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04 11 17/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE SAMEDI (CongoForum)


Document:
La publication hypothétique, dans les prochaines heures, du calendrier électoral, le passage de Corneille Nangaa à l’Union africaine et une attaque supposée de putatifs ADF repoussée par les FARDC sont les principaux faits relayés par les médias d’information congolais en ce samedi 4 novembre 2017. La presse étrangère est nettement plus assertive, en particulier quant aux pillages, magouilles, détournements et tripotages qui approfondissent quotidiennement la misère de la masse des Congolais au profit d’une infime minorité qui n’a certes nulle intention de céder sa place autrement que par la force.

Processus électoral



Le Bulletin de l’ACP évoque le tête-à-tête
qui a eu lieu hier, vendredi, entre le président de l’Assemblée nationale et
celui de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). « Corneille Nangaa a indiqué, au sortir de
cette réunion, que la CENI va lancer les travaux de délibération en son sein
pour arriver à la publication du calendrier électoral. »
L’agence officielle
affirme que « Les forces vives de la RDC
invitées à considérer le calendrier électoral avec responsabilité
».  

L’ACP rapporte que « les chefs des
confessions religieuses regroupés au sein de la Commission d’intégration et de
médiation électorales (CIME) ont, dans une déclaration rendue publique vendredi
à Kinshasa, par le président de cette structure, Rév. Delphin Elebe Kapalay,
invité les forces vives de la RDC à considérer le calendrier électoral avec
responsabilité et à s’abstenir de prendre des initiatives de nature à ralentir
la marche vers les scrutins.
» A ce propos, ils les exhortent à se préparer
à une compétition électorale citoyenne et à s’interdire toute attitude
susceptible d’exacerber la zizanie et de pousser la population à la violence.



CasInfo.ca rappelle le séjour de Corneille Nangaa à l’Union
africaine et titre : « Publication du
calendrier électoral : Nangaa consulte Moussa Faki, président de la Commission
de l’UA »
. 

 Ce site note qu’après l’Union
Européenne, Corneille Nangaa président de la Commission Électorale Nationale
Indépendante (CENI), a été reçue le mercredi 1er octobre par le président de la
Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat. 

Une rencontre qui marque, selon CAS-INFO.CA, l’engagement de l’UA à accompagner
le processus électoral en cours en RDC. Rappelant au passage une de ses sorties
médiatiques du président de l’UA, le chef de l’Etat Guinéen Alpha Condé qui a
invité les acteurs politiques congolais à se concentrer sur la tenue des
élections et cela sans ingérence étrangères. « Nous avons, je crois, convaincu (les parties prenantes) de se
concentrer sur la tenue des élections, plutôt que de se focaliser sur la
contestation du gouvernement. Bien sûr, l’appui des Européens, des Américains
et de l’ONU est le bienvenu pour aider les Congolais à organiser et financer
les scrutins. Mais c’est aux Africains de proposer les solutions et aux autres
de nous accompagner, pas l’inverse
.», a indiqué le présidé Condé relayé par
ce site.



 (Avant de pouvoir tenir des élections qui
aient la moindre chance de respecter la volonté des électeurs il faut :
recenser la population, jeter Kabila aux crocodiles, recenser VRAIMENT les
électeurs, mettre en place une CENI et une Justice auxquelles on puisse se
fier… Cela ne se fera pas sans casse, mais c’est cela qui compte, et non la
date des élections ! Il est essentiel de garder en mémoire que la RDC vit
toujours sous un régime illégitime, depuis les élections de 2011. Il faut
rappeler que les élections de novembre-décembre 2011[1]
ont donné des résultats qu'une personne avisée, réfléchie, d’esprit libre et
critique devrait considérer comme nuls, donc sans gagnant. La suite aurait dû être
l'annulation pure et simple, des enquêtes sérieuses pour déterminer les causes
et origines des irrégularités, qu’on punisse les responsables, qu’on les écarte
définitivement de toute responsabilité électorale et qu’on en tire les
conséquences quant aux futures élections. Il aurait dû y avoir une protestation générale des démocrates de
tous les partis, car un démocrate ne saurait accepter que son candidat gagne
par la fraude, la corruption et le mensonge. Au lieu de quoi on n’a assisté
qu’à des élucubrations pour défendre la victoire « officielle » de JKK, et à
d’autres élucubrations pour défendre celle, tout aussi hypothétique, de
Tshisekedi. 

Les élections de 2011 avaient été organisées, tout comme celles de 2006, en
faisant voter un « corps électoral inconnu », faute de recensement préalable de
la population. Ce fait à lui seul suffirait à en « plomber » gravement la
crédibilité. Elles ont, par-dessus le marché, été entachées de fraudes et de
manipulations à un point tel qu’elles ont donné des résultats qui, en réalité,
sont encore inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force,
de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup
d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent
normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait
accompli. En d’autres termes, il y a en RDC un Président, des ministres, des
autorités DE FAIT. Il n’y en a plus aucune qui puisse légitimement se dire «
autorité de droit ».  

Pourquoi se soucie-t-on tant de savoir si la fin du « mandat » du « Président »
Kabila serait conforme à la Constitution, alors que la Constitution a été non
pas violée, mais chiffonnée, jetée à terre et foulée aux pieds pour le
maintenir au pouvoir en 2011 après des élections NULLES .. La réalité, c’est
que l’usurpateur doit s’en aller. Si l’on a l’occasion de le faire partir « en
douceur » en lui accordant un délai jusqu’en décembre pour faire ses malles,
tant mieux. Sinon, qu’il subisse la violence qu’il a déjà infligée à tant
d’autres ! NdlR)



Violence à l’Est



Actualités.cd nous informe sur des nouvelles tentatives
d’attaque des ADF enrayées par les FARDC dans le nord-est de la ville de Beni.  

« L’armée congolaise (FARDC) a repoussé
une attaque des présumés rebelles ougandais de Forces démocratiques alliées
(ADF), ce vendredi 3 novembre 2017 après-midi, contre une de ses positions
située dans le nord-est de la ville de Beni (Nord-Kivu)
», informe ce
journal en ligne. Selon le porte-parole de l’Opération Sokola 1 Sud, rapporte
le site, le lieutenant Jules Ngongo a indiqué que l’attaque qui visait le
ravitaillement en armes et munitions a été repoussée par l’armée.



Presse et documents étrangers



Violences à Goma: au moins 5
morts, dont un policier

Marie-France Cros – La Libre - le 30 octobre 2017



Quatre civils au
moins et un policier ont été tués lundi matin à Goma (est de la République démocratique du Congo),
alors que la société civile avait appelé à une journée ville morte pour le
départ du président hors mandat Joseph Kabila. 

Les photos du corps d’un policier, gisant au milieu de grosses pierres qui ont
apparemment servi à le lapider, ainsi que celles de deux civils abattus
circulaient lundi matin sur les réseaux sociaux. Selon une source à Goma, les
accrochages ont commencé à 5h du matin entre les forces de l’ordre et la
population de la commune de Karisimbi, où des barricades ont été élevées par
des jeunes.



« Exiger le départ
de Kabila »  

Le groupe de la société civile Telema Ekoki avait
appelé à une journée ville morte « sur toute l’étendue de la RDC » pour «
exiger le départ de Kabila ». Et un Collectif d’actions de la société civile,
dont fait partie Lucha, avait appelé à manifester. 

Selon un habitant de Goma contacté par La Libre Afrique, « c’est dans les
quartiers populaires de la commune de Karisimbi que les troubles ont éclaté
parce que ce sont des quartiers défavorisés. Il n’y a pas d’eau, pas de courant
et l’argent ne circule plus dans la ville de Goma. Comme chaque fin d’année, il
y a des difficultés parce qu’à Kinshasa ils ont débà bouffé tout l’argent. Mais
cette fois c’est pire encore. Les députés et ministres provinciaux, même ceux
qui défendent Kabila, ne sont plus payés et il n’y a presque plus d’argent.
C’est difficile pour tout le monde ».



Déçus par Nikki
Haley 

Cette révolte survient au lendemain du passage à
Goma et Kinshasa de l’ambassadeur des Etats-Unis à l’Onu, Nikki Haley, qui a
exigé des élections en 2018. Pour beaucoup de Congolais, c’est bien trop tard,
alors que l’Accord de la Saint Sylvestre 2016 avait donné à Joseph Kabila une
rallonge d’un an – soit décembre 2017 – pour organiser les élections dues en
2016. « Les gens ont cru que les Etatrs-Unis allaient aider les Congolais,
comme cela avait été le cas contre Mobutu », poursuit cette source à Goma. «
Ils sont déçus de devoir attendre maintenant 2018. C’est comme un bonus accordé
à cet homme (Joseph Kabila), qui a ainsi plus de temps pour s’organiser alors
qu’on sait qu’il ne veut pas des élections. Un an c’est trop pour les pauvres.
Tout le monde en a ras-le-bol ». 

Selon les informations de La Libre Afrique, le centre-ville de Goma était
quadrillé par les forces de l’ordre depuis la nuit de dimanche à lundi, en
prévision de la manifestation. La circulation y était « au ralenti » et
beaucoup de magasins et bureaux n’avaient pas encore ouvert à cause des
violences.



