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12 09 17/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE MARDI (CongoForum)

En parcourant les journaux parus ce jour on se rendra bien compte que c’est le dossier des élections qui y prennent le plus de place. Ce mardi 12 septembre 2017 s’ouvre à New-York la 72ème Assemblée générale de l’ONU. Au cours de ces assises, la France envisage d’abord de se pencher sur la question de la crise politique et sécuritaire en RDC. Le calendrier de la France à cette nouvelle session de l’ONU est l’un des sujets qui suscitent des commentaires des journaux parus à Kinshasa. Cependant le rapatriement de la dépouille d’Etienne Tshisekedi, le président de l’UDPS, mort il y a pourtant 7 mois en Belgique, ou des souvenirs historiques du règne de Mobutu s’invitent aussi dans l’actualité de ce mardi. Et en prime, il y a des nouvelles de l’épidémie de choléra.

Choléra

La Cité Africaine brosse un tableau peu rassurant de l’épidémie. « L’OMS annonce plus de 24.217 cas suspects de choléra en RDC dont 528 décès ».  
Le Bureau de l’OMS en
République démocratique du Congo indique que l’épidémie du choléra atteint des proportions inquiétantes avec désormais 20 provinces sur 26 touchées par la maladie. C’est ce qui ressort d’un communiqué de cette organisation en notre possession. Et plus de 1.500 cas suspects sont enregistrés par semaine depuis la fin du mois de juillet 2017 au 2 septembre.

La source indique que les autorités de la RDC ont déjà recensé un total cumulé de 24.217 cas suspects avec 528 décès", indique le bureau de l’OMS en RDC. 
La maladie touche déjà plusieurs villes de l’est, de l’ouest et du nord. "Le risque de propagation demeure encore très élevé vers la région du Grand Kasaï (centre de la RDC) où les conditions sanitaires et sécuritaires dégradées accroissent encore la vulnérabilité face à cette épidémie". La dernière épidémie de choléra dans la région du Kasaï remonte à l’année 2003. 
L’OMS s’est engagée à donner une contribution financière immédiate de 400.000 dollars américains pour le déploiement des équipes techniques dans les zones prioritaires afin de soutenir les autorités congolaises dans la lutte contre l’épidémie. 
Cependant, « il est essentiel que l’assainissement des milieux, l’hygiène individuelle et collective soient mis en pratique et que l’eau potable soit accessible aux populations les plus exposées au risque de contamination du choléra », déclare le Dr Allarangar Yokouidé, chef de l’OMS en RDC. 
Selon l’ONU, le choléra est devenu un problème de santé publique majeur en RDC, avec des milliers de cas enregistrés chaque année dans de nombreuses provinces de l’immense pays dépourvu d’infrastructures, et où la majeure partie de la population vit dans la pauvreté.
Face à cette situation préoccupante, le ministère de la Santé publique a redéfini le cadre de la lutte contre cette maladie diarrhéique épidémique par la mise en place d’un programme d’élimination du choléra et de contrôle des autres maladies diarrhéiques.
Pour accompagner le ministère de la Santé publique, l’OMS a élevé l’épidémie au grade 2 du cadre de la réponse d’urgence et déployé un groupe d’experts internationaux pour appuyer l’élaboration d’un plan d’urgence pour la réponse à l’épidémie.
En 2016, une épidémie de choléra avait tué 817 personnes dans l’ensemble du territoire congolais, selon l’OMS.

 

Le Nigéria également touché

D’après l’OMS, le Nigeria et la RDC sont actuellement en proie à une épidémie de choléra, qui a fait, dernièrement, plusieurs morts. De nombreux autres cas ont été déjà enregistrés comme porteurs du germe de la maladie en question, rappelle l’OMS.

Depuis le début de ce mois de septembre, 186 cas suspectés de choléra ont été enregistrés dans le Nord-Est du Nigeria, fait remarquer l’OMS, tout en déplorant les décès enregistrés à cause de cette épidémie.

Selon l’OMS, les différents ministères de la Santé publique des deux pays sont à pied d’œuvre pour venir à bout de cette épidémie, et surtout pour empêcher que les conflits farouches qui se déroulent en même temps sur ces deux territoires, à cause de la secte islamique de Boko Haram pour le compte du Nigeria et des miliciens ou autres rebelles en RDC, ne viennent affaiblir davantage le taux d’immunité contre le choléra des populations nommées.

