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21-04-17/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE VENDREDI (CongoForum)

En ce vendredi 21 avril 2017, la presse paraissant à Kinshasa doit rendre compte de deux péripéties spectaculaires et bruyantes du Grand Feuilleton National et Electoral Inclusif. En séjour à Kinshasa, une mission de la SADC, délégation de sa Troïka, venue à Kinshasa pour la sensibilisation de différentes parties prenantes pour l’application de l’accord de la Saint-Sylvestre, en vue de l’organisation des élections en Rdc, consulte depuis jeudi 20 avril, les acteurs sociopolitiques congolais dans le cadre de la collecte des données relatives à l’accord du 31 décembre 2016 et de l’arrangement particulier. Les journaux de la capitale évoquent cette actualité. Ces médias parlent également des consultations en vue de la formation du nouveau gouvernement avec la volte-face de Matungulu.

Clash à la SADC

Le Phare titre à la une : «SADC : Félix Tshisekedi piégé».  
« Des envoyés spéciaux de la SADC (Communauté de Développement de l’Afrique Australe), qui séjournent à Kinshasa depuis le début de la semaine, en vue de la collecte des données relatives au blocage de l’Accord du 31 décembre 2016 et de l’Arrangement Particulier, ont programmé hier jeudi 20 avril 2017 à Kempesky Hôtel, dans la commune de la Gombe, une séance de travail avec le Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au Changement. Alors qu’il se croyait l’unique interlocuteur de ces mandataires des Chefs d’Etat de la région, en sa qualité de chef de la délégation de ce regroupement politique au Centre Interdiocésain, Félix Tshisekedi était tout surpris de se trouver en face de Joseph Olenghankoy qui, comme on le sait, représente la dissidence. Ne pouvant cautionner la confusion et s’estimant piégé, il a refusé d’échanger avec les délégués de la SADC sur la même table que l’homme qui conteste sa légitimité, au point de s’être autoproclamé chef de file d’un Rassemblement/bis. Dans l’entendement de Félix Tshisekedi, toute rencontre avec des émissaires de la SADC devrait avoir pour soubassement l’Accord de la Saint Sylvestre et la Résolution 2348 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, laquelle souligne l’impératif de l’application intégrale du deal politique accepté par toutes les parties prenantes aux négociations du Centre Interdiocésain.
Le Rassemblement se méfie terriblement de la SADC, qui avait en son temps donné sa pleine caution à l’Accord du 18 octobre 2017 conclu par la Majorité Présidentielle et une partie de l’Opposition, sous la médiation d’Edem Kodjo, au motif que ce compromis politique avait un caractère global et inclusif. Selon cette organisation sous-régionale, le gouvernement Samy Badibanga avait carte blanche pour conduire le peuple congolais aux élections. Après le rejet de l’Accord de la Cité de l’Union Africaine par le Rassemblement, fortement soutenu par les Nations Unies, l’Union Européenne, l’Organisation Internationale de la Francophonie et plusieurs Etats occidentaux dont les USA, la Belgique, la France, la Grande-Bretagne…, il s’est tenu un second dialogue à Kinshasa, sous le label de la Cenco (Conférence Episcopale Nationale du Congo), dont la mise en application bute sur deux points : la désignation du Premier ministre et du président du Conseil National de Suivi de l’Accor du 31 décembre 2017. En prenant une initiative qui a tout l’air d’une nouvelle démarche de légitimation d’un Premier ministre choisi dans une famille politique où il est fortement contesté, la SADC est loin d’être perçue comme une institution impartiale dans la crise congolaise
 ».

Le journalisme doit rechercher l’objectivité et le problème, évidemment, est de savoir comment faire. L’un des procédés que l’on peut utiliser est de donner la parole, tour à tour, aux deux camps en présence. Après l’avis du Phare, voici donc celui de son « frère ennnemi ».

