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14-07-17/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE VENDREDI (CongoForum)

En ce vendredi 14 juillet 2017, (jour anniversaire de la prise de la Bastille, ce qui montre que le peuple a le droit de se débarrasser par la violence d’un pouvoir oppresseur), nous assistons dans la presse de Kinshasa à la « rumba des mandataires dans les entreprises publiques », qui succède à la « valse des hauts fonctionnaires ». Outre ces nominations dans des entreprises publiques, la réaction d’AETA au nouveau retard annoncé par Nangaa le point de presse du porte-parole du gouvernement et la recherche de solution à la crise sécuritaire dans les Kasaï sont les sujets qui ont particulièrement retenu l’attention des journaux et qui suscitent leurs commentaires

Entreprises publiques

Forum des As titre « SNEL, REGIDESO, OGEFREM, MIBA, ... Joseph Kabila nomme de nouveaux PCA, DG, DGA… »  
Au terme d’une série d’ordonnances signées jeudi 13 juillet, le Président Joseph Kabila a nommé de nouveaux membres du comité d’administration et de gestion de dix entreprises publiques, rapporte FdA. 
Il note que sur la liste des heureux nommés, figurent les vice-Premiers ministres honoraires Daniel Mukoko Samba et Alexandre Luba Ntambo, André-Alain Atundu, porte-parole de la Majorité présidentielle, Jean-Bosco Kayombo, un enfant maison à la SNEL, Me Yoko Yakembe, ministre et député honoraire et madame Madeleine Mienze, ancienne secrétaire générale adjointe du PPRD.  
Commentant cette ordonnance, FdA parle de tsunami, soulignant que « Des têtes sont tombées au terme d’une série d’ordonnances signées jeudi 13 juillet », et citant quelques « heureux nommés » comme les vices-premiers ministres honoraires Daniel Mukoko et Alexandre Luba Ntambo, André-Alain Atundu, porte-parole de la Majorité présidentielle, Jean-Bosco Kayombo, un enfant maison SNEL, Me Yoko Yakembe, ministre et député honoraire. Mme Madeleine Mienze, ancienne secrétaire générale adjointe du PPRD.

Zoom-eco.net qui analyse cette actualité croit connaitre les raisons de certaines nominations. De l’avis du site d’actualité économique, Daniel Mukoko Samba, un technocrate, a été nommé à la SCTP pour redresser la barre de cette entreprise.  
L’ex-Onatra, fait remarquer le site d’information, se trouve actuellement dans une situation financière catastrophique. Son chiffre d’affaire a baissé de 12 millions USD à 3 millions USD suite à la baisse d’activités économiques autour des ports de Boma et Matadi, renseigne Zoom-eco.net.  
Quant à l’OGEFREM, le site en ligne justifie la nomination Patient Saiba, un fils-maison, par le fait que son prédécesseur Anatole Kikwa s’est illustré par une mauvaise gestion caractérisée notamment par les détournements des Impôts et Taxes de l’Etat collectées mais non réservés au fisc.  
Pour sa part, Antony Nkinzo est nommé à l’NAPI pour mieux promouvoir l’image positive de la RDC et les opportunités spécifiques d’investissement, croit savoir le site d’information.

L’ordonnance du président de la république reprenant les noms de nouveaux mandataires et de dix entreprises où ils sont affectés sont à retrouver sur Dépêche.cd.

L’Observateur, quant à lui, publie les noms des 223 hauts fonctionnaires de l’Etat mis à la retraite au grade des secrétaires généraux.  
Ce quotidien explique que la réforme de l’administration publique passe également par la mise à la retraite des agents et fonctionnaires de l’Etat qui ont rendu des loyaux services à l’Etat après plusieurs années de carrière.

