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Dernières infos

12/08/17 REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE SAMEDI (CongoForum)

En ce samedi 12 août 2017, la presse parue à Kinshasa annonce que le président du Conseil National de Suivi de l’accord (CNSA), Joseph Olenghankoy, prévoit la tenue d’une rencontre tripartite entre sa structure, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et le gouvernement, sans donner de date précise de cette réunion qui aura pour but d’évaluer le processus électoral en cours. Il y a quelques nouvelles politiques et économiques. La presse fait également écho aux éliminatoires du Championnat d’Afrique « CHAN/Kenya 2018 ». Enfin, la revue de la presse internationale de cette semaine mouvementée permet de voir de quelle manière elle est commentée à l’extérieur

CNSA

Radio Okapi annonce « CNSA : Apprêté, le projet de règlement intérieur déposé à la Cour Constitutionnelle ».  
La radio onusienne rappelle que la charge de la rédaction de ce projet de règlement d’ordre intérieur avait été confiée à une commission chapeautée par Me Matadi Nenga, à la suite de la première réunion de cette institution d’appui à la démocratie en RDC, tenue le lundi 24 juillet 2017.  
C’est Joseph Olenghankoy, le président du Conseil National de Suivi de l’Accord -CNSA-, qui l’a déposé à la plus haute cour de la République, confie une source interne à cette structure. Ceci, afin qu’elle puisse examiner sa compatibilité avec les lois et la Constitution du pays.  
Par ailleurs, il nous revient que le président du Conseil National de Suivi de l’accord (CNSA), Joseph Olenghankoy, a annoncé jeudi 10 août, la tenue d’une rencontre tripartite entre sa structure, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et le gouvernement, sans donner de date précise et a indiqué que cette réunion aura pour but d’évaluer le processus électoral en cours.

Politique

Le Potentiel titre « Impasse politique et violences au Kasaï : Le Congrès américain presse Trump à agir ».  
Selon lui, à Washington, le dossier de la République démocratique du Congo est au cœur de la politique africaine des Etats-Unis. Car, après un groupe de sénateurs qui se sont levés pour voir l’administration Trump bouger et rétablir la légalité en vue de la tenue d’élections, c’est le tour du congressiste Edward R. Royce, annonce ce journal qui presse le président Donald Trump de passer à l’acte. Et que dans une correspondance datant du 02 août et destinée au secrétaire d’Etat américain, Rex Tillerson, Edward R. Royce appelle à accroitre l’engagement des Etats-Unis en vue d’aider à mettre fin à la crise politique et à la violence qui en résulte.

Le Potentiel titre encore « Le Rassemblement confirme son ancrage dans l’opposition : Des délégués de l’OIF et l’ambassadeur des Usa échangent avec Félix Tshisekedi ».
Félix Tshisekedi, président du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, confirme chaque jour qui passe, sa carrure de seul représentant valable de l’opposition. Le passage dans ses bureaux de Limete, si-ge du Rassemblement, d’une délégation de l’OIF et de l’ambassadeur des Etats Unis en Rdc en est une belle illustration.

Radio Okapi remarque « Le signal de Radio France internationale rétabli en Rdc ».
«La direction de France Médias Monde se félicite de la reprise de la diffusion en FM de RFI à Kinshasa, après la conclusion d'un accord avec la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC) établissant un partenariat entre les deux médias et en conformité avec les nouvelles dispositions de la législation congolaise sur les médias», peut-on lire dans ce document.  
Néanmoins, Radio Okapi signale qu’après 9 mois d'interruption, les auditeurs kinois peuvent retrouver RFI sur 105 FM et toujours sur ses sites Internet et applications mobiles. RO rappelle que le signal de RFI a été coupé le 5 novembre 2016, alors que l’opposition projetait d’organiser une manifestation.

(Avant de pouvoir tenir des élections qui aient la moindre chance de respecter la volonté des électeurs il faut : recenser la population, jeter Kabila aux crocodiles, recenser VRAIMENT les électeurs, mettre en place une CENI et une Justice auxquelles on puisse se fier… Cela ne se fera pas sans casse, mais c’est cela qui compte, et non la date des élections ! Il est essentiel de garder en mémoire que la RDC vit toujours sous un régime illégitime, depuis les élections de 2011. Il faut rappeler que les élections de novembre-décembre 2011[1] ont donné des résultats qu'une personne avisée, réfléchie, d’esprit libre et critique devrait considérer comme nuls, donc sans gagnant. La suite aurait dû être l'annulation pure et simple, des enquêtes sérieuses pour déterminer les causes et origines des irrégularités, qu’on punisse les responsables, qu’on les écarte définitivement de toute responsabilité électorale et qu’on en tire les conséquences quant aux futures élections. Il aurait dû y avoir une protestation générale des démocrates de tous les partis, car un démocrate ne saurait accepter que son candidat gagne par la fraude, la corruption et le mensonge. Au lieu de quoi on n’a assisté qu’à des élucubrations pour défendre la victoire « officielle » de JKK, et à d’autres élucubrations pour défendre celle, tout aussi hypothétique, de Tshisekedi. 
Les élections de 2011 avaient été organisées, tout comme celles de 2006, en faisant voter un « corps électoral inconnu », faute de recensement préalable de la population. Ce fait à lui seul suffirait à en « plomber » gravement la crédibilité. Elles ont, par-dessus le marché, été entachées de fraudes et de manipulations à un point tel qu’elles ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. En d’autres termes, il y a en RDC un Président, des ministres, des autorités DE FAIT. Il n’y en a plus aucune qui puisse légitimement se dire « autorité de droit ».  
Pourquoi se soucie-t-on tant de savoir si la fin du « mandat » du « Président » Kabila serait conforme à la Constitution, alors que la Constitution a été non pas violée, mais chiffonnée, jetée à terre et foulée aux pieds pour le maintenir au pouvoir en 2011 après des élections NULLES .. La réalité, c’est que l’usurpateur doit s’en aller. Si l’on a l’occasion de le faire partir « en douceur » en lui accordant un délai jusqu’en décembre pour faire ses malles, tant mieux. Sinon, qu’il subisse la violence qu’il a déjà infligée à tant d’autres ! NdlR)

Economie

Le Bulletin de l’ACP  annonce « Organisation du 18 au 27 août de la Foire Agricole internationale de Kinshasa ».  
Cette édition foraine, note cette source officielle a pour thème principal « Entreprendre, innover et investir », et vise à encourager les investissements dans le secteur agricole de la ville de Kinshasa, notamment en matière d’évacuation des produits vers elle, en tant que grand centre de consommation. 
(Certes, une ville de plus de 10 millions d’habitants devrait être un grand centre de consommation, si ses habitants avaient des revenus à dépenser. Même l’état y trouverait son compte par le biais de la fiscalité, à condition que celle-ci ne soit pas étouffante. NdlR)