Un ancien colonel, aujourd’hui
médecin, affiche ses ambitions et ses projets pour le Congo


Colette Braeckman – Le Soir – le 31
octobre 2017



Cheveux gris,
allure calme, manières policées, gestes mesurés de médecin.. Daniel Lusadusu,
cardiologue à l’hôpital Saint Pierre à Bruxelles, né en 1954 à Léopoldville,
surprend au premier abord. On nous avait annoncé un ancien officier de la
Brigade spéciale présidentielle, qui deviendra sous le nom de DSP le dernier
rempart du régime Mobutu, on nous avait expliqué qu’ayant atteint le grade de
colonel, décoré de l’Ordre du Léopard, cet officier « zaïrois » avait regagné
la Belgique en 1994 pour y poursuivre une formation en médecine interne . Nous
savions aussi que depuis lors il avait gravi tous les échelons de sa deuxième
carrière, se spécialisant en médecine d’urgence, en soins intensifs puis
terminant une formation en cardiologie…Ce double parcours nourrit un CV mais ne
crée pas pour autant une personnalité politique, n’autorise pas nécessairement
à changer l’histoire.



Telle est
cependant l’ambition du colonel Lusadusu : « la situation de mon pays
m’inquiète au plus haut point car elle se dégrade très rapidement et je crois
qu’il est temps de passer à l’action… »



Au fil d’un long
entretien, le colonel Lusadusu surprend par sa connaissance du microcosme
congolais, à la fois politique et militaire : durant des années, il a entretenu
de bonnes relations avec Etienne Tshisekedi et noué des relations étroites avec
son fils Felix, qu’il rencontre régulièrement et lui permet de bien connaître
les figures de proue de la plate forme du Rassemblement de l’opposition.



Mais avant tout,
Daniel Lusadusu, même s’il vit en Belgique, connaît parfaitement les réalités :
il a gardé des liens avec sa famille dans le Bandundu, avec ses anciens
collègues militaires, avec de nombreux compatriotes passés par Bruxelles et…
par les services de l’hôpital Saint Pierre.



Le diagnostic
qu’il pose sur la situation actuelle du Congo est sans surprise : « la RDC se
trouve dans une situation pré-insurrectionnelle et révolutionnaire où la
contestation populaire est grandissante. On risque de voir l’armée et même les
services de sécurité clochardisés se soulever contre les autorités actuelles…La
crise pourrait enflammer toute la sous région… » Jusque là, rien dans ce
constat ne surprend, le discours est celui de l’opposition et d’une grande
partie des Congolais qui estiment que le président actuel, hors mandat depuis
décembre 2016 a fait son temps.



L’élément neuf,
c’est que le colonel intègre la donne militaire : il estime que l’armée et les
services de sécurité représentent des acteurs incontournables et il souligne
que les hommes en armes et les services de sécurité doivent être associés dans
toute démarche de changement.



« Lors de la
transition qui s’amorcera, il faudra, nécessairement, une main de fer. Si la
transition politique est conduite par des acteurs qui n’ont aucun contrôle sur
les hommes en armes, on risque de voir éclater une grande crise sécuritaire en
RDC, un dérapage qui mettra en danger tout le travail de stabilisation
entrepris dans le pays… »



Même s’il vit en
Belgique, l’officier congolais assure qu’il dispose dans son pays d’un
important réseau au sein des forces armées, « des hommes qui me font confiance,
qui savent que je pourrais stabiliser la RDC sur le plan sécuritaire et jeter
les bases de la bonne gouvernance. » Si, comme beaucoup d’acteurs politiques ou
de la société civile, le colonel Lusadusu soutient l’idée d’une « transition
sans Kabila » (mais ne dit rien sur la manière de l’obtenir…) il considère qu’
« une transition dirigée par un homme ayant un profil militaire serait mieux
assuré qu’une transition menée par un homme politique ne maîtrisant pas
suffisamment les enjeux sécuritaires. »



Ballon d’essai ?
Dépôt de candidature ? Ambitions d’intellectuel en exil ? A 62 ans, le colonel
assure qu’il n’a pas de projet politique personnel à long terme, que son seul
désir est d’aider son pays à sortir de la crise actuelle, à le remettre sur
pied et à finaliser un processus électoral crédible et transparent.



Quelles sont les
chances, et surtout quels sont les appuis dont dispose le cardiologue estimé
par ses collègues belges, l’officier supérieur qui, au Congo, a laissé le
souvenir d’un homme compétent, guitariste durant ses années d’études et
surtout, ayant gagné ses galons aussi loin du système patrimonial de Mobutu que
de la nébuleuse prédatrice de Kabila ? Sans surprise, elles sont difficiles à
évaluer puisqu’en ces matières la discrétion est de règle. Nous apprendrons
seulement que le colonel, épaulé par des amis israéliens, a voyagé aux Etats
Unis où il a noué d’ « intéressantes » relations parmi les Républicains en
quête d’un succès en matière de politique étrangère et qu’en Israël il a été
reçu par le patron du Mossad.



Une petite phrase
prend soudain une autre résonnance : « si on n’y prend pas garde, si ce vaste
territoire devient hors contrôle, il risque de devenir une base arrière pour la
menace terroriste… » A la tribune de l’Onu, le président Kabila n’avait pas dit
autre chose mais le colonel Lusadusu martèle « si on n’agit pas maintenant,
demain il sera trop tard… »



Goma en ébullition  

Colette Braeckman – Le Soir – le 31
octobre 2017



 « Un an, c’est trop pour les pauvres . ».Au
lendemain du passage à Kinshasa et Goma de l’envoyée spéciale américaine Nikki
Haley, Goma exprimé un sentiment largement répandu : la population renâcle
devant le nouveau délai d’un an qui a été donné à la Commission électorale pour
organiser des élections qui auraient du avoir lieu en 2017. Alors que des
appels à la grève, à une nouvelle journée Ville morte avaient circulé dans tout
le pays, lancés par l’organisation TelemaEkoki, c’est à Goma que le mot d’ordre
a été le plus suivi : une manifestation a été organisée par le collectif
d’actions de la société civile, (Casc) dont fait partie le mouvement Lucha,
(lutte pour le changement) et qui se plaint quelquefois d’être noyauté par des
provocateurs à la solde du pouvoir. Alors qu’elle se voulait pacifique, la
manifestation a en tous cas dangereusement dérapé : un policier a été lapidé
dans un quartier populaire, deux autres ont été blessés par des jets de pierres
et dans le quartier Majengo, les corps de quatre civils ont été découverts baignant
dans leur sang. Selon des porte parole de la société civile, le nombre de
civils blessés par la police s’élève à 17 et une quarantaine de personnes ont
été arrêtées.



Le « ras le bol »
de Goma est d’autant plus profond que la ville ressent durement les effets de
la crise : l’argent ne circule plus et les fonctionnaires ne sont pas payés,
pas plus que les députés et les ministres provinciaux, le cholera a fait sa
réapparition car les gens vont puiser les eaux du lac Kivu, très polluées…



Cette manifestation
représente la première réponse à la mobilisation lancée par les organisations
populaires mais dans les autres villes du pays, et en particulier à Kinshasa,
l’appel à manifester n’a été ni relayé ni suivi. A Lubumbashi, des jeunes ont
été dispersés par la police à coup de matraques, tout comme l’ont été à
Kisangani des jeunes qui avaient commencé à brûler des pneus.



Les prisonniers oubliés du
Congo
 

Colette Braeckman – Le Soir – le 31
octobre 2017



Malgré les
promesses, pas de liberté pour les prisonniers « emblématiques » de Kabila
Lorsqu’en mars dernier, les portes de la prison de Makala se sont ouvertes
devant 4000 détenus qui se sont volatilisés à travers la ville de Kinshasa,
tous les prisonniers ne sont pas partis. Des hommes amnistiés depuis longtemps,
qui auraient du bénéficier des mesures dites de décrispation prévues par
l’accord politique de décembre dernier, des hommes pudiquement appelés « cas
emblématiques » bref, des prisonniers politiques, ont refus de suivre le
mouvement des « kulunas » et autres déliquants, préférant rester dans leur
cellule. On peut les comprendre : ils craignaient, eux, d’être abattus pour «
délit de fuite »…Dès que Nikki Haley, l’envoyée spéciale du président Trump,
arrivera à Kinshasa, les familles de ces détenus d’exception tenteront de la
rencontrer et lui feront parvenir un memorandum. Quelques heures avant cet
éventuel rendez vous, nous avons rencontrédes proches de ces hommes de l’ombre.
Des noms connus, qui hier faisaient les titres de la presse : le bâtonnier Jean-Claude
Muyambo, fondateur de « Solidarité katangaise » l’un des hommes les plus en vue
de Lubumbashi, Firmin Yangambi, avocat à Kisangani et auprès de la Cour pénale
internationale, qui avait défendu Jean-Pierre Bemba et osé se porter candidat
aux élections présidentielles de 2006, Eric Kikunda, arrêté en 2009, dont le
principal tort était sa relation d’amitiéavec Yangambi. Sur base des
révélations d’un complice présumé, Benjamin Olangi, Kikunda a été accusé de
faire partie d’un mouvement insurrectionnel. Quoique amnestié, le fils de
l’amiral Kikunda, un proche de Mobutu, est toujours détenu tandis que le témoin
a été remis en liberté depuis longtemps. Quant à Eugène DiomiNdongala,
originaire du Bas Congo, il avait combattu avec Etienne Tshisekedi au nom du
parti démocrate chrétien. Lors des élections de 2011, il s’était porté candidat
aux côtés du leader de l’UDPS à la tête d’un rassemblement intitulé « majorité
présidentielle populaire ».Oncles, épouse, fils, les proches de ces détenus
nous confient leur amertume : « au nom de la « décrispation », des inconnus ont
été élargis (alors que certains d’entre eux avaient déjà retrouvé la
liberté..)des rebelles du M23 qui avaient envahi et pillé Goma ont été remis



