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13 03 18/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE MARDI (CongoForum)

La grève à l’Ogefrem (Office de gestion du fret multi modal), une entreprise du portefeuille de l’Etat attire au plus haut point l’attention des journaux parus à Kinshasa en ce mardi 13 mars 2018. La suspension des marches du CLC, la législation minière, les ennuis de Tshibala avec sa parentèle ainsi que la création de la plate-forme électorale de Moise KATUMBI et plus globalement les « grandes manœuvres » préélectorales, sont également au menu des informations disponibles dans ces médias

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Grève à l’Ogefrem

La République annonce : « Un mouvement de grève spontané à l’Ogefrem ».  
Ce journal explique que « La tension monte à l’Ogefrem après la réintégration par le ministre en charge du Transport et Voies de Communications, José Makila, d’une dizaine d’agents virés pour détournement de 3 millions de dollars »

Et Le Phare titre « Grève à l’Ogefrem : Makila pointé du doigt ».  
« Elle est en fait la conséquence immédiate de la décision du vice-ministre et ministre des Transports et Voies de communications portant réhabilitation d’une dizaine des cadres et agents révoqués pour détournement d’une somme de 3 millions de dollars américains », signale ce journal qui ajoute que « L’Intersyndicale de l’Ogefrem en veut particulièrement au président du Conseil d’administration pour avoir exécuté la décision ministérielle réintégrant des personnes considérées comme des brebis galeuses ».

Selon L’Avenir, « A l’Ogefrem: Les agents protestent contre la décision du VPM José Makila ».  
Il cite : « A en croire Mme Françoise Matondo, chef des services à l’OGEFREM, c’est un mouvement d’ensemble pour protester contre certaines pratiques qui ont tendance à être institutionnalisées ». 
« Dans la soirée du même jour et suivant la lettre de l’intersyndicale relative à l’annonce de l’arrêt de travail, dont l’effectivité à la Direction générale est observée ce lundi 12 mars 2018, l’intersyndicale OGEFREM-Matadi manifeste sa solidarité avec l’intersyndicale OGEFREM-Kinshasa tout en restant dans l’attente à l’issue des pourparlers en cours sur les dossiers des cadres et agents ayant fait l’objet des mesures disciplinaires au siège de l’Office ainsi qu’à la tenue de la réunion d’évaluation qui était prévue en septembre 2017. Dans l’entretemps, faute de satisfaire aux désidératas de ce dernier, l’intersyndicale-Matadi décrétera également un arrêt de travail dès ce mardi 13 mars 2018 à 08 h »

Mines

 

La Cité Africaine parle d’un « Coup de poker ! »