Précisément, DigitalCongo nous apprend que « La lutte contre la contrebande et la fraude douanières (était) au centre de la réunion entre le Président Joseph Kabila et les membres du Comité de pilotage des 28 mesures économiques »  
« Les grandes questions se rapportant à la lutte contre la fraude et la contrebande douanières en République démocratique du Congo, en vue de renflouer les caisses de l'Etat et stabiliser la monnaie et l'économie du pays, ont été examinées au cours de la réunion qui avait mis, jeudi soir autour du Président Joseph Kabila, en son cabinet de travail de la Gombe, les membres du Comité de pilotage des 28 mesures économiques prises par le gouvernement central.  
Le ministre d'Etat en charge de l'Economie, Joseph Kapika, porte-parole de la réunion, a déclaré à la presse au sortir de la rencontre avec le Chef de l'Etat, que la contrebande et la fraude douanières en République démocratique du Congo sont des fléaux qui détruisent notre économie, étant donné qu'elles privent l'Etat de ses moyens de fonctionnement, et partant, on assiste ainsi à une fuite criante des devises.  
Il s'agissait donc, au cours de cette réunion, a encore dit le ministre Kapika, de faire notamment les rapports des missions qui s'étaient rendues d'abord au Haut-Katanga ensuite au Kongo central, avec un double objectif à savoir lancer la campagne de mobilisation de 40 pourcent provenant des exportations des produits miniers, une campagne que le gouverneur de la Banque centrale avait lancée à Lubumbashi et qui devait être soutenue par le gouvernement central.  
Ces missions, a-t-il précisé, ont été constituées de quelques membres du gouvernement, du gouverneur de la Banque centrale, de certains responsables des entreprises publiques, notamment de la DGDA, OCC, OGEFREM, SCTP etc.  
Le ministre d'Etat en charge de l'Economie a affirmé qu'ils ont, à cette occasion, rencontré auprès du Chef de l'Etat une oreille attentive, car lui-même très préoccupé par la situation, et il leur donné des recommandations précises, espérant par ailleurs qu'ils obtiendront le soutien de tous les membres du gouvernement au cours du Conseil des ministres de ce vendredi ainsi que l'adhésion de tous le Congolais à ce combat commun.  
Cette rencontre a réuni autour du Chef de l'Etat le Premier ministre Bruno Tshibala Nzenzhe, le Directeur de cabinet du Chef de l'Etat, Néhémie Mwilanya Wilondja, le ministre d'Etat en charge de l'Economie, Joseph Kapika, le ministre d’Etat au Budget, Kangudia, le ministre d'Etat au Commerce extérieur, Jean Lucien Busa, le ministre des pêches et élevage, Yere Yere, le ministre du Développement rural, Justin Bitakwira, le Gouverneur de la Banque centrale, Déogratias Mutombo et le Coordonnateur des cinq chantiers Moise Ekanga.
 »

Oui, mais voilà ! Un vent favorable a apporté à notre Rédaction la copie d’une lettre adressée par la patronat du secteur minier pour protester contre le retrait du moratoire sur la TVA par un gouvernement aux abois qui veut étouffer un des rares secteurs qui rapportent encore quelques devises au budget de l'Etat. En voici la teneur : 
«  Problématique de la perception de la Taxe sur la Valeur Ajoutée à l’importation par les entreprises minières  
Il nous revient de nos membres entreprises minières que, la Direction Générale des Douanes et Accises « DGDA » en sigle, procède depuis le 08 août 2017 à la perception de la Taxe sur la Valeur Ajoutée, alors suspendue par le Décret n° 16/028 du 22 juillet 2016. En effet, la perception de la TVA à l’importation sur les marchandises importées par les entreprises minières avait été suspendue, pour une durée de douze mois, par le Décret n°16/028 du 22 juillet 2016 portant suspension de la Taxe sur la Valeur Ajoutée à l’importation en faveur des entreprises minières. Cette période de suspension est arrivée à échéance. 
Se fondant sur l'article 14 de la Loi de Finances n° 17/005 du 23 juin 2017qui soumet de nouveau à la TVA l'importation et l'acquisition par les titulaires des titres miniers des équipements, matériels, réactifs et autres produits chimiques pendant l’exploitation, la DGDA a paramétré ce droit dans le système en vue de sa collecte au cordon douanier. Cependant, la même Loi de Finances en son article 31, lequel modifie l'article 15 de la Loi instituant la TVA, exonère l'importation des marchandises effectuée par les sociétés minières. Ceci pour consolider le contenu du Décret susmentionné ayant consacré l'option levée par le Gouvernement de voir les importations des sociétés minières ne pas acquitter la TVA.  
Comme vous l'aurez remarqué, ces dispositions de la Loi de Finances 2017 sont contradictoires et créent la confusion dans le chef des entreprises sinon de l'insécurité juridique.
En ce qui nous concerne, compte tenu de, l’importance des montants de la TVA à rembourser, les longs délais de remboursement, et l'impératif d'amélioration de la compétitivité des entreprises congolaises en ce moment de basse conjoncture, permettez-nous, Excellence Monsieur le Ministre, de solliciter auprès de votre Autorité l'application stricte de l'article 31 de la Loi de Finances 2017 et la surséance à l'application de l'article 14 de la même Loi. Et de la sorte faire bénéficier aux sociétés minières de l'exonération du paiement de la TVA à l'importation. 
Agir autrement, dans le contexte actuel de l’environnement économique national et surtout international reviendrait à mettre en difficulté le fonctionnement normal des entreprises minières, qui ont plus que besoin de l’accompagnement du Gouvernement de la République Démocratique du Congo en cette période contraignante.  
Espérant etc…
 »

Sport

« Nul entre les deux Congo (0-0) », annonce le Bulletin de l’ACP   
Le derby entre le Congo et la RD Congo s’est terminé sur un nul blanc (0-0) lors du dernier tour aller des éliminatoires du Championnat d’Afrique (CHAN)-2018, vendredi 11 août au stade de la Concorde de Kintélé, souligne-t-elle.  
Les Léopards, champions en titre, ont manqué pas mal d’occasions de scorer. Mais ce score nul fait les affaires de la bande à Mwinyi Zahera; puisque les Léopards locaux joueront la manche retour au stade des Martyrs de Kinshasa, le 19 août. Toutefois, l’agence officielle, citant certains analystes sportifs, attire l’attention des Léopards congolais, qui devront se méfier des Diables rouges, qui ne feront le déplacement de Kinshasa en victimes expiatoires.