en liberté, Gédéon
Kyungu, le plus redoutable des chefs de milices au Katanga, accusé de crimes
contre l’humanité, n’a pas seulement été libéré mais il a fait un retour
triomphal au Katanga et depuis, à la tête de ses hommes, il a été vu au Kasaï..
»Nos interlocuteurs évaluent à plus de 200 les prisonniers politiques qui
croupissent dans les différentes geôles du régime. « Croupir » n’est pas une
figure de style : dans les prisons congolaises, les famillesdes détenus doivent
veiller à l’alimentation, fournir les médicaments, payer les soins de santé éventuels.
« Ils reçoivent une aspirine » rien de plus, dit l’oncle de Me Muyambo, « nos
prisons sont des mouroirs ». C’est de justesse que Patrizia Diomi, l’épouse du
fondateur du parti démocrate chrétien a pu faire transférer son époux dans la
clinique de Ndolo, alors qu’il venait de faire un AVC. « Même aujourd’hui,
alors que je paie les frais d’hospitalisation et les soins il n’est pas tiré
d’affaire, son état est stationnaire et il souffre de troublescardiaques qui
ont commencé en prison… »Selon son épouse, Eugène Diomi a été particulièrement
affecté par la gravité des accusations portées contre lui : « il a été victime
d’un montage grossier, malsain… Alors qu’il se trouvait avec moi à notre
domicile, il été accusé de viols, sur base du témoignage de deux femmes que
l’on aurait vu sortir de son bureau ! Alors que le lendemain, il devait signer
l’accord de fondation de la « majorité populaire alternative » il a été emmené
et mis au secret durant trois mois, accusé non seulement de viol mais de
tentative de coup d’Etat. »Patrizia Diomi, qui a rencontré son époux alors
qu’ils étaient tous deux étudiants en sciences politiques à Rome, est une
battante. Chaque jour, cette mère de quatre enfants rend visite à Eugène qui
porte désormais une casquette à l’instar du vieux Tshisekedi et affiche vingt
ans de plus que ses 52 ans. Elle se prépare à faire le siège de l’ambassade
américaine pour remettre sa pétition à Nikki Haley, et surtout, elle a remporté
une bataille d’envergure : saisi du dossier, le Comité des droits de l’homme
des Nations unies a ordonné en novembre 2016 (décision 2465/2014) d’annuler la
condamnation irrégulière de son époux, de le remettre en liberté et de
l’indemniser. Rien n’y a fait, même les accords de la Saint Sylvestre n’ont pas
réussià faire libérer Diomi, l’un des hommes politiques les plus expérimentés
du pays qui, alors qu’il était ministre des Mines en



2003-2004 s’était
attaqué au contrat Emaxxon portant sur les diamantsdu Kasaï et soutenu par deux
proches du président Kabila, Dan Gertleret le conseiller feu Katumba Wanke.
Amère, Patrizia Diomi relève quele non respect de la décision du comité des
droits de l’homme de l’ONU n’a pas empêché le Congo d’être admis dans ce
cénacle…Les proches des quatre « prisonniers emblématiques » ont le sentiment
que si les jugements des tribunaux, les pressions internationales, les accords
politiques échouent à obtenir l’élargissement de détenus désormais célèbres,
c’est que tous, pour l’une ou l’autre raison, semblent victimes de la vindicte
personnelle duchef de l’Etat ! Comme si Kabila estimait qu’ils avaient trahi sa
confiance …A Kisangani, Firmin Yangambi, un avocat brillant et ambitieux, était
un ami personnel de Kabila, jusqu’au jour où il se jugea plus apte que ce
dernier à postuler à la fonction présidentielle. Quant à Eric Kikunda, il
connaissait lui aussi le fils du Mzee (Laurent Désiré Kabila) et fut condamné
après que des armes (déposées par qui ?) aient été découvertes chez lui. Quant
au bâtonnier Muyambo, unnotable de Lubumbashi, il fut arrêté sur base de la
plainte d’un dénommé Stoupis, qui s’estimait lésé dans un litige immobilier. Le
même Stoupis qui avait déjà été utilisé pour porter plainte contre l’ancien
gouverneur du Katanga Moïse Katumbi, en exil depuis lors… Le maintien en
détention de ces prisonniers politiques, emblématiques ou non, n’est que l’un
des aspects de la déliquescence de la justice congolaise, que le Garde de
Sceaux Tambwe Mwamba avait lui-même épinglée très lucidement à l’issue des
Etats généraux de la justice qui s’étaient tenus en mai 2017. N’avait-il pas
écrit que «l’arrestation et la détention sont devenues un instrument
d’intimidation et de terreur contre les inculpés pour les amener à libérer
leurs avoirs avec à la clé le fameux principe des 3 V : V comme Villa, V comme véhicule
et V comme veste, que tous les magistrats cherchent à avoir, par l’exercice
d’une profession qui fut jadis un apostolat…



“Prenez vous en charge”, dit
l’Eglise congolaise


Colette Braeckman – Le Soir – le 31 octobre 2017



Si l’Eglise n’a
pas encore donné le « go » de la protestation, la tension monte à KinshasaA
Brazzaville, les chefs d’Etat de la région ont discuté de l’avenir du Congo,
l’émissaire américaine Nikki Haley, ambassadrice aux Nations unies, est venue
prendre la température du pays et a multiplié les entretiens dans la
capitale…Dans la paroisse Saint Dominique à Limete, un fief de l’opposition,
depuis longtemps acquis à la famille Tshisekedi, les fidèles, en ce dimanche
matin, ne s’encombrent guère des dernières tractations diplomatiques. Ici,
c’est en famille que l’on assiste à la messe et les enfants aux joues luisantes
de propreté jouent avec les rubans et les missels pendant que les parents
chantent à pleine voix. Le sermon du curé, qui paraphrase l’Evangile, colle à
la politique et tout le monde comprend le message. Dans les intentions de
prière, il est question des morts de Beni, au Nord Kivu, des victimes du Kasaï,
-plus de 4000 à l’heure actuelle-, et l’abbé Marcel, au nom de la conférence
des évêques, martèle « priez, mes frères, pourque cette nation soit libérée »
et il ajouter « j’ai vu la misère de mon peuple, dit le Seigneur, j’ai entendu
les cris de détresse… »La foule, en chœur, reprend comme une antienne » combien
de temps » ? Et puis vient ce seul mot, lancé par les officiants, répété parles
croyants : «Telema » levez vous… » »L’heure est elle bientôt arrivée ? » se
demande un homme sur ma rangée. Face aux fidèles, alors que le soleil se glisse
entre les vitraux, le prêtre se fait plus explicite : «On arrive à la fin, nous
allons bientôt vous donner le programme d’action….» Crispin Nlandu, laïc et
intellectuel chrétien, précise : « chacun devra prendre ses responsabilités,
nous allons bientôt nous lever pour libérer le pays.. »Autrement dit, ce qui se
dessine au-delà des promesses et des prières, c’est que la patience de la
population, et plus particulièrement de l’Eglise catholique, arrive au bout :
les évêques du Congo, qui avaient négocié l’accord de la dernière chance,
conclu le 31 décembre dernier,estiment qu’ils ont été dupés par les manœuvres
dilatoires du pouvoir. Quant à la population, elle considère comme un défi,
voire une insulte,



le délai de 504
jours avancé par la Commission électorale, qui estime que, pour des raisons
pratiques, les élections ne pourraient avoir lieu avant fin 2019.Lorsque la
messe se termine, les paroissiens discutent du sermon et tiennent des propos
très politiques : tous estiment qu’après le 31 décembre 2017, le « bonus » d’un
an qui avait été accordé au président Kabila aura été « consommé » et que le
pouvoir sera, irrévocablement, frappé d’illégitimité. Curieusement, les Kinois
ne sont ni vindicatifs, ni apeurés mais animés d’une étrange confiance : « il
doit partir, il partira » nous assure un étudiant… Tout le monde est devenu
constitutionnaliste : alors que le pouvoir invoque la loi fondamentale pour
assurer que le chef de l’Etat peut rester en place jusqu’à l’installation de
son successeur, la population pour sa part, brandit l’ « article 64 » qui
autorise tout citoyen à s’opposer aux violations de la Constitution et elle se
prépare, selon l’expression des évêques, à « se prendre en charge ». A Lemba,
dans l’école Notre Dame d’ Afrique, des étudiants participent massivement à un
« Tribunal d’expression populaire » monté par ECCHA, le mouvement citoyen des
jeunes, soutenu par desONG internationales, les Américains de Osisa et du NED
(national endowment for democracy) et, pour la Belgique, le CNCD 11 11 11. Ici,
l’atmosphère est plus chaude que dans l’église et des représentants de la CENI,
dont le directeur de communication Jean-Baptiste Lipipo, ne manquent pas de
courage pour ainsi descendre dans la « fosse aux lions ». Avec des précisions
de techniciens, ils tentent de faire comprendre les raisons des retards
accumulés : les problèmes de financement, la mise à jour des listes et
l’inscription des Congolais de l’étranger, les troubles dans certaines
provinces, dont le Kasaï, qui retardent l’enrôlement. Balayant ces arguments,
les jeunes, eux, livrent le fond de leur pensée : « nous souffrons… Nous
étudions et ne trouvons pas de travail. On nous appelle des « Salomon », car, à
25 ans et plus, nous sommes encore obligés de vivre chez nos parents… »C’est
ici que se confirme le véritable sens de la révolte qui monte de jour en jour.
Si les Congolais et en particulier les jeunes exigent des élections, veulent le
changement et apostrophent Kabila « Bima », (dégage) et « Yebela » ( ton temps
est passé, prépare toi à partir), ce n’est pas seulement par souci de
légalisme. C’est parce que la situation sociale est insoutenable, que l’avenir
paraît bloqué à cause du manque d’emploi, du favoritisme dont bénéficient les
enfants des « pontes » du régime, des inégalités de plus en plus criantes…
»Vous préparez la guerre de demain » hurle un futur chômeur. Face au tumulte,
les distingués spécialistes de la CENI et de la société civile dont Jérôme
Bonso de la Ligue des électeurs, n’arrivent pas à faire passer leurs arguments
techniques et lorsque la salle se vide, c’est à mi-voix que l’on discute de
projets beaucoup plus concrets que les prières et les meetings. Il est
question, d’ici la fin de l’année, de faire descendre un million de
manifestants dans les rues de Kinshasa, de bloquer les principales artères de
la ville ainsi que l’aéroport. Chacun sait que la répression sera au rendez-vous
mais un jeune homme aux cheveux en bataille, membre du mouvement « Cocorico
»crie, en trépignant déjà : «de toutes façons, nous sommes les plus nombreux »…



