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13-11-17/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE LUNDI (CongoForum)

En ce lundi 13 novembre 2017, la presse congolaise évoque l’interpellation du premier ministre Bruno Tshibala au Parlement. Un autre sujet que la presse développe est relatif à la rencontre, vendredi dernier, entre le cardinal Laurent Monsengwo et les artistes congolais. Le tout renvoie à la problématique de la « Transition sans Kabila » et aux diverses manœuvres et entourloupettes pour renvoyer les élections à une date qui se situera entre la Saint Glinglin et les calendes grecques, pendant la semaine des quatre jeudis.

Primature

Le Potentiel voit «Bruno Tshibala à la porte de sortie».  
« Le Premier ministre Bruno Tshibala est attendu de pied ferme à la chambre basse du Parlement non pas pour défendre le projet de budget 2017 mais plutôt pour s’expliquer sur le retard accumulé dans la transmission de ce document au Parlement. Son interpellation a été levée par la plénière le week-end passé. Sa tête est mise à prix, sans doute, au nom de l’apaisement et de la décrispation politique de manière à ouvrir la voie vers la formation d’un vrai gouvernement de large union nationale. Cela en application de l’Accord de la Saint Sylvestre. 
La terre est en train de se dérober sous les pieds du Premier ministre Bruno Tshibala. Et c’est à l’Assemblée nationale que se joue l’avenir de celui qui a succédé à Samy Badibanga au n°5 de l’avenue Roi Baudouin dans la commune de la Gombe. La semaine dernière, l’Assemblée nationale a, après échanges à huis-clos, levé l’option sur l’interpellation de Bruno Tshibala en rapport avec le retard qu’il a accumulé dans la transmission au Parlement du projet de budget 2018.  
Bruno Tshibala joue sa survie. Il est désormais sur une chaise éjectable. Il y a des signes qui ne trompent pas. En donnant raison au député national Henri-Thomas Lokondo, auteur de l’interpellation, la chambre basse du Parlement a ouvert une procédure qui pourrait bien s’étendre jusqu’à la déchéance du gouvernement Tshibala. A ce propos, tous les scenarii sont possibles. Il n’est pas évident que le Premier ministre soit sauvé par une motion incidentielle comme c’est devenu la mode imposée par la MP à l’Assemblée nationale.Dans le contexte politique actuel, ses chances de survie fondent comme neige au soleil. 
En effet, la Majorité présidentielle qui l’a toujours porté, après l’avoir débauché dans les rangs du Rassemblement, n’a plus d’estime pour un pion qui ne s’est pas montré à la hauteur. D’ailleurs, en pouvait-il être autrement ? Et dire que la publication, le 5 novembre 2017, du calendrier électoral a fondamentalement changé la donne sur le plan politique. Dans ce nouveau puzzle, Bruno Tshibala ne rentre plus dans le dispositif de la MP. Le retard accumulé par le gouvernement dans la procédure relative au dépôt du projet de budget 2018 est une aubaine pour la MP. 
Quid ? En procédant ainsi, la MP entend jouer à l’apaisement suite aux pressions internes et internationales. Ainsi, le président Joseph Kabila a l’occasion de revenir aux dispositions pertinentes de l’Accord de la Saint Sylvestre qui recommandent, entre autres, la gestion consensuelle de l’après 2016. Pour le moment, il s’agit de recomposer le gouvernement en tendant la main au Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement.  
A tout prendre, Bruno Tshibala est un fusible hors usage. Le retard dans le dépôt du projet de budget 2017 ne sert, de ce point de vue, que de prétexte pour la déchéance du Premier ministre.

L’Assemblée nationale au cœur des enjeux politiques 
A l’Assemblée nationale, l’on est en face d’une pièce écrite d’avance. La MP s’efforce maintenant de colmater les brèches qu’elle a délibérément créées sur la scène politique. La mise à l’écart de Bruno Tshibala sera suivie de l’annonce d’importantes mesures allant dans le sens de la décrispation politique. A ce propos, on s’attend à ce que le dossier Moïse Katumbi, condamné à l’exil par un jugement inique du tribunal de paix de Lubumbashi/Kamalondo, connaisse des avancées significatives, sans compter l’épineux dossier de dédoublement des partis politiques, dont le Rassemblement fait les frais. 
On est donc parti pour une semaine très mouvementée sur le plan politique. Et comme toujours, c’est à l’Assemblée nationale que se régleront dans les tout prochains jours les grands dossiers politiques de l’heure
 ».  