« Qui remportera la guerre des mines du Congo ? La bataille reste rude entre le gouvernement et les patrons des entreprises minières. C’est qu’ici, l’on n’a pas affaire à des opposants inconstants, donc inconsistants, que l’on peut débaucher et dévoyer avec l’appât de postes ministériels ou autres. Il ne s’agit pas non plus de jeunes activistes de mouvements citoyens, aussi enthousiastes qu’immatures, qui, entre répression et retournement, finissent par tomber en panne de stratégie et perdre de leur efficacité. Il n’est pas question non plus de journalistes, espèce de Donquichottes mal armés, que l’on peut museler en fermant simplement les organes de presse qui les emploient ou en faisant d’eux des obligés, incapables de parler avec la bouche pleine. Cette fois-ci, face au pouvoir, l’on a affaire à forte partie. Il s’agit des ténors de l’industrie minière. Il s’agit de multinationales. Il s’agit de puissances d’argent qui ne s’embarrassent pas trop de scrupules ; des opérateurs autrement plus dangereux pour qui l’argent n’a littéralement pas d’odeur. On les sait prêts à susciter même des rébellions, à livrer des armes, pourvu d’avoir le contrôle sur certaines contrées et pouvoir exploiter à leur guise un sous-sol aux richesses fabuleuses. On l’a vu dans l’Est : lorsque souffle le vent des rébellions dans le pays, ils sont les premier à accourir dans les zones ‘’libérées’’, pour légitimer le nouveau pouvoir, signer des contrats miniers. Nous sommes ici en fait au cœur de ce qui a forgé le destin tragique de ce pays, en proie à toutes les convoitises, avec ce que cela lui a coûté de guerres de prédation. Autant dire que la partie était loin d’être aisée pour le président Joseph Kabila. Appelé à promulguer le nouveau code minier, il s’affrontait à la résistance des grands patrons des entreprises minières qui étaient vent debout contre certaines dispositions de ce nouveau code qu’ils estimaient leur être défavorables voire susceptibles d’hypothéquer l’avenir de leurs affaires. Or, ce code avait déjà été avalisé à une écrasante majorité par nos députés à l’Assemblée nationale. Il avait été voté en des termes identiques au niveau du Sénat où les votants l’avaient appuyé à l’unanimité. D’autre part, l’article 140 de la Constitution dispose que « le président de la République promulgue la loi dans les 15 jours de sa transmission après l’expiration des délais prévus par les articles 136 et 137. A défaut de promulgation de la loi par le président de la République dans les délais constitutionnels, la promulgation est de droit». Et puisque deux mois après, « la loi transmise au cabinet du président n’a pas été renvoyée au Parlement pour une seconde lecture et qu’aucune procédure de saisine de la Cour constitutionnelle n’a été initiée dans le délai constitutionnel de 15 jours », 38 organisations de la Société civile appelaient d’ores et déjà à l’application de cet article 140. . En tous les cas, l’opinion congolaise était acquise à ce code, pour les avantages qu’il est censé apporter aux finances du pays. Parmi les changements introduits par le nouveau texte minier, outre la réduction de certains avantages douaniers ainsi que l'annulation du système d'amortissement hyperrapide sur les capitaux et sur les biens d'équipement, figurent de même la hausse des royalties de 2 à 3,5 % du chiffre d’affaires sur les minerais « classiques », tels que le cuivre ou l’or, et de 2 à 10 % sur les minerais « stratégiques », en particulier le cobalt.

Alors que le secteur minier ne contribuait ces quinze dernières années que de 7 à 15% au budget de l’Etat, la révision du code permettrait d’en attendre désormais un apport substantiel de quelque 2milliars de dollars par an ! Le chef de l’Etat se trouvait entre le marteau des menaces à peine voilées de la haute finance internationale et l’enclume d’un peuple qui suffoque de misère et est en droit de compter sur ses richesses pour s’assurer des lendemains meilleurs, au risque de donner dans la surenchère sociale. Au terme d’une réunion marathon de 8 heures avec 7 patrons de l’industrie minière qui ne cachaient pas, même là-bas, leur mauvaise humeur, le chef de l’Etat a pris une décision de sagesse. Le Code minier sera promulgué et appliqué tel quel, mais les problèmes spécifiques soulevés par les miniers à la suite de l’abrogation de l’ancienne loi, seront prises en compte lors de l’élaboration des mesures d’application, à travers un dialogue constructif avec le Gouvernement, dans le cadre du règlement minier. Un vrai coup de poker ! Qui a eu le don d’apaiser l’atmosphère, en attendant les arrangements particuliers annoncés, au cas par cas, filière par filière!

Il faut dire que ces changements interviennent dans un contexte favorable pour le secteur miner au Congo, marqué à la fois par un redressement des prix internationaux et une hausse de la production. Chacun veut en profiter.