« Devant la Troïka de la SADC : Le Rassemblement se discrédite », selon L’Avenir. Comment prétendre apporter la démocratie aux Congolais et se comporter de la sorte ? Sinon, le spectacle désolant auquel  la presse a assisté hier à la Troïka de la SADC,  n’était pas à la hauteur du  Rassemblement, ce grand regroupement politique de l’Opposition congolaise qui s’est constitué autour d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba, à Genval en Belgique. Et là où il se trouve, il doit regretter amèrement d’avoir légué le Rassemblement aux personnes incapables d’harmoniser, même si c’est l’intérêt du pays qui est en jeu. En effet, voulant écouter la classe politique du pays, la Troika de la SADC n’a trouvé mieux que de réunir sur une même table le Rassemblement aile Félix Tshilombo/Limete, et le Rassemblement aile Olenghankoy de Kasa-Vubu. Mais telle n’a pas été la désapprobation de la SADC de constater que Félix Tshilombo et son groupe ont préféré vider le lieu, estimant qu’ils ne pouvaient pas être logés à la même enseigne que les autres. Ils ont préféré attendre leur tour non loin du lieu du rendez-vous. Ils ont même oublié que c’est le Rassemblement présidé par Joseph Olenghankoy qui a été consulté, avant de voir un de ses membres être élevé au rang de Premier ministre. C’est donc une nouvelle dynamique avec laquelle il faudra désormais compter.  
« Nous sommes dans le couloir, parce qu’il y a eu un problème des procédures. Je crois que toute démarche pour le Rassemblement va partir de l’accord de la Saint-Sylvestre et qui ne reconnait que le Rassemblement qui a été mené par Félix Tshisekedi. A l’arrivée, nous avons semblé tombés dans la confusion. Ou c’est la SADC qui tombe dans la confusion, en étrennant deux Rassemblements, ou alors, ils ne sont pas venus conformément à l’accord », indique Jean-Bertrand Ewanga, qui ajoute que cet accord qui a été reconnu par notre peuple, par l’ONU, l’Union Africaine, par le Conseil de sécurité et toutes les puissances du monde, nous ne pouvons pas accepter qu’il y ait encore d’autres consultations.  Et d’insister que nous savons que si la SADC doit venir en Rdc, c’est pour la mise en œuvre de l’accord. « C’est pourquoi nous avons considéré que le fait de recevoir ceux qui se disent du Rassemblement, c’est une insulte pour notre peuple. Toute discussion doit partir de l’accord. S’ils doivent nous recevoir, c’est dans le cadre de l’accord ! », s’exclame l’ancien bras droit de Vital Kamerhé.

Olenghankoy banalise l’incident  
Il sied de souligner qu’après le départ du Rassemblement aile Félix Tshilombo, celui présidé par Olenghankoy a effectivement échangé avec la Troika de la SADC. « Vous savez que la SADC est très sensible aux problèmes de notre pays et si nous voulons remonter dans l’histoire, vous savez le rôle qu’elle a joué jusqu’à ce jour. Notre pays étant un membre de la SADC, il était tout à fait normal qu’il s’imprègne de tout ce qui se passe dans notre pays. Ils sont venus s’informer sur le fonctionnement de la République, du Rassemblement. Je suis très impressionné par leur maîtrise de la situation actuelle de notre pays. J’ai réalisé ce que disait Lumumba, que l’Afrique et le Congo ont un destin commun », martèle-t-il.
Au sujet de l’incident, le président du Rassemblement de Kasa-Vubu l’a banalisé, se contentant de dire qu’on est toujours ensemble.
« C’est qui est important, c’est le Congo, les élections. On ne peut pas vouloir une chose et son contraire », dit-il. C’est qui est fondamental, selon lui, c’est la recommandation d’Etienne Tshisekedi qui a dit, allez-y vers le dialogue. Il a aussi dit non à la prise de pouvoir par la force, rappelle-t-il. Il faut aller dialoguer pour amener le peuple aux élections.  « Moi je ne respecte que ce que Tshisekedi a dit. Parmi nous, il y a les dissidents qui sont entre l’opposition et la Majorité Présidentielle et qui ne sont pas encore avec nous. Chez vous ici, tout le monde est opposant. C’est qui est important, ce que nous sommes unis, nous sommes ensemble. Etienne Tshisekedi nous a dit : pour aller aux élections, il faut le dialogue. On a terminé le dialogue, qu’ils viennent discuter avec leur frère Bruno Tshibala, pour qu’ensemble on relève les défis », répond-t-il, tout en précisant que la SADC est venue nous écouter et nous lui avons donné l’état des lieux de notre pays. « Le pays est à nous, ils sont venus nous aider avec des éventuels conseils. Nous leur avons dit qu’au Congo, nous avons une volonté d’aller ensemble vers les élections », conclut-il »

