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20-04-17/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CEJEUDI (CongoForum)

Le suspense est toujours à son comble, en ce jeudi 20 avril 2017, après le round des consultations officielles issues de la nomination de Bruno Tshibala. Plusieurs quotidiens kinois reviennent sur la formation du gouvernement Tshibala et les consultations entamées par Maman Sidikou pour obtenir l’application de l’accord de la Saint Sylvestre. Si bien que chacun y va de son commentaire, certains titres ne dissimulent pas qu’il y a des « non-ministrables » qui se bousculent au portillon … Bref, c’est encore une fois le « Bal des Chauves ».

Formation d’un gouvernement

Forum des As publie un article fort intéressant, quoique rédigé souvent dans un français très approximatif, sous le titre «Gouvernement Tshibala : Kabila regardant sur des candidats vertébrés» 
« Il se chuchote en haut lieu que le Raïs veillerait personnellement au profil des ministres. L’équipe Tshibala tarde à être formée malgré la fin, le mercredi 12 avril, des consultations du Premier ministre. Selon les services du nouveau chef du Gouvernement, les différentes forces que le Premier ministre avait consultées devaient lui déposer la liste des propositions ainsi que les noms des candidats ministrables au plus tard le vendredi 14 avril, pour permettre à Bruno Tshibala d’en discuter avec le chef de l’Etat Joseph Kabila. Depuis, silence radio. Les Congolais sont suspendus à chaque édition du journal de la RTNC, la radiotélévision publique, attendant l’événement.  
Si former un gouvernement est certes un exercice compliqué, compte tenu de l’équilibre qu’il faut y apporter, des sources qualifiées renseignent que le Président de la République passerait au peigne fin les propositions que le Premier ministre lui a soumises. 
Le Raïs aurait retoqué certains noms parce qu’il estimait que certains ministres n’avaient pas donné toute la mesure de leurs compétences dans les gouvernements où ils avaient œuvré. Alors que d’autres n’avaient pas le profil de l’emploi. 
L’arbitrage du chef de l’Etat devrait conforter certains acteurs politiques, notamment l’autorité morale de l’UNC, Vital Kamerhe, qui, à l’issue de sa rencontre avec le Premier ministre Bruno Tshibala, avait déclaré que l’action de chaque ministre dans le gouvernement sortant devait être évaluée. Non, lui avait répondu Justin Bitakwira, un des sociétaires de l’opposition signataire de l’Accord du 18 octobre 2016, estimant que le dernier mot reviendra au Président de la République. Pour le ministre en charge des Relations avec le parlement, seul le président de la République est habilité à évaluer chaque ministre et en tirer les conséquences.  
Le nouveau Premier ministre, qui avait dit vouloir travailler avec toute l’opposition afin d’arriver à l’application complète de l’Accord du 31 décembre, avait lancé des invitations à tous les courants de l’opposition congolaise. 
Pour rappel, c’est sur base justement de l’Accord de la Saint Sylvestre, qu’un compromis avait été trouvé sur la répartition des postes ministériels dans le gouvernement de transition entre les différentes composantes. Ce Cabinet comptera 53 membres.  
Dans cette équipe gouvernementale, la Majorité présidentielle disposera de 18 ministres et 3 vice-ministres. 
Le Rassemblement de l’opposition aura droit à 13 ministres et 3 vice-ministres. Huit ministères et trois vice-ministères seront occupés par des membres de l’opposition signataire de l’accord du 18 octobre 2016.  
L’Opposition républicaine de Kengo wa Dondo disposera de 2 ministres et 1 vice-ministre. La société civile comptera deux membres dans le gouvernement de la transition. 
On rappelle que le Chef de l’Etat avait nommé, le vendredi 7 avril, Bruno Tshibala au poste de Premier ministre. Ce, une semaine après l’échec de la signature de l’Arrangement particulier, un additif à l’accord politique signé le 31décembre 2016 et qui doit régler des questions clés comme le chronogramme de mise en application de l’Accord, la composition du nouveau gouvernement et du Conseil national de suivi de l’Accord, CNSA. Le Gouvernement Tshibala aura entre autres missions l’organisation des élections dans le délai fixé par l’Accord de la Saint Sylvestre
 ».