 

Nécessité d’un assainissement médicalisé

Muna Garage, situé en périphérie de Maiduguri, la capitale du Borno (Nigeria) et la ville de Bukavu, la zone de santé de Fizi sur le littoral du lac Tanganyika (RDC) ont, en ce moment, besoin d’un assainissement médicalisé pour garantir les risques de propagation de la maladie, indique l’OMS.  
Se manifestant par une perte drastique de poids due à un écoulement virulent de diarrhée, suivi de vomissements à n’en point finir, le choléra tue rapidement l’individu atteint qui ne bénéficie pas, dans l’urgence, des soins appropriés. C’est notamment le constat fait dans le Nord-Est du Nigeria et dans la partie Sud du Kivu où les populations, pour la plupart très démunies, rencontrent chaque année des problèmes d’eau potable.

Processus électoral

L’Avenir titre « Nangaa rend compte à Kabila ».  
Ce journal indique que le président de la Rdc a présidé samedi, la réunion interinstitutionnelle. Il était question pour le chef de l’Etat de se rendre compte de l’état d’avancement du processus électoral auprès de la bouche autorisée, qu’est le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

Le Potentiel titre, « Nangaa se lave les mains ». 
Selon lui, le processus électoral est compromis et « La CENI est à court d’argent… ». Insolite !, s’exclame encore Le Potentiel, qui note par ailleurs: « Et pourtant, c’est ce qu’a déclaré le week-end, son président à la réunion interinstitutionnelle. Du coup, dépourvu de moyens de sa politique, Corneille Nangaa a de bonnes raisons de ne pas convoquer le corps électoral à la date prévue par l’Accord de la Saint Sylvestre ».  
En revanche, poursuit Le Potentiel, Joseph Olenghakoy a été porté par la MP à la tête du CNSA. Lui qui croyait jouer au malin, est aujourd’hui pris dans son propre piège.

RDC/ ONU

Le Phare titre «72e Assemblée générale de l’ONU: Paris pour les élections cette année en RDC» 
Il fait savoir que dans le cadre de cette 72eme assemblée, le dossier politique et sécuritaire de la RDC sera traité lors de la séance du lundi 18 septembre, sous la présidence du Secrétaire général Antonio Guterres en personne.  
Et à une semaine de ce Rendez-vous, poursuit le quotidien, les médias font savoir que la France pourrait prendre la tête du front anti-glissement et exiger, avec le concours de plusieurs grandes puissances, dont les Etats-Unis d’Amérique, la tenue impérative des élections cette année, tel que prescrit dans l’Accord du 31décembre 2017 et la Résolution 2348 du Conseil de Sécurité. 
De l’avis du journal, la France tient à rester dans l’esprit de cette Résolution, dont elle fut l’initiatrice.  La délégation française envisage également d’obtenir de l’Assemblée générale de l’ONU un engagement ferme à apporter à la CENI les fonds additionnels indispensables à l’organisation des élections d’ici quatre mois, croit savoir Le Phare.

Lors de ces assises, Paris voudrait plutôt trouver une solution pacifique à la crise congolaise qui n’en finit pas, nuance de son côté Le Potentiel. Pour le journal cependant, cette crise est le résultat des 15 ans d’exercice «désinvolte» et «prédateur» du pouvoir par le clan de Joseph Kabila, écrit le quotidien dans ses colonnes.  
Le Potentiel estime que lors de cette 72eme assemblée générale de l’ONU, la France demandera également que la MONUSCO s’implique davantage dans la protection des candidats à la présidentielle.

Cas-Info.ca  fait remarquer que cette nouvelle mobilisation française sur la crise en RDC intervient après la récente rencontre suivie d’une photo, qui a fait beaucoup parler d’elle, du président français Emmanuel Macron avec le célèbre gynécologue congolais Denis Mukwege qui est devenu, relève le site d’actualité, opposant au régime de Joseph Kabila. Ce site relève que plusieurs personnes voient déjà le célèbre gynécologue prendre la tête du pays pour une transition en cas d’absence d’élections au 31 décembre 2017. Il rappelle également que le docteur Denis Mukwege ne jure que sur l’organisation des élections avant la fin de l’année. La France aussi, fait observer Cas-Info.ca  

