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19-06-17/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE LUNDI (CongoForum)

Parmi les sujets abordés par les journaux parus à Kinshasa en ce lundi 19 juin 2017, il y a l’injonction de l’administration américaine aux banques européennes sur les transactions en dollar américain vers la RDC. La presse s’intéresse aussi au retour annoncé de Moïse Katumbi, à l’affaire Thambwe Mwamba, à la motion de censure contre Marcellin Cishambo au Sud Kivu…

Donald Trump

Le Potentiel titre «Transactions en dollars : Trump serre les vis».  
« L’administration Trump semble plus dure que celle de Barack Obama qui avait privilégié la politique et la diplomatie à l’endroit des autorités congolaises accusées d'entraver le processus électoral et démocratique du pays. 
Après des sanctions ciblées contre des responsables politiques et sécuritaires, Washington est passé à la vitesse supérieure en adoptant des mesures financières aux effets néfastes sur la fragile économie congolaise. Les banques européennes ont été interdites de mener des transactions en USD avec des banques congolaises peu respectueuses des règles de la Réserve fédérale américaine.  
Il ne faut pas s'en réjouir. Il ne faut pas non plus en pleurer parce que la RDC, à commencer par ses autorités, ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes face à sa fragilité légendaire. Pays post-conflit entend-on dire à longueur des journées et d'interventions publiques, personne ne pense s'engager réellement et résolument sur la voie de l'introversion de son économie. Tous les discours entendus n'ont jamais été accompagnés d'effets parce qu'il n'existe aucune volonté de changer l'ordre des choses actuel. 
En cas de conflit, les adversaires cherchent à frapper là où ça fait très mal et souvent, c'est sur des points de faiblesses que des coups les plus mortels sont portés. Les USA, qui connaissent la situation de la RDC et soutiennent à bras le corps l'accord du 31 décembre 2016 conclu sous la médiation des évêques catholiques réunis au sein de la Cenco, avaient également promis des sanctions contre tous ceux qui se mettront au travers de ce compromis politique de dernière chance pour la survie de la RDC. 
Malheureusement, dans un élan de conservation absolue du pouvoir, de tout le pouvoir, la majorité présidentielle n'a pas voulu entendre cette voix de la raison. Une crise dans la crise a été volontairement créée lorsque le moment était venu d'appliquer l'accord dans son esprit et dans sa lettre. Curieusement, l'on assiste à une violation systématique de cet accord, avec à la clé des mises en garde contre la souveraineté de la RDC exercée par des élus qui sont malheureusement hors mandat à tous les niveaux. 
En l'absence de consensus pouvant permettre une période apaisée jusqu'à la tenue des élections, la MP a opté pour les manières fortes: répression d'opposants, interdiction de toute expression démocratique, instrumentalisation de la justice pour écarter les opposants les plus gênants comme Moïse Katumbi, etc. La liste est tellement longue qu'il serait superfétatoire de l’étaler dans ces colonnes.  
Face à cette posture arrogante, les USA qui détiennent la cartographie financière des dirigeants congolais à travers le monde ont estimé que l'heure était venue d'empêcher que ces fonds servent aux manières fortes appliquées pour le maintien au pouvoir du président Kabila et de sa majorité. 
C'est ainsi que les banques occidentales, où transitent des fonds brassés par des responsables congolais, ont été mises en garde sévèrement : plus question d'enfreindre aux règles pour satisfaire l'appétit glouton des dirigeants congolais qui ne voient pas les souffrances de leurs populations et ne sont pas à l'écoute de ce peuple voué à la misère.