Par rapport à ces consultations entamées par la SADC, L’Avenir indique encore que «Aux consultations de la Troïka de la SADC, Minaku reste ferme : ‘C’est illogique de parler d’un autre dialogue’ » 
« Le Comité ministériel de l’organe, appelé Troika de la SADC, séjourne en République démocratique du Congo, où elle est venue sensibiliser toutes les parties prenantes à appliquer l’accord de la Saint-Sylvestre, en vue de l’organisation des élections au pays de Joseph Kabila Kabange. Cette mission consistant à écouter les uns et les autres pour des conseils éventuels, oblige la classe politique du pays à exposer de ce qu’elle compte faire, pour accélérer l’application de ce document important. C’est ce qui justifie les séances de travail que la Troika a eu hier à Kinshasa avec la Majorité Présidentielle, toutes les deux ailes du Rassemblement, la Société civile dans toute sa diversité, etc.  
La délégation du Bureau politique de la Majorité Présidentielle a été conduite par son Secrétaire général, l’honorable Aubin Minaku Ndjalandjoko, président de l’Assemblée nationale. Au sortir de cette séance de travail, il a expliqué que leur échange a tourné autour de l’actualité politique en Rdc. «
Ils nous ont posé la question concernant la mise en œuvre de l’accord du 31 décembre, parce qu’entant qu’institution régionale et africaine, ils sont dans une logique d’appui à des frères, à un Etat important sur la scène africaine et internationale », dit-il, avant d’ajouter que pour la Majorité Présidentielle, nous avons insisté sur le fait que nous tenons à respecter l’accord du 31 décembre, qui lui-même est porté par notre constitution.  
Et de renchérir que : «
nous tenons à ce que tout soit mis en œuvre effectivement, de sorte que nous organisions les élections dans notre pays, de la base au sommet. Nous nous sommes inscrits dans cette logique-là. Nous soutenons le Premier ministre Bruno Tshibala, nommé par le président de la République, sur pied de la constitution, que de l’accord du 31 décembre 2016. Nous militons pour une mise en œuvre rapide du Conseil national de suivi de l’accord (CNSA) et là, nous souhaitons que l’opposition puisse rapidement finaliser ce dossier, pour que nous connaissions le président de cette structure, parce que c’est un organe qui aura à jouer le rôle important, en ce qui concerne le suivi, le monitoring du processus électoral. Et ce, tout en oubliant pas que le pouvoir organisateur des élections en Rd Congo demeure la CENI ».  
Il pense que la délégation de la SADC a compris les nuances qui ont été présentées, surtout du fait qu’il y a une constitution de la République qui n’a jamais été mise en veilleuse.
« Il y a un accord que nous devons respecter et le président de la République, tout ce qu’il fait, c’est sur pied de la constitution, c’est dans le respect de cet accord et il en sera ainsi jusqu’à l’organisation des prochaines élections », ajoute Aubin Minaku.  
Une question a été posée à Aubin Minaku, celle de savoir s’il y aura un 2ème dialogue, comme le veut le Rassemblement/aile Félix Tshisekedi. Pour nous, précise le speaker de la chambre basse du Parlement, c’est illogique de continuer à parler d’un autre dialogue. Car, dialogue sur dialogue ne vaut ! Et de soutenir qu’il y a eu un premier accord du 18 octobre, le Rassemblement devait s’agripper à cet accord,
« moyennant quelques amendement. Heureusement, nous avons été souple, nous de la Majorité, parce qu’un deuxième accord est sortie des entrailles des négociateurs sous les bons offices de la CENCO. Cet accord a déjà commencé à être mis en œuvre. Nous connaissons le Premier ministre issu de cet accord et maintenant, cap sur les élections. Donc, il n’est plus question de tourner en rond avec ce qu’on appelle le dialogue, nous devons commencer à travailler effectivement pour les élections et gérer ensemble d’autres questions sur le plan économique et social », tranche le Sg de la MP.

Pour appui logistique à la CENI  
La Société civile dans toute sa globalité, avec en tête Mme Kathy Kalanga était aussi hier à la SADC. Elle dit avoir exprimé ses vœux de voir la SADC accompagner le processus politico-électoral congolais jusqu’à sa mise en œuvre. Elle a aussi demandé à la SADC d’apporter son appui technique à la CENI pour un bon déroulement des opérations électorales. Elle a également demandé à la SADC de rester à l’écoute de la société civile, car cette dernière ne demande que la paix. Parce qu’à l’en croire, il faut que la population congolaise vive en toute quiétude. « Et nous avons insisté pour que les acteurs politiques respectent les accords qui ont été signés », précise-t-elle, tout en insistant sur le fait que la SADC a été très attentive à nous, et elle a promis de collaborer avec nous pour continuer à faire pression sur les acteurs politiques, parce que ce pays a besoin d’être construit pour que l’on parle d’un Congo développé. « Nous ne pouvons pas comprendre qu’il y a eu deux dialogues et que tout bloque parce qu’il y a les arrangements particuliers »