(Avant de pouvoir tenir des élections qui aient la moindre chance de respecter la volonté des électeurs il faut : recenser la population, jeter Kabila aux crocodiles, recenser VRAIMENT les électeurs, mettre en place une CENI et une Justice auxquelles on puisse se fier… Cela ne se fera pas sans casse, mais c’est cela qui compte, et non la date des élections ! Il est essentiel de garder en mémoire que la RDC vit toujours sous un régime illégitime, depuis les élections de 2011. Il faut rappeler que les élections de novembre-décembre 2011[1] ont donné des résultats qu'une personne avisée, réfléchie, d’esprit libre et critique devrait considérer comme nuls, donc sans gagnant. La suite aurait dû être l'annulation pure et simple, des enquêtes sérieuses pour déterminer les causes et origines des irrégularités, qu’on punisse les responsables, qu’on les écarte définitivement de toute responsabilité électorale et qu’on en tire les conséquences quant aux futures élections. Il aurait dû y avoir une protestation générale des démocrates de tous les partis, car un démocrate ne saurait accepter que son candidat gagne par la fraude, la corruption et le mensonge. Au lieu de quoi on n’a assisté qu’à des élucubrations pour défendre la victoire « officielle » de JKK, et à d’autres élucubrations pour défendre celle, tout aussi hypothétique, de Tshisekedi. 
Les élections de 2011 avaient été organisées, tout comme celles de 2006, en faisant voter un « corps électoral inconnu », faute de recensement préalable de la population. Ce fait à lui seul suffirait à en « plomber » gravement la crédibilité. Elles ont, par-dessus le marché, été entachées de fraudes et de manipulations à un point tel qu’elles ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. En d’autres termes, il y a en RDC un Président, des ministres, des autorités DE FAIT. Il n’y en a plus aucune qui puisse légitimement se dire « autorité de droit ».  
Pourquoi se soucie-t-on tant de savoir si la fin du « mandat » du « Président » Kabila serait conforme à la Constitution, alors que la Constitution a été non pas violée, mais chiffonnée, jetée à terre et foulée aux pieds pour le maintenir au pouvoir en 2011 après des élections NULLES .. La réalité, c’est que l’usurpateur doit s’en aller. Si l’on a l’occasion de le faire partir « en douceur » en lui accordant un délai jusqu’en décembre pour faire ses malles, tant mieux. Sinon, qu’il subisse la violence qu’il a déjà infligée à tant d’autres ! NdlR)

Politique

La Cité Africaine titre « Polémique autour du Cabinet politique de Félix Tshisekedi » ou « Le grand retour du tribalisme ? »

« Le feu Maréchal Mobutu dont les congolais viennent tout juste de commémorer les vingt ans de sa disparition, a de quoi se retourner dans sa tombe marocaine. Tout ce qu’il a prôné de positif de son vivant semble s’en aller à vau-l’eau. Lui, le grand défenseur de la cohésion nationale, le pourfendeur du tribalisme, lui qui ne voyait souvent que l’expertise et non la consonance du nom de ceux qui travaillaient à ses côtés, voilà les politiques et les politicailleurs d’aujourd’hui, se moquent comme d’une guigne de ces quelques valeurs que ce Maréchal des tropiques avait su léguer à la postérité congolaise.

Aujourd’hui, un acteur politique se retrouve nommé, parfois au terme des combines politiques alambiquées, à un poste de responsabilité nationale. Sa famille et sa communauté ethnique festoient et organisent une réception en cercle fermé, au cri de « tour na biso ». Les invités qui parlent en langue pour la circonstance, profitent de l’occasion pour soumettre à l’heureux promu, une longue liste des personnes à engager. Une liste souvent en dépassement de l’organigramme officiel pour ce poste. Une liste comprenant parfois des noms des personnes non qualifiées pour le travail attendus du promu, mais qu’importe : tout le monde te dira que c’est l’argent de l’Etat et que de toute façon, c’est « tour na biso », un argument qui n’exige aucun refus.

La publication très controversée le 4 septembre dernier de la composition du Cabinet de Félix Tshisekedi, un homme qui prétend mener une lutte acharnée contre les antivaleurs ambiantes, et qui promet un changement radical ans la manière de gouverner la Rdc, semble avoir offert l’occasion à certains observateurs de se pencher sur certaines pratiques peu recommandables en cours dans notre classe politique.