L'implosion 
La conséquence de cette mesure est gravissime sur le plan social, malgré les assurances du directeur général de la Banque centrale du Congo qui semble minimiser les effets pervers d'une telle mesure sur le Congolais d'en bas! En d'autres termes, de l'argent pour les importations risquent de faire défaut. Et des produits comme le carburant, le blé, le riz, bref les biens de consommation courante ne pourraient pas être importés par l'Etat au bénéfice des Congolais ! Au-delà des individus, la population pourrait en ressentir le contrecoup et ainsi l'implosion sociale deviendrait inévitable. Il est hors de question de vendre la souveraineté du pays, mais au contraire, il s’agit de remettre les choses dans l'ordre constitutionnel normal, cela en renonçant à la multiplication des stratagèmes de maintien au pouvoir. Tout devrait revenir à la normale afin d’éviter que pareilles mesures soient prises contre la RDC. 
Il revient à tout patriote congolais de prendre conscience de ce danger, réagir de manière à inviter les autorités à s’abstenir des comportements répréhensibles qui rendent davantage fragile le pays
[G1] »

Katumbi

L’Avenir titre : « Contrairement aux précédentes annonces de son retour: Bientôt Katumbi au pays »   
« Moïse Katumbi a annoncé, vendredi dernier, dans les réseaux sociaux, son grand retour en RDC, en s’appuyant sur une correspondance positive du Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme à son nouvel avocat, Maître Dupond Moretti. Ce dernier avait saisi son comité en vertu du Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Moïse Katumbi sollicitait son retour au pays en qualité de candidat à la présidence de la République et prétendait que l’Etat congolais l’en empêchait. Le Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme a, par sa lettre sus évoquée, accusé réception de la requête et a, sans juger du fond, demandé aux autorités congolaises de prendre toutes mesures pour ne pas soumettre Katumbi au risque du préjudice irréparable, dans le cas de son retour au pays pour exercer ses droits civils et politiques. L’opposant politique préparerait déjà ses valises. Contrairement aux précédentes annonces de son retour, qui ont suscité des réactions contradictoires et passionnées, celle-ci semble, curieusement, avoir été bien accueilli par tous. Pourquoi ? Voici une tentative de réponse.