Le Phare renchérit « L’Assemblée nationale joue avec les nerfs de Bruno Tshibala ».
« C’est devenu une tradition. Une bien triste tradition. Chaque année, le gouvernement passe son temps à faire l’école buissonnière en matière d’élaboration du budget de l’Etat et ne se réveille qu’à la fin de l’année pour solliciter des crédits provisoires. 
Cette année, l’Assemblée nationale semble décidée à mettre fin à cette paresse. A l’initiative du député de Mbandaka, Henri-Thomas Lokondo, la chambre basse du Parlement a en effet décidé de demander des comptes au gouvernement pour n’avoir pas déposé dans les délais constitutionnels le projet de loi de finances pour l’exercice 2018. Une défaillance qui tombe sous le coup de l’article 126 alinéa 2 de la loi fondamentale. 
La décision d’interpeller le chef du gouvernement a été prise à travers un vote presqu’à l’unanimité des députés présents dans la salle des congrès, le vendredi 10 novembre dernier au cours de la plénière consacrée entre autres à l’examen de la motion du même député.
En effet, Henri-Thomas Lokondo a fait le constat selon lequel la session de septembre dite budgétaire est en train de cheminer vers la fin – il ne reste qu’une trentaine de jours- sans que le projet de loi de finances de l’exercice 2018 ne soit déposé au bureau de l’Assemblée nationale.
La situation est intolérable dans la mesure où les députés ont été convoqués en session pour traiter essentiellement de cette matière. 
Compte tenu des empoignades ayant accompagné certaines motions récentes, l’élu de Mbandaka a voulu s’assurer que les députés, dans leur majorité, partageaient les mêmes préoccupations au sujet de la gestion du pays. L’interpellation du Premier ministre intervient ainsi comme une nécessité destinée à éclairer les représentants du peuple sur l’incroyable liberté prise par le gouvernement de ne pas se soumettre à une exigence constitutionnelle. Celle-ci, on le sait, fait obligation au gouvernement de déposer au bureau de l’Assemblée nationale le projet de loi de finances de l’année au plus tard le 15 septembre de chaque année (cfr article 126 alinéa 2 de la Constitution).  
Pour Henri-Thomas Lokondo, le non-respect de la date du dépôt du projet de budget du prochain exercice par le Premier ministre, viole également l’article 83 alinéas 3 et 4 de la loi n°11/011 du 13 juillet 2011 relative aux finances publiques qui accorde 40 jours à l’Assemblée nationale et 20 jours au Sénat pour adopter le projet de loi de finances de l’année.
L’option étant levée, il ne reste qu’à fixer le jour où Bruno Tshibala Nzenzhe viendra probablement avec toute son équipe pour s’expliquer sur ce préjudiciable retard dans le dépôt du projet de loi de finances. La République a besoin d’être doté d’un budget consistant et à temps en vue de faire face aux nombreuses exigences, notamment l’épineuse question de l’organisation des élections qui ne peut être réglée avec des crédits provisoires.

Des nerfs solides  
Après maints ratés liés à l’existence de la machine à broyer la démocratie mise en œuvre par la mouvance présidentielle qui casse plusieurs initiatives portant sur le contrôle parlementaire, on espère que les débats seront, cette fois, francs et ouverts. L’initiative de Lokondo devrait en effet permettre aux Congolais d’être informés sur la manière dont le pays est géré et, surtout, de s’assurer que les dirigeants ont effectivement le regard tourné vers l’organisation des élections. 
Conformément aux textes en vigueur, Tshibala Nzenzhe devrait donc s’expliquer devant les députés au courant de cette semaine. Il devra avoir les nerfs solides car ce qui est peut-être en jeu, c’est aussi le sort de son gouvernement.  
En effet, s’il donne des explications boîteuses, il court le risque de déboucher sur un vote de confiance qui pourrait le faire craquer, avec toutes les conséquences qui pourraient en découler.  
Mais il faut éviter d’aller trop vite en besogne. Car pour liquider Nzenzhe, la mouvance présidentielle doit au préalable identifier une autre personne susceptible de mener à bon port le travail de déstabilisation de l’Opposition réelle. C’est là le nœud du problème
 ».  

Point n’est besoin d’un effort intellectuel excessif pour se rendre compte que Le Potentiel et Le Phare, deux journaux relevant de la mouvance de l’Opposition, sont largement d’accord sur ce sujet. Personne ne s’en étonnera. Là où l’affaire se corse, c’est lorsqu’on voit « Le Moniteur du Joséphisme » enfoncer le même clou.