Report des élections : l’AETA appelle au désaveu de Nangaa

« La position annoncée par le Président de la Commission électorale Nationale Indépendante, CENI, consistant à l’impossibilité d’organiser les élections présidentielle, législatives nationales et provinciales au cours d’ici la fin de l’année 2017 est une violation flagrante du consensus politique conclu par les acteurs clé du processus électoral aux échanges directs de la CENCO, et surtout, une rupture de confiance et de légitimité reconnues par la population congolaise aux institutions en place et à la CENI.  
L’opinion congolaise et internationale a suivi, le week-end passé, à travers les médias internationaux et nationaux la déclaration du Président de la CENI, Monsieur Corneille NANGA, à partir de Paris au siège de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) sur l’impossibilité d’organiser la première séquence électorale telle que décidée par les parties prenantes aux pourparlers directs de la CENCO.  
Pour le Président de la CENI, l’échéance de décembre 2017, conclue pour la consommation politique et populaire, ne tient pas face à diverses contraintes techniques qui caractérisent le processus dans le contexte actuel du pays.  
A l’issue de l’analyse de cette déclaration du Président de la CENI, les organisations membres de la plateforme Agir pour les Elections Transparentes et Apaisées, AETA, font les constats ci-après : 
1. Sur la forme : 
a) Les élections étant une matière de souveraineté, ainsi que n’a cessé de marteler le Président de la République, cette déclaration officielle du Président de la CENI ne pouvait être faite en dehors du pays. Cela constitue un manque de respect flagrant au peuple congolais ;  
b) Le fait que cette déclaration ait été faite au siège de l’OIF, institution ayant accompagné techniquement la CENI, successivement par un audit externe du fichier électoral en 2015 et par une récente évaluation du processus électoral à l’étape actuelle, présage sans doute la complicité entre la CENI et cette institution internationale.  
Cette attitude de la CENI est passible de sanctions sévères à l’endroit des animateurs de la CENI; 
c) La CENI, à travers son Président, anticipe unilatéralement l’option relative à l’impossibilité de tenir au délai buttoir de décembre 2017 pour l’organisation des élections ; alors qu’elle renvoie, dans ses dires, le mandat de l’extension de la période à la tripartite CNSA-Gouvernement-CENI. Ceci non seulement s’écarte de la procédure consensuelle, et constitue donc une entorse, mais surtout influence d’ores et déjà l’option des deux autres partenaires d’évaluation du processus électoral, selon l’Accord Politique. 

2. Sur le fond :  
a) la déclaration de la CENI est fonction des motivations psychanalytiques tant elle confirme les intentions qu’elle exprimait jadis de n’être capable à organiser les élections qu’entre 2018 et 2019. L’on se souviendra qu’au dialogue de la Cité de l’OUA, avant même que les contraintes sur lesquelles la CENI s’appuie aujourd’hui ne soient survenues, la CENI projetait la tenue des premiers scrutins du présent cycle en novembre 2018 ;  
b) La CENI emboîte le pas à quelques acteurs de la Majorité Présidentielle et de trois ministres de l’actuel gouvernement qui, quelques jours avant elle, annonçaient déjà l’impossibilité d’organiser les élections au cours de l’année 2017 ;  
c) En décidant illégalement de ne pas organiser les élections dans les limites du délai conclu par l’Accord du 31 décembre 2016, la CENI viole aussi bien l’une des dispositions incontournables de cet Accord, notamment en son point IV.2 que la Résolution 2348 du Conseil de Sécurité des Nations Unies et, fort de cela, elle brise totalement la légitimité reconnue aux institutions en place par la population congolaise. De ce fait, la CENI serait à la base de l’instabilité du pays en créant une situation chaotique et ingérable ;  
d) Il conviendrait de se demander sur base de quoi la CENI apprécie-t-elle la non-possibilité d’organiser les élections d’ici décembre 2017, étant donné qu’elle n’a jamais publié un calendrier électoral devant servir d’outil d’évaluation du temps consommé et de celui requis comme nécessaire, en vue d’orienter en toute conséquence et objectivité les possibles projections. Preuve que le processus électoral est ainsi conduit de manière opaque et « experticidaire ». 
e) Le fait que l’opération préélectorale d’enrôlement soit menée sans et/ou en dehors d’un calendrier détaillé global présage non seulement de l’intention « chronophagique» de la part de la CENI, mais surtout enfreint gravement les principes de transparence, d’accessibilité et d’appropriation inhérents aux élections crédibles ; 
f) Hors de toutes manœuvres, ni l’absence du CNSA, ni la non-tenue des évaluations périodiques des opérations prévues par l’Accord, ni encore la situation sécuritaire des deux provinces du Kasaï central et du Kasaï ne peuvent nullement, dans les conditions actuelles, faire aussi bien obstacle à la publication du calendrier électoral global, à la poursuite de la révision du fichier électoral qu’à la tenue des élections dans le délai compromis ; 
g. L’approche de gouvernance électorale appliquée par la CENI donne ascendance et privilégie dangereusement les exigences technico-opérationnelles au détriment des impératifs légaux. Ce qui est inadmissible.