Trois raisons peuvent expliquer cette unanimité apparente 
Premièrement. Moïse Katumbi était sous mandat d’arrêt provisoire lorsqu’il quitta le pays. Et ce sur autorisation du Procureur Général de la République, saisi par les avocats de l’ancien gouverneur du Katanga. Ces derniers avait fondé leur requête sur l’état de santé de leur client qui nécessitait, selon eux, une prise en charge immédiate en République sud-africaine. Or, Moïse Katumbi s’est rendu directement en Europe et a violé certaines mesures d’instructions, assorties à cette exceptionnelle mesure de liberté. Il a, notamment, multiplié des déclarations tapageuses sur l’affaire dite «des mercenaires » pour laquelle il était poursuivi. Ce qui lui était formellement interdit en raison du secret de l’instruction. Puis, il s’est livré à des propos diffamatoires envers la justice congolaise, cherchant, à chacune de ses sorties médiatiques, à saper l’autorité et l’image des magistrats congolais. Ainsi, le Procureur Général de la République serait ravi du retour de Moïse Katumbi pour annuler son autorisation de sortie dans un premier temps, sanctionner la violation des mesures assorties à l’autorisation de sortie, dans un second temps, et enfin, faire poursuivre, par les magistrats désignés, l’instruction de l’affaire des mercenaires par l’interrogation du principal suspect et sa confrontation avec d’éventuels complices. 
Deuxièmement. Moïse Katumbi a été condamné à cinq ans de prison, avec arrestation immédiate, dans une autre affaire, celle de la spoliation d’un immeuble, situé à Lubumbashi et appartenant à une famille grecque, représentée par Emmanouil Stoupis. Le retour au pays de Katumbi lui permettra d’assumer ses responsabilités et de favoriser une bonne administration de la justice. Ainsi, en exécution de sa condamnation, Moïse Katumbi sera arrêté, dès sa descente d’avion, puis conduit en prison, d’où il exercera ses voies de recours, indispensables pour solliciter une mise en liberté conditionnelle. Ceci est la procédure pénale et ne saurait être regardé comme un préjudice irréparable. La présence de Katumbi à la barre, face au grec Stoupis, permettra à toute la nation d’être fixée sur la nature de cette affaire, décriée, à tort par certains, comme étant un procès boutiqué de toutes pièces pour empêcher Katumbi d’être Président. 
Troisièmement. La mesure provisoire par laquelle le Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme a demandé aux autorités congolaises de prendre toutes mesures pour ne pas soumettre Katumbi au risque du préjudice irréparable, dans l’hypothèse de son retour au pays pour exercer ses droits civils et politiques, n’est pas encore exécutoire. Elle a été soumise à la réaction de l’Etat congolais, par respect du principe du contradictoire. La RDC, mise injustement en cause, dans cette procédure, a été invitée à faire connaître ses observations sur la forme et, éventuellement sur le fond. Il faut relever ici que, dans cette procédure, la RDC dispose d’un délai de six mois si elle entend répondre à la fois sur la forme et le fond à la mesure provisoire accordée à Moïse Katumbi. Mais elle ne disposera que de deux mois si elle choisit de ne réagir que sur la forme. Il semblerait que les autorités congolaises ont opté pour une réponse quant à la forme. Elles auraient relevé l’irrecevabilité de la requête de Katumbi devant ce comité, au motif que celui-ci n’a pas rempli la condition indispensable qui exige que le requérant ait épuisé toutes les voies de recours dans son pays avant de se transporter vers cette instance. Il appert, cependant, que toutes les affaires, dans lesquelles Moïse Katumbi est poursuivi, sont encore pendantes devant les juridictions congolaises. Ceci est particulièrement vrai pour les deux affaires, évoquées ci-haut.  
Ainsi, la mesure provisoire, dictée à la RDC et favorable apparemment à Moïse Katumbi, encourt, normalement, annulation pour irrecevabilité de la requête devant une instance incompétente. Dans ce contexte, et au lieu de perdre du temps en attendant une décision sur un débat quant à la forme, c’est à juste titre que Moïse Katumbi a suscité un regard bienveillant, de la part de tous les acteurs de la société congolaise, en prenant l’initiative de rentrer au pays afin de se mettre à la disposition de la justice et ainsi épuiser toutes les voies de recours dans les procès intentés contre lui et soutenir personnellement les actions en justice qu’il a, lui aussi, intentées contre plusieurs citoyens, congolais et étrangers.
Eu égard à tout ce qui précède, le retour de Katumbi est une bonne chose pour la justice congolaise et pour lui. Un candidat à la présidence de la République ne se soustrait pas à la justice de son pays. Toutefois, au regard des risques d’arrestation, consécutivement aux procédures en cours et à l’exécution de sa condamnation à cinq ans de prison, il est fort à douter que Moïse Katumbi soit décidé à arrêter sa fuite en avant. Il sait, parce qu’il est, dit-on, assisté par un des meilleurs plaideurs de la France, que la procédure devant le Comité des Droits de l’Homme va être longue. Mais pourquoi a-t-il alors parlé si vite d’un retour imminent. Réponse : Un coup de bluff. Pour quel objectif ? Tester sa popularité. A-t-il été rassuré par les échos tronqués qui lui sont parvenus ? La réponse sera affirmative s’il revient au courant de la semaine. Dans le cas contraire, son annonce n’aura été qu’une démonstration de sa popularité fictive devant l’électorat congolais
 ».

Thambwe Mwamba

A la Une de La Prospérité, c’est le dossier Thambwe Mwamba qui revient. «Plainte ou piège ?», s’interroge ce journal. 
« *Plus rien ne va entre Kinshasa et Bruxelles. On a l’impression que l’affaire Alexis Thambwe peut bien en cacher d’autres. Et que le feuilleton pourrait, dans ce cas, être long. Mais, jusqu’où irait la justice belge ? Autant qu’il parait difficile de situer ses sphères de compétence, autant que cette plainte, de l’avis de plusieurs analystes de la scène politique congolaise, aurait tout l’air d’un piège, surtout en ce temps où l’Union Européenne, les Etats-Unis d’Amérique et l’Onu, dans une sorte de croisade musclée, semblent avoir pris le pari de resserrer l’étau autour des dirigeants congolais, avec des ‘’sanctions ciblées’’.

Bataille juridique  
«Alexis Thambwe Mwamba ne disposait ni d’une autorité, ni de compétence militaire au sein du RCD », affirme, dans un communiqué, son Avocat Laurent Kennes. «Il était responsable des Relations Extérieures et a été informé, après le crash de celui-ci. Il s’est borné à informer le public, pour le compte du RCD, des raisons pour lesquelles des militaires de ce mouvement avaient tiré un missile sur l’avion. Il n’a donc, commis aucun acte en lien avec cet événement dramatique », ajoute également son Avocat, dans le même communiqué. «Thambwe Mwamba entend répondre à toute convocation et à toute question qui lui sera posée par les autorités belges pour faire la plus grande clarté», assure, en outre, Me Kennes.