En effet, L’Avenir intitule son éditorial «Bruno Tshibala sur un fauteuil éjectable».  
« Le Premier ministre Bruno Tshibala est attendu, dans les tout prochains jours, devant les élus du peuple. Son interpellation a été actée lors du huis clos de ce vendredi 10 novembre 2017. Une initiative du député MP Henri Thomas Lokondo.  
Ce qui a milité en faveur de cette action est tout simplement grave et inadmissible, à en croire l’auteur de la motion. Le projet de loi des finances, autrement dit Projet du Budget de l’Etat exercice 2018, n’a toujours pas été déposé au Parlement. Pourtant, il s’agit d’une session essentiellement budgétaire, allant du 15 septembre au 15 décembre, et dont l’examen nécessite 60 jours à raison de 40 jours à l’Assemblée nationale et 20 au Sénat. Ce, avant que la désormais Loi des finances prenne le chemin du Palais de la nation pour promulgation par le Président de la République. 
Contacté à cet effet par une radio périphérique, le ministre en charge des Relations avec le Parlement, Jean-Pierre Lisanga Bonganga, un proche de Bruno Tshibala, minimise la question et attribue ce retard, non à l’incompétence ni à l’ignorance, mais plutôt à la météo financière du moment jugée au rouge.  
Ce que d’aucuns qualifient d’incapacité notoire tant l’exécutif doit relever les défis qui sont les siens, dans le délai, quelles que soient les saisons. Donc, cette excuse à la légère ne tient pas la route, et pourrait donner lieu à des répercussions graves sur le Gouvernement, renchérit-on. 
Gérer étant prévoir, il sied de rappeler que le Budget 2017, épaissi et défendu à la va vite, n’a été que l’ombre de lui-même, un chapelet de bonnes intentions. Ceux qui ont la charge de voter les lois et d’assurer le contrôle parlementaire pourraient saisir le taureau par les cornes et infliger un carton rouge à Brubo Tshibala, et par ricochet à tout son Gouvernement. Et ça sera une grande première à l’actif des députés actuels, souvent pris à partie pour n’avoir jamais fait tomber un seul responsable n’ayant pas respecté les lois de la République. Après tout, les fauteuils des membres du Gouvernement sont très convoités, et la saison est aux grands enjeux politiques. Pourvu que le pays se fasse respecter cette fois-ci. Quant aux querelles intestines, peu importe !
 »

Rencontre Monsengwe-artistes

Forum des As titre « Exhortation des musiciens à l'éveil patriotique, les propos du Cardinal Monsengwo font polémique » « Durant cette période délicate, les leaders religieux conviés à prêcher davantage la paix. » 
« La rencontre Mgr Laurent Monsengwo-artistes musiciens, vendredi 10 novembre à la cathédrale Notre Dame, continue encore à défrayer la chronique. Il nous revient qu’à cette occasion, l’évêque de Kinshasa a exhorté ses hôtes à un éveil patriotique. Le cardinal rd congolais aurait convié ses interlocuteurs à ne pas être au service des hommes et à être prêts à accompagner le changement à venir. Décryptage d’un message diversement apprécié. 
Dans les rues de Kinshasa, les propos du cardinal Laurent Monsengwo Passinya sont interprétés en sens divers. Certains observateurs estiment que cette approche est ni plus ni moins, une manière pour l’évêque de Kinshasa, de préparer les musiciens à accompagner la fameuse logique anticonstitutionnelle qui se concocterait dans certaines officines pour le 1er janvier prochain. A savoir, la transition sans Joseph Kabila.  
Par ailleurs, les mêmes observateurs pensent que ce que l’on attend de l’Eglise, comme arbre ombrageux au milieu du village, ce sont des messages de paix et de dialogue. Car, argumentent-ils, les problèmes existent et que c’est autour d’une table qu’on peut les résoudre. En période de crise, nul ne saurait donc ignorer les vertus d’un dialogue franc et sincère. A bien des égards, l’arme du dialogue s’est avérée plus efficace que n’importe quelle autre voie.

