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16/04/18/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE LUNDI (CongoForum)

Les journaux parus à Kinshasa en ce lundi 16 avril 2018 consacrent leurs colonnes aux révocations des magistrats et juges dont les nominations ont été jugées irrégulières. L’autre sujet qui intéresse la presse est la réaction du gouvernement après l’organisation à Genève, par l’ONU et l’Union européenne, de la conférence pour mobiliser des fonds afin de venir en aide aux déplacés et réfugiés en RDC et dans les pays voisins. Les tractations MP-Udps à propos de la primature, sont aussi parmi les sujets abordés dans la presse ce lundi.

16/04/18/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE LUNDI (CongoForum)

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A peu près tous les sujets du jour sont évoqués dans un article de La Tempête des Tropiques, « Abordant les questions d’actualité : Alexis Mutanda met en garde contre le dédoublement de l’UDPS » 
« Le député national Alexis Mutanda s’étonne de constater que son nom figure sur la liste des présumés députés nationaux de l’élection législative de 2018, sans son assentiment. La même liste non authentifiée qui circule dans les réseaux sociaux relève, selon ce député, de la pure « médiocrité politique ».  
C’est en ces termes que l’élu de Mbuji-Mayi a réagi, vendredi 13 avril 2018, devant la presse nationale et internationale, à Kinshasa. Le patron du groupe de presse La Tempête des Tropiques, Canal Numérique Télévision et radio Trinitas FM se dit « très surpris » de découvrir une la liste comprenant plus de 70 noms de présumés députés potentiels de 2018. 
Elle est constituée essentiellement de membres de la Majorité présidentielle. On y trouve les noms de gouverneurs de province tels qu’André Kimbuta de la ville de Kinshasa, Ngoyi Kasandji du Kasaï-Oriental, Déo Gracias Mutombo de la Banque Centrale, et Aubin Minaku, président de l’Assemblée Nationale.  
L’élu de Mbuji-Mayi n’arrive pas à s’expliquer comment son nom a pu figurer sur une liste fabriquée dans un laboratoire obscur. « C’est ici un exemple de plus qui prouve la médiocrité de la classe politique dans notre pays où la tricherie est érigée en mode de gestion ». Le faux document, poursuit-il, est un tract préparé de mauvaise foi et inséré dans les réseaux sociaux pour des objectifs inavoués.  
Se prononçant sur le processus électoral, l’orateur déclare que « la machine à voter achetée par la Ceni pose de sérieux problèmes d’ordre technique et même de confiance. Elle fait par conséquent l’objet de débats et de contestations à travers le monde, le pays fabricant y compris et au sein de l’opposition politique du fait de sa fiabilité ». 
Ce courant politique continue de rejeter cet instrument suspecté de fraude massive. Désapprouvant le recours à cet instrument, le gouvernement sud-coréen a souligné