre toutes les parties prenantes au dialogue du Centre Interdiocésain, la Cenco aurait dû se focaliser sur les divergences entre la Majorité Présidentielle et le Rassemblement,plutôt que de se laisser distraire par les détails d’une restructuration déjà réglée en interne par l’écrasante majorité des sociétaires du Rassemblement 
».  

Dans la presse « joséphiste », la volonté de dépeindre cette situation de manière dramatique$ et de la voir perdurer et s’aggraver est manifeste.

La Prospérité qui analyse la position du bureau de la CENCO estime que les évêques, partant de leur mission de bons offices, devraient s’interdire de mettre le doigt dans ce conflit, en prenant position pour l’une ou l’autre aile du Rassemblement.  
L’affaire est tellement sérieuse qu’il n’appartiendrait pas à la CENCO de marquer leur préférence pour tel ou tel autre leader, fut-il le fils de Tshisekedi, pour légitimer son aile au détriment de deux autres, conclut le journal.

Forum des As qui a accordé la parole à Joseph Olenghankoy, affirme que le président des FONUS ne comprend pas l’empressement injustifié des évêques à déclarer Félix Tshisekedi chef du Rassemblement et seul interlocuteur valable à leurs yeux. Pour Joseph Olenghankoy, la préférence de la médiation, n’a pas résolu le problème lié à la restructuration précipitée du Rassemblement, lequel à ses yeux, reste entier, rappelle le tabloïd.

 Ce qui fait dire à L’Avenir que la position des évêques divise les chrétiens. L’Abbé Nsholé a notamment et clairement pris position pour une aile du Rassemblement, sans avoir, au préalable, entendu les autres factions dissidentes, explique le journal qui conclut que cette position rompt avec celle affirmée et répétée de l’église au milieu du village.

Divers

Le Potentiel écrit : « La Ceni projette d’enrôler 4.500.000 électeurs à Kinshasa ». Atteindre quatre millions d’électeurs à Kinshasa, c’est la projection de la Ceni qui annonce le lancement des opérations de révision du fichier électoral dans la ville de Kinshasa à partir de la deuxième quinzaine du mois d’avril.

 

 

© CongoForum, le lundi 20 mars 2017

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