Nikki Haley a soufflé le chaud
et le froid


Colette Braeckman – Le Soir – le 31
octobre 2017



Attendue à
Kinshasa comme un arbitre qui allait siffler la fin de la récréation, Nikki
Haley, l’ambassadrice américaine aux Nations unies, étoile montante de
l’administration Trump, a soufflé le chaud et le froid. Elle a donné au régime
un nouveau « bonus » d’un an en même temps qu’elle a torpillé les espoirs d’une
prolongation du mandat présidentiel ou d’une révision de la Constitution allant
dans ce sens.



Dans l’immédiat,
tous ceux qui rêvaient qu’au 31 décembre prochain, à l’expiration du délai
accordé par l’accord de la Saint Sylvestre, s’ouvrirait une « transition sans
Kabila » ne cachent pas leur déception : Mme Haley, à l’issue d’une rencontre
avec la Commission électorale indépendante, a déclaré que les élections devaient
être organisées en 2018, et que toutes les parties devaient s’y impliquer.
Autrement dit, elle semble avaliser les arguments techniques présentés par
Corneille Nangaa, le président de la CENI, qui avance que, malgré les progrès
dans l’enrôlement des électeurs, il sera impossible, cette année encore,
d’organiser le scrutin dans des conditions acceptables. De la même manière, Mme
Haley ne semble pas souscrire à l’idée d’un effacement du chef de l’Etat en
janvier prochain, d’autant plus que la Constitution prescrit que le président
peut rester en fonctions jusqu’à l‘entrée en fonction de son successeur élu.
Cette prudence ne devrait pas étonner : avant de revenir à Kinshasa, Mme Haley,
visitant les camps de déplacés au Nord Kivu, avait mesuré les effets de la
guerre. En outre, sinon surtout, représentant une administration pour laquelle
l’Afrique n’est pas prioritaire et qui souhaiterait réduire les effectifs et le
budget de la Monusco, elle ne semble pas avoir souscrit à l’hypothèse de la
mise à l’écart de Kabila le 31 décembre prochain. On peut gager que ce dernier
s’est efforcé de démontrer qu’il demeurait aux commandes de l’Etat et en
particulier de l’armée et de la police et qu’il a tenté de convaincre
l’Américaine du fait que son éviction par une opération « magique » ou violente
représenterait un saut dans l’inconnu. 

Ce petit ballon d’oxygène accordé au régime est-il pour autant un gage de
pérennité ? En réalité, rien n’est moins sûr : on ignore ce que l’envoyée
spéciale du président Trump a réellement déclaré dans le secret des entretiens
privés et pas plus qu’on ne connaît les conclusions tirées de l’état de
délabrement du pays et de la montée de la violence… 

Mais surtout, une inconnue de taille échappe à l’analyse : loin des salons où
se rencontrent les diplomates, loin des tractations entre politiques de tous
bords, qu’ils appartiennent au pouvoir ou à l’opposition, d’autres forces
apparaissent et se montrent étrangement confiantes. C’est le cas du mouvement
citoyen « Telema Ekoki » (cela suffit). Dans la discrétion la plus totale, nous
avons rencontré deux de ses cadres, un médecin et un économiste, âgés d’une
trentaine d’années, qui ont bombardé Mme Haley de documents explicitant leur
antienne : « nous voulons un nouveau président maintenant ». 

Affirmant disposer d’un vaste réseau de partisans, fonctionnant en cellules
cloisonnées, les porte parole de Telema Ekoki assurent miser sur la «
conscientisation « du peuple et ils reprennent le mot d’ordre adressé par
l’Eglise à ses fidèles « prenez vous en charge ». Leur analyse est la même que
celle des mouvements Lucha et Filimbi : le pouvoir de Kabila est discrédité, il
est la cause des blocages et la classe politique dans son ensemble doit être
renouvelée. La veille de notre entretien, Pierre Lumbi, président du
Rassemblement de l’opposition, songeant à la Marche des chrétiens de 1992 nous
avait assuré que deux millions de manifestants pourraient, le jour venu,
paralyser Kinshasa. Telema Ekoki confirme : « c’est faisable. Mais nous ne
connaissons ni le jour ni l’heure. »



« Une répression systématique et sans complexe contre les journalistes »


Christophe RIGAUD – Afrikarabia – le 01 Novembre
2017



Les atteintes à la
liberté de la presse ont connu un pic sans précédent cette année en République démocratique
du Congo (RDC), selon Journaliste en Danger (JED). Une situation qui ’aggrave à
mesure que le pays s’enfonce dans une crise politique profonde.



2017 a encore été
une année noire pour les journalistes en RDC. L’ONG congolaise Journaliste en
Danger a recensé 121 cas de violation de la liberté de l’information, contre 86
l’année précédente. Pour expliquer cette répression accrue sur les
journalistes, JED dénonce une grave crise politique et sécuritaire depuis le
report de l’élection présidentielle et la fin du mandat du président Kabila en
décembre 2016. Une crise que l’opposition congolaise estime « instrumentalisée
» par Joseph Kabila pour se maintenir au pouvoir. Les mobilisations populaires
pour demander le départ du président congolais ont toutes été réprimées dans la
violence par les forces de sécurité.



Des médias muselés  

Les manifestants ne sont pas les seuls à être victimes de la police congolaise,
les journalistes sont également devenus des cibles de choix. A Goma, dans la
province du Nord-Kivu, trois journalistes de Pole FM, Radio Okapi (la radio
onusienne) et Picture Tank ont été physiquement agres­sés, le12 avril 2017, par
un officier de la police natio­nale congolaise alors qu’ils couvraient une
manifestation pacifique organisée par le mou­vement citoyen « Lutte pour le
Changement » (LUCHA). « En dépit des dénonciations, l’officier n’a jamais été
inquiété » se désole Journaliste en Danger. A Kinshasa en mai 2017, c’est une
équipe de correspondants de TV5 monde qui a été « sérieusement violentée par un
groupe d’éléments de la police qui ont, par la suite, confisqué leurs
maté­riels ». 

Certains médias font également les frais de cette répression tout azimut contre
la presse. A l’Est du pays, Radio Moto Butembo Beni « a été pillée et saccagée
par un groupe de militaires des FARDC qui ont emporté tous le matériel relais
de ce média ». Des organes de presse réputés proches d’opposants au président
Kabila ont été fermés ou inquiétés par les services de l’Etat. Les médias
internationaux ont également été touchés par la censure. Le signal de Radio
France International (RFI) a été coupé le 5 novembre 2016 dans tout le pays. Si
les émissions ont été rétablies deux jours plus tard à Lubumbashi, le média est
resté inaccessible à Kinshasa pendant près… de neuf mois ! Même punition pour
Radio Okapi, toujours le 5 novembre 2016, son signal a été brouillé par les
autorités congolaises. Un brouillage des émissions qui correspondait avec des
manifestations organisées par l’opposition pour protester contre le report de
l’élection présidentielle.



« Un système de répression
mis en place par les autorités » 

L
es réseaux sociaux ne sont pas en reste : les
compagnies de télécom­munications ont reçu, le 14 décembre 2016, une lettre de
l’Autorité de Régulation des Postes et des Télécommunications (ARPTC) leur
intimant l’ordre « de bloquer l’accès aux réseaux sociaux à partir du 18
décembre 2016 à minuit, et de suspendre l’accès à internet si le blocage ciblé
n’était pas pos­sible ». Idem le 7 août 2017, où l’ARPTC a demandé aux
opérateurs de « prendre des mesures techniques préventives susceptibles de
réduire au strict minimum la capacité de trans­mission des images ». « Une
de­mande formulée la veille d’une grande marche de l’oppo­sition » souligne
Journaliste en Danger. 