Griefs 
Alexis Deswaef, l’Avocat belge qui brandit un tel dossier, revient notamment, sur un élément sonore tiré des archives de Rfi dans lequel, Alexis Thambwe avait, en son temps, revendiqué le tir d’avion et attribué les mérites de bravoure au RCD, son ex-mouvement d’attache.  
A ce stade, le juge Michel Claise a été désigné par le parquet de Bruxelles pour se charger de l’instruction de ce dossier visant notamment, Alexis Thambwe Mwamba, le Ministre de la Justice de République démocratique du Congo, a-t-on lu mercredi dernier, dans les colonnes de La Libre Belgique. La même plainte porte aussi sur des détournements de biens publics, un volet du dossier dans lequel le nom de sa fille, Ngalula Fleur Thambwe Mwamba, est également mentionné.

30 juin 2017 : méditation ! 
Vendredi 30 juin 2017, la RD. Congo va, naturellement, souffler sur sa 57ème bougie, depuis qu’elle avait accédé à l’indépendance nationale et la souveraineté internationale. A quelques jours de ce rendez-vous historique, la situation politique devient de plus en plus corsée. Alexis Thambwe Mwamba, Ministre d’Etat, Ministre de la Justice, est soumis à l’épreuve d’une enquête ordonnée par la justice belge, dans une affaire aussi vieille qu’inimaginable qu’est celle d’un avion abattu, le 10 octobre 1998 dans les nuages de Kindu, du temps qu’il assuma des fonctions de chargé des Relations Extérieures du Rassemblement Congolais pour la Démocratie, une rébellion pro-Kigali.  
Tout récemment, des officiels congolais, neuf, au total, subissaient l’ire de l’UE, avec des sanctions, alors que le Département du Trésor américain avait pris, de son côté, des mesures de représailles contre des personnalités congolaises aussi militaires que civiles. Cette semaine, l’Onu pourrait décider d’envoyer une mission d’enquête internationale sur les cruautés enregistrées, en marge de l’aventure des éléments Kamuina Nsapu dans l’espace Grand Kasaï.  
Déjà, la CPI s’était signalée en disant, autrefois, qu’elle suivait de près tous ces dossiers et qu’ils ne resteraient pas impunis. Et, finalement, que cachent toutes ces enquêtes, plaintes ou sanctions ? Matières à méditation.

Remake  
«Nous sommes en 1998 dans l’est de la RDC et la seconde guerre du Congo fait rage. Les rebelles du RCD, soutenus par le Rwanda, affrontent l’armée du président Laurent-Désiré Kabila. Le 10 octobre, alors que les combats se concentrent autour de la ville de Kindu, un Boeing 727 de la compagnie Congo Airlines, surnommée la CAL, est abattu par un tir de missile. A son bord, une cinquantaine de personnes. Le lendemain sur RFI, l’attaque est revendiquée par Alexis Thambwe Mwamba, à l’époque responsable politique du RCD : « Nous avons abattu aujourd’hui, à Kindu, un avion de la compagnie CAL qui venait de Kinshasa. Il y avait à bord une quarantaine de militaires et un armement militaire extrêmement important. Nous avons abattu un avion civil, c’est vrai, mais parce que nous avions des informations précises que les renforts venant de Kinshasa arrivaient à Kindu par un avion civil ». Une version démentie par la compagnie aérienne et de nombreux témoins cités par La Libre Belgique. Ils affirment que l’avion «décollait » de Kindu avec à son bord, 43 civils dont des femmes et enfants cherchant à fuir les combats.  
Les familles des victimes et les ONG parties civiles affirment avoir essayé longtemps de porter l’affaire devant la justice congolaise avant de se retourner vers la justice belge. La plainte était recevable selon leur avocat Alexis Deswaef, car Alexis Thambwe Mwamba a une résidence en Belgique depuis 19 ans et y détient un permis de séjour permanent. La justice belge a donc, une compétence directe à ce titre puisque le lien avec le Royaume de Belgique est effectif. C’est aussi le cas pour sa fille, Ngalula Fleur Thambwe Mwamba, contre qui la plainte porte aussi, cette fois pour détournement de fonds publics. La plainte porte d’ailleurs aussi sur des faits plus récents, des traitements inhumains et dégradants, comme des actes de torture commis au Congo sous la responsabilité d’Alexis Thambwe Mwamba au titre de son mandat actuel de ministre de la Justice », rapporte l’AFP
»