(Constituer une équipe gouvernementale est, d’abord et avant tout, le travail du PM qui en sera responsable, même si le Chef de l’Etat - quand il y en a un qui puisse se prétendre régulièrement élu, ce qui n’est pas le cas en RDC – conserve un droit de regard et de vérification sur le travail du PM. La description de FdA correspond, au mieux, à une collaboration JKK/Tshibala – sorte de travail « à 4 mains » - au pire, à la composition d’un gouvernement Kabila « entériné » par Tshibala. On notera la savoureuse référence à une semaine après l’échec de la signature de l’Arrangement particulier, un additif à l’accord politique signé le 31décembre 2016… Ne pas être tombés d’accord sur un texte est évidemment une bonne raison de l’appliquer !!!  
Il est manifeste que les considérations sur la répartition des portefeuilles cache le désir d’écarter l’opposition de toute responsabilité vraiment significative, en particulier des ministères « de souveraineté ». La référence aux « vertébrés » vaut également son pesant d’or. Ce terme zoologique est utilisé, en RDC, par référence à la colonne vertébrale qui soutient tout le corps, pour désigner des personnes ayant de solides compétences, mais surtout une certaine raideur de principes qui les empêche d’avoir « l’échine souple » du flagorneur toujours entre deux courbettes. JKK chercherait-il vraiment ce genre d’hommes ? Rien n’est moins sûr. 
La formation d’un gouvernement est une occasion en or pour perdre beaucoup de temps. Après l’accord du 31 décembre 2016, si l’on était naïf au point de négliger qu’un « accord »… sur une liste de désaccords ,’était qu’un constat d’échec dissimulé derrière un faux nez, on pouvait penser que l’organisation de la transition politique et du processus électoral étaient sur les rails. Trois mois plus tard, et après le décès surprise d’Etienne Tshisekedi le 1er février 2017, aucun des points de l’accord n’était mis en œuvre et la Cenco était obligée de reconnaître (enfin !) son échec. Il fallut attendre début avril pour que Joseph Kabila nomme Bruno Tshibala Premier ministre. Mais il est loin de faire consensus, car comme Samy Badibanga, il résulte d’un débauchage politique fortement critiqué par l’opposition qui ne lui reconnaît aucune légitimité. Encore une fois, Joseph Kabila continue de gagner du temps alors que la date de la présidentielle se rapproche à grand pas. Le président du CNSA et le nouveau gouvernement Tshibala ne sont toujours pas nommés presque deux semaines après le décret présidentiel.  
L’arme du temps est la seule que JKK semble vouloir manier pour l’instant, non par modération ou par humanité, mais par tactique. Il a déjà sauvé l’essentiel, car le maintenir JKK à la présidence, c’est lui laisser le bénéfice du « vote de précaution » lors des élections et le commandement des forces de répression pour en imposer les « résultats ». JKK craint surtout l’échec des négociations, donc la situation de blocage. Il faut que ceux qui entreprendraient quelque chose puissent être présentés comme « tentant un coup d’Etat alors que des négociations sont toujours en cours ». Ou alors, disposer d’un « accord politique » signé, sans avoir touché, ni au manque de crédibilité d’élections sans recensement préalable de la population, ni au manque de légitimité du pouvoir issu de celles de 2011. On pourra alors se lancer dans le coup de force pour refuser l’ouverture d’un « second dialogue ». C’est à dire qu’on fera une fois de plus le coup de « Les chiens aboient, la caravane passe », étant entendu que la « caravane » sera une colonne de blindés ! 
Jusqu’ici, « jouer la montre » a réussi à Joseph Kabila, mais il est condamné à une dangereuse fuite en avant qui l’oblige à se couper de la communauté internationale, au risque de l’isolement. Pour continuer à reculer la date des élections, il s’est enfermé dans une spirale de l’instabilité : politique (l’impossibilité d’organiser l’élection présidentielle) et sécuritaire,( une nouvelle flambée de violence dans les Kasaï). Dans sa fuite en avant, JKK doit maintenant faire que les élections de décembre ne puissent se tenir dans les délais. Pour cela, le pouvoir avance deux arguments contradictoires. 1° : l’Etat veut financer seul le processus électoral et ne veut aucune ingérence étrangère. 2° : les caisses de l’Etat sont vides et le coût estimé des élections s’élève à un tiers du budget national. En gardant la haute main sur le processus électoral (sans intervention extérieure), Joseph Kabila peut donc à tout moment l’interrompre.  
Dans cette logique d’isolement politique revendiqué, Kinshasa se referme donc sur elle-même, avec la volonté pour le camp présidentiel de pouvoir manœuvrer en toute liberté et à l’abri des regards de la communauté internationale. La répression qui continue de s’abattre sur les opposants politiques, mais aussi sur les journalistes et les médias proches de l’opposition ne rassure guère sur le désir de Joseph Kabila de vouloir quitter pacifiquement le pouvoir. Principal responsable de la crise politique congolaise, le président de la République semble attendre une nouvelle fois que le pays soit au pied du mur pour sortir une nouvelle carte de sa manche. En décembre 2017, si les élections ne peuvent se tenir, ce qui paraît le plus probable, Joseph Kabila pourra alors sans doute avancer l’idée d’un référendum pour « sortir de la crise politique ». Référendum-plébiscite qui pourrait lui permettre alors de pouvoir postuler à sa propre succession. NdlR)