Presse et documents étrangers

« Corruption, répression, prédation », le triptyque congolais
Christophe RIGAUD – Afrikarabia – le 07 Août 2017

Joseph Kabila a réussi à se maintenir au pouvoir depuis plus de 16 ans grâce au pillage systématique des ressources du pays et au siphonage des recettes de l’Etat. Le tout, en muselant ses opposants politiques et en réprimant dans le sang les mouvements de contestation. Une stratégie payante… pour combien de temps ?

L’agence de presse américaine Bloomberg, le Groupe d’Étude sur le Congo (GEC) et l’ONG Global Witness viennent successivement de jeter une lumière crue sur la fortune colossale et tentaculaire de la famille Kabila dans un pays parmi les plus pauvres de la planète. Un mécanisme de prédation financière qui, couplé à une répression féroce de toute opposition, a permis au président Joseph Kabila de s’accrocher à son fauteuil depuis 16 ans, et ce, même après la fin officielle de son dernier mandat, le 19 décembre 2016. Un « système Kabila » qui s’inscrit dans un contexte de corruption généralisée, ordinaire et structurelle. En 2017, la RDC fait toujours partie des 20 pays les plus corrompus du monde. Un vrai « scandale » pour Transparency international, qui estime que « les besoins élémentaires des citoyens ne sont pas satisfaits. » Pour le président de l’ONG anti-corruption, José Ugaz, « la population se couche tous les soirs le ventre vide à cause de la corruption, alors que les puissants et les corrompus jouissent d’un mode de vie somptueux en toute impunité ». Des puissants, qui en RDC, gravitent autour du président Joseph Kabila et de sa famille.

80 sociétés, 71.000 hectares de terres agricoles…  
Dans un impressionnant rapport publié en juillet 2017, le Groupe d’Étude sur le Congo (GEC), avec le soutien du Pulitzer Center on Crisis Reporting, s’est penché sur le business de la famille Kabila depuis l’arrivée au pouvoir de Joseph en 2001 après l’assassinat de son père. Et la fortune du clan Kabila se chiffrerait en dizaines de millions de dollars ! Selon le GEC, le chef de l’Etat et ses proches sont propriétaires, partiellement ou en totalité, de plus de 80 sociétés. Le rapport apporte un éclairage précis des intérêts économiques de Joseph Kabila, mais aussi de sa femme, Olive Lembe, et de leurs enfants, de sa soeur Jaynet et de son frère Zoé, tous deux également députés nationaux. Le président Kabila possède directement, et par le biais d’une entreprise lui appartenant ainsi qu’à ses enfants, plus de 71.000 hectares de terres agricoles. Deux entreprises, propriétés de la famille Kabila, ont acquis des licences d’exploitation de mines de diamants sur un territoire de plus de 720 kilomètres le long de la frontière avec l’Angola. Jaynet Kabila détient 4,8% des parts dans l’un des plus grands réseaux de téléphonie mobile du pays, alors que Zoé possède des entreprises qui ont été engagées pour l’exploitation de gisements miniers parmi les plus riches du monde. On retrouve des entreprises du clan Kabila dans presque tous les secteurs de l’économie congolaise: l’agriculture, les mines, le secteur banquier, l’immobilier, les télécommunications et les compagnies aériennes.  
Mais l’empire Kabila s’étend également bien au-delà du Congo. La famille possède des biens immobiliers en Afrique du Sud et en Tanzanie, et certaines des sociétés sont enregistrées au Panama, à l’île Niue ou… au Luxembourg. Certaines entreprises contrôlées par la famille Kabila ont conclu d’importants contrats avec le gouvernement congolais, mais plus étonnant, avec la Banque mondiale et les Nations unies ! Reste à savoir si ces institutions, et notamment les bailleurs internationaux, étaient au courant des liens entre ces sociétés et le président Kabila. Les conflits d’intérêts semblent pourtant notoires dans le cas de Jaynet Kabila qui s’est vu octroyer par le ministère des Mines congolais plus de licences d’exploitation que ne l’autorise le Code minier du pays. Et toujours selon le rapport, « au moins une entreprise de la famille était impliquée dans un accord d’extraction de cuivre controversé en 2011, ce qui a conduit le Fonds monétaire international (FMI) à suspendre son programme de prêt d’un demi-milliard de dollars à la RDC ». Enfin, certaines sociétés du clan Kabila sont protégées ou surveillées par les membres de la Garde républicaine (GR), ce qui est probablement « en dehors du mandat légal de cette force » note le Groupe d’Etude sur le Congo.

… « qu’une partie immergée de l’iceberg »  
Dans la famille Kabila, l’agence de presse Bloomberg s’est particulièrement intéressé à Zoé Kabila, le frère cadet du président, et député national. Ses sociétés interviennent dans la construction de routes, le commerce de diamants, l’extraction de cuivre… et ont gagné des millions de dollars grâce à des joint-ventures et à des contrats de sous-traitance dans le secteur minier. C’est notamment le cas de la société Sicomines, « partie prenante dans un accord d’exploitation minière de 6,2 milliards de dollars passé avec la Chine, prévoyant l’exploitation des mines congolaises en contrepartie de la construction des principales infrastructures ». 
Le plus incroyable, c’est que les documents qui ont permis au GEC de remonter la piste du business de la famille présidentielle reposent principalement sur des sources publiques, accessibles à tous ! Ces chiffres sur la fortune du clan Kabila ne sont « qu’une partie immergée de l’iceberg » selon le rapport, et constituent donc « une évaluation partielle des intérêts commerciaux » des proches du chef de l’Etat congolais. Le GEC n’a, par exemple, pas comptabilisé « plusieurs grands ranchs, des bâtiments, des sociétés de médias et des entreprises commerciales qui sont considérés par beaucoup comme appartenant à la famille ». Les chercheurs du centre d’étude n’ont pas pu obtenir les documents prouvant qu’il s’agissait bien des propriétés du camp Kabila.

Un tiroir-caisse nommé Gécamines  
Si le rapport du GEC dénonce l’incroyable fortune accumulée par les Kabila depuis l’arrivée au pouvoir de Joseph, il apparaît « évident que des membres de l’élite de toutes les tendances de la classe politique ont abusé de leur position pour s’enrichir personnellement.».  
 Une corruption à tous les étages dont le symbole s’appelle Gécamines, la plus importante entreprise minière congolaise et véritable « tiroir-caisse de la République ». De tout temps, la première entreprise du pays est considérée comme la « vache à lait » du pouvoir. De Mobutu, qui confondait les recettes de l’entreprise avec ses comptes personnels, à Kabila qui a toujours placé un homme de confiance à la tête de la Gécamines. L’actuel président s’appelle Albert Yuma, et sa gestion est dans le viseur de Global Witness qui a épluché les comptes du géant des mines. L’ONG affirme ce mois-ci que le Trésor national congolais a perdu plus de 750 millions de dollars en revenus miniers entre 2013 et 2015. Des millions évaporés dont une partie au moins « a été répartie entre plusieurs réseaux de corruption liés au régime du président Joseph Kabila » accuse Global Witness. Albert Yuma dirige le comité d’audit de la Banque centrale de RDC et la Fédération des entreprises congolaises (FEC) et, selon un haut responsable de la direction de la Gécamines interrogé par l’ONG, « ne rend compte qu’au président de la République. » La Gécamines serait « une coquille vide » d’après un fonctionnaire du ministère des Mines interrogé par Global Witness. « Le pillage se fait à ciel ouvert. Les décisions viennent du sommet et nous ne pouvons rien ».