Sous le titre : « Panique à Kinshasa ! », Le Phare note qu’un vent de panique s’observe à Kinshasa, au sein des institutions de la République, depuis que le parquet de Bruxelles a décidé, en milieu de semaine dernière, d’ouvrir une instruction judiciaire à charge d’Alexis Thambwe Mwamba, ministre de la Justice, à la suite d’une plainte déposée contre lui par les familles des victimes ayant péri dans l’avion détruit par un missile Sam 7 des rebelles du RCD (Rassemblement congolais pour la démocratie), en octobre 1998 au-dessus de l’aéroport de Kindu.  
Le rappel, par le juge belge Michel Claise, qu’il s’agit d’un crime contre l’humanité et que ce type de crimes ont un caractère imperceptible ( ? sans doute faut-il lire « imprescriptible » ?) a fait glacer le sang de plus d’un ancien seigneur de guerre.  
Le Phare soutient que tous les donneurs d’ordre et auteurs de crime contre l’humanité, dont un grand nombre évolue encore dans des institutions de la république (Sénat, Assemblée nationale, gouvernement, gouvernorat des provinces, entreprises publiques, armée et police nationale, services des renseignements), pourraient voir atterrir sur leur table de travail et dans leur résidence, en Europe ou en RDC, des mandats de comparution devant la justice internationale.

Marcelin Cishambo

Actualité.cd annonce que le gouverneur du Sud-Kivu Marcelin Cishambo, visé par une motion de censure dans son assemblée provinciale, a été rappelé à Kinshasa par le ministre de l’Intérieur.  
Les députés du Sud-Kivu accusent le gouverneur de mauvaise gestion et de détournement de fonds.

Sur le même sujet, Dépêche.cd rapporte que cette motion de censure qui devait être examinée samedi ne l’a pas été, faute de quorum.  
Le site d’infos qui rappelle que M. Cishambo avait demandé, sans succès, un report de l’examen de la motion de censure dispose désormais d’«un argument de poids» avec son rappel à Kinshasa. Le confrère voit dans cette convocation un stratagème destiné à gagner du temps pour que «la tempête de la motion de censure puisse s’apaiser».

Divers

Plutôt que d’évoquer, comme ses confrères, « les affaires » une par une, La Tempête des Tropiques préfère globaliser et titre « Sanctions ciblées, affaire Thambwe Mwamba, enquête de l’ONU au Kasai,… : La communauté internationale met la pression sur Kinshasa ».  
« Les ennuis judiciaires du ministre d’Etat congolais en Belgique ajoutés aux sanctions ciblées font monter la tension dans la capitale congolaise, alors qu’il ne reste qu’environ six mois à la RDC pour organiser les élections.  
L’actualité politique en République Démocratique du Congo reste dominée par les ennuis judiciaires du ministre d’Etat en charge de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba, en Belgique. Une affaire qui pourrait encore donner de la matière à la Cour pénale internationale (CPI) sur le dossier RD Congo concernant les crimes contre l’humanité commis dans ce vaste pays au cœur de l’Afrique, au point de donner déjà des insomnies dans les rangs de beaucoup d’acteurs politiques congolais, anciens et nouveaux, et même dans l’entourage immédiat de Joseph Kabila. 
Ayant fait tache d’huile, en Belgique, cette affaire est partie d’un prétexte bien trouvé pour dire à la face du monde que les crimes quelle que soit l’époque de leur commission par les puissants et autres intouchables tout acabit, finissent par rattraper leurs auteurs et commanditaires. 
En effet, au plus fort d’âpres combats qui permirent au Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD) de prendre le contrôle de la situation sur l’ensemble d’un territoire correspondant à l’ancienne province du Kivu-Maniema, Alexis Thambwe Mwamba est vite devenu quasi incontournable dans la prise de décisions engageant directement sa responsabilité et celle de ce mouvement insurrectionnel!  
Se faisant fort de son poids politique et considérant qu’il lui appartenait de protéger les acquis de son mouvement insurrectionnel alors très actif au Maniema, Alexis Thambwe Mwamba aurait donné son feu-vert à l’abattage, le 18 octobre 1998, au-dessus de l’aéroport de Kindu, chef-lieu de la province du Maniema d’un Boeing 727 de la compagnie Congo Airlines (CAL) par un missile «SAM» par des rebelles qu’il était censé commander au moment de faits.