Concernant ce gouvernement attendu, La Prospérité évoque le problème des listes qui se multiplient à l’infini. Plusieurs d’entre elles, sont venues de la société civile, d’autres, en nombre considérable de l’opposition signataire et non signataire, puis, les dernières, plus ou moins ordonnées, sont de la Majorité qui, dans sa conformité aux bornes tracées d’en haut, ne pose aucun problème, indique le tabloïd.  
Mais, que peut faire Tshibala de tous ces noms des personnalités à caser, alors que la taille du gouvernement est, cependant, limitée ? Qui prendre, qui laisser ? , s’interroge le même quotidien. Voilà. C’est tout un dilemme. Et, sur un autre registre, Maman Sambo Sidikou consulte, pour arrondir les angles, à la recherche d’une certaine inclusivité.  
Comment officialiser la composition de ce nouveau gouvernement avant que ce dernier n’ait fini sa ‘’propre’’ mission de bons offices ? D’où, le couac qui fait, naturellement, perdurer le suspense, estime La Prospérité.

« Gouvernement : pas de fumée blanche » indique L’Observateur dans sa rubrique « Le Point ».
Quant à ce quotidien, plus d’une semaine après sa nomination à la tête du gouvernement d’Union nationale par le Président de la République, Bruno Tshibala n’arrive pas encore à constituer son équipe.  
Pourtant, poursuit L’Observateur, le Chef de l’Etat avait souhaité, lors de son message à la nation à travers les deux Chambres réunies en Congrès que la formation de l’exécutif intervienne dans les plus brefs délais pour permettre au pays de fonctionner normalement.

Le Bons offices de la MONUSCO

Le Bulletin de l’ ACP note que la Monusco était pour un travail d’assemble pour surmonter les obstacles à la tenue des élections en RDC. Au cours de la conférence de presse hebdomadaire des Nations Unies, Charles Antoine Bambara, a fait savoir que dans le cadre de la mission de bons offices confiés par la résolution 2348, le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies en RDC , Maman Sambo Sidikou, rencontre tous les protagonistes de la crise pour essayer de trouver les voies et moyens de mettre en œuvre intégralement et de bonne foi, l’accord du 31 décembre 2016.  
Il a souligné que pour la MONUSCO, « il n’ y a pas d’alternatives à la mise en œuvre complète de l’accord tel que stipulé par la résolution 2348 du Conseil de sécurité de l’ONU », souligne ACP.