Les raisons du maintien au pouvoir de Kabila ?  
Toutes ces allégations sont réfutées en bloc par Kinshasa. Le rapport de Global Witness qui ne serait « qu’une compilation d’amalgames et de données sur le président Kabila, faisant volontairement une lecture à l’envers des chiffres » pour le ministre congolais des Mines, Martin Kabwelulu. Concernant la fortune de Zoé Kabila, le député a répondu sur son compte Twitter que l’enquête de Bloomberg ne visait qu’à nuire au chef de l’Etat. « Les détracteurs (de Joseph Kabila) publient des infos notoires, en y ajoutant des mensonges » se défend le frère cadet du président. Pour le porte-parole du gouvernement Lambert Mende, Zoé et Jaynet Kabila ont le droit de faire des affaires, « ne travaillant (à l’Assemblée nationale) que six mois par an (sic) ». Des explications un peu courtes au vue des documents publiés par le GEC, Bloomberg et Global Witness.  
L’immense fortune du président congolais et de ses proches, jumelé à un important réseau d’affaires international pourrait expliquer les raisons pour lesquelles Joseph Kabila refuse de quitter le pouvoir, alors que son dernier mandat s’est achevé le 19 décembre 2016. C’est l’analyse d’Ida Sawyer, la directrice pour l’Afrique centrale de Human Rights Watch (HRW), qui explique également que la prédation et la corruption généralisées en RDC permettent également de comprendre « pourquoi l’extrême pauvreté et le sous-développement persistent dans un pays aussi bien pourvu en ressources naturelles. » Mais pour se maintenir au pouvoir depuis plus de 16 ans, Joseph Kabila et sa majorité ont besoin d’une autre arme que l’argent de la corruption pour s’attirer le soutien des caciques du pouvoir et débaucher régulièrement des opposants politiques : la répression.

Plus de 3.000 morts dans les Kasaï  
Interdiction de manifester, fermeture de médias proches de l’opposition, procès politiques d’opposants, arrestations arbitraires, emprisonnements extra-judiciaires, exécutions sommaires, découvertes de plusieurs dizaines de fosses communes… l’appareil répressif du pouvoir congolais tourne à plein régime pour cadenasser toutes les velléités de contestation et les voix dissonantes. Dernier exemple en date : la manifestation de l’opposition du 31 juillet 2017 pour protester contre la non tenue des élections cette année. Selon les ONG internationales, au moins 128 personnes ont été interpellées à Kinshasa, Goma, Lubumbashi ou Butembo. 13 journalistes ont été interrogés, leurs matériels confisqués et des photos effacées. Mais en janvier 2015 ou pendant les manifestations de fin 2016 pour demander au président Kabila de quitter le pouvoir, comme l’exige la Constitution, les forces de sécurité ont réprimé ces mouvements de contestation dans le sang : une centaine de morts ont été recensés. Dans les Kasaï, les attaques de la milice Kamuina Nsapu contre le pouvoir central ont été mâtées dans la violence avec « une utilisation disproportionnée de la force » selon l’ONU. L’Eglise catholique a dénombré plus de 3.000 morts depuis l’automne 2016 et les Nations unies ont découvert plus de 80 fosses communes dans ces provinces. Deux experts de l’ONU et des agents recruteurs de la Commission électorale (CENI) y ont également été assassinés. Ces violences, qui ont jeté sur les routes plus d’un million de déplacés, ont considérablement retardé l’enrôlement des électeurs du Kasaï.

…comme Mobutu  
Cette violence d’Etat qui permet certes de terroriser la population et de l’empêcher de se soulever contre le pouvoir central ou de manifester dans les rues, permet également d’entretenir un chaos savamment orchestré et de retarder ainsi la tenue des élections… objectif ultime du président Joseph Kabila. Des évasions massives de prisonniers et des attaques mystérieuses, notamment dans la capitale congolaise, comme le 14 juillet dernier au marché central, plaident pour cette stratégie de l’instabilité permanente. Un artifice qui permettrait au pouvoir en place (et qui souhaiterait le rester) d’instaurer l’Etat d’urgence. Un dispositif qui pourrait servir de prétexte à renvoyer l’élection présidentielle aux calendes grecques et à réprimer davantage les manifestations politiques. Une stratégie payante puisque 8 mois après la fin de son mandat, Joseph Kabila est toujours bien accroché à son fauteuil et l’élection présidentielle, prévue par l’accord politique de la Saint-Sylvestre en décembre 2017, ne pourra pas se tenir dans les délais. Seule question sans réponse pour le moment : comment de temps pourra tenir Joseph Kabila au pouvoir sans organiser d’élections ? Le dernier président congolais a avoir utilisé le fameux triptyque « corruption, prédation, répression » pour se maintenir au pouvoir s’appelle Mobutu. Il y restera 32 ans… mais finira par être chassé.

A qui profitent Les attaques de Kinshasa ?
Christophe RIGAUD – Afrikarabia – LE 07 Août 2017

 

La tension est montée d’un cran ce lundi à Kinshasa après une nouvelle attaque avortée, attribuée aux adeptes du Bundu dia Kongo. Des violences à répétition qui pourraient servir de prétexte au pouvoir pour instaurer l’Etat d’urgence en pleine crise politique.

Depuis plusieurs mois, les attaques se suivent et se ressemblent à Kinshasa. Ce lundi matin, c’est dans le quartier populaire de Selembao que les premiers groupes d’hommes armés de machettes, de bâtons et ceints de bandeaux rouges, ont été aperçus. Les cris sont hostiles au président Joseph Kabila et les banderoles sont sans équivoque : « Hippolyte Kanambe alias Kabila et ses frères dehors ! ». Des coups de feu sont alors entendus autour de la prison centrale de Makala, qui semblait être la cible principale des assaillants. Mais des hommes armés sont également signalés à Ngiri-ngiri, Bumbu et devant l’Université pédagogique nationale (UPN). De l’autre côté de la capitale, des fusillades sont rapportées à Ndjili, près de l’aéroport et Matete, où le tribunal a dû être évacué. Très vite, les assaillants sont identifiés par les autorités comme des adeptes de la secte politico-religieuse Bundu dia Kongo (BDK) dirigée par Muanda Nsemi, un député en cavale et qui réclame le départ du président congolais. En fin de matinée, les forces de sécurité affirmaient avoir réussi à disperser les assaillants et déclarait que la situation à Kinshasa était désormais maîtrisée. Le bilan (très) provisoire de ces attaques en fin de journée était de 12 morts selon les autorités congolaises.