Voilà pourquoi ce débat autour des avantages du nouveau code minier a ramené à la surface les interrogations liées à la bonne gouvernance, à la lumière de certains vrais ou faux scandales financiers révélés par Bloomberg News, Global Witnes, Paradise papers , ou Panama papers… Le souhait général est que les populations congolaises sortent de cette situation loufoque d’un pays réputé être un scandale géologique mais figurant parmi les plus pauvres au monde. Il est peut-être venu le temps où le peuple congolais va pouvoir bénéficier de ses immenses richesses naturelles grâce à une coopération ‘’gagnant-gagnant’’ avec les entreprises minières, de sorte que la RDC ne donne plus cette image de caverne d’Ali Baba où les pilleurs de tout acabit viennent, sans foi ni loi, se servir en marchant sur la misère et les cadavres des populations »

CLC

(http://www.congoforum.be/fr/nieuwsdetail.asp?subitem=41&newsid=210254&Actualiteit=selected pour lire ou télécharger le dernier appel du CLC NdlR)

L’Avenir considère « Marches contre-productives: Le CLC capitule ».  
Pour le « Moniteur du Joséphisme », « L’évolution de la situation politique actuelle en République démocratique du Congo ne pouvait pas laisser indifférent le Comité Laïc de Coordination (CLC), qui se retrouvait un peu déconnecté de la réalité sur terrain. Une réalité caractérisée par les préparatifs en vue de l’organisation des élections combinées le 23 décembre 2018.  
Logiquement, le CLC a écouté la voix de la raison, selon laquelle le bras de fer entre la Police et leur structure pour des marches du reste interdites ne servait à rien. Et ce, d’autant plus que les élections qui pointent à l’horizon exigent de chacun de se mobiliser dans la perspective de glaner quelques postes aux élections législatives, provinciales. Sinon, allez-vous continuer à protester pour, finalement, être surpris par le train des élections, au risque d’être emporté par lui
».

La Prospérité annonce « Morts des échauffourées du 25 février : le CLC appelle à une messe de suffrage ce vendredi ! ».  
Ce journal relève que « Le Comité Laïc de Coordination revient à la charge après un bref moment de silence et d’observation. Par une déclaration livrée à la presse hier, cette structure reconnue par l’Eglise Catholique qui prend le devant sur la scène politique, convie l’opinion à une messe de suffrage ce vendredi 16 mars 2018 en mémoire des morts de la marche du 25 février dernier ». 
Selon La Prospérité, « Loin de baisser d’ardeur dans ses revendications, le Comité Laïc confie vouloir aller jusqu’au bout. Et, d’ores et déjà, tout en mettant une pause à l’activation de la rue, le CLC comptabilise une série de 10 victoires, selon son entendement ».

Grandes manœuvres préélectorales

L’hebdomadaire La Cité Africaine titre « Cap sur les élections - Grandes manœuvres de l’opposition en vue de l’alternance »  
« 
Il faut croire que la publication récente par Le Congo Research Group, associé à l’Université de New York, d’un sondage GEC/Berci effectué en janvier 2018, vient de donner des ailes à l’opposition congolaise pour la décider à ne plus faire la fine bouche face aux élections programmées au 23 décembre prochain par le calendrier de la CENI. Dans son examen de « l’imbroglio électoral » congolais, le Congo Research Group notait en effet: « A moins d’une fraude électorale spectaculaire, des partis d’opposition sortiraient vainqueurs de ces élections ».  
 Selon ce sondage, qui demandait pour quel candidat voterait l’interrogé si les élections présidentielles se tenaient immédiatement, l’opposant katangais Moïse Katumbi arrive en tête avec 26% des voix, malgré l’exil.  Félix Tshisekedi suit avec 14% des intentions de vote.  Arrivent ensuite, ex-aequo, l’ex-Premier ministre Palu Adolphe Muzito et l’opposant Vital Kamerhe, avec 9%. Les deux dauphins possibles du président Joseph Kabila, Matata Ponyo et Aubin Minaku n’atteignent chacun que 3%.

Du coup, l’on a l’impression, depuis le wek end dernier, que les choses bougent dans le camp de l’opposition. Alors que jusqu’alors ces opposants ont semblé n’avoir d’yeux que pour la machine à voter qu’ils ne laissaient de brocarder pour la disqualifier, ainsi que pour le soutien à apporter aux marches de chrétiens initiées par le Comité Laïc de Coordination, voilà que des partis politiques considèrent l’avenir autrement et se préoccupent de tisser des ententes qui pourraient leur permettre de se mettre en ordre de bataille en vue des prochaines élections.