Parlant de cette mission de bons offices Le Phare souligne «Mission de bons offices : la MONUSCO roule pour la Résolution 2348» 
« La Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation en République Démocratique du Congo (MONUSCO) poursuit sa mission de bons offices avec les différentes parties prenantes au dialogue de la Saint Sylvestre en vue de l’application de ce dernier conformément à la Résolution 2348 des Nations Unies. Le directeur de l’information publique de la Monusco, Charles Bambara a rappelé au cours de la conférence hebdomadaire des Nations unies d’hier mercredi 19 avril 2017 que c’est dans cette logique de la 2348 que Maman Sidikou, représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies en RDC, entreprend depuis le dimanche, des consultations avec la classe politique congolaise tant de l’opposition comme de la majorité, une démarche, a-t-il souligné, qu’il va continuer à mener dans les prochains jours. Charles Bambara a souligné également que l’accord du 31 décembre 2016 reste la feuille de route et que les bons offices de la Monusco vont se focaliser autour de l’Arrangement particulier.   
Le directeur de l’information publique de la Monusco a annoncé également la libération de 16 employés de la Monusco pris en otage par les anciens combattants sud-soudanais cantonnés dans le camp de Munigi dans la province du Nord Kivu. Une libération, à en croire Charles Bambara, intervenue dans la nuit de mardi 19 avril 2017 après un long moment de négociation entreprise sur place par le représentant spécial adjoint du secrétaire général des Nations Unies en RDC, David Gressly
.   
« La Monusco a le plaisir de confirmer que tous les seize employés qui avaient été retenus par d’anciens combattants sud-soudanais SPLM-IO ont été libérés du camp de Munigi. Le camp reste calme et sous le contrôle de la Monusco. Tous les employés retenus sont retournés chez eux hier. Il n’y a eu aucune victime. La Monusco va ouvrir une enquête sur cet incident », a déclaré Charles Bambara.   
Cette situation ne prouve-t-elle pas que le contrôle de la situation est en train d’échapper à la Monusco et qu’il est temps pour cette dernière de délocaliser ces anciens-combattants de la RDC ?   
A cette question, le porte-parole Charles Bambara a rappelé que la Monusco a joué un rôle logistique en venant en aide aux Sud-soudanais. La délocalisation vers leur pays ou ailleurs, a-t-il fait remarquer, n’est pas seulement une question de la Monusco, mais aussi celle de la RDC, du Sud-Soudan et de tous les partenaires concernés.  
Ce responsable de la Monusco a renseigné également à ce sujet que le camp DDR de Munigi n’est pas sous la supervision directe de la force de la Monusco et que ces agents exerçaient tout simplement leur activité de routine.

Le général Kanyama toujours dans les visés de l’Onu   
L’autre question qui s’est invité au cours de ce point de presse est celle de la suspension du commissaire provincial de police Kinshasa, le général Célestin Kanyama. A ce sujet, José Maria Aranaz, directeur du Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme (BCNUDH) s’est réservé de tout commentaire indiquant par ailleurs que ceci est l’occasion de poursuivre les enquêtes sur l’opération « likofi 1 et 2 » et les évènements du 19, 20 et 21 décembre 2016 en vue d’en apporter la lumière sur les violations des droits de l’homme opérées à ces occasions.   
Il sied de signaler qu’au cours de cette conférence de presse, José Maria Aranaz a donné le rapport du BCNUDH sur les principales tendances des violations des droits de l’homme au mois de mars 2017. 
Durant cette période, le Bureau a donc documenté 547 violations des droits de l’homme sur tout le territoire de la RDC, ce qui représente une hausse importante par rapport au mois de février 2017, au cours duquel 461 violations avaient été documentées. De ces 547 cas, 76 sont des atteintes au droit à la vie contre 133 victimes, dont 101 victimes d’exécutions extra-judicaires par des agents de l’Etat, soit une nette diminution par rapport au mois précédent ».