Muanda Nsemi avait annoncé son attaque… sur YouTube !

Si les violences de ce lundi n’ont pas été revendiquées, elles font suite à une longue série d’attaques attribuées aux miliciens du groupe rebelle aujourd’hui dissous Bundu dia Kongo. Le 17 mai dernier, l’attaque de la prison de Makala a permis à quelque 5.000 prisonniers de se faire la belle dont le tonitruant Muanda Nsemi, gourou du BDK et opposant déclaré à Joseph Kabila. Ont Suivi les attaques des commissariats de police de Limete, Matete et Kalamu, puis celle du marché centrale de Kinshasa le 14 juillet dernier au cours de laquelle deux personnes sont mortes. 
L’attaque de ce lundi est-elle pour autant une surprise ? Non si l’on se réfère à la dernière vidéo mise en ligne par Muanda Nsemi sur YouTube un mois et demi après sa spectaculaire évasion de la prison de Makala. Dans son message, le gourou du Bundu dia Kongo annonçait clairement la couleur en défiant le président Joseph Kabila dont il conteste la nationalité congolaise. Pour Muanda Nsemi, Joseph Kabila et les Rwandais « colonisent la RDC » et il appelait les Congolais à chasser « Joseph Kabila et ses soutiens rwandais » du pouvoir « avant le 7 août ». Comme promis, les adeptes du BDK ont répondu à l’appel de Muanda Nsemi et se sont lancés à l’assaut de la capitale ce lundi, ciblant la prison centrale afin de libérer leurs soutiens et les opposants au président Kabila. Une attaque qui intervient la veille de deux journées d’opérations villes mortes lancées par l’opposition politique, les 8 et 9 août. 
Mais Muanda Nsemi fait-il uniquement le jeu de l’opposition ? Pas si sûr. Le trublion a noué et dénoué tellement d’alliances avec le pouvoir ces 15 dernières années, que certains voient dans l’attaque de lundi une énième manipulation du pouvoir pour maintenir la pression sécuritaire, alors que le pays est plongé dans une profonde crise politique depuis le report de l’élection présidentielle fin 2016. Allié de circonstance avec le pouvoir pendant le dernier dialogue politique, Muanda Nsemi n’a visiblement pas été bien servi dans le nouveau gouvernement. Déçu, il appelle alors les Congolais à « destituer » Joseph Kabila et se retrouve poursuivi pour « outrage au chef de l’Etat » et « incitation à la haine ». Arrêté le 3 mars 2017, il prend la poudre d’escampette deux mois plus tard grâce à l’attaque de la prison de Makala par ses miliciens.

…vers l’Etat d’urgence ?  
Les attaques à répétition dans la capitale, mais aussi dans l’Est, et surtout les violences dans les provinces des Kasaï, leurs 3.000 morts et les 1,3 millions de déplacés, pourraient servir de prétexte au pouvoir afin d’instaurer l’Etat d’urgence sur l’ensemble du territoire congolais. Si les interdictions de manifester, la militarisation des grandes villes, la fermeture des médias d’opposition, les arrestations arbitraires… ressemblent déjà un Etat d’urgence « de fait » sur le plan sécuritaire, c’est sur le plan politique que Kinshasa souhaiterait faire peser ce dispositif d’exception. Le projet serait déjà dans les tuyaux et prêt à être présenté à l’Assemblée nationale et au Sénat, contrôlés tous les deux par la Majorité présidentielle. Dès l’attaque du 14 juillet au marché central, la Ligue des jeunes du PPRD (parti présidentiel) avait avancé opportunément l’idée. La situation sécuritaire au Kasaï et les attaques à répétition pourraient ainsi justifier la suspension des élections, ou au moins son report lointain. 
Le deuxième et dernier mandat du président président Kabila est arrivé à son terme le 19 décembre 2016 sans élection. Un accord politique signé le jour de la Saint-Sylvestre prévoit le report du scrutin en décembre 2017, mais déjà la Commission électorale (CENI) affirme ne pas pouvoir organiser la présidentielle dans les délais. Afin de justifier ce nouveau report, l’instauration de l’Etat d’urgence pourrait en être l’outil politique ultime. Seul hic, l’accord du 31 décembre 2016 interdit toute nouvelle réforme de la Constitution et s’opposerait ainsi à toute instauration d’Etat d’urgence, sauf en cas de menace extérieure. Ce point de blocage risque donc d’être délicat à déverrouiller devant les deux chambres qui devraient ainsi déroger au compromis de la Saint-Sylvestre… position difficile à tenir alors que la crise politique continue de s’enliser en l’absence de calendrier électoral. Mais plus les attaques se répètent, plus la possibilité de l’Etat d’urgence se rapproche.

Kinshasa et le Kongo central en pleine ébullition

Hubert Leclercq – La Libre - le 08 août 2017

Plusieurs quartiers de la capitale et les grandes villes de l’ancien Bas-Congo ont plongé dans la violence. 

Les journées de violence se succèdent à un rythme soutenu en République démocratique du Congo. Après les attaques perpétrées contre de nombreuses prisons du pays, qui ont déversé leur lot de criminels dans les rues, après une attaque en plein jour contre le grand marché de Kinshasa (incompréhensible au vu de la cible), des échanges de tirs nourris ont de nouveau éclaté, ce lundi 7 août, aux abords de la prison de Makala. Mais cette fois, les locataires de la prison centrale n’ont pu goûter aux joies du retour à la liberté.

"Nous avons repoussé les assaillants. Ils étaient très nombreux", explique un policier présent aux abords de la prison.