 

Vers un front MLC-PALU-UNC ?

Le vendredi dernier, une information assez surprenante faisait état de discussions engagées entre le PALU, le MLC et le Front pour le Respect de la Constitution. Un communiqué précisait les choses en ces termes : ‘’Le Parti Lumumbiste Unifié (PALU) et le Mouvement de Libération du Congo (MLC) ainsi que le Front pour le Respect de la Constitution (FRC) représentés respectivement d’une part par :

- Monsieur Lugi Gizenga , secrétaire permanent et porte-parole du PALU ;

- Monsieur Adolphe Muzito, secrétaire permanent adjoint chargé des questions électorales ;

 - Monsoieur Serge Lukoki, Parsec du Secrétaire général- chef du Parti, Et

- Monsieur Fidèle Babala, secrétaire général adjoint du MLC ;

- Monsieur Alexis Lenga Walenga Penze, secrétaire général adjoint/MLC

- Monsieur Joseph Kikata Ngima, coordonnateur adjoint/FRC, d’autre part,

se sont rencontrés ce vendredi 09 mars 2018 pour un échange d’informations sur la situation politique du pays.

Divers sujets ont fait l’objet des discussions et échanges entre les deux partis.

 Il s’agit :

1) du processus électoral en ce qui concerne la nécessité du respect du calendrier électoral publié par la CENI et des élections libres et transparentes ainsi que de la problématique de la machine à voter ;

2) de la Loi électorale du 24 décembre 2017, en ce qui concerne la caution électorale ainsi que la Loi du 10 juin 2008 sur le financement public des partis politiques ;

3) des problèmes sécuritaires dans l’Est du pays ;

4) de la possibilité de gagner ensemble les élections à venir.

Les deux délégations, investies des pouvoirs requis de leurs hiérarchies respectives, ont exprimé leur volonté de continuer leurs contacts, de faire acte de leurs échanges aux organes de leurs Partis respectifs pour finalisation.

On le sait, le PALU a toujours rêvé d’une Union de la Gauche en RDC. Lors de la présidentielle de 2006, le PALU avait constitué avec le PPRD une alliance électorale qui a vu Antoine Gizenga, 3ème au premier tour, apporter son soutien à Joseph Kabila qui avait pointé à la première place, pour gagner ensemble le second tour contre Jean Pierre Bemba. Ensuite, ils gouverneront ensemble, Joseph Kabila comme président de la République et Antoine Gizenga, comme Premier ministre, avant de céder sa place à Adolphe Muzito, pour des raisons de santé. En 2011, Joseph Kabila ayant voulu se succéder à lui-même, et l’accord de 2006 n’ayant pas été formellement dénoncé, le PALU s’était, encore une fois, porté aux côtés du candidat du PPRD pour le soutenir, jusqu’à la victoire finale. Par la suite, il faut dire que le PALU a eu plusieurs occasions de se poser des questions sur la nature réelle de ses relations avec le PPRD et la Majorité présidentielle. D’autant que plusieurs gestes inamicaux ont démontré que pour le camp Kabila, le PALU semblait ne pas devoir compter pour grand-chose. Au gouvernement actuel, le PALU s’est contenté de la portion congrue. La dernière indélicatesse du genre est l’échec de Floribert Luboto du PALU à prendre le gouvernorat du Kwilu, les députés provinciaux de la MP ne lui ayant pas apporté leurs voix. A partir de là, le PALU avait demandé à voir plus clair, en appelant à une évaluation de ses relations avec la famille politique du président de la République. Cependant que l’autorité morale de la MP avait marqué son accord pour une telle évaluation, l’on n’a rien vu venir. Est-ce cet épisode qui pousse aujourd’hui le PALU à chercher à aller voir ailleurs face aux enjeux qui se profilent à fin 2018 ? Ou s’agit-il pour le parti de Gizenga de tout simplement tâter le terrain, évaluer les forces, avant de s’engager dans les batailles qui s’annoncent ? On le saura bientôt.