Par rapport à ces consultations, L’Avenir titre : « Aubin Minaku échange avec Maman Sidikou ».
Selon ce journal , comme d’aucuns l’ignorent à ce jour, depuis le vendredi 31 mars dernier, le Conseil de sécurité des Nations Unies avait voté à l’unanimité la Résolution 2348 sur la République démocratique du Congo. Laquelle a prorogé ou renouvelé le mandat de la Mission des Nations Unies pour la stabilité au Congo (MONUSCO). 
Au sortir de cette audience lui accordée, le patron de la Monusco a confié à la presse l’objet de l’entretien qu’il a eu avec le speaker de la Chambre basse du Parlement de la République. A la question de savoir s’il il y a déjà un Premier ministre ? La réponse : « Nous constatons que le Président a nommé un Premier ministre. Je ne peux pas faire des commentaires là-dessus. L’autre jour j’ai dis je prends acte, prendre acte veut dire constater ». 
M. Sidikou, a indiqué que «l’objectif de tout le monde, c’est d’aller aux élections dans ce pays». 
Evidemment, a-t-il ajouté «il faut le faire dans le cadre de l’accord qui a été conclu le 31 décembre 2016», précise ce journal.

Divers

Le Phare titre « Nouvelle guerre à l’Est : produits étrangers ! »  
« On commence à comprendre petit à petit les effets de la longue guerre qui a longtemps sévi à travers les territoires de l’Est de la République et soutenue par des armées régulières des Etats voisins, notamment le Rwanda et l’Ouganda. En effet, la guerre a quitté le terrain des armes pour envahir le secteur économique. Sans coup férir, les habitants des territoires de l’Est de la République s’approvisionnent pour la plupart en produits de première nécessité au Rwanda, en Ouganda, en Tanzanie et au Kenya. Outre certains produits manufacturés, les congolais des territoires de l’Est se rendent dans les Etats voisins pour se procurer des produits agropastoraux et halieutiques de première nécessité, notamment la viande, les poissons, les haricots, les petits pois, les pommes de terre, les bananes plantains et autres. 
Selon des témoins ayant circulé à travers les villes et villages des provinces congolaises de l’Est, la situation est jugée catastrophique et alarmante sur le plan économique. A l’ouverture des frontières avec ces Etats voisins de l’Est, ce sont de longues files des gros camions appartenant aux opérateurs économiques en provenance de ces Etats qui entrent sur le territoire congolais bourrés des produits agropastoraux et halieutiques à vendre aux Congolais. Ceux des opérateurs nationaux, et ils ne sont pas nombreux à cause des tracasseries administratives et policières leur imposées de l’autre côté de la frontière pour les décourager, qui prennent un grand risque de traverser la frontière pour s’approvisionner dans ces Etats voisins s’exposent à toutes sortes de dangers. Ils sont soit mis aux arrêts sans motif valable, soit d’être dépouillés de leurs fonds de commerce ou des marchandises en cours de route. Comme le franc congolais n’a pas cours de l’autre côté de la frontière congolaise, il faut souvent se munir de la monnaie locale ou mieux des devises fortes, notamment le dollar Us et l’Euro qu’il faudra échanger avec la monnaie de l’Etat concerné dans les transactions.

Le secteur agropastoral détruit  
A cause de multiples invasions de ces territoires par des groupes rebelles irréguliers et des éléments des armées régulières rwandaises et ougandaises, les paysans produisent juste pour leur propre consommation. Ce sont des produits agropastoraux provenant du Rwanda, de l’Ouganda et de la Tanzanie qui ont envahi les marchés locaux congolais de l’Est. Pire, des opérateurs économiques de ces deux Etats ont installé des magasins le long des frontières communes pour y vendre des produits manufacturés provenant des Etats du Proche et Extrême Orient.