(

La Prospérité rapporte qu’hier, au rendez-vous de la SADC, le Rassemblement de Félix a claqué la porte, alors que le groupe de Joseph Olenghankoy s’est embarqué dans les discussions avec la délégation et, est allé jusqu’au bout. 
Mais, qui a fixé cette rencontre à la même heure et au même lieu, s’interroge La Prospérité évoquant un «scénario insolite !».  
Entretemps, l’aile dure du Rassemblement parle d’une partie remise, après l’incident survenu avec les délégués de la SADC, conduite par un ministre tanzanien, dans le cadre d’une énième mission de bons offices à Kinshasa.

«Loin de résoudre la crise, la SADC est venue l’attiser», note pour sa part Le Potentiel. Alors que tous prônent la mise en œuvre de l’accord du 31 décembre, les délégués de la SADC se sont presque inscrits dans le schéma de crise artificielle provoquée au sein du Rassemblement par la fronde qui s’est créée autour de Joseph Olenghankoy, indique ce journal.  
En dépêchant à Kinshasa ses délégués, la SADC n’est pas venue décanter la crise. Bien au contraire, comme dans des circonstances similaires, chaque fois que le président de la RDC, Joseph Kabila, était en difficulté, elle est plutôt venue à sa rescousse pour l’aider à sortir de la zone de turbulences, estime Le Potentiel.  
Sinon, comment comprendre l’attitude qu’ont affichée ses délégués, hier jeudi au Kempinski Fleuve Congo Hôtel ?  
D’une certaine manière, la SADC a consacré la scission du Rassemblement en recevant Joseph Olenghankoy sous l’étiquette de cette plate-forme, alors que ce dernier pilote la fronde qui s’est formée au sein de ce regroupement signataire de l’accord du 31 décembre 2016, conclut Le Potentiel.

(Les Accords de Tshatshi sont extrêmement favorables au camp « joséphiste » et il faut donc, pense le camp du pouvoir en place, les maintenir coûte que coûte. En effet, maintenir JKK à la présidence, c’est lui laisser le bénéfice du « vote de précaution » lors des élections et le commandement des forces de répression pour en imposer les « résultats ». Il est clair qu’une des dimensions de tout ce cirque, y compris le « troisième dialogue », est que JKK entend  que les négociations ne soient jamais efficaces, mais qu’il n’y ait pas non plus un échec des négociations, donc une situation de blocage. Il faut que ceux qui entreprendraient quelque chose puissent être présentés comme « tentant un coup d’Etat alors que des négociations sont toujours en cours », ce qui permettra de « clôturer le Dialogue », sans avoir touché, ni au manque de crédibilité d’élections sans recensement préalable de la population, ni au manque de légitimité du pouvoir issu de celles de 2011. On pourra alors se lancer dans le coup de force pour refuser l’ouverture d’un « second dialogue ». C’est à dire qu’on fera une fois de plus le coup de « Les chiens aboient, la caravane passe », étant entendu que la « caravane » sera une colonne de blindés ! 
De ce fait, alors que le préalable à un vrai dialogue vraiment inclusif aurait été de considérer comme nul et non avenu tout ce qui a été fait par le « Cirque à Complicator Kodjo », le camp du pouvoir voulait faire de l’acceptation de ces « conclusions » le préalable à toute discussion. Cette position passait fort mal sur le plan international… à une exception : la SADC. Le mini-sommet (précisément de la SADC) à Luanda a encore aggravé les choses, car il s’est terminé par un appel au Rassemblement et à la Dynamique afin qu’ils adhérent aux conclusions du Dialogue/Kodjo. Autrement dit ; l’idée d’un 2° dialogue, ou plus exactement d’avoir enfin un dialogue qui mérite ce nom, était ainsi pour toujours enterrée. De ce fait, la Sadc est loin d’être perçue comme une institution impartiale dans la crise congolaise.  
D’autre part, il est carrément drôlatique de lire tant et de si insistantes références à la
Constitution, alors que la Constitution a été non pas violée, mais chiffonnée, jetée à terre et foulée aux pieds pour le maintenir au pouvoir en 2011 après des élections NULLES . Elles avaient été organisées, tout comme celles de 2006, en faisant voter un « corps électoral inconnu », faute de recensement préalable de la population. Ce fait à lui seul suffirait à en « plomber » gravement la crédibilité. Elles ont, par-dessus le marché, été entachées de fraudes et de manipulations à un point tel qu’elles ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. En d’autres termes, il y a en RDC un Président, des ministres, des autorités DE FAIT. Il n’y en a plus aucune qui puisse légitimement se dire « autorité de droit ». La réalité, c’est que l’usurpateur doit s’en aller. Si l’on a l’occasion de le faire partir « en douceur » en lui accordant un délai jusqu’en décembre pour faire ses malles, tant mieux. Sinon, qu’il subisse la violence qu’il a déjà infligée à tant d’autres !  
La Constitution doit être remise en vigueur après une parenthèse pendant laquelle elle a été suspendue par un coup d’état. Il faut que les élections de novembre-décembre 2011 reçoivent la suite qu’elles méritaient : l'annulation pure et simple, des enquêtes sérieuses pour déterminer les causes et origines des irrégularités, qu’on punisse les responsables, qu’on les écarte définitivement de toute responsabilité électorale et qu’on en tire les conséquences quant aux futures élections Cela posera sans doute moins de problème si l’on a la certitude du départ de Kabila. Il serait très souhaitable que l’on s’inspirât de l’expérience acquise ailleurs en Afrique dans ce domaine et que, comme au Burkina ou en RCA, on décrète que les animateurs de la Transition ne pourront pas être candidats aux prochaines élections qui auront lieu après recensement. NdlR)