Quant à l’UNC, il y a lieu de dire que depuis quelque temps, le parti de Vital Kamerhe s’est ouvertement affiché aux côtés de celui de Jean Pierre Bemba dans des prises de position communes. Avant cette rencontre PALU-MLC, c’est sur une entente future UNC-MLC que les observateurs pariaient déjà. Alors, va-t-on assister à une méga-plateforme électorale PALU-UNC-MLC ? Wait and see !

 

Les Katumbistes en conclave à Johannesburg

A Johannesburg en Afrique du Sud, du samedi 10 mars au lundi 12 mars, un forum dénommé ‘’Conclave des forces du changement’’ a rassemblé autour de Moise Katumbi près de 200 délégués des partis, notamment de G7, de l’Alternance pour la République et de la Dynamique de l’Opposition, soutenant sa candidature à la prochaine présidentielle. Pendant trois jours, ces conclavistes ont penché sur la situation politique en RDC en prévision des élections censées se tenir en décembre 2018, et ont déblayé les horizons dans le cadre d’un mouvement politique qui va porter la « vision, le programme et la candidature » de Moise Katumbi pour les échéances électorales du 23 décembre prochain.

Dans son message, Moise Katumbi a appelé les siens à la « discipline » et au « sérieux » pour gagner ensemble les prochaines élections.

 

Cap sur les élections

Jusqu’ici la Majorité Présidentielle paraissait avoir une longueur d’avance dans la préparation aux élections de décembre prochain. En effet, outre la mise en place d’une centrale électorale pour la MP, le secrétaire général de la MP , Aubin Minaku, a entrepris de sillonner les états-majors politiques des partis de la Majorité pour organiser la grande machine électorale devant conduire à la victoire de la famille politique du chef de l’Etat sortant Joseph Kabila, interdit par la Constitution de se représenter pour un nouveau mandat, après avoir épuisé son deuxième et dernier bail à la tête du pays. Côté Opposition, on ne se laissait pas impressionner par ces préparatifs dans le camp de la Majorité, en faisant observer qu’elle se consacrait d’ores et déjà à ‘’travailler’’ l’opinion en la dressant contre le camp adverse au travers des manifestations, marches, opérations ville morte et autres, de sorte que le choix ne fasse aucun doute à l’heure des scrutins.

On le voit, chacune des familles, la Majorité comme l’opposition, aura fort à faire pour pouvoir se présenter en ordre de bataille aux joutes qui viennent. A la Majorité, il y aura d’abord à surmonter le défi de la désignation d’un dauphin à l’actuel chef de l’Etat. Lorsque l’on voit la saga du ‘’ôte-toi de là que je m’y mette’’ ayant conduit à la déstabilisation de plusieurs gouverneurs de province de la Majorité, l’on se rend bien compte que le calme qui règne dans le groupe au niveau national n’est qu’apparent. La Majorité est un panier à crabes dans lequel désigner un dauphin auquel tous devront se soumettre ne sera pas une sinécure. Ce n’est sans doute pas un hasard si le chef de l’Etat s’astreint à retarder le plus possible l’échéance du choix, commentent bien des observateurs. Il faut s’assurer que la désignation ne va pas marquer la fin de l’actuelle Majorité, vu les déchirements et traumatismes qui pourraient s’en suivre, et qui pourraient amener des déçus, des frustrés ou des frondeurs à prendre leur liberté, ainsi que leur allié, le PALU, semble déjà en indiquer la voie.