"Il était un peu plus de 9 heures du matin quand les premiers coups de feu ont éclaté, explique un Kinois qui a "le malheur de vivre pas très loin de la prison. J’ai parlé avec des voisins ou des amis qui habitent dans les environs et personne ne peut dire d’où est venue l’attaque. On n’a pas vu venir les assaillants. Quand ça a commencé à tirer on s’est tous cachés. C’était vraiment très violent et ça a duré au moins une heure. Maintenant (en début d’après-midi) la situation s’est calmée. La police patrouille et les véhicules sont de nouveau autorisés à circuler mais cela demeure très calme. Les gens ont peur. Surtout que des attaques ont aussi eu lieu à d’autres endroits de la capitale. On ne comprend rien à ce qui se passe." Il est vrai que l’explosion de colère de ce lundi a de quoi surprendre par la multitude des lieux d’où est parti ce mouvement. D’est en ouest, du quartier de l’université pédagogique nationale, mieux connu sous le nom d’UPN, à la commune de Matete, à l’autre bout de la capitale tentaculaire, mais aussi dans la commune de Lemba ou de Ndjili. Une organisation et une synchronisation qui n’ont eu de cesse de surprendre dans le chef d’un mouvement sectaire qui, même s’il a déjà pris les armes, ne semblait disposer jusqu’ici ni des moyens logistiques, ni de la structure pour mettre sur pied une telle séquence. D’autant qu’au moment où les manifestations se succédaient dans des endroits éloignés les uns des autres à Kinshasa, la même secte politico-religieuse, dont le chef Ne Muanda Nsemi avait été un des détenus libérés lors de l’attaque contre la prison centrale de Makala le 17 mai dernier, menait des actions dans le Kongo central, sa terre originelle.

 

La bandelette rouge, signe distinctif

Les villes de Boma, Matadi et même Moanda étaient en effet secouées par des manifestations menées par des hommes qui avaient pour la plupart le front ceint d’une fine bandelette rouge, signe distinctif du mouvement de Ne Muanda Nsemi mais aussi, désormais, de tous ceux qui semblent vouloir contester le pouvoir en place en République démocratique du Congo, comme la rébellion Kamwina Nsapu, au Kasaï. Le mouvement de colère de ce lundi s’est finalement dispersé peu avant midi sans qu’il y ait de revendication crédible.

Le bilan humain serait de douze victimes, essentiellement dans les rangs des assaillants, selon le bilan donné à Kinshasa par le colonel Mwanamputu Empung, porte-parole du commissaire général de la police nationale congolaise. Par contre, une fois de plus, la terreur s’est installée à Kinshasa.

 

"Manifestations encadrées"

Dans la province du Kongo central, à l’ouest, divers témoignages reçus de Boma faisaient état de manifestations encadrées par les forces d’ordre. "Soit c’est le sommet de la démocratie, soit c’est la démonstration qu’il s’agit d’une opération ourdie par le pouvoir", expliquait un témoin, joint lundi en fin de journée. "On a vu des manifestants venus d’on ne sait où, certains avec le fameux bandeau rouge autour de la tête, crier des slogans hostiles à Kabila et à sa clique, certains avec des pancartes accusant Kabila d’être un Rwandais, le tout sous la protection de la police et des FARDC. Du jamais vu et de quoi alimenter une analyse qui veut que le pouvoir soit derrière ce chaos et s’apprête à annoncer l’état d’urgence. Ce lundi, qui plus est, on était à la veille d’une journée ville morte de l’opposition. Cette manœuvre risque d’en décourager plus d’un."

« Les Congolais debout », Sindika Dokolo lance un « mouvement citoyen » pour « l’alternance en 2017 »
Pierre Boisselet  - Jeune Afrique - le 10 août 2017 à 10h53

L’homme d’affaires congolais et gendre du président angolais José Eduardo dos Santos lance, ce jeudi, un « mouvement citoyen » pour « sauver la RDC en 2017 ».

Il apparaît sur fond blanc, et avec une musique allant crescendo. Avec une vidéo de deux minutes taillée pour les réseaux sociaux, l’homme d’affaires congolais Sindika Dokolo a lancé ce jeudi 10 août un « mouvement citoyen » baptisé « Les Congolais debout », pour « l’alternance en 2017 ». « Si, comme nous, vous pensez que la RDC souffre d’avoir été trahie par ses dirigeants, devenez un Congolais debout », clame-t-il encore.

« L’objectif est de créer un mouvement non-violent capable de conscientiser les Congolais, explique Cédric Mala, un de ses coordonnateurs, qui apparaît dans la vidéo. À terme, nous organiserons des manifestations pacifiques et des sit-in à Kinshasa. Le mouvement a mis en ligne une plateforme pour recueillir les adhésions. « Nous comptons nous appuyer sur notre maîtrise des nouvelles technologies et du marketing en ligne », ajoute Cédric Mala.

Ce mouvement se veut ouvert aux membres de tous les partis politiques et à toutes les organisations de la société civile. Sur la vidéo de lancement, on peut notamment reconnaître le député d’opposition André-Claudel Lubaya ou encore l’abbé Joseph Lukelu.

Sindika Dokolo est, depuis le début de l’année 2017, ouvertement critique envers le président Joseph Kabila, dont le dernier mandat constitutionnel a expiré en décembre 2016, sans que des élections n’aient été organisées pour lui désigner un successeur.

 

Initiatives citoyennes

Il est également l’époux d’Isabel dos Santos, considérée comme la femme la plus riche d’Afrique. Fille du président angolais José Eduardo dos Santos, elle dirige la société pétrolière d’Etat Sonangol. Mais Sindika Dokolo assure que son militantisme se fait indépendamment de sa famille. Il ne cache pas, en revanche, sa proximité avec l’homme d’affaire et opposant Moïse Katumbi, candidat déclaré à la prochaine élection présidentielle congolaise.

Ce n’est pas la première initiative du genre en RD Congo : les mouvements citoyens Lucha, fondée à Goma, et Filimbi, créé à Kinshasa, tentent déjà de mobiliser les Congolais dans une mouvance non-partisane pour mettre la pression sur le pouvoir. Confronté à la répression des autorités, ils ont pour l’instant eu un succès limité.

 

Un camp de déplacés part en fumée dans le Tanganyika  
Louise Annaud - © MSF / RFI / Twitter - le 10-08-2017

Un violent incendie a détruit une partie du camp de déplacés de Katanyika, près de Kalemie en RDC.

Un violent incendie a ravagé ce mercredi 9 août un camp de personnes déplacées dans la province de Taganyika, dans l’est de la République démocratique du Congo. Les trois-quarts du site ont été détruits. Les causes du sinistre sont encore inconnues.

« On ne sait pas d’où est parti le feu, comment et pourquoi. Mais plus de 75% des maisons, des huttes qui étaient dans le site sont parties en fumée », rapporte Yvon Edoumou, responsable de l'information publique du bureau de la Coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), joint par RFI. Suite à cet incendie, ce sont quelque 25 000 personnes qui se retrouvent de fait sans abri, sur les 27 000 personnes déplacées que comptait le site de Kalemie avant l’incendie.

 

Le camp vidé de ses habitants

Pris de panique, la majorité des habitants du camp de Kalemie ont quitté le site en l’espace de quelques heures. Certains ont trouvé refuge dans « d’autres sites de personnes déplacées, toujours dans les environs de la ville de Kalemie ». D’autres « qui ont peut-être un peu plus de chance, ont pu trouver un abri auprès d’un membre de la famille ou bien d’une bonne âme prête à (le) recevoir », espère Yvon Edoumou.