Consultations de Tshibala

Au sujet de Bruno Tshibala, Forum des As note qu’hier jeudi, la ville s’est réveillée avec de rumeurs faisant état d’une rencontre entre le Premier ministre et le coordonnateur de l’Alternance pour la république (AR), Delly Sessanga qui a aussitôt démenti.  
« Tshibala –Sessanga : le président du l’AR parle d’un montage grossier ». Le président de l’Alternance pour la République, Delly Sessanga a porté un cinglant démenti aux informations faisant état de sa prétendue rencontre le mercredi 19 avril à minuit, avec le Premier ministre Bruno Tshibala, dans le but d’intégrer le gouvernement en gestation.
Par contre, poursuit le journal, celui qui n’a même pas besoin de démentir, s’appelle Freddy Matungulu. Ce sociétaire du Rassemblement dirigé par le tandem Tshisekedi fils - Lumbi a été reçu au grand jour par le nouveau chef du Gouvernement, informe le journal. Membre de la Dynamique de l’Opposition, le président du parti Congo na Biso (CNB) a dit à haute et intelligible voix avoir échangé avec le Premier ministre, souligne FdA, qui se demande « si nous devrions nous attendre alors à des surprises ».

L’Observateur titre « Pro Kamerhe et pro Badbanga s’entredéchirent “.  
La publication du gouvernement Tshibala reste suspendue à la confrontation entre deux factions de l’opposition signataire de l’accord du 18 octobre à la cité de l’union africaine, explique ce journal qui poursuit : « Celles-ci s’affrontent au sujet de la formation du prochain gouvernement dit d’union nationale sous la direction du premier ministre Bruno Tshibala ».  
Pour L’Observateur, « La situation est telle qu’elle embarrasse le premier ministre, alors que la population congolaise dot la souffrance a dépassé les limites du tolérable attend impatiemment l’avènement du nouveau gouvernement. Si bien que certains analystes avisés de cette situation malheureuse n’hésitent pas à demander à Bruno Tshibala à s’en remettre à l’arbitrage du président Kabila ».

Le Phare titre « Matungulu tourne le dos à Limete », Au sujet du volte -face du président de « Congo Biso na biso » (CNB).  
Selon des informations en circulation à travers la « ville haute », le président de CNB serait pressenti ministre du Budget, un portefeuille réservé » à l’Opposition de l’Accord de l’Union africaine, note ce journal qui rappelle : « Fiché au départ parmi les contestataires de la restructuration ayant porté Félix Tshisekedi et pierre Lumbi à la tête du Rassemblement, Freddy Matungulu avait fait taire les rumeurs en se réconciliant avec Félix Tshisekedi à Limete où il s’était rendu après sa bouderie.