Selon l’ONG, « la montée en force des cas d’attaques et des violences
enregistrées cette année, de même que l’impunité dont jouissent des personnes
identifiables qui s’en prennent aux journalistes et aux médias, font partie
d’un système de répression mis en place par les autorités congolaises, et qui
vise à empêcher les journalistes nationaux et étrangers d’être des témoins
gênants de la dérive autoritaire qui s’installe petit à petit dans le pays ».
Une répression qui devient « systématique et sans complexe ». Journaliste en
Danger demande à la communauté internationale « d’accentuer les pressions sur
le gouvernement congolais, et d’envisager des sanctions ciblées contre les
responsables des exactions contre la presse ».



La province du Tanganyika est
au bord d’un désastre mortel


Norwegian Refugee Council – le 01 novembre 2017



 Plus d’un demi-million de personnes dans la
province du Tanganyika – soit une personne sur cinq – ont fui leurs maisons à
cause des violences intercommunautaires au cours de 15 derniers mois, alerte
Norwegian Refugee Council (NRC) ce mercredi 1er novembre dans un communiqué.



D’après les
données du NRC, la majorité des familles sont hébergées dans les zones de
Kalemie et Nyunzu. L’ONG constate aussi que plus de 80% de personnes hébergées
dans des sites de déplacés, évaluées par NRC au cours des deux dernières
semaines au Tanganyika, n’ont pas accès à l’eau potable et trois personnes sur
quatre n’ont pas accès aux latrines. 

“La province du Tanganyika est au bord d’un désastre mortel. Ce cocktail
catastrophique est sur le point de sauter. La crise du Tanganyika est une crise
oubliée (…) Les familles que j’ai rencontrées dans la ville de Kalemie
survivent dans des conditions inhumaines. On m’a parlé d’un homme qui s’est
noyé quand de fortes pluies ont inondé son abri sans toit. Beaucoup de parents
dorment debout ou restent éveillés pour éviter le même sort. Il est
inconcevable que les personnes vivent comme ça « , a déclaré Ulrika Blom, chef
de mission de Norwegian Refugee Council (NRC) en République démocratique du
Congo. “ 

NRC annonce une intervention d’urgence de deux mois sur le terrain et exhorte
aussi aux autres organisations d’aide à agir maintenant. Ulrika Blom, qui
regrette que la crise du Tanganyika passe sous silence, estime que les besoins
prioritaires sont basiques,

“La situation au Tanganyika est vraiment épouvantable et personne n’en parle”,
a dit Blom. “La priorité numéro un est de fournir aux communautés des abris, de
l’eau potable et des installations sanitaires. Ne pas répondre à ces besoins
maintenant aura un effet boule de neige. Nous devons agir aujourd’hui avant que
nous ne soyons confrontés à des décès évitables.”  

Près de 500.000 personnes sont déplacées dans le Tanganyika. Certains avaient
fui les violences dans la région du Kasaï et d’autres les violences
communautaires. Les rapports entre pygmées et bantous sont tendus depuis
plusieurs décennies mais les affrontements entre ces deux communautés ont pris
de l’ampleur à partir de 2013. Le 24 février dernier, sous la médiation des
autorités congolaises, les deux communautés avaient signé un pacte pour une
cohabitation pacifique. Selon un décompte de l’ONU en février dernier, les violences entre ces deux communautés ethniques
ont fait plus de 150 morts et plus de 205 blessés.



RDC/déplacés: «les besoins
humanitaires sont au-delà de nos capacités actuelles»
 

Sonia Rolley – Rfi – le 01 novembre 2017



En RDC, pourquoi
malgré les appels à l'aide, la situation humanitaire ne s'améliore pas au
Tanganyika ? Pour en parler, Yvon Edoumou, porte-parole du bureau de
coordination des affaires humanitaires de l'ONU, Ocha, est l'invité Afrique
soir.



« Je pense
qu’aujourd’hui pour cette année 2017, un des plus grands défis que nous avons,
c’est un défi financier. Nous sommes en ce moment à près de 32% de financement
sur les 812 millions que nous avions demandés à nos partenaires internationaux.
Et aujourd’hui 1er novembre, 10emois de l’année, on est à 32%. Quand on prend
les 10 dernières années, cette année c’est le niveau d’argent le plus bas qu’on
ait jamais reçu. »



Et pourtant, vous faites face à beaucoup plus de défis ? 

« Effectivement, nous avons un niveau de financement beaucoup plus bas,
mais aujourd’hui toutes les statistiques sont très alarmantes. En ce qui
concerne le nombre de personnes déplacées, nous sommes à 3,9 millions de
personnes, c’est quasiment la population de certains pays africains, ce qui est
énorme comme chiffre. Il y a un an, en septembre 2016, nous étions à 1,9
million de personnes déplacées. Cette augmentation dans les chiffres fait
qu’aujourd’hui, beaucoup plus d’acteurs humanitaires, tant du côté des Nations
unies que des ONG, doivent faire plus d’effort, déployer plus de personnel afin
de répondre à tous ces besoins.  

On a des maladies aujourd’hui, avec une grosse flambée des cas de choléra cette
année, en ce qui concerne la malnutrition, c’est très inquiétant notamment pour
les enfants… »



Sur le cas du Tanganyika, 80% des déplacés n’ont pas accès à l’eau, 75%
n’ont pas accès à des latrines. Ce sont des conditions de vie qui sont décrites
comme horribles par les ONG qui travaillent dans cette province
...  

« Ce sont des conditions qui sont horribles, qui sont pénibles parce que, une
fois de plus, avec le peu d’argent que nous avons, nous ne pouvons que faire
autant. Même si justement, on est face à des besoins humanitaires qui sont
au-delà de nos capacités actuelles. »



Mais on sait aussi que dans le Tanganyika, les autorités ne veulent plus
de ces camps de déplacés et qu’ils limitent aussi les possibilités de donner de
l’aide.  

« Les discussions sont en cours avec les autorités
depuis plusieurs semaines pour effectivement respecter l’autorité de l’Etat
congolais et des autorités officielles. Nous sommes au Congo, c’est leur pays,
nous sommes ici sur invitation de ces autorités, mais il faut aussi reconnaître
qu’il y a des règles et des normes en matière d’actions humanitaires. Il y a
des principes, il faut s’assurer que le bien-être des personnes qui sont dans
le besoin est garanti via l’action que nous pouvons apporter. »



Le Tanganyika menacé par «un désastre mortel»  

« La province du Tanganyika est au bord d'un
désastre mortel ». Les mots sont durs, ils sont de la chef de mission du
Conseil Norvégien pour les Réfugiés. Elle se trouve à Kalémie, la capitale
provinciale où malgré les mois qui passent, les populations déplacées restent
pour ainsi dire livrées à elles-mêmes. 80 % n'ont toujours pas accès à de l'eau
potable. Les 3/4 sont privés de latrines et faute ne serait-ce que de bâches
pour s'abriter, la plupart dorment dans des cabanes en paille qu'ils ont
eux-mêmes construites, entassés les uns sur les autres.



Affaire des enfants violés de Kavumu
: un procès, enfin -
 

Communiqué de presse – le 02 novembre 2017



Veuilles prendre connaissance du document annexé.



Le Centre Carter publie un
rapport exhaustif sur la société minière étatique du Congo et ses partenaires
d’investissement  

ATLANTA – le 03-11-17



(Le texte intégral
de ce rapport peut être téléchargé à l’adresse
http://www.congoforum.be/fr/economiedetail.asp?subitem=31&id=209206&economie=selected )



Le Centre Carter
publie aujourd'hui la première partie d'un rapport exhaustif intitulé Affaire
d’État. Ce rapport représente l'aboutissement de plusieurs années de recherches
sur les pratiques contractuelles et financières de la société minière étatique
de la République Démocratique du Congo, la Gécamines, et ses partenaires
d'investissement les plus importants.  

L'analyse repose sur 200 entretiens, un examen de plus de 100 contrats miniers,
au moins 1000 documents d'entreprise, ainsi que sur les rapports de
l'Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives couvrant la
période 2007-2014. 

 La première partie détaille comment
Gécamines, l’entreprise étatique responsable de secteur du cuivre au Congo,
fonctionne en tant que État parallèle. Cette partie documente comment Gécamines
a pu utiliser sa position privilégiée pour générer 1,1 milliard de dollars US à
partir de transactions de cuivre et de cobalt entre 2011 et 2014. Environ deux
tiers de ces recettes - soit 750 millions de dollars - ne peuvent pas être
retracés de manière fiable dans les registres de l’entreprise. Le rapport tire
les principales conclusions suivantes:  

 Le contrôle des meilleurs permis
miniers du pays a permis à la Gécamines d'être le principal gardien des mines
les plus convoitées du Congo au cours des deux dernières décennies. Une analyse
détaillée des données du Cadastre Minier montre que la société détient encore
environ 100 permis d'exploitation, au-delà des limites prévues dans le Code
Minier congolais, ce qui permettra vraisemblablement à la Gécamines de
conserver ce statut de gardien principal du secteur minier. 

 Cette position privilégiée a permis à
Gécamines de générer des revenus considérables par le biais de ses
partenariats, en moyenne 262 millions de dollars US par an en royalties, bonus
et autres frais contractuels durant la période 2009-2014. Ces revenus ne sont
pas destinés au trésor public et sont largement hors du contrôle public. 

 Bien que la Gécamines ait affirmé que
ces revenus contribueraient à la relance prévue de la production minière, en
pratique, ils semblent principalement avoir été utilisés à d'autres fins. Près
des deux tiers des 1,1 milliard de dollars auxquels la société avait
contractuellement droit entre 2011 et 2014 ne peuvent être retracés de manière
fiable dans les registres de la Gécamines. Cela soulève d'importantes questions
quant à la destination réelle des revenus de la Gécamines. 