Dans l’opposition, le rassemblement autour d’une candidature commune, sinon unique, sera aussi un vrai chemin de la croix. Sachant que Moïse Katumbi s’est déjà déclaré, que le Front PALU-MLC-UNC pourrait aussi avoir son candidat et que l’UDPS n’entend pas servir de marchepied à d’autres ambitions et tiendra à la fin du mois pour désigner Félix Tshisekedi président du part et candidat président de la République, l’on se dit bien que les mois qui viennent vont être très mouvementés. Déjà, l’on peut estimer que le Rassemblement issu de Genval vient de rendre l’âme. L’on voit d’ores et déjà la volée de bois vert qui s’abat sur Moïse Katumbi de la part d’autres sociétaires du Rassemblement qui l’accusent de trahison. De sorte que Félix Tshisekedi a dû, samedi, au cours d’une matinée politique avec la base de l’UDPS, recadrer les choses. « Moïse Katumbi n’est pas un ennemi, il a le droit de faire ce qu’il veut, chacun trace son chemin. En politique, il faut savoir sauvegarder la famille, savoir rester frères parce qu’il se pourrait qu’un jour nous puissions travailler ensemble dans un même gouvernement après avoir gagné les élections », a expliqué le président du Rassemblement qui, par la même occasion a officiellement annoncé sa candidature à la succession de son père, Etienne Tshisekedi wa Mulumba, comme président de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), dans le cadre du prochain congrès de ce parti..

De leur côté, les Katumbistes proclament bien qu’ils demeurent membres du Rassemblement, qui n’a jamais été une plateforme électorale.

En tout état de cause, l’on saura dans l’avenir par quels mécanismes et au prix de quels arrangements et renoncements cette plateforme des forces politiques et sociales mise en place par Etienne Tshisekedi pourra se transformer en plateforme électorale en soutien à un candidat commun.

L’on saura aussi jusqu’où va aller la solidarité gouvernementale qui met aujourd’hui ensemble la famille politique de Kabila avec des anciens opposants tels que le Premier ministre Tshibala, José Makila, Jean Lucien Bussa, Ingele Ifoto, Steve Mbikayi, Justin Bitakwira, Azarias Ruberwa, Samy Badibanga, Pierre Kangudia… Ces membres du gouvernement, chefs de partis ayant évolué jusqu’alors dans l’opposition, vont-ils devoir s’engager avec la Majorité Présidentielle dans les luttes qui viennent et ainsi, assumer et défendre ensemble le bilan de la gestion du pays depuis les élections de 2011 ? Ou vont-ils chercher à retrouver leurs amis aux côtés desquels ils avaient toujours combattu ces dernières années, au sein de l’opposition ? 

Bien malin qui pourrait dire ce que sera la configuration politique de ce pays avant les échéances électorales. Et plus encore, ce que seront les alliances politiques après les élections du 23 décembre 2018. Qui vivra verra ! »

Forum des As titre « Les conclavistes lancent « Ensemble » pour porter la candidature de Moïse Katumbi ».  
Rapportant que « Les rideaux sont tombés hier lundi 12 mars, sur le conclave des Katumbistes, ouvert depuis le week-end dernier à Johannesburg en Afrique du Sud », ce journal indique qu’ « Au terme des travaux, les conclavistes ont lancé « Ensemble », une nouvelle plateforme électorale de soutien à Moïse Katumbi, jusqu’ici candidat affiché à la présidentielle du 23 décembre prochain en RD Congo ». 
Selon FdA, « Depuis hier, l’info a fait le buzz sur le net. A l’ère de l’instantané, point de scoop ! »  
Se montrant très pessimiste quant à cette nouvelle création, ce journal que « plusieurs dizaines d’opposants congolais ont défini une stratégie commune pour l’élection présidentielle du 23 décembre. Vu des analystes, la création de la plateforme électorale de soutien à la candidature du Gouverneur honoraire de l’ancienne province minière du Katanga, risque de mettre à mal la méga plateforme de l’Opposition créée en juin 2016 à Genval, sous le nom du Rassemblement des Forces politiques et sociales acquises au changement. Pourvu que les sociétaires de « Ensemble » aient une même perception en termes de gestion des ambitions et des intérêts ».  
« Pourvu, aussi que les affidés actuels de Moïse Katumbi ne soient hantés par le traditionnel démon de débauchage ! », prévient-il.  
« Ensemble pour le changement », une plate forme électorale sortie des entrailles du Rassop dont les membres se réclament de Moïse Katumbi. Ce mouvement politique de l’Opposition, qui a vu le jour en Afrique du Sud, ambitionne de fédérer toutes les forces politiques et sociales en vue d’accompagner Moïse Katumbi aux élections, selon ce journal.