Toujours à ce sujet, AfricaNews titre pour sa part « Matungulu rejoint Tshibala ».  
Ce journal souligne : « En effet, depuis la scission, le fils de Tshisekedi peine à fédérer autour de lui «son wenge » ne cesse d’enregistrer des départs. Le dernier en date, celui de Matungulu qui avait pourtant regagné Limeté en compagne d’autres « papas prodigues » dont Gilbert Kikwama, après la restructuration controversée du Rassemblement qui a vu Félix Tshilombo catapulté président et Pierre Lumbi président du Comité des sages ».

Toujours en ce qui concerne les consultations en vue de la formation du nouveau gouvernement, “Tshibala : une grosse prise ? " Jouant les prolongations sur le front des consultations, le Premier ministre a reçu hier le très Rassemblement aile Limete Freddy Matungulu, écrit Forum des As qui parait sous ce titre en indiquant : « Contrairement à l’agenda initial, le Premier ministre poursuit ses consultations en vue de la formation du gouvernement ». Dans ce cadre, une audience a particulièrement retenu l’attention de l’opinion au point de faire le buzz, considère notre confrère qui cite par ailleurs qu’Il s’agit de celle que « Bruno Tshibala a accordée à Freddy Matungulu, sociétaire du Rassemblement pro Félix Tshisekedi ».

Le Potentiel qui s’intéresse aussi à cette information, va un cran plus loin et titre : « Priorité de BrunoTshibala : débaucher dans le Rassemblement ».  
Pourquoi deux semaines après sa nomination, Bruno Tshibala n’arrive-t-il pas à boucler la liste de son gouvernement ?, s’interroge ce journal qui soutient : la raison est simple : la MP lui a confié une mission, débaucher dans le Rassemblement afin de donner un semblant d’inclusivité à son équipe. Mais, poursuit Le Potentiel, la mission s’avère impossible au regard de l’incorruptibilité de grosses légumes de l’Opposition.

(La partition jouée par le pouvoir est toujours la même depuis les « Concertations » de 2012 : on propose des discussions, on en réduit la représentativité et la portée en en faisant des Congrès de la MP, avec quelques figurants alléchés par l’annonce, également répétée à chaque fois, d’un « nouveau gouvernement ». Il est difficile de trouver mieux que le spectacle de la bousculade et du grenouillage en cours pour accéder à une Primature ou à un ministère, pour montrer que la loi fondamentale en RDC n’est pas la Constitution, mais la Loi de l’Entrecôte. Jusqu’ici, « jouer la montre » a réussi à Joseph Kabila, mais il est condamné à une dangereuse fuite en avant qui l’oblige à se couper de la communauté internationale, au risque de l’isolement. Pour continuer à reculer la date des élections, il s’est enfermé dans une spirale de l’instabilité : politique (l’impossibilité d’organiser l’élection présidentielle) et sécuritaire,( une nouvelle flambée de violence dans les Kasaï). Dans sa fuite en avant, JKK doit maintenant faire que les élections de décembre ne puissent se tenir dans les délais. Pour cela, le pouvoir avance deux arguments contradictoires.
1° : l’Etat veut financer seul le processus électoral et ne veut aucune ingérence étrangère. 2° : les caisses de l’Etat sont vides et le coût estimé des élections s’élève à un tiers du budget national. En gardant la haute main sur le processus électoral (sans intervention extérieure), Joseph Kabila peut donc à tout moment l’interrompre.  
Dans cette logique d’isolement politique revendiqué, Kinshasa se referme donc sur elle-même, avec la volonté pour le camp présidentiel de pouvoir manœuvrer en toute liberté et à l’abri des regards de la communauté internationale. La répression qui continue de s’abattre sur les opposants politiques, mais aussi sur les journalistes et les médias proches de l’opposition ne rassure guère sur le désir de Joseph Kabila de vouloir quitter pacifiquement le pouvoir. Principal responsable de la crise politique congolaise, le président de la République semble attendre une nouvelle fois que le pays soit au pied du mur pour sortir une nouvelle carte de sa manche. En décembre 2017, si les élections ne peuvent se tenir, ce qui paraît le plus probable, Joseph Kabila pourra alors sans doute avancer l’idée d’un référendum pour « sortir de la crise politique ». Référendum-plébiscite qui pourrait lui permettre alors de pouvoir postuler à sa propre succession. NdlR)

© CongoForum, le vendredi 21 avril 2017

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