Fort des constats ci-haut décrits, les organisations membres de l’AETA :  
a) Condamnent avec la dernière énergie cette décision irresponsable de Monsieur Corneille NANGAA et l’appelle, de ce fait, à y renoncer ainsi qu’à abandonner toutes sortes de malices qui présagent le chaos dans le pays, au risque de porter les conséquences qui en résulteraient ; 
b) Porte à la connaissance de la CENI que dans le contexte d’un processus électoral basé sur un compromis politique entre acteurs clé, elle n’a pas la pleine liberté, au nom d’une quelconque prérogative, de décider outre mesure ;  
b. Recommande à la Plénière de la CENI de publier en toute diligence le calendrier électoral indiquant clairement en détail les dates des différentes opérations préélectorales et électorales conformément à l’Accord du 31 décembre 2016 ;  
c) Invite M. Corneille NANGA à tenir à son honneur, sa crédibilité et à son intégrité en démissionnant de son poste s’il ne peut publier aussitôt le calendrier électoral et s’estime, à cet effet, incapable d’organiser les élections dans le délai conclu par l’Accord Politique susmentionné ; 
d) Interpelle les représentants de la composante société civile au sein de la Plénière de la CENI à faire preuve de sens de responsabilité face à un second glissement délibérément causé par une gouvernance astucieuse du processus électoral. Ceux-ci sont ainsi appelés au devoir de redevabilité en fournissant aux membres de ladite composante l’explication rationnelle et objective requise concernant cette désastreuse option annoncée par M. Corneille NANGA ; 
e) Recommande aux confessions religieuses tout en privilégiant l’intérêt général du pays à désavouer, de ce fait, M. Corneille NANGA au poste de Président de la CENI et d’enclencher ainsi le processus de son remplacement imminent ;  
f. Invite la Communauté Internationale à appliquer des sanctions ciblées appropriées et drastiques à l’endroit de M. Corneille NANGA et tout animateur des organes de la CENI, au cas où ils s’accrocheraient à cette décision suicidaire qui fait entrave à la tenue des élections « à bonne date » pour une transition démocratique ;  
g. Appelle les acteurs politiques et sociaux ainsi que la population congolaise à se mobiliser comme un seul homme contre cette décision de M. Corneille NANGA et tout schéma qui serait de nature à retarder les élections et à déconstruire la démocratie congolaise. 
Les organisations membres de l’AETA demeurent convaincues de la possibilité de réussir la tenue des élections crédibles et apaisées dans l’échéance conclue par l’Accord du 31 décembre 2016 dans les conditions d’être appuyé par une réelle volonté politique et technique. Elles promettent ainsi de le démontrer dans un avenir proche par une étude technique. 
Elles invitent enfin les plates formes d’action démocratique telles le CNONGD, le CASC, l’Observatoire du dialogue, la SYMOCEL, la COJESKI, la NSCC, le CCSC, etc., ainsi que les Mouvements Citoyens à se liguer pour un combat démocratique coordonné efficace et non violent en faveur de la tenue des élections dans le délai convenu 
».