“Le peuple d’abord”, proclame noir sur blanc la devise de l’UDPS sur le mur d’enceinte de son Secrétariat Général dans la commune de Limete. En République Démocratique du Congo, l’Udps, comme son leader historique feu Etienne Tshisekedi wa Mulumba, a toujours incarné aux yeux de l’opinion, le changement dans tous les sens du terme. Mais la publication le 4 septembre dernier du Cabinet politique de l’actuel leader du parti Félix Tshisekedi, probable successeur de son défunt père à la tête de l’Udps, est loin de s’inscrire dans la droite ligne de la devise du parti, un autre héritage de son regretté géniteur. Sur une liste de 12 nominés, dont un Directeur de Cabinet Adjoint, la première chose qui saute aux yeux, est que tous les heureux lauréats du nouveau Cabinet de Félix Tshisekedi proviennent tous ou presque du même espace linguistique et culturel, en l’espèce l’espace « lubaphone ».A la lecture de cette liste, on a la nette impression que pour Fatshi, comme l’appellent ses intimes, c’est comme si pour lui, le peuple, c’est d’abord le peuple du Kasaï.

D’aucuns diront que ces nominés constituent quand même un échantillon assez représentatif de ce peuple congolais qui semble être le centre des préoccupations politiques de l’Udps, et que par ailleurs comme le démontrent les aperçus biographiques au regard de leurs noms respectifs, ils méritent bien leurs nominations à ces postes de responsabilité. Mais l’Udps de par son discours officiel, s’est toujours prévalu d’être un parti politique national, et cette conviction si fièrement proclamée, devrait nécessairement être prise en compte non seulement dans tous la composition de tous les organes statutaires du parti, mais aussi dans la formation de différents états- majors de ses instances. La publication du Cabinet de Félix Tshisekedi avec une forte connotation tribale, pourrait laisser croire à ses détracteurs que pour lui, le slogan « le peuple d’abord » n’a de sens que dans les limites strictes du territoire de Kabeya-Kamwanga.

A la décharge du leader actuel de l’Udps, il faut dire dans le domaine de cabinets politiques tribalisés, il a en héritage, une longue et populaire jurisprudence qui perdure depuis plus de 60 ans. En dehors des quatre Présidents de la République qui se sont succédés à la tête du pays et qui tous se sont fait un devoir de puiser leurs collaborateurs aux quatre coins du pays, la tribalisation des cabinets politiques semble être la denrée la plus partagée des acteurs politiques congolais dans toutes les instances du pays. Tout se passe comme si pour la plupart des politiques congolais, un cabinet politique était une chose trop sérieuse pour être composé de vulgaires non originaires à la province de naissance de son patron.

Le phénomène s’est encore amplifié depuis l’instauration du processus démocratique dans le pays. Du temps du mandat du Patriarche Antoine Gizenga, le Cabinet du Premier Ministre en était arrivé à un point de tribalisation, que souvent, les préposés au protocole soumettaient les visiteurs à un test de maîtrise du « munu kutuba », avant de décider ensuite de l’attitude à adopter à leur égard, soit un sourire éclatant pour les « mpangi », ou alors un masque de totale indifférence envers ceux qui avaient le malheur de ne pas connaître la langue du « buala ». Son successeur Adolphe Muzito, sorti du même moule prétendu « nationaliste », ne fit aucun effort pour améliorer cette image, connu alors sous le sobriquet de « Yandi ve ». Sous la deuxième législature, le nouveau Premier Ministre Matata Ponyo opéra une sorte de rupture avec ces pratique rétrograde, en s’entourant des compétences puisées sur toute l’étendue de la République, et le pays ne s’en porta que très bien.

Mais tout récemment, l’arrivée de Bruno Tshibala à l’Hôtel du Gouvernement semble avoir renoué avec les mêmes travers, notamment avec la nomination il y a quelques mois des Conseillers principaux de son Cabinet, pour la plupart de souche kasaïenne. Là encore, la préférence tribale a été si flagrante que son Cabinet fût dans l’obligation de se fendre d’un communiqué, rappelant aux frères et sœurs membres du Cabinet du nouveau Premier Ministre, que jusqu’à plus ample informé, le français restait la seule langue de travail dans le périmètre de la Primature. Pourtant, quelques jours avant ce communiqué de recadrage linguistique, le Président Joseph Kabila, avait demandé à tous les membres de la nouvelle équipe gouvernementale, de s’abstenir du népotisme et du tribalisme dans la composition de leurs Cabinets respectifs. Mais chassez le naturel… »

« Réforme du système fiscal de la RDC »

Forum des As rapporte qu’environ quatre cents experts participent aux travaux du Forum sur la réforme du système fiscal en RD Congo ouverts lundi 11 septembre à Kinshasa.
«Quel système fiscal pour la croissance et le développement de la RDC» est le thème de ce forum dont la finalité est de formuler des orientations concrètes sur base desquelles différents projets de loi seront soumis au Parlement pour examen au cours de la session de septembre, précise le tabloïd, soulignant que le référentiel de ce forum est l’amélioration du climat des affaires en RD Congo.