 Avant les élections de 2006 et de
2011, les transactions par les sociétés minières étatiques se sont accélérées,
générant des recettes importantes que se sont avérées difficiles à retracer.
Étant donné que le pays se trouve actuellement dans une période au courant de
laquelle des élections critiques devraient avoir lieu, les conditions sont
réunies pour de nouvelles ventes non déclarées et pour d’éventuels détournements
de fonds. Il est troublant que Gécamines ait refusé de publier des contrats
pour plusieurs transactions minières qui pourraient avoir générées plus d'un
demi-milliard de dollars en 2016-2017. Bien que la RDC soit riche en ressources
naturelles, ses habitants sont parmi les plus pauvres du monde. Malgré des
milliards de dollars d'investissements privés dans le secteur extractif, les
bénéfices ont jusqu'ici généré des retombées publiques limitées. Le rapport du
Carter Center présente des recommandations visant à améliorer la transparence
et la responsabilité de la Gécamines afin que l'entreprise contribue davantage
au développement de la RDC et au bien-être du peuple congolais. 

"La RDC a le potentiel de surmonter l'héritage de mauvaise gestion et de
corruption qui sévit dans ses industries extractives", affirme l'ancien
président des Etats-Unis, Jimmy Carter, dans l'avant-propos du rapport.
"J'appelle les dirigeants politiques à travailler avec le secteur privé,
la société civile, la communauté internationale et d'autres pour assurer une
gestion responsable des ressources naturelles de la RDC."  

Dans les semaines à venir, le Centre Carter publiera quatre études de cas dans
le cadre d’Affaire d’État, avec une concentration sur certains des projets miniers
les plus importants de la RDC. Ces études illustrent de manière plus détaillée
les tendances globales du secteur et éclaircissent les décisions et les
pratiques qui ont privées la RDC et sa population d’une bonne partie des
retombées découlant des contrats de la Gécamines. 

La traduction française de rapport sera disponible à 18h00 GMT heures à
l’adresse suivante :
www.congomines.org/rapport-gecamines.  Le rapport, ainsi qu'une mine
d'informations sur l'industrie extractive du Congo, seront également
disponibles sur congomines.org. 



La démission du président de
la Ceni réclamée
 

La Libre – le 3 novembre 2017



Quelques semaines
après l’annonce par la Ceni (Commission électorale nationale indépendante)
qu’il est impossible de tenir les élections – dues pour 2016 – avant avril 2019
au plus tôt, les voix commencent à s’élever, parmi les Congolais, pour demander
la démission du président de cet organe puisqu’il est incapable d’effectuer son
travail. 

Le blog du journaliste Jean-Cornelis Nlandu-Tsasa rappelle ainsi qu’après avoir
échoué à organiser les élections en 2016, la Ceni devait les organiser pour «
au plus tard le 31 décembre 2017 » et que le président de la Ceni, Corneille
Nangaa, estime à présent « sans rire qu’il lui faudra 504 jours après
l’enrôlement » des électeurs, toujours en cours. Et que M. Nangaa ajoute « sans
gêne »: « Et encore, on ne saura que plus tard si les 504 jours sont suffisants
».  

Lundi dernier, l’ONG de défense des droits de l’homme La Voix des Sans Voix,
avait déjà exigé la démission de Corneille Nangaa, incapable de « garantir des
élections apaisées tant attendues par la population ». De telles élections,
argumente la Voix des Sans Voix, ne sont possibles que si toutes les parties
font confiance à la Ceni et à son président – alors que, précisément, cette
confiance n’existe plus, au point d’apparaître, écrit l’agence de presse APA,
qui rapporte les déclarations de l’ONG, comme « une institution d’appui à la
Majorité présidentielle » plutôt qu’à la démocratie comme l’exige la
Constitution. 

Le blog de notre confrère souligne que les sénateurs congolais touchent « 7200
dollars par mois, mieux que les députés français (5200 euros) », pour en
conclure que l’absence d’élections arrange bien ceux qui s’accrochent ainsi aux
postes de pouvoir. 



750 millions de dollars se
sont « volatilisés » à la Gécamines, selon le Centre Carter 

Jeune Afrique - le 03 novembre 2017



Selon un rapport
dévoilé ce vendredi, la société congolaise d'exploitation du cuivre et du
cobalt agirait en véritable « État parallèle » en RDC, négociant les permis
avec les autres miniers et opérant sans aucune supervision des institutions
d'État.



Le Centre Carter,
ONG créée en 1982 par l’ancien président américain Jimmy Carter, a rendu
publique ce vendredi la première partie d’un rapport sur les pratiques
contractuelles et financières de la Gécamines, la société d’État qui exploite
cuivre et cobalt en RDC. « Alors le code minier de 2002 avait pour objectif de
casser le monopole de la Gécamines, celle-ci est au contraire devenue le
véritable gardien des ressources minières de la RDC », estiment les auteurs de
« La privatisation des concessions de cuivre du Congo : une affaire d’État ».  

En effet, la Gécamines ayant été autorisée à conserver ses meilleurs permis, «
la plupart des investisseurs ont préféré négocier avec la société d’État pour
bénéficier de ces ressources, plutôt que se lancer dans un processus
d’exploration plus incertain », poursuit le Centre Carter.  

Selon les contrats que les enquêteurs ont pu étudier, les joint-ventures ainsi
noués ont permis à la Gécamines de générer en moyenne 262 millions de dollars
(225 millions d’euros) par an entre 2009 et 2014, soit 1,5 milliards de
dollars. Une manne dont seulement 5 % a été reversée au Trésor national sous
forme de taxes et d’avances sur dividendes.



Des fonds transférés
au groupe de Dan Gertler 

Le rapport fait également état de sommes «
disparues », pour un montant de 750 millions de dollars sur la période
2011-2014, « dont une partie a été transférée vers une des plus proches
relations d’affaires du président, le Groupe Fleurette, de Dan Gertler, en
remboursement d’un prêt. L’opacité de la gestion financière de la Gécamines,
ainsi que la faiblesse de sa production officielle, alimentent la spéculation
sur la possibilité d’un détournement des revenus de l’entreprise au profit d’un
petit nombre d’acteurs politiques ». Ce chiffre concorde avec celui avancé en
juillet par l’ONG Global Witness, dont l’étude portait sur la période
2013-2015. 

Outre ces question financières, le Centre Carter dénonce aussi le jeu
trouble de la société, qui a officiellement perdu son statut d’entreprise
publique, « mais se sert de son caractère quasi-public pour obtenir des
privilèges que ne peuvent avoir les sociétés privées ». la Gécamines peut ainsi
transformer ses permis de recherche en licences d’exploitation, sans remplir
les prérequis financiers, techniques et environnementaux exigés par la loi, «
ce qui lui a permis d’amasser près de deux fois plus de permis que ce que
prévoit le code minier »  La
Gécamines, en tant qu’entreprise publique, peut percevoir des aides émanant
d’institutions financières internationales officiellement destinées aux «
gouvernements africains ». En revanche, « elle invoque son statut d’entreprise
privée pour échapper à la supervision du gouvernement et parer aux questions
quant-à ses pratiques contractuelles, ses revenus et ses dépenses », notent les
auteurs, qui recommandent une plus grande transparence et une application plus
stricte du code minier. 

Jeune Afrique a essayé sans succès de joindre le président du conseil
d’administration de la Gécamines, Albert Yuma Mulimbi, pour l’interroger sur ce
rapport. De même, notre courrier électronique adressé au service communication
de l’entreprise est resté lettre morte à l’heure où nous publions cet article.



Gécamines, où sont passés les
millions : les détails du rapport


Marie-France Cros - La Libre - le 3 novembre 2017



Le Centre Carter a
publié ce 3 novembre la première partie d’un rapport sur la Gécamines, société
minière publique congolaise, et sur ses principaux partenariats
(https://afrique.lalibre.be/10520/ou-sont-passes-les-millions-de-la-gecamines/),
qui cherche à établir ce qu’il est advenu de l’argent engrangé par
l’entreprise. Le rapport raconte l’histoire de la Gécamines, société publique
sous Mobutu devenue entreprise commerciale appartenant à l’Etat sous Joseph
Kabila. Sur pression de la Banque mondiale, un Code minier est adopté en 2002,
dans le but de mettre fin à la fois au monopole de l’Etat congolais sur les
ressources minières et aux pratiques de vente à bas prix à des chevaliers
d’industrie prêts à aider des politiciens en poste au Congo, pratiques
inaugurées sous Mobutu et qui ont surtout fleuri sous le règne de Laurent
Kabila (1997-2001).



La Gécamines
contrôle les meilleurs permis
 

Profitant d’une disposition spécifique du Code minier, la majorité des
entrepreneurs privés ont cependant préféré acheter à la Gécamines des
concessions aux ressources avérées plutôt que d’acquérir auprès de l’Etat
congolais des permis d’exploration aux résultats incertains. Comme elle
contrôle les « meilleurs permis », l’entreprise publique s’est ainsi retrouvée dans la position de gardien des « actifs
miniers les plus désirables du Congo », rôle légalement dévolu au Cadastre
minier, indique le rapport. 