Rareté des banques commerciales privées crédibles  
Vu la rareté et parfois l’absence des banques commerciales privées et des institutions financières crédibles à travers tous ces territoires de l’Est, les habitants et surtout les opérateurs économiques traversent la frontière pour aller ouvrir des comptes bancaires dans les différentes banques commerciales privées rwandaises, ougandaises, kenyanes et tanzaniennes pour y placer leurs capitaux. Ce qui facilite et sécurise les transactions à tout moment pour les différentes opérations commerciales. Ce sont dans les banques rwandaises et ougandaises et parfois kenyanes que les Congolais de l’Est déposent leurs fonds de commerce. En clair, ce sont des Congolais qui alimentent une partie substantielle des économies de ces Etats.   
Le signal a été donné avec la faillite de certaines institutions financières, dont particulièrement la chaîne de Mecreco implantée il y a peu à travers les grandes villes et localités des provinces de l’Est. Des milliers de nos compatriotes ont été pris de court et pire, l’Etat congolais n’a toujours pas remboursé les fonds déposés qui s’élèvent à des millions des dollars Us. Que de morts par accidents cardio-vasculaires depuis lors ! Que de divorces ne vit-on pas ! Que de litiges commerciaux devant les cours et tribunaux! Que des pertes d’emplois !   
Un ancien gouverneur de province qui avait revendu sa villa cossue pour enrichir son compte dans une institution financière s’est réveillé un matin en apprenant que cette dernière n’était plus en mesure de lui rembourser son argent, qu’il comptait utiliser pour une transaction financière avec un partenaire chinois pour l’érection d’une usine des produits électroménagers au Nord et Sud Kivu !  
Une femme d’affaires a eu l’idée de vendre aussi sa villa cossue pour alimenter son compte logé dans une institution financière. Cela, en vue d’effectuer des transactions pour l’approvisionnement en produits électroménagers pour ses magasins de Bukavu, Uvira, Beni, Butembo et Goma. Elle a été terrassée par un accident cardiovasculaire et a rejoint nos ancêtres. Une autre femme d’affaires qui avait aussi hypothéqué deux de ses villas pour bénéficier d’un crédit dans une institution financière locale a connu un sort bizarre. Ce crédit lui a permis de construire une grande boulangerie sur un terrain situé le long de la Place du 24 novembre à Bukavu. Une méchante mesure administrative est venue détruire ses espoirs en ordonnant la destruction de ce bijou avec comme effet néfaste la perte d’emplois pour les 56 agents qui y prestaient, sans oublier celle des recettes attendues par l’administration fiscale et parafiscale. Ce qui a provoqué chez elle un accident cardiovasculaire.
Non seulement, les compatriotes des territoires de l’Est consomment les produits agropastoraux et halieutiques provenant du Rwanda, de  l’Ouganda et de la Tanzanie et dans une certaine mesure du Kenya. Pire, ils consolident les économies de ces Etats avec les dépôts de leurs avoirs, les banques commerciales privées de ces Etats. Il semble que des succursales de ces banques existent dans certaines villes des provinces de l’Est. Mieux, ce sont des aéronefs battant pavillon rwandais et kenyan que nos compatriotes utilisent pour leurs déplacements vers les pays de l’Europe, d’Amérique, de l’Afrique et d’Asie. Il en est de même pour le fret. Et dire que ce sont des camions battant pavillon rwandais, kenyan, ougandais et Tanzanien qui transportent les produits importés par bateaux en provenance de l’Europe, d’Asie, d’Amérique destinés pour la RDC. Bref, la guerre a quitté le terrain des armes pour le secteur économique et cela au vu et au su de nos gouvernants ».

 Une autre actualité à découvrir ce matin est liée à la décision portant allègement des conditions d’importations des véhicules en RDC. Forum des As relève que le décret daté du 4 avril dernier a été signé par le Premier ministre sortant Samy Badibanga.  
Selon cette mesure, les véhicules importés en RDC doivent avoir été mis en circulation " sur une période n’excédant pas 20 ans ", indique le quotidien. En 2012, rappelle le confrère, l’ancien Premier ministre Matata Ponyo avait décidé d’interdire l’importation des véhicules mis en circulation avant une période de plus de 10 ans.

En plus des allusions contenues dans son article déjà cité, sur les constatations du BCNUDH en RDC, Le Phare annonce : « Kasaï Central : les fosses communes passent de 23 à 40 ». « Des enquêteurs des Nations Unies en République démocratique du Congo (RDC) ont confirmé l’existence d’au moins 17 nouvelles fosses communes dans la province du Kasaï Central, qui est le théâtre d’affrontements entre militaires et combattants d’une milice locale connue sous le nom de Kamuina Nsapu, a indiqué mercredi le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH).   
Cela porte à 40 le nombre total de fosses communes documentées par les Nations Unies dans les provinces du Kasaï Central et du Kasaï Oriental depuis août 2016.
  