La Prospérité est convaincue que «bientôt la RDC aura un nouveau système fiscal pour attirer les investisseurs». A en croire le quotidien, le forum qui s’est ouvert lundi dans la capitale congolaise va aboutir à un nouveau système fiscal, qui permettrait d’apaiser le climat des affaires et d’éradiquer tous les maux dont souffre le système fiscal. Ce forum recherche également des solutions en vue de l’instauration d’une fiscalité souple, simple, compétitive, attractive et à rendement élevé. 

« A nos chers disparus »…

Dans « Le viseur », son édito, La Cité Africaine évoque Monbutu sous le titre « Ironie de l’Histoire »

« On l‘appelait ‘’ Président-Fondateur’’, parfois ‘’le Grand Léopard’’ ou encore ‘’l’Aigle de Kawele’’, ou simplement ‘’ le Maréchal’’. Jamais sans doute autant que Mobutu Sese Seko Kuku Ngendu Wa Za Banga, un chef d’Etat africain n’aura à ce point incarné le pouvoir personnel absolu. Il y a 20 ans, le 7 septembre 1997, il quittait cette terre des hommes, abandonné de tous, puis était déposé par une dizaine de proches dans une nécropole chrétienne de Rabat au Maroc, loin de son pays. Quatre mois plus tôt, l’homme avait été chassé du pouvoir par un conglomérat dénommé AFDL, à la suite d’une déferlante née dans les montagnes de Lemera au Kivu avant de débouler de l’Est à l’Ouest, jusqu’à Kinshasa. Ayant fui Kinshasa sous les huées d’une population qui dans le même temps célébrait l’entrée dans la capitale des nouveaux maîtres, l’homme s’était retiré un moment à Gbadolite d’où il dut ensuite détaler précipitamment alors que des éléments de sa garde personnelle cherchaient à avoir sa peau et tiraient sur son avion. Se tournait ainsi la page de 32 ans d’un pouvoir autocratique. Des masses l’avaient adoré tel un dieu dans ce pays. En Afrique d’autres chefs d’Etat l’avaient pris pour modèle et singé. Au monde, il ne laissait d’impressionner, les uns le honnissant les autres l’admirant. Mais tous le craignaient et le respectaient. Qu’on l’ait aimé ou détesté, Joseph Désiré Mobutu fut un grand homme d’Etat d’Afrique qui aura toujours une place dans les manuels d’histoire.

Certains retiendront sans doute le tyran sanguin et sanguinaire dont le pouvoir a été bâti sur le sang. Dès le départ, il est impliqué dans l’assassinat de Patrice Emery Lumumba en aidant les puissances du capital à se débarrasser d’un trouble-fête que l’on accusait d’être un suppôt du communisme en Afrique. Et lors de la relecture de l’histoire de ce pays, la Conférence nationale souveraine a eu, dans sa Commission des assassinats et des biens mal acquis, à dresser l’inventaire des crimes commis sous son règne : les pendus de la Pentecôte, l’élimination physique des adversaires politiques ou supposés tels, notamment toute une classe de jeunes officiers brillants, promis à bel avenir lors du fameux vrai-faux ‘’coup monté et manqué’’, le massacre des chrétiens le 16 février 1992, le pogrom des Kasaïens au Katanga, et autres massacres ayant rayé des villages entiers de la carte de ce pays…

Pour autant, d’autres préfèrent convoquer le souvenir de l’artisan de l’unité, de la conscience et de la fierté nationales, le pacificateur du Congo, l’apôtre de la politique d’intégration ethnique et régionale qui faisait que le Congolais se sente chez lui partout dans le pays. Mais aussi le bâtisseur, avec sa politique dite ‘’des grands travaux’’ : le barrage d’Inga, le plus grand d’Afrique, l’asphaltage de la route Kinshasa-Kikwit, près de 520 kms, l’impressionnante flotte aérienne qui irriguait toutes les grandes villes, ainsi que des gadgets comme les avions DC 10 et Jumbo jet, la riche marine marchande, avec des grands bâtiments de haute mer, les grandes infrastructures comme la Cité Salongo, la Cité Mama Mobutu, le camp Badiadingi, le camp Mobutu, la Cité de l’OUA, la Cité de la Voix du ‘’Zaïre’’, le Palais du peuple, le Stade des Martyrs, le Pont Maréchal, le Pont Lunda Bululu, la production des élites universitaires dans un pays qui n’en comptait qu’une dizaine à l’indépendance, la création de la nouvelle armée nationale en remplacement de la Force publique léguée par la colonisation, la formation d’officiers de haut vol dans les meilleures académies du monde, la promotion des centres militaires où étaient accueillis et formés même des ressortissants d’autres pays africains… L’on peut rappeler aussi qu’au temps de la guerre froide, Mobutu a été courtisé et misé par le bloc de l’Ouest contre l’envahissement de l’influence communiste. Son aura s’étendait jusque sur les pays voisins de sorte qu’il pouvait faire et défaire les dirigeants de ces Etats. Au demeurant, ceux-ci le lui rendront bien, lorsqu’ils se ligueront tous contre lui dans le cadre du conglomérat ’’AFDL’’ pour lui faire la guerre. Cependant, l’homme affaibli par les coups de boutoir de l’opposition interne et terrassé par la maladie, n’avait plus la force pour leur tenir tête.