Or, souligne le Centre Carter, la Gécamines joue sur le fait qu’elle est
devenue une société commerciale pour ne plus rendre compte au parlement. Mais,
en même temps, elle bénéficie de privilèges de société publique. Par exemple,
indique le rapport, elle a pu transformer ses permis d’exploration en licences
d’exploitation sans remplir les prérequis en matières financière, technique et
environnementale exigés par la loi – ce qui lui a donné accès à 96 permis
d’exploitation au lieu du maximum de 50 autorisé par le Code minier. En outre,
elle a reçu une aide légale gratuite normalement réservées aux « gouvernements
africains » de la part d’institutions financières internationales. Enfin, le
président Joseph Kabila a signé « de multiples lois protégeant la Gécamines de
la faillite », lois inaccessibles aux sociétés commerciales privées.



Deux tiers de ces
revenus sont intraçables  

Selon le rapport, la Gécamines a utilisé cette
position privilégiée pour générer 1,1 milliard de dollars de contrats portant
sur le cuivre et sur le cobalt entre 2011 et 2014. « Près des deux tiers de ces
revenus – ou 750 millions de dollars – ne peuvent être tracés jusqu’à ses
comptes en banque de manière fiable », indique le Centre Carter. Celui-ci a
retrouvé la trace de certains de ces fonds, « détournés vers l’une des plus
proches connexions d’affaires du Président, le groupe Fleurette de Gertler,
pour rembourser un prêt. Mais le gros des revenus manquants n’a pas pu être
retrouvé » 

Et le rapport – qui souligne les « anomalies » existant dans les livres de
comptes de la société congolaise – d’ajouter: « L’opacité continue des dépenses
de la Gécamines, couplée à sa maigre production, a nourri des supputations
selon lesquelles ses revenus ont été siphonnés pour bénéficier à un petit
nombre d’acteurs politiques clés. Dans ce sens, la Gécamines n’agit plus comme
un Etat dans l’Etat », comme c’était le cas sous Mobutu, quand elle fournissait
à ses travailleurs logement, nourriture, soins de santé et écoles, mais plutôt
comme « un Etat parallèle, opérant au-delà de la portée des institutions
régulières et de la surveillance de l’Etat, capable d’accorder des actifs
miniers, de collecter un revenu significatif et de déterminer comment canaliser
ces fonds ».



Participations et
droits de passage
 

La Gécamines possède par ailleurs des
participations minoritaires dans une vingtaine de partenariats. Bien que le
patron de la Gécamines, Albert Yuma – très proche du président Joseph Kabila –
ait assuré en 2015 que les partenariats avaient rapporté « absolument rien » à
l’entreprise congolaise, celle-ci, indique le Centre Carter, en a généré des
revenus qui ont atteint « en moyenne 262 millions de dollars par an en
royalties, bonus et autres frais contractuels entre 2009 et 2014 ». Mais «
seuls 5% de ces revenus ont pris le chemin du Trésor public ». Et de
s’inquiéter de nouvelles ventes possibles dans les prochains mois, alors que la
RDC est susceptible d’entrer en campagne électorale et que ses dirigeants vont
avoir besoin d’argent.  

De plus, la Gécamines a évoqué à cinq reprises au moins un « droit de
préemption » sur la revente des actifs d’un partenaire à une troisième partie.
Normalement, ce droit permet à un des partenaires de racheter la part de
l’autre au prix proposé par la tierce partie. Mais la Gécamines est incapable
de racheter elle-même; elle a alors bloqué la conclusion de ces contrats si on ne
lui payait pas une somme substantielle. De facto, elle a transformé ce « droit
de préemption » en droit de passage prélevé sur le nouveau contrat. Les paiements réclamés dans ce cadre par la
Gécamines ont atteint jusqu’à 130 millions de dollars, indique le Centre
Carter. Ce droit de passage n’est cependant pas appliqué à des sociétés liées à
Dan Gertler, proche ami du président Joseph Kabila.  

Enfin, la Gécamines revend ses propres participations minoritaires dans des
partenariats; elle a tenté au moins une opération de ce type chaque année
depuis 2010, indique le rapport.



Aucune relance de
la Gécamines  

La Gécamines a assuré que ces revenus devaient lui
permettre de relancer sa production minière, note le Centre Carter, mais « en
pratique, ils semblent avoir été utilisés principalement pour d’autres
objectifs ». Ainsi, si la production minière totale du Congo a été multipliée «
par 50 entre 2004 et 2014, la production de la Gécamines a stagné aux niveaux
de 2004 après une hausse brève et artificielle en 2012 et 2013 »; la société
congolaise avait en effet présenté comme siennes des productions réalisées par
d’autres entreprises, indique le rapport. Et si le patron de la Gécamines,
Albert Yuma, a annoncé en 2014 une production de « 50.000 tonnes » de cuivre
avant la fin 2015 (après avoir annoncé en 2012 « 100.000 tonnes » pour cette
date), la production n’a pas dépassé 17.827 tonnes en 2015 et a encore baissé
en 2016. Cette année-là, il a promis « 50.000 tonnes » pour 2017, mais les
informations de La Libre Afrique indiquent que la Gécamines n’en prend pas le
chemin. 

La Gécamines n’a pas non plus utilisé ces revenus pour payer les salaires de
ses travailleurs, qui se plaignent d’arriérés.



Jean-Claude Mokeni : « Les
élections, c’est le vrai troisième dialogue attendu en RDC »  

Trésor Kibangula – Jeune Afrique – le 03
novembre2017.



Tête-à-tête entre
Nikki Haley et Joseph Kabila, processus électoral en panne, rapports avec les
pays voisins... Jean-Claude Mokeni, président de la commission des Affaires étrangères
du Sénat congolais, revient pour Jeune Afrique sur les derniers rebondissements
politiques en RDC.



Qui a dit des
métis qu’il ne s’en trouvait que dans le camp anti-Kabila ? Cadre de la
première heure du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie
(PPRD), formation politique du chef de l’État congolais, Jean-Claude Mokeni, 46
ans, fourbit toujours ses armes pour le camp au pouvoir. Fils de métis, il
refuse toutefois de montrer qu’il a été touché par la récente polémique sur une
prétendue « République des métis » déclenchée dans le pays après les propos
d’un conseiller du président de la République au quotidien français Le Monde. «
Nous ne sommes plus à l’époque de la ségrégation ou de l’apartheid pour arguer
du fait d’appartenance à une race pour disqualifier les uns et les autres à
pouvoir briguer un poste », lâche tout de même le sénateur du Bas-Uélé, dans le
nord-est de la RDC.  

Depuis 10 ans, Jean-Claude Mokeni préside la commission des Affaires étrangères
du Sénat congolais où, affirme-t-il, il n’a cessé de faire « la promotion de
l’émergence des organisations régionales et sous-régionales » dans la recherche
des solutions aux crises du continent. Une démarche qu’a fait sienne Léonard
She Okitundu, ancien membre de ladite commission, dès sa nomination à la tête
de la diplomatie congolaise. Si la stratégie paraît payante en Afrique, elle
n’infléchit guère les positions des autres partenaires non africains de la RDC.
En témoignent notamment les propos musclés envers Kinshasa tenus régulièrement
par Nikki Haley, représentante américaine aux Nations unies.



Jeune Afrique : Rien n’a filtré des deux heures de tête-à-tête entre la
diplomate américaine Nikki Haley et le président congolais Joseph Kabila fin
octobre à Kinshasa. L’envoyée spéciale de Donald Trump a tout de même martelé
que les élections doivent se tenir en 2018. Comment avez-vous reçu, au sein de
la Majorité présidentielle (MP), cette déclaration ?  

Jean-Claude Mokeni : À ce jour il n’y a eu aucun
communiqué sanctionnant quelque point que ce soit de la visite de Nikki Haley
en RDC. Les médias ne font que reprendre ses propos tenus à la sortie de son
entretien avec les membres de la Commission électorale nationale indépendante
(Ceni). Mais il faut savoir que, dans le langage électoral, organiser les
élections en 2018 ne veut pas dire tenir les scrutins en 2018. Car organiser
les élections implique les opérations électorales : la publication des listes
électorales, le dépôt des candidatures… Un calendrier électoral va bientôt après
publié dans ce sens. Et chez nous, l’organisation des élections, ce n’est pas
une compétence du président de la République mais celle de la Ceni.



" En l’état actuel de la Constitution, Joseph Kabila ne peut pas se
représenter. Sa famille politique a-t-elle enfin trouvé son candidat à la
présidentielle à quelques jours de la publication du calendrier électoral ?  

Nous sommes prêts. Depuis janvier, la MP a lancé sa
centrale électorale. C’est un message destiné à ses membres mais aussi à la
population pour qu’ils se préparent aux élections. Dès que les dates seront
connues, nous tiendrons un grand congrès qui désignera notre candidat président
de la République. Mais avant la publication du calendrier électoral, il est
prématuré que la MP puisse commencer à convoquer le congrès. Ce serait mettre
la charrue avant les bœufs.



En attendant, comment se sent-on dans la peau d’un sénateur toujours en
place alors que son mandat a expiré depuis plus de six ans ?
 

Nuance : mon mandat n’a pas expiré, il est arrivé à
terme avec la législature de 2011 qui devait connaître logiquement des
élections au niveau local, municipal et provincial pour renouveler le Sénat.
Malheureusement, suite à des problèmes de contestation du système électoral de
2011, nous sommes toujours en train d’exercer notre mandat légitime en
attendant que les élections puissent être organisées au niveau provincial afin
de pouvoir élire de nouveaux sénateurs.



S’il faut organiser les élections au-delà de 2017, il faudrait passer
par une « transition sans Kabila », réclament certains. Que répondez-vous à
cette exigence commune du Rassemblement de l’opposition et de plusieurs
mouvements citoyens congolais ? 
L’opposition congolaise détient le plus grand ministère qui n’est pas au
gouvernement : celui de la parole. Elle peut dire ce qu’elle pense. Nous sommes
en démocratie. Celle-ci est bipolaire entre une majorité et une opposition :
quand l’une s’exprime, l’autre peut la contredire.



À Kinshasa, certains appellent à de nouvelles négociations pour sortir
de la crise. Pour vous, un troisième dialogue est-il aujourd’hui envisageable ?
 

L’année dernière, je m’étais trompé en affirmant
qu’il n’y aurait pas de deuxième dialogue après celui de la Cité de l’OUA. Car,
sensible à l’unité du pays et à question de l’inclusivité, le président Kabila
avait décidé de donner à la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) la
possibilité d’organiser de nouveaux pourparlers. Mais en tant qu’acteur
politique, j’estime que les élections, c’est le vrai troisième dialogue attendu
dans le pays. Elles nous permettront d’avoir un nouveau président de la
République élu et des institutions nouvelles. Pas de place pour des acteurs qui
rêvent de nomination afin d’être désigné président d’une hypothétique
transition ou membre d’une assemblée constituante alors que la Constitution
reconnaît les institutions en place.



Sur le plan régional, les rapports de la RDC avec certains de ses
voisins de l’Est demeurent compliqués, surtout en ce qui concerne le
rapatriement des ex-rebelles congolais du Mouvement du 23-Mars (M23) qui ont
trouvé refuge au Rwanda et en Ouganda…  

Sur le plan factuel, nos rapports sont tout à fait
cordiaux. Il y a eu plusieurs tripartites entre la RDC, le Rwanda et l’Ouganda
sur cette question. Et l’accord-cadre d’Addis-Abeba assigne à chacun de nos
États des droits et des devoirs. Maintenant il faut, lors de l’évaluation de la
feuille de cet accord régional, que nous parvenions à relever le pays qui a
rempli, ou pas, ses engagements.



Des voix se sont levées pour dénoncer la désignation de la RDC comme
membre du Conseil des droits de l’homme des Nations unies. Comprenez-vous ces
critiques ?  

Ces critiques sont surtout le fruit d’une
désinformation. Pour nous, cette élection de la RDC démontre que l’Afrique peut
s’exprimer d’une seule voix. Parce que la candidature de la RDC a été soutenue
par l’UA et ses 57 pays membres contre l’avis de certains États d’autres
groupes continentaux. C’est une victoire de la diplomatie africaine et
congolaise.  

Elle signifie également que ce n’est pas parce qu’il y a des soupçons de
violation des droits de l’homme dans un pays que ce dernier n’est pas éligible
à ce poste. D’autant qu’élire un pays au Conseil des droits de l’homme
permettrait au contraire à ce dernier de mieux appliquer les prescrits
garantissant les libertés fondamentales de chacun et, peut-être, éviterait la
contestation de certains rapports sur le pays ».



La société civile se dit prête
à prendre la relève  de Kabila
 

Le Figaro – le 04 novembre2017



La société civile
est en mesure d'assurer l'après-Kabila en République démocratique du Congo, a
estimé aujourd'hui Justine Masika Bihamba, fondatrice de l'organisation
Synergie des femmes, qui demande également à la mission de l'ONU de faire
davantage pour la sécurité. La tension politique est vive en RDC en raison du
maintien au pouvoir du président Joseph Kabila dont le mandat a expiré depuis
fin 2016. Des élections devaient se tenir avant fin 2017 mais la
non-publication d'un calendrier électoral rend impossible leur tenue avant la
fin de l'année. 

Les Etats-Unis ont récemment exigé un scrutin en 2018 alors que l'année 2019 a
été récemment évoquée dans le pays. La Constitution interdit à Kabila de se
représenter mais la justice l'a autorisé à rester à la tête du pays jusqu'à
l'élection de son successeur. "Kabila doit partir. Il ne se préoccupe pas
du peuple" et "la société civile est en mesure" d'assurer la
relève, a affirmé Justine Masika Bihamba, venue à New York rencontrer des responsables
des Nations unies et des entreprises caritatives pouvant contribuer à financer
les différents projets de Synergie des femmes.  

Soutenu par l'ONG américaine Donor Direct Action, cet organisme est une
plate-forme regroupant 35 organisations féminines avec 65 représentantes dans
les 26 provinces que compte la RDC. Il intervient dans plusieurs domaines:
"les conséquences des violences sexuelles, l'exploitation illégale des
ressources naturelles dans les minerais qui alimente les conflits",
"la non-réforme du système de sécurité" et "les coutumes et
traditions qui considèrent la femme comme inférieure à l'homme".  

Dans le domaine sécuritaire, Justine Masika Bihamba considère que les Casques
bleus de l'ONU dans le pays pourraient faire bien davantage "quand on voit
leurs moyens". Ils disposent du droit de recourir à la force et devraient
l'utiliser plus souvent pour lutter contre les groupes armés, selon elle.  

Synergie des femmes travaille aussi au profit de la jeunesse, pour lui
apprendre à lire et à écrire, et tente de rendre les femmes autonomes, via
notamment le commerce informel et le micro-crédit. Des changements de mentalité
sont possibles en RDC, a estimé la responsable en citant des attitudes
positives de certains groupes religieux et chefs coutumiers.



Les déplacés du Tanganyika au
bord du désastre humanitaire en RDC 

Ulrika Blom jointe par Claire Morin-Gibourg - VoA - le 4 novembre 2017



En RDC, plus d’un
demi-million de personnes ont fui les violences dans la province du Tanganyika
au cours de 15 derniers mois, soit un habitant sur cinq. Dans les zones de
Kalemie et Nyunzu, les conditions humanitaires se dégradent rapidement. 

Les personnes déplacées par les violences intercommunautaires, notamment entre
Pygmées Twa et Bantous Lubas dans la province du Tanganyika, dans l'est de la
République démocratique du Congo, sont confrontées à des conditions de vie
épouvantables, révèle une évaluation réalisée par le Norwegian Refugee Council
(NRC). La majorité des familles sont hébergées dans les zones de Kalemie et
Nyunzu et 80% des déplacés n’ont pas accès à l’eau potable. Les conditions
humanitaires se dégradent à tel point que l’ONU a placé une partie de la RDC
dont le Taganyika en urgence de niveau 3 -l e maximum - au même titre que
l’Irak, la Syrie et le Yémen. 

“La province du Tanganyika est au bord du gouffre, tous les ingrédients d’une
possible catastrophe humanitaire sont réunis", averti sur VOA Afrique
Ulrika Blom, la chef de mission du NRC en République démocratique du Congo. “La
crise du Tanganyika est une crise oubliée dans une crise oubliée”
ajoute-t-elle. 

Le NRC a effectué une évaluation de deux semaines au Tanganyika. Plus de 80%
des personnes s’entassent dans des sites de déplacées et n'ont pas accès à
l'eau potable. Trois personnes sur quatre n'ont pas accès aux latrines. 

“Les familles que j’ai rencontrées dans la ville de Kalemie survivent dans des
conditions inhumaines. On m'a parlé d'un homme qui s'est noyé quand de fortes
pluies ont inondé son abri sans toit. Beaucoup de parents dorment debout ou
restent éveillés pour éviter le même sort. Il est inconcevable que les
personnes vivent comme ça ", témoigne Ulrika Blom.  

L’enquête a révélé l’extrême précarité dans lequel des milliers de familles
vivent, la plupart d’entre eux n’ont pas d’abri. Seul point positif, la plupart
ont des moustiquaires de base pour se protéger pendant cette saison des pluies. 

“La situation au Tanganyika est vraiment épouvantable et personne n’en parle,”
avertit Ulrika Blom. “La priorité numéro un est de fournir aux communautés des
abris, de l'eau potable et des installations sanitaires. Ne pas répondre à ces
besoins aujourd’hui aura un effet boule de neige. Nous devons agir aujourd'hui
pour ne pas être confrontés à des décès évitables.”  

Une crise qui s’ajoute à des besoins déjà immenses : les secteurs de l'eau et
de l'assainissement en RDC ne sont financés qu’à hauteur de 5%. Dans le pays,
8,5 millions de personnes ont besoin d'assistance.  

A la suite de son évaluation, le NRC a lancé une intervention d'urgence
programmée sur deux mois. Le mécanisme d’urgence de niveau 3 lancé par les
nations unies devrait permettre une réponse plus forte, une meilleure
coordination et un financement d'urgence supplémentaire. Pour Ulrika Blom,
cette aide est absolument indispensable dans le Taganyika aujourd’hui.



 



 



 



©
CongoForum, le samedi 4 novembre 2017



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[1] 
Les
fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de
compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes »
qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et
vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de
ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié
les résultats partiels constatés par ses observateurs malgré cette déclaration
du Cardinal Laurent Monsengwo, archevêque de Kinshasa : « Les résultats
publiés ne sont conformes ni à la justice ni à la vérité
“. On n’a donc que
des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de
la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la
présidentielle et des législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des
élections demeureront à jamais inconnus. C’est d’autant plus certain que la
CENI a fait incinérer tous les documents relatifs aux élections de 2006 et 2011
en octobre 2014, soit, en ce qui concerne les plus récents, après un délai de
trois ans seulement, anormalement court pour ce genre d’affaires









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