Le porte-parole du bureau de la Coordination des affaires humanitaires des Nations unies insiste également sur le fait que « ce n’est pas la première fois que l’on a ce type d’incendie dans des sites: début juillet, on a eu aussi un incendie ». Le sinistre avait alors touché 12 000 personnes déplacées.

 

Violences récurrentes

En janvier dernier, le nombre de personnes déplacés dans la seule province du Tanganyika était estimé à 400 000 par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU. Le conflit qui secoue le Tanganyika entre Pygmées twas et Bantous de l'ethnie Luba a été l'un des facteurs aggravant de la crise dans cette région.

Un accord de non agression a été signé à l'issue d'un forum de la paix organisé en février dernier à Kalemie, mais la province reste toujours le théâtre d'affrontements meurtriers. Vendredi 4 août, cinquante personnes ont été tuées à une quarantaine de kilomètres de Kalemie, selon des organisations de la société civile.

 

Le visa du correspondant de Reuters non renouvelé
AFP –le 10 août

Le visa du correspondant de l’agence de presse Reuters en République démocratique du Congo (RDC) n’a pas été renouvelé, a annoncé mercredi à l’AFP ce média international. « Le correspondant de Reuters à Kinshasa, Aaron Ross, a dû quitter le pays parce qu’il n’a pas pu renouveler son visa, qui a expiré le 5 août », a déclaré à l’AFP à Londres un porte-parole de Reuters.

« Reuters travaille à l’intérieur et à l’extérieur de la République démocratique du Congo pour rectifier cette situation aussi rapidement que possible », a ajouté ce même porte-parole. « Reuters maintient son engagement de fournir une couverture précise et équilibrée des événements en République démocratique du Congo via son équipe qui reste sur place », a-t-il conclu.

« Une commission interministérielle examine tous ces visas de certains journalistes. Nous répondrons par oui ou par non. Il n’y aura aucune justification de notre décision », a indiqué le ministre de la Communication, Lambert Mende Omalanga, joint par l’AFP.

« Aucun pays au monde ne justifie un visa accordé ou refusé. Nous ne serons pas les premiers », a ajouté M. Mende.

Le 22 juin, Radio France Internationale (RFI) avait indiqué que la demande de renouvellement d’accréditation de son envoyée spéciale permanente à Kinshasa, Sonia Rolley, n’avait reçu aucune réponse au bout de plusieurs semaines.

RFI avait considéré « le silence des autorités de RDC comme un refus et regrette cette décision qui nuit gravement au pluralisme de l’information ».

Dans son point de presse hebdomadaire mercredi à Kinshasa, la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) a constaté que « pour la seconde fois en quelques mois, un journaliste, correspondant de la presse internationale, n’a pas pu prolonger son séjour en RDC faute d’obtenir soit un visa soit une accréditation ».

« Tout en respectant le droit à la souveraineté, en ce qui concerne les autorisations de séjour et les autorisations de travail, l’ONU soutient le droit des journalistes à informer et le droit des citoyens à l’accès à l’information plurielle et variée », a déclaré la porte-parole de la Monusco, Fabienne Pompey.

 

Vers le black-out ?
Christophe RIGAUD – Afrikarabia – le 10 Août 2017

Alors que le mandat du président Kabila s’est achevé le 31 décembre 2016 et que le pays s’enfonce dans une grave crise politique, les autorités ont décidé de restreindre l’accès aux réseaux sociaux face à la contestation.

Après plusieurs attaques dans la capitale et de nouvelles opérations villes mortes, Kinshasa a décidé d’employer les grands moyens pour enrayer la contestation en restreignant l’accès aux réseaux sociaux. Lundi, une attaque attribuée aux adeptes de la secte Bundu dia Malaya (ex-Bundu dia Kongo) avait semé la panique dans la capitale avant d’être jugulée in extremis par les forces de sécurité. Mardi et mercredi, deux journées villes mortes ont été organisées par l’opposition qui conteste le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila depuis la fin de son dernier mandat, le 19 décembre 2016. Pendant les attaques du Bundu dia Kongo, les réseaux sociaux ont bruissé d’informations et de photos sur les derniers événements en cours à Kinshasa, mais ont également relayé des rumeurs et des appels à la mobilisation. Afin d’éviter « la contagion », les autorités ont donc décidé dès le lundi soir d’avertir les opérateurs des télécommunications que l’accès aux réseaux sociaux seraient restreint. Sur Twitter, Facebook, Whats’app, Google+… Kinshasa veut réduire « échanges abusifs d’images » et annonce des « mesures techniques préventives susceptibles de réduire au strict minimum la capacité de transmission des images ».

 

Chape de plomb

Ce n’est pas la première fois que Kinshasa manie la censure lorsque la contestation se fait trop pressAnte contre le pouvoir. Fin 2016 déjà, à l’approche de la fin du mandat du président Kabila (qu’il ne lâchera finalement pas, préférant négocier avec une partie de l’opposition une rallonge d’une année), l’accès à internet et aux réseaux sociaux avait été plusieurs fois interrompu. En fonction de l’opérateur, de la province et de l’heure de connexion, certaines applications comme Facebook ou Twitter étaient peu ou pas accessibles. Mais c’est surtout l’envoi d’images ou de vidéos qui était souvent rendu impossible, notamment à Lubumbashi, fief de l’opposant Moïse Katumbi. Les médias avaient également fait les frais de ce muselage de toute voix dissonante avec la fermeture de nombreuses stations proches de l’opposition : Canal Congo Télévision (CCTV) et de Radio Liberté Kinshasa (RALIK) appartenant à l’opposant Jean Pierre Bemba, mais aussi Radio-Télévision Jua de Jean-Claude Muyambo (actuellement emprisonné), ainsi que Radio-Television Nyota et Télévision Mapendo appartenant à l’ancien gouverneur Katumbi. Cette semaine, ce sont les réseaux sociaux qui ont été une nouvelle fois touchés.

 

Le choix de l’isolement

En 2017, la République démocratique du Congo (RDC) a perdu deux places au classement de la liberté de la presse établi par Reporters Sans Frontière (RSF). « Son plus mauvais score depuis 2002 » dénonce le rapport de l’ONG. Mais plus étonnant, reste le signal de Radio France Internationale (RFI) qui n’est plus accessible à Kinshasa depuis… le 4 novembre 2016 ! Le gouvernement s’était pourtant engagé à rouvrir les médias fermés, notamment après les mesures de « décrispation politique » fixées par l’accord politique du 31 décembre 2016. Mais force est de constater que la plupart de ces médias sont toujours fermés à ce jour. Pour Amnesty international, le blocage des images sur les réseaux sociaux en RDC est « une attaque flagrante contre la liberté d’expression ». L’ONG relève également que cette décision intervient « dans un contexte de crise politique qui s’aggrave et de risque élevé de violations des droits humains ». En pleine crise politique et répression policière (les attaques de lundi à Kinshasa et Matadi ont fait une quinzaine de morts), « les réseaux sociaux sont importants comme outils de documentation » note Amnesty. Mais Kinshasa en a visiblement décidé autrement et a fait le choix de l’isolement. Un choix dicté par la volonté de Joseph Kabila de s’accrocher au pouvoir au-delà du délai légal. Huit mois après la fin de son mandat, les élections prévues en décembre 2017 sont en passe d’être reportées et aucun nouveau calendrier électoral n’a encore été publié.