(Avant de pouvoir tenir des élections qui aient la moindre chance de respecter la volonté des électeurs il faut : recenser la population, jeter Kabila aux crocodiles, recenser VRAIMENT les électeurs, mettre en place une CENI et une Justice auxquelles on puisse se fier… Cela ne se fera pas sans casse, mais c’est cela qui compte, et non la date des élections ! Il est essentiel de garder en mémoire que la RDC vit toujours sous un régime illégitime, depuis les élections de 2011. Il faut rappeler que les élections de novembre-décembre 2011[1] ont donné des résultats qu'une personne avisée, réfléchie, d’esprit libre et critique devrait considérer comme nuls, donc sans gagnant. La suite aurait dû être l'annulation pure et simple, des enquêtes sérieuses pour déterminer les causes et origines des irrégularités, qu’on punisse les responsables, qu’on les écarte définitivement de toute responsabilité électorale et qu’on en tire les conséquences quant aux futures élections. Il aurait dû y avoir une protestation générale des démocrates de tous les partis, car un démocrate ne saurait accepter que son candidat gagne par la fraude, la corruption et le mensonge. Au lieu de quoi on n’a assisté qu’à des élucubrations pour défendre la victoire « officielle » de JKK, et à d’autres élucubrations pour défendre celle, tout aussi hypothétique, de Tshisekedi. 
Les élections de 2011 avaient été organisées, tout comme celles de 2006, en faisant voter un « corps électoral inconnu », faute de recensement préalable de la population. Ce fait à lui seul suffirait à en « plomber » gravement la crédibilité. Elles ont, par-dessus le marché, été entachées de fraudes et de manipulations à un point tel qu’elles ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. En d’autres termes, il y a en RDC un Président, des ministres, des autorités DE FAIT. Il n’y en a plus aucune qui puisse légitimement se dire « autorité de droit ».  
Pourquoi se soucie-t-on tant de savoir si la fin du « mandat » du « Président » Kabila serait conforme à la Constitution, alors que la Constitution a été non pas violée, mais chiffonnée, jetée à terre et foulée aux pieds pour le maintenir au pouvoir en 2011 après des élections NULLES .. La réalité, c’est que l’usurpateur doit s’en aller. Si l’on a l’occasion de le faire partir « en douceur » en lui accordant un délai jusqu’en décembre pour faire ses malles, tant mieux. Sinon, qu’il subisse la violence qu’il a déjà infligée à tant d’autres ! NdlR)

Lambert Mende

Forum des As évoque le face-à-face de jeudi entre le porte-parole du gouvernement et la presse. Le journal note que Lambert Mende a dit « non » à un certain nombre de choses comme « l’intrusion dans le champ de la CENI », la lecture « superficielle de l’Accord du 31 décembre 2016 », aux « élections organisées à n’importe quel prix », à une « guerre de statistiques inappropriée ». FdA note que deux sujets essentiels qui résument l’actualité en RDC ont été abordés au cours de ce face-à-face avec la presse : la situation sécuritaire dans l’ensemble du pays et particulièrement dans l’espace kasaï et la question de savoir si Corneille Nangaa est qualifié pour annoncer urbi et orbi l’hypothèse de report des élections prévue à l’horizon décembre 2017, précise le quotidien.  
Et sur ce dernier point, rapporte FdA, Lambert Mende a soutenu que, selon la constitution, il revient à la CENI et à la seule CENI, le pouvoir d’organiser les élections en RD Congo. A ce titre, a-t-il déduit, les parties prenantes signataires de l’accord de la Saint Sylvestre qui s’étaient engagées à respecter les lois du pays, doivent également respecter cette prérogative constitutionnelle dévolue à la CENI.  
Quant à l’hypothèse du report des élections évoquée récemment par le président de la CENI à Paris, le ministre de la communication et des medias a estimé que «la CENI dispose du monopole constitutionnel de faire état des difficultés et contraintes liées à l’organisation du processus électoral», avant de soutenir «qu’il ne suffit pas d’organiser les élections à n’importe quel prix pour qu’un pays devienne démocratique ».  