Thambwe Mwamba, un «intouchable» touché 
D’après la plainte introduite par l’avocat de familles de victimes Alexis Deswaer auprès du parquet de Bruxelles (Belgique), l’abattage de cet aéronef civil avait causé la mort de 50 personnes, dont 7 membres d’équipage. Selon une déclaration faite à l’époque par Alexis Thambwe Mwamba, actuel membre du gouvernement de la RD Congo en charge de la Justice, l’attaque dirigée contre le Boeing 727 de la CAL était pleinement justifiée parce que celui-ci avait à son bord des militaires de l’armée gouvernementale répondant de la responsabilité du régime de Laurent-Désiré Kabila que le RCD combattait farouchement. Selon le quotidien La Libre Belgique, paru mercredi dernier à Bruxelles, Alexis Thambwe Mwamba est déféré devant le parquet de la capitale belge, où il aurait déjà commencé à être entendu par le juge Michel Claise. Sur place en RD Congo en général, et à Kinshasa en particulier, on parle avec volupté depuis quelques jours de cet homme devenu presque «un demi-dieu» dans l’entourage du Président Joseph Kabila. Présenté désormais comme «l’homme de la situation» qui défend mieux ce dernier et son régime en tout temps et en tous lieux au pays et à l’étranger, Alexis Thambwe Mwamba est manifestement dans le trou.
En effet, parti fraichement de Kinshasa avec l’assurance que le fléchissement de l’union européenne après les graves sanctions prises par elle à l’endroit de la RD Congo et de certains de ses dirigeants passe par lui, Alexis Thambwe Mwamba est amené à boire sa naïveté jusqu’à la lie en se trouvant lui-même dans le box des accusés et non au prétoire pour défendre la cause (hélas perdue d’avance) de son gouvernement.  
L’interpellation en Belgique de cet homme considéré comme très proche de l’actuel chef de l’Etat congolais est perçue comme un message que la communauté internationale a bien voulu envoyer à tous ceux qui se croient encore intouchables en RD Congo.  
Surtout quand on sait que cette affaire intervient alors que le pays est secoué par une grave crise politique née de la non-organisation des élections législatives et présidentielle en 2016, alors que le second et dernier mandat de l’actuel chef de l’Etat a expiré le 19 décembre 2016.  
Le sort de la RD Congo sur le plan politique ne tenant plus qu’au respect de l’Accord politique négocié sous la médiation des évêques catholiques (CENCO), les ennuis judiciaires d’Alexis Thambwe Mwamba en Belgique sont perçus par certains observateurs avertis comme un signal fort que la communauté internationale envoie à Joseph Kabila et à son entourage à presque six mois de l’expiration de l’Accord de la Saint Sylvestre. 
Face au risque de chaos que le non-respect de cet Accord fait planer sur la RD Congo d’ici décembre 2017, l’affaire Thambwe Mwamba, et la pression que l’ONU met sur les dirigeants congolais pour enquêter sur les violences meurtrières survenues au Kasaï ne seraient pas le fait d’un simple hasard ni d’une simple coïncidence.  
Après les sanctions ciblées des Etats-Unis d’Amérique à l’endroit de certains proches de Joseph Kabila, l’affaire Thambwe Mwamba vient en rajouter sur une vive tension déjà perceptible à Kinshasa, à six mois et quelques jours du sursis accordé au régime J. Kabila pour organiser l’élection présidentielle tant attendue en RD Congo pour permettre à ce pays de vivre sa première alternance démocratique
 ».