 

Joseph Kabila cherche à exfiltrer sa fortune

Adrien Seyes – Afrik’com – le 11 août 2017

 

Joseph Kabila s’appuie sur un ex-Ambassadeur du Rwanda aux Nations Unies pour mettre sa fortune à l’abri... Signe de fébrilité ou réelle inquiétude pour l’avenir, le président de la République Démocratique du Congo chercherait actuellement les moyens les plus sûrs d’exfiltrer les centaines de millions accumulés depuis son arrivée au pouvoir.

Sur la sellette, le président Joseph Kabila et son entourage, qui ont mis en coupe réglée des pans entiers de l’économie RD congolaise comme l’ont révélé de nombreuses enquêtes (celles de Bloomberg, du GEC, du Soir, du Monde, etc.), tentent de mettre à l’abri l’immense fortune accumulée ces dernières années dans diverses places financières à travers le monde (voir à ce sujet l’affaire des « Panama Papers » dans laquelle Jaynet Kabila, la sœur jumelle du chef de l’Etat RD congolais, est impliquée).

Pour organiser cette fuite massive de capitaux (dont une bonne partie relèverait de détournements d’argent public), Joseph Kabila et ses proches se tournent vers des sociétés anonymes mais aussi les personnalités les plus diverses. C’est ainsi qu’Eugène-Richard Gasana, un ancien diplomate rwandais, a été missionné par le président RD congolais en personne. L’opération consiste à exfiltrer, par des voies détournées, des fonds de la RDC vers des institutions financières à l’international avant d’en recycler une partie dans le système financier local, notamment via les banques qu’il contrôle à travers sa famille (BGFI, BCDC, ce qu’il reste de la BIAC, etc.). Techniquement, il s’agit d’une opération de recyclage de capitaux, donc de blanchiement. Dès la première transaction, une cinquante de millions de dollars avaient été blanchis par ce biais. Depuis d’autres opérations du même type ont eu lieu. A Kinshasa, c’est l’incontournable Kalev Mutond qui sert d’intermédiaire entre Joseph Kabila et l’ex-diplomate rwandais. C’est d’ailleurs le patron de l’ANR qui avait présenté au président congolais Eugène-Richard Gasana.

Pour ce dernier, manifestement, il ne s’agit pas d’une première. L’année dernière, de lourds soupçons concernant des activités financières frauduleuses lui avaient coûté son poste de Représentant permanent du Rwanda auprès des Nations Unies, avec rang d’Ambassadeur, des fonctions qu’il occupait depuis 2009 et qu’il combinera avec celles de ministre de la Coopération à partir de 2012. Le Président Paul Kagamé l’avait brutalement démis de ses fonctions après avoir pris connaissance d’un rapport très détaillé faisant état de ses activités « indélicates ». Une décision officialisée lors du Conseil du gouvernement rwandais du 10 août 2016.

 

RFI diffuse de nouveau à Kinshasa
RFI – le 11/08/2017

 

La Radio France internationale (RFI) émet de nouveau à Kinshasa, indique dans un communiqué publié par la direction de France Médias Monde vendredi 11 août.

«La direction de France Médias Monde se félicite de la reprise de la diffusion en FM de RFI à Kinshasa, après la conclusion d'un accord avec la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC) établissant un partenariat entre les deux médias et en conformité avec les nouvelles dispositions de la législation congolaise sur les médias», peut-on lire dans ce document.

Après 9 mois d'interruption, les auditeurs kinois peuvent retrouver RFI sur 105 FM et toujours sur ses sites Internet et applications mobiles.

Le signal de RFI coupé a été coupé le 5 novembre 2016, alors que l’opposition projetait d’organiser une manifestation.

Interrogé sur cette coupure, le ministre de la Communication et médias, Lambert Mendé, avait déclaré que RFI était devenue la caisse de résonance et l’attaché de presse des organisateurs du meeting de l’opposition.

Les autorités congolaises n’ont toujours pas renouvelé l’accréditation de l’envoyée spéciale permanente de RFI en RDC, Sonia Rolley, indiquait dans un communiqué le service de presse de cette radio française, qui appelait Kinshasa «à remédier sans tarder à cette situation afin que la liberté d’informer et de s’informer soit préservée.»

RFI précisait qu’elle avait formulé la demande du renouvellement de l’accréditation de Sonia Rolley depuis près de trois mois, et cinq semaines avant la date d’expiration de la précédente accréditation.

Kinshasa «n’est pas obligé de renouveler l’accréditation de Sonia Rolley», avait indiqué Lambert Mende.

 

Incendie dans un camp de déplacés, « une souffrance de plus »
La Libre Afrique -le 11 août 2017

 

Un incendie a ravagé une bonne partie d’un camp abritant 10.000 déplacés fuyant l’un des conflits qui agitent la République démocratique du Congo, les combats entre Bantous et Pygmées, a-t-on appris jeudi de sources concordantes. Le sinistre a eu lieu mercredi dans la province du Tanganyika (sud-est). « L’incendie s’est déclaré vers 13h00 sur le site Katanyika », a déclaré à l’AFP Yvon Edoumou, porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha) en RDC. « Plus de 75% du camp est réduit en cendres », a-t-il ajouté, indiquant qu’ »il n’y a pas eu des morts, mais six blessés » dans cet incendie dont l’origine était encore « inconnue ».

Médecins sans frontière (MSF-RDC) indique sur son compte twitter que « plus de la moitié du camp est partie en fumée ».

« Le feu est parti de la cuisine de ma voisine, emporté par le vent avant de se propager très rapidement », a témoigné auprès de l’AFP Charlotte Katibili, une déplacée.

 

 

© CongoForum, le samedi 12 août 2017

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[1] [1] Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs malgré cette déclaration du Cardinal Laurent Monsengwo, archevêque de Kinshasa : « Les résultats publiés ne sont conformes ni à la justice ni à la vérité “. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus. C’est d’autant plus certain que la CENI a fait incinérer tous les documents relatifs aux élections de 2006 et 2011 en octobre 2014, soit, en ce qui concerne les plus récents, après un délai de trois ans seulement, anormalement court pour ce genre d’affaires

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