Lambert Mende a fait remarquer que «l’accord de la Saint Sylvestre sur lequel s’appuient ceux qui réclament les élections avant fin 2017 prévoyait également un report des scrutins», rapporte Politico.cd.  
Ce site d’information en ligne souligne que d’après M. Mende, les parties prenantes aux discussions du centre interdiocésain ont par souci de prudence et de réalisme pris soin de préciser dans l’accord que « le CNSA, le gouvernement et la CENI peuvent unanimement apprécier le temps nécessaire pour le parachèvement des élections ». Une disposition qui selon le porte-parole du gouvernement constitue une dérogation spéciale en cas de la non ténue des élections à la date fixée dans l’accord, écrit le site d’information.

Commentant cette sortie médiatique de Lambert Mende, 7sur7.cd estime que le ministre de la Communication et des medias a tout simplement volé au secours de la CENI. Tout en refusant d’être le porte-voix de Nangaa, le ministre s’est particulièrement distingué par des propos appuyant ceux du président de la CENI en se basant sur sa compréhension de la Constitution et de l’accord du 31 décembre 2017, fait observer le site d’actualité en ligne, craignant que cette attitude ne contribue à alimenter les suspicions de connivences entre le gouvernement et la CENI.  
Et malgré ces suspicions, Nangaa n’envisage pas de démissionner de son poste, fait savoir kinshasatimes.cd. Pour s’en convaincre, le site d’information évoque l’interview que le président de la commission électorale a accordée mardi à RFI dans laquelle il a affirmé que sa démission n’était pas à l’ordre du jour. Une façon pour lui de répondre au G7 et à tous ceux qui ont exigé son départ de la Commission électorale, croit savoir le site d’information en ligne.

L’Avenir titre en reprenant une phrase de Lambert Mende « Nangaa n’a ni violé la Constitution ni enfreint l’Accord ». 
Il a également relevé, citant le porte-parole du gouvernement, que rien ne confie à une autre instance que la CENI la compétence d’organiser les élections.

Kasaï

Le Potentiel constate avec regret que « le gouvernement est toujours sur la défensive », allusion faite aux propos de Lambert Mende qui ne reconnaît que 10 nouvelles fosses communes sur les 38 découvertes récemment par le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH). Dans sa manchette, le quotidien s’alarme du fait qu’on ne soit « pas loin d’un génocide » avec des fosses communes passant de 42 à 80 et plus de 3.000 morts dans les Kasaï.