Tshibala  

La Citaf
titre « Accusé d’incurie familiale et de tromperie - Le RASSOP/Kasa-Vubu exige la démission de Bruno Tshibala » 
« Le Premier Ministre Bruno Tshibala est dans des sales draps. La plupart des observateurs seraient d’avis que ses jours à la Primature seraient comptés, à la suite de son incurie dans la gestion à la tête du Gouvernement dit d’union nationale. Samedi dernier, c’est son propre camp, le RASSOP/Kasa-Vubu qui a pris le devant pour dire tout le mal que toute la classe politique pense de l’actuel Premier ministre. Selon ce regroupement politique à la base de la désignation de Bruno Tshibala aux fonctions de Premier ministre, « L’Hôtel du Gouvernement est devenu le théâtre des scandales en tout genre. Par ses faits, gestes et comportements scandaleux, il a déshonoré, humilié et trahi le Rassemblement en s’écartant de la vision politique léguée par le Patriarche Etienne Tshisekedi. Pire encore, il vient de créer un regroupement politique en usant du pouvoir lui conféré par le Rassemblement dans le but de déstabiliser le même »Rassemblement », fait excessivement grave ». Dans la foulée, le RASSOP/Kasa-Vubu demande à son leader du moment Joseph Olengankoy de dresser une nouvelle liste de cinq candidats Premier ministre à soumettre à l’appréciation du Président Joseph Kabila.  
En ce début de semaine, il n’en fallait pas plus pour relancer de plus belle la machine du lynchage politique de Bruno Tshibala, dont les récents événements violents survenus dans l’enceinte même de la Primature, démontrent largement les insuffisances dans la gouvernance de l’exécutif national, où la Primature serait devenue une sorte de consortium familial, dans lequel prospère allègrement ce qu’on appelle désormais « le socialisme familio-tribal ». Aujourd’hui il faut le reconnaître, le Cabinet du Premier ministre congolais donne au premier visiteur l’impression d’être devenu une Cour du Roi Pétaud, tant il y prévaut un désordre imprescriptible. Même la langue de travail et de communication y est autre que la langue officielle du pays. A la suite du congrès prétendu celui de l’Udps où il a été porté à la présidence du parti, Bruno Tshibala, certainement par souci de se faire une clientèle politique à peu de frais, n’a pas trouvé mieux que d’enrôler dans son cabinet plus de 300 combattants qui trainaient dans les rues de Kinshasa et de Mbuji-Mayi, sa oublier au passage sa propre couvée familiale, tant de son propre côté que dans la branche de sa chère belle-famille.  
Les chroniqueurs de la ville se gaussent abondamment de ce cas emblématique de ce proche parent du Premier ministre, directement impliqué dans la dernière échauffourée en date au Cabinet du Premier ministre, qui serait directement passé de tenancier d’une cabine téléphonique au coin d’une rue dans la commune de Lemba, aux fonctions délicates de Conseiller technique du Premier ministre, donnant ainsi de la consistance à ceux qui prétendent qu’en Rdc, n’importe qui peut devenir n’importe qui et faire n’importe quoi, moyennant dame la chance, ou encore de se marier au moment qu’il faut à la personne idoine, tout en étant dans les petits souliers d’un Premier ministre de circonstance ou plutôt d’un gendre qui a un sens exacerbé d’esprit de famille, enrobé pour la circonstance sous la forme, politiquement correct, d’un « socialisme » partageur de prébendes.  
Mais en bout de course, cette « générosité » familiale a fini par avoir des conséquences fâcheuses dans la gestion de la Primature et par extension, sur la coordination de l’action gouvernementale. Les locaux de la Primature se sont dégradés, l’impressionnant parc automobile hérité de Matata Ponyo s’est évanoui dans la nature, les salaires des membres du Cabinet sont devenus rachitiques là où ils n’ont pas tout simplement disparu, et dans les couloirs de la Primature, en lieu et place de conciliabules feutrés, ce sont les bagarres à n’en plus finir pour des ordres de mission fictifs. Tout se passe comme si, au slogan de son ancien mentor feu Etienne Tshisekedi « Le peuple d’abord », Bruno Tshibala avait apporté sa touche personnelle, en adoptant celui, plus restrictif et plus rémunérateur, de « La famille d’abord ». Reste à savoir qui, dans la classe politique actuelle, aura le courage de lui jeter la première pierre ».