(Comme tous les haut gradés, Thambwe Mwamba espérait pouvoir se vanter de cette « attaque pleinement justifiée »… par la présence imaginaire de soldats, et dire ensuite « ce n’est pas moi qui ai tiré sur la gâchette ». Malheureusement pour lui, depuis lors la notion de « responsabilité du Chef » a fait son apparition dans la jurisprudence de la CPI à l’occasion de l’affaire Bemba. Cette notion devrait d’ailleurs aussi s’appliquer au Commandant en Chef des FARDC à propos des tueries du Kasaï.  
Il est essentiel de garder en mémoire que la RDC vit toujours sous un régime illégitime, depuis les élections de 2011. Il faut rappeler que les élections de novembre-décembre 2011 ont donné des résultats qu'une personne avisée, réfléchie, d’esprit libre et critique devrait considérer comme nuls, donc sans gagnant. La suite aurait dû être l'annulation pure et simple, des enquêtes sérieuses pour déterminer les causes et origines des irrégularités, qu’on punisse les responsables, qu’on les écarte définitivement de toute responsabilité électorale et qu’on en tire les conséquences quant aux futures élections. Il aurait dû y avoir une protestation générale des démocrates de tous les partis, car un démocrate ne saurait accepter que son candidat gagne par la fraude, la corruption et le mensonge. Au lieu de quoi on n’a assisté qu’à des élucubrations pour défendre la victoire « officielle » de JKK, et à d’autres élucubrations pour défendre celle, tout aussi hypothétique, de Tshisekedi.  
Les élections de 2011 avaient été organisées, tout comme celles de 2006, en faisant voter un « corps électoral inconnu », faute de recensement préalable de la population. Ce fait à lui seul suffirait à en « plomber » gravement la crédibilité. Elles ont, par-dessus le marché, été entachées de fraudes et de manipulations à un point tel qu’elles ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. En d’autres termes, il y a en RDC un Président, des ministres, des autorités DE FAIT. Il n’y en a plus aucune qui puisse légitimement se dire « autorité de droit ».  
Pourquoi se soucie-t-on tant de savoir si la fin du « mandat » du « Président » Kabila serait conforme à la Constitution, alors que la Constitution a été non pas violée, mais chiffonnée, jetée à terre et foulée aux pieds pour le maintenir au pouvoir en 2011 après des élections NULLES[1].. La réalité, c’est que l’usurpateur doit s’en aller. Si l’on a l’occasion de le faire partir « en douceur » en lui accordant un délai jusqu’en décembre pour faire ses malles, tant mieux. Sinon, qu’il subisse la violence qu’il a déjà infligée à tant d’autres ! NdlR)

Forum des As s’intéresse au ministère des Affaires étrangères où « She Okitundu met fin à huit mois de grève ». Au nom de la paix sociale, des solutions administratives et financières ont été trouvées en réponse aux préoccupations majeures des agents et cadres du ministère. 
Après huit mois de paralysie, ce ministère reprend son souffle de vie dès ce lundi. Fini le service minimum. Vive le travail a temps plein ! Ni agents ni cadres du ministère des Affaires étrangères et intégration régionale ne vont plus tailler une bavette dans la cour. Tous reprennent pleinement du service dès ce lundi 19 juin.

L’Observateur constate que les centres destinés à recevoir les finalistes des humanités sont pris d’assaut dès ce matin 19 juin 2017. Et ce, pour affronter la première épreuve de la session ordinaire des Exetat, laquelle session devra s’échelonner sur quatre jours. 

 

© CongoForum, le lundi 19 juin 2017

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[1] Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs malgré cette déclaration du Cardinal Laurent Monsengwo, archevêque de Kinshasa : « Les résultats publiés ne sont conformes ni à la justice ni à la vérité “. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus. C’est d’autant plus certain que la CENI a fait incinérer tous les documents relatifs aux élections de 2006 et 2011 en octobre 2014, soit, en ce qui concerne les plus récents, après un délai de trois ans seulement, anormalement court pour ce genre d’affaires


 [G1]

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