« La découverte de nouvelles fosses communes et les rapports faisant état de violations et d’atteintes continues aux droits de l’homme témoignent de l’horreur persistante dans les provinces de Kasaï au cours des neuf derniers mois », a déclaré le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein.   
« Il est absolument essentiel que le gouvernement de la RDC prenne les mesures nécessaires, et jusqu’ici absentes, pour qu’une enquête immédiate, transparente et indépendante, qui établisse les faits et les circonstances des violations et atteintes aux droits de l’homme et à la justice, soit mise en place », a-t-il ajouté.   
Le HCDH a offert son assistance afin de mener une enquête crédible de la sorte. « Nous réitérons notre demande d’accéder à tous les sites où se trouvent les fosses communes, ainsi qu’à tous les témoins, y compris ceux en détention, et à d’autres informations pertinentes nécessaires pour déterminer qui est responsable à tous les niveaux », a déclaré le Haut-Commissaire.  
M. Zeid a souligné que dans le cas où une enquête nationale n’aurait pas lieu, il n’hésiterait pas à demander à la communauté internationale de soutenir une enquête menée par un mécanisme international, y compris par la Cour pénale internationale (CPI).   
La présence de nouvelles fosses communes a été confirmée lors d’une enquête menée dans la province du Kasaï Central entre les 5 et 7 avril 2017 par une équipe composée du personnel du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) et de la Police des Nations Unies (UNPOL).   
Quinze de ces fosses communes se trouvaient dans un cimetière dans la ville de Tshimbulu et deux autres dans la localité de Tshienke.  
L’équipe des Nations Unies a reçu des informations selon lesquelles des militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) auraient creusé ces tombes suite à des affrontements avec des miliciens présumés de Kamuina Nsapu entre les 26 et 28 mars. Au moins 74 personnes, dont 30 enfants, auraient été tuées par des militaires lors de ces affrontements.  
L’équipe des Nations Unies s’est également rendue à Kananga afin de collecter des informations sur des allégations de violations et d’atteintes aux droits de l’homme commises dans cette ville. Entre les 28 et 30 mars, les militaires des FARDC auraient tué par balle au moins 40 personnes, dont 11 enfants et 12 femmes, dans la commune de Nganza de la ville de Kananga, et blessé au moins 21 autres. La plupart des victimes auraient été tuées dans leurs maisons, alors que des militaires faisaient du porte-à-porte pour traquer les miliciens.   
Deux des victimes sont décédées à l’hôpital tandis que les 38 autres auraient été enterrées par la population locale dans trois fosses communes. Des militaires des FARDC auraient aussi enterré un nombre indéterminé de corps dans une quatrième fosse commune dans le cimetière de Nganza.   
Le BCNUDH a également reçu des informations faisant état du viol d’au moins deux femmes et trois filles par des militaires des FARDC pendant la même opération à Nganza. Des membres des forces de défense et de sécurité seraient aussi responsables de l’arrestation arbitraire et de la détention illégale de 27 personnes, dont 10 garçons et une fille de 15 ans. 
Les enquêteurs des Nations Unies, qui se sont également rendus dans la commune de Katoka de la ville de Kananga, ont reçu des informations selon lesquelles, pendant des opérations de ratissage conduites par des agents de la Police nationale congolaise (PNC) le 28 mars, un homme de 23 ans, un garçon de 17 ans et un bébé d’un mois ont aussi été tués. L’équipe des Nations Unies a appris que le bébé aurait été mortellement blessé après avoir été piétiné par des agents de police qui fouillaient leur maison.   
La milice Kamuina Nsapu, loyale à un chef coutumier tué par l’armée le 12 août de l’année dernière, est accusée de recruter des centaines d’enfants dans ses rangs et de cibler des agents et symboles de l’Etat, y compris des bâtiments gouvernementaux, des écoles, des hôpitaux, des commissariats de police et des églises ».

 

 

© CongoForum, le jeudi 20 avril 2017

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