Rappel : Les 7 conditions à défaut desquelles une élection sera NULLE.

 

L’élection est un processus complexe, une machine aux multiples rouages, et il faut que chacun de ceux-ci fonctionne impeccablement pour que l’élection puisse être valable.

Si un seul de ces rouages est défectueux ou grippé, cela met à néant la validité de tout le processus et les élections sont nulles. Schématiquement, ces conditions sont au nombre de sept:

 

1 – Le corps électoral doit être correctement connu et identifié. Là où, comme en RDC, le dernier recensement remonte au Déluge, ce recensement doit avoir lieu avant que l’on n’envisage d’organiser des élections .

2 – L’organisation pratique et matérielle des élections doit être confiée à une institution neutre et apolitique. C’est actuellement un point d’achoppement en RDC.

3 – Lorsque l’obstination d’un Président, jamais élu comme en RDC, ou simplement arrivé en fin de mandat, rend une Transition indispensable, celle-ci ne peut être présidée que par une personne consensuelle et qui s’engage à ne pas être candidate.

4 – La certification des résultats doit être confiée à un pouvoir judiciaire parfaitement indépendant.

5 – Toutes les opérations, depuis les bureaux de vote jusqu’à la proclamation finale, doivent être parfaitement transparentes, soumises à l’observation, tant des témoins désignés par les candidats que des observateurs nationaux ou internationaux. En particulier, les opérations électroniques doivent être, soit évitées, soit soumises à une surveillance particulièrement scrupuleuse. (Même si elles ne concernent que la transmission des résultats des bureaux locaux au bureau central. Le souci affiché de « gagner du temps »peut cacher une intention de gagner l’élection… en trichant).

6 – Les élections doivent être organisées par ordre d’importance croissante : régionales et locales, d’abord, provinciales et législatives ensuite, présidentielle en fin de parcours.

7 – Là où, comme en RDC depuis les élections de 2011, l’on vit sous un régime illégitime, il ne saurait être question d’impunité. Il faut des enquêtes sérieuses pour déterminer les causes et origines des irrégularités, qu’on punisse les responsables, qu’on les écarte définitivement de toute responsabilité électorale et qu’on en tire les conséquences quant aux futures élections. Il aurait dû y avoir une protestation générale des démocrates de tous les partis, car un démocrate ne saurait accepter que son candidat gagne par la fraude, la corruption et le mensonge.

 

Il est indispensable que TOUTES ces conditions soient réalisées EN MEME TEMPS. Sans quoi l’on s’expose aux pires aventures telles celles dont la RDC donne, pour son malheur, le triste exemple à l’Univers entier. Dans ce pays, en effet, aucune de ces sept conditions n’a jusqu’ici été respectée.

L’on pourrait ajouter une huitième condition aux sept énumérées ici : le soutien ferme et sélectif de la «communauté internationale » aux démocraties en construction. Mais cela ne dépend pas des pays africains eux-mêmes.

© CongoForum, le mardi 13 mars 2018

 


 

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