Le Phare s’exclame « Coup de gueule de la Grande-Bretagne au Conseil de Sécurité/Kasaï : Kinshasa doit arrêter les violences ! » 
« Les « Grands » de la planète, particulièrement les Etats-Unis d’Amérique, la Grande-Bretagne et la France ont lancé des messages forts en direction des autorités de Kinshasa, lors de la réunion du mardi 11 juillet 2017 au Conseil de Sécurité, au sujet de la crise politique et sécuritaire congolaise. A la suite des représentants américains et français, qui ont exigé la tenue impérative de la présidentielle avant la fin de l’année en cours, la cessation immédiate des violences au Grand Kasaï et rouvert le dossier de la mise en place d’une commission d’enquête internationale, l’ambassadeur de la Grande-Bretagne aux Nations Unies a, lui aussi, donné de la voix.  
Après avoir suivi religieusement le rapport du Secrétaire général adjoint de l’ONU chargé des opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix, dont l’essentiel s’est articulé autour de la persistance des violences au Kasaï, avec en ligne de mire les forces de l’ordre, le représentant britannique a martelé que le gouvernement de Kinshasa devrait mettre fin aux violences dans les plus brefs délais. En effet, les données collectées la semaine dernière par une équipe mixte comprenant des experts du Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme et des magistrats militaires congolais dans les localités de Sumbula et Diboko, dans le territoire de Kamonia, avec la découverte de 38 nouvelles fosses communes, portant le nombre de celles-ci à 80, ont terriblement révolté la communauté internationale.  
Ces nouveaux charniers ne sont perçus autrement que comme des indices d’un génocide qui ne dit pas encore son nom au centre de la République Démocratique du Congo. Quant à la mise en cause des forces gouvernementales de l’armée et de la police dans les différents rapports d’enquêtes préliminaires d’experts onusiens, elle fait penser à l’existence d’un plan préétabli, du côté de Kinshasa, pour rendre plusieurs parties du territoire national « ingouvernables » et justifier un nouveau report des élections pour des raisons sécuritaires.  
Aussi les Occidentaux, dans leurs appels à la cessation immédiate des violences au Kasaï et à l’ouverture d’une enquête internationale sur les auteurs des crimes, s’adressent directement au gouvernement congolais, qu’ils estiment avoir aussi une large part de responsabilité dans les violations graves des droits de l’homme qui persistent au centre de la RDCongo. 
En interpellant directement et publiquement le régime de Kinshasa à partir d’une tribune aussi sensible que celle du Conseil de Sécurité à New York, la communauté internationale envoie en direction de Kinshasa un énième message qui a tout l’air de faire partie du lot des dernières mises en garde avant de nouvelles sanctions ciblées et peut-être la mise en œuvre d’un plan de sortie de crise qui risque d’échapper autant à ceux qui cherchent à conserver le pouvoir qu’à ceux qui se battent pour sa conquête.  
On retient, pour l’essentiel que dans tous les cas de figure, les maitres du monde privilégient jusque-là une alternance au sommet de l’Etat congolais qui devrait passer par les urnes. Et, dans leurs calculs, le changement de gouvernance devrait absolument intervenir cette année. Autrement dit, que la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), plus que jamais perçue comme la caisse de résonnance du pouvoir en place, a beau évoquer les contraintes sécuritaires, techniques, financières et autres pour tenter de justifier un énième report des élections, on n’y croit pas à Washington, Londres, Paris, Bruxelles et ailleurs. D’où, les pyromanes qui s’activent dans les coulisses pour bloquer l’Accord de la Saint Sylvestre et consolider le « glissement » déjà en cours, ont intérêt à bien réfléchir sur leurs faits et propos pour ne pas être désagréablement surpris par les événements
 ».

Divers

Les journaux parus ce vendredi évoquent aussi l’échange qui a eu lieu jeudi entre le ministre de l’enseignement supérieur et universitaire et les représentants des professeurs d’universités et du corps scientifique sur la menace de la grève que ces corps brandissent suite au non réajustement des salaires des fonctionnaires par rapport au taux de change actuel.  

D’après La Prospérité, les professeurs ont adhéré à l’idée du dialogue permanent avant la prise de position sur une éventuelle grève. Il n’y aura donc pas de grève à l’Enseignement supérieur et universitaire, assure le tabloïd, attribuant ce dénouement à la sagesse du ministre Steve Mbikayi qui, soutient le quotidien, a su anticiper et a réussi à désamorcer les menaces de grève d’une frange des professeurs des Universités.

 En rapport avec le taux de change, le Soft international rapporte que la Banque Centrale du Congo (BCC) craint un emballement. D’après la BCC en effet, l’économie de la RDC est crispée à cause de la baisse des réserves des changes.  
Une situation qui, explique la banque, provoque des dépréciations hebdomadaires du franc congolais de 2,01% à l’indicatif et de 2,80% au parallèle, écrit le journal. La BCC dit s’attendre à un emballement du taux de change au cours des semaines et des mois à venir avec comme conséquence immédiate l’aggravation des malheurs sociaux dans le pays, ajoute le tabloïd.

 

 

 

 

 

© CongoForum, le vendredi 14 juillet 2017

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[1] [1] Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs malgré cette déclaration du Cardinal Laurent Monsengwo, archevêque de Kinshasa : « Les résultats publiés ne sont conformes ni à la justice ni à la vérité “. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus. C’est d’autant plus certain que la CENI a fait incinérer tous les documents relatifs aux élections de 2006 et 2011 en octobre 2014, soit, en ce qui concerne les plus récents, après un délai de trois ans seulement, anormalement court pour ce genre d’affaires

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