PRECHER LA PAIX ET NON L’AFFRONTEMENT  
La RD Congo traverse l’une des périodes les plus délicates de son histoire. Depuis décembre dernier, le pays fait face à une impasse politique, consécutive à la non-organisation des élections. Depuis, la RD Congo, comme un malade agonisant, attire l’attention des médecins spécialistes aussi bien locaux qu’étrangers. A chacun son diagnostic. A chacun sa prescription médicale. Toujours est-il qu’en Afrique au Sud du Sahara, la situation politique telle que vécue présentement en RD Congo n’est pas unique en son genre. Autant le rappeler tout de suite que d’autres pays l’ont vécue par le passé.  
Comme les armes à feu, la violence n’a jamais bâti une paix durable. Bien au contraire. Et, souvent, on y arrive par des messages parfois mal compris de la cible principale qui l’exploite à sa manière. On connait la suite. La conséquence, c’est que ces messages mal décryptés finissent par provoquer la guerre. La question est celle de savoir, si dans les conditions actuelles, le Congolais a suffisamment de ressources pour endurer les affres de la guerre. Qui ferait donc la guerre à qui et pour quelle finalité ? Est-on en droit de privilégier le dialogue des armes là où l’arme du dialogue pourrait résoudre les choses, sans le moindre bain de sang ?  
Les partisans de l’approche de la violence en RD Congo devraient utilement s’inspirer de la chanson " Cadavere ", du célèbre artiste Zao, du Congo-Brazzaville. Dans cette poésie épique qui a le mérite d’être une interpellation, l’artiste fait une sorte d’inventaire de la guerre. " Elle n’a pas d’amis ". " La guerre n’a pas de pitié ". " La balle ne choisit pas ". " …Tout le monde cadavere…"La guerre, on peut à la limite, savoir quand elle commence. Mais personne ne sait à l’avance comment elle se termine. Et cen’est pas toujours au détriment de celui qu’on vise. Et généralement, ceux qui au départ, croyaient en tirer des dividendes, sont les premiers déçus ou désillusionnés. Alors, on devrait y réfléchir par deux fois !

AUX EGLISES DE S’APPROPRIER LE CALENDRIER ELECTORAL 
Après publication, le 5 novembre courant, du calendrier électoral, le ciel politique en RD Congo présente des éclaircies. L’opinion est plus fixée sur les différentes échéances. Le successeur de Joseph Kabila sera voté le 23 décembre 2018. Son investiture aura lieu le 12 janvier 2019. Aux premières heures de la publication de l’échéancier de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), nombreux ont été des Congolais qui pensaient que des puissances occidentales allaient le rejeter. Mal, leur en prit ! Le moins que l’on puisse rappeler, c’est que tous les partenaires de la RD Congo ont approuvé le calendrier de la Centrale électorale. En ordre utile, on citerait les Etats-Unis d’Amérique, l’Union européenne, la France, l’Union africaine… 
Qui plus est, Washington, par la bouche de son ambassadrice aux Nations Unies, Nikki Haley, ne s’était pas seulement limité à soutenir le calendrier. Il a en plus appelé au calme. Pareil pour le Quai d’Orsay qui a exhorté les Congolais à bannir tout recours à la violence de quelque nature que ce soit. Dès lors qu’il y a ce calendrier électoral réclamé à cor et à cri, et soutenu par les partenaires extérieurs, les acteurs locaux n’ont point d’alternative. L’Eglise, dans sa fonction naturelle de groupe de pression en tant que membre de la Société civile, ne peut que s’approprier ce calendrier et veiller à son application. Que l’appel des Congolais à l’apaisement soit lancé de l’extérieur, des observateurs concluent que les hommes de Dieu ne peuvent que s’en accommoder, pour davantage de messages de concorde et de paix
 ».

A ce sujet La Prospérité s’interroge : «messe noire ou nouvelle stratégie» ?  
À y voir de près, quelques exégètes politiques dénoncent, à priori, le début d’un Plan B, derrière cette espèce de nouvelle stratégie de gain d’âmes. 
Le face-à-face Monsengwo-Musiciens cache bien une face qu’ils qualifient, simplement, de «messe noire», en raison de ses motivations et soubassements difficiles à décrypter. Ceci fait dire aux plus extrémistes parmi ces analystes qu’un coup fourré serait toujours en perspective en RDC. Et qu’en pareil cas, les autorités congolaises devraient se préparer, logiquement, à y faire face, conseille ce journal.

Transition sans Kabila ?