Par ailleurs, au-delà de ses frasques ubuesques, l’homme à la canne et à la toque de léopard a campé une certaine image de dignité pour l’Afrique, avec sa politique de recours à l’authenticité, à laquelle le grand Léopold Senghor lui-même, eut à rendre témoignage de fort belle manière. ‘’La négritude est assise sur les genoux de sa mère l’authenticité’’, dira le président poète, lors d’un passage à Kinshasa.

Vingt ans après sa chute et sa mort, Mobutu, ce manipulateur, ce tribun hors pair, dont des générations entières pouvaient réciter de mémoire des extraits de discours, n’a toujours pas disparu de la mythologie. Oui, la figure du maréchal Mobutu se fait désormais plus présente et scandalise de moins en moins. Parce que le pouvoir AFDL qui se voulait son antithèse n’a pas su réaliser les promesses des fleurs qu’avait fait germer sa révolution. Parce que beaucoup pensent aujourd’hui qu’on avait parié à tort qu’on ne pût plus faire ou vivre dans ce pays pire qu’à l’époque Mobutu. Parce que depuis son départ, l’Est du pays reste en proie à une insécurité chronique, avec des zones de non droit tenues par des forces négatives nationales ou étrangères, et que ce pays n’a jamais paru aussi fragile, les armées des Etats voisins pouvant y entrer comme dans du beurre. Voici qui explique notamment l’avalanche de messages de nostalgie ou d’hommages postés sur les réseaux sociaux, et cet empressement, jeudi, au Maroc, de certains de ses fidèles qui ont tenu, sous les projecteurs des médias, à aller rendre hommage à sa mémoire. Et la conviction se fait de plus en plus pressante et bruyante qu’il faille à tout prix rapatrier sa dépouille et rendre des obsèques nationales à cet homme qui a, d’une manière ou d’une autre, marqué l’histoire de ce pays et de l’Afrique. Tout n’a pas été négatif sous Mobutu. Alors, ‘’de l’autel des ancêtres, conservons la flamme, et non les cendres’’ ! C’est de Jean Jaures. »

L’Avenir, au sujet des funérailles d’Etienne Tshisekedi, titre  « L’embaumeur belge se dévoile », pour nous concocter un plat qui doit représenter sa façon personnelle (c’est le cas de le dire) « d’accommoder les restes ». Il s’est inspiré de passages d’un article consacré la semaine passée par Jeune Afrique  à cette même affaire, en particulier des déclarations d’Alain Koninckx, le sujet belge qui a eu la charge d’embaumer les restes mortels du sphinx de Limete. On peut y lire notamment : « Je n’ai jamais connu pareille situation. Malgré la durée, je ne pense pas que le corps posera de problème sanitaire. Il n’est pas en décomposition, comme j’ai pu le lire, mais sera- t-il présentable ? Ça je n’ai aucune idée ». Et L’Avenir d’embrayer là-dessus et de poursuivre : « Depuis, l’embaumeur belge suit avec mélange de curiosité professionnelle et d’appréhension, les nouvelles concernant le rapatriement de la dépouille du sphinx de Limete ».

 

 

 

© CongoForum, le mardi 12 septembre 2017

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[1] Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs malgré cette déclaration du Cardinal Laurent Monsengwo, archevêque de Kinshasa : « Les résultats publiés ne sont conformes ni à la justice ni à la vérité “. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus. C’est d’autant plus certain que la CENI a fait incinérer tous les documents relatifs aux élections de 2006 et 2011 en octobre 2014, soit, en ce qui concerne les plus récents, après un délai de trois ans seulement, anormalement court pour ce genre d’affaires

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