Comme on peut le voir, l’exhortation du prélat fait resurgir la thématique de la « Transition sans Kabila ». Celle-ci est évoquée également par d’autres journaux, de manière divergente et à propos de faits fort différents. Les voici :

D’une part, La Prosperité et L'Avenir, relayés par le site mediacongo.net, publient « Rassemblement/Kasa-Vubu : la transition sans Kabila n’est pas dans l’Accord ! » 
« Par rapport aux enjeux de l’heure, notamment l’organisation des élections présidentielles, législatives et provinciales en une seule séquence, des grappes de Congolais venues de toutes les 24 communes de la ville de Kinshasa ont pris d’assaut, ce 10 novembre 2017, le siège des FONUS, retenu également comme siège du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement/Kasa-Vubu, afin de suivre le message du Président du Conseil des sages, Joseph Olenghankoy, président du Conseil national de suivi de l’Accord du 31 décembre 2016 et du processus électoral. Devant une foule immense qui a déferlé même sur l’avenue de l’Enseignement, le président du Conseil des sages a sensibilisé les Congolais qui doivent se préparer pour les élections, maintenant que la date du 23 décembre 2018 a été retenue par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), qui a publié son calendrier depuis le 5 novembre 2017.A l’en croire, le 23 décembre 2018 demeure une date de la paix, une date consensuelle qui doit recueillir l’adhésion de toute la classe politique et de la population congolaise. Il a profité de l’occasion pour fustiger une transition sans Kabila, une idée qui est contraire à l’accord du 31 décembre 2016, soit un compromis politique historique, acte de paix et de réconciliation qui résonne comme l’unique voie tracée par Etienne Tshisekedi wa Mulumba pour garantir la paix, un avenir collectif radieux pour tous les enfants du Congo. 
Au chapitre du calendrier électoral, le Rassemblement Kasa-Vubu pense que le chemin est balisé pour une bonne organisation des élections en RDC. Aussi, cette plateforme se réjouit de la publication de ce calendrier réaliste et félicite vivement la Commission Electorale Nationale Indépendante.  
C’est ici qu’Olenghankoy, dans son discours, a découragé tous ceux qui veulent que le sang coule, en provoquant le chaos. Il leur demande tout simplement de se focaliser sur la date du 23 décembre 2018, afin de consolider les acquis. Il n’a pas manqué de demander à la diaspora de se mobiliser pour l’enrôlement. Une façon pour le pouvoir de Kinshasa de leur dire qu’il reconnait tous les efforts fournis en vue de l’avènement d’un nouvel ordre politique au pays.  
Pour le Rassemblement, les acteurs politiques congolais doivent faire preuve d’un sens élevé de responsabilité. Ils doivent, également, se mobiliser, comme un seul homme, pour surmonter les obstacles et régler les contraintes qui subsistent sur le chemin qui va conduire la population congolaise vers les élections crédibles, transparentes et apaisées. «Il faut abandonner des calculs politiciens égoïstes et défendre résolument les intérêts de notre peuple en soutenant la feuille de route nationale pour l’organisation des élections dans les délais prévus par le calendrier électoral», a exhorté Joseph Olenghankoy.  
Au sujet de la problématique de la transition, le Président du Conseil des Sages du Rassemblement a pris le taureau par les cornes pour dire haut et fort que "la Transition sans Kabila n’est pas dans l’accord que Tshisekedi wa Mulumba a laissé aux Congolais". Pour sa part, le Premier Ministre Bruno Tshibala a rassuré l’assistance de la volonté du Gouvernement d’amener la population congolaise aux les élections. Pour conclure, le Rassemblement demande au CNSA de jouer pleinement son rôle de suivi de la mise en œuvre effective de l’Accord Global et Inclusif du 31 décembre 2016
 ».

La Tempête des Tropiques braque son regard vers les USA et y voit « Dans un plaidoyer devant le Congrès américain : Une « transition citoyenne » sans Kabila bien défendue ». « Human Rights Watch sollicite l’implication ferme des Etats Unis pour amener le Président de la RDC à ne plus briguer un autre mandat présidentiel conformément à la Constitution » Bien avant la publication du calendrier électoral intervenue le 5 novembre dernier par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), des voix se sont levées pour réclamer une « transition sans Kabila » après le 31 décembre 2017. Des leaders du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, tels que Félix Tshisekedi, Martin Fayulu et bien d’autres dirigeants de différentes plateformes de l’Opposition, ont exigé ce schéma, car, selon eux, l’actuel régime n’a aucune volonté politique d’organiser les élections auxquelles Joseph Kabila ne prendra pas part. 
C’est ainsi que, dans la même logique, lors de sa participation au Congrès américain jeudi 9 novembre, Ida Sawyer a fait l’état de la situation politique de la République démocratique du Congo. Elle s’est, à cette occasion, penchée plus particulièrement sur les discussions qui prévalent autour de la tenue des élections. La directrice Afrique Centrale de Human Rights Watch constate maintes raisons qui font que le président Kabila ne puisse pas organiser le scrutin conformément aux précédentes négociations connues avec les acteurs politiques. Sur ce, elle sollicite l’implication ferme des Etats-Unis au risque de perdre leur crédibilité aux yeux des Congolais.  
« Le Président Kabila devrait se retirer à la fin de cette année, et en reportant la date limite, les États-Unis risquent de perdre leur crédibilité aux yeux de nombreux acteurs de premier plan en RD Congo notamment l’opposition politique, les défenseurs des droits humains et les activistes pro-démocratie, la conférence des évêques catholiques… car leur désir est de voir être respectée la limite des deux mandats autorisés par la Constitution », a-t-elle déclaré. 
Jusqu’à l’heure actuelle, le calendrier électoral publié par la CENI continue d’alimenter de sérieuses discussions. Pour d’aucuns, l’on tend vers un « processus de référendum constitutionnel susceptible de supprimer la limite des deux mandats et de permettre à Kabila d’en briguer un troisième », renchérit Ida devant le Congrès. D’ailleurs, « Kabila lui-même a, à maintes reprises, refusé de déclarer publiquement et explicitement qu’il ne se porterait pas candidat aux futures élections », a-t-elle insinué
 ».

 (Avant de pouvoir tenir des élections qui aient la moindre chance de respecter la volonté des électeurs il faut : recenser la population, jeter Kabila aux crocodiles, recenser VRAIMENT les électeurs, mettre en place une CENI et une Justice auxquelles on puisse se fier… Cela ne se fera pas sans casse, mais c’est cela qui compte, et non la date des élections ! Il est essentiel de garder en mémoire que la RDC vit toujours sous un régime illégitime, depuis les élections de 2011. Il faut rappeler que les élections de novembre-décembre 2011[1] ont donné des résultats qu'une personne avisée, réfléchie, d’esprit libre et critique devrait considérer comme nuls, donc sans gagnant. La suite aurait dû être l'annulation pure et simple, des enquêtes sérieuses pour déterminer les causes et origines des irrégularités, qu’on punisse les responsables, qu’on les écarte définitivement de toute responsabilité électorale et qu’on en tire les conséquences quant aux futures élections. Il aurait dû y avoir une protestation générale des démocrates de tous les partis, car un démocrate ne saurait accepter que son candidat gagne par la fraude, la corruption et le mensonge. Au lieu de quoi on n’a assisté qu’à des élucubrations pour défendre la victoire « officielle » de JKK, et à d’autres élucubrations pour défendre celle, tout aussi hypothétique, de Tshisekedi. 
Les élections de 2011 avaient été organisées, tout comme celles de 2006, en faisant voter un « corps électoral inconnu », faute de recensement préalable de la population. Ce fait à lui seul suffirait à en « plomber » gravement la crédibilité. Elles ont, par-dessus le marché, été entachées de fraudes et de manipulations à un point tel qu’elles ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. En d’autres termes, il y a en RDC un Président, des ministres, des autorités DE FAIT. Il n’y en a plus aucune qui puisse légitimement se dire « autorité de droit ».  
Pourquoi se soucie-t-on tant de savoir si la fin du « mandat » du « Président » Kabila serait conforme à la Constitution, alors que la Constitution a été non pas violée, mais chiffonnée, jetée à terre et foulée aux pieds pour le maintenir au pouvoir en 2011 après des élections NULLES .. La réalité, c’est que l’usurpateur doit s’en aller. Si l’on a l’occasion de le faire partir « en douceur » en lui accordant un délai jusqu’en décembre pour faire ses malles, tant mieux. Sinon, qu’il subisse la violence qu’il a déjà infligée à tant d’autres ! NdlR)

 

 

© CongoForum, le lundi 13 novembre 2017

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[1] [1] Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs malgré cette déclaration du Cardinal Laurent Monsengwo, archevêque de Kinshasa : « Les résultats publiés ne sont conformes ni à la justice ni à la vérité “. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus. C’est d’autant plus certain que la CENI a fait incinérer tous les documents relatifs aux élections de 2006 et 2011 en octobre 2014, soit, en ce qui concerne les plus récents, après un délai de trois ans seulement, anormalement court pour ce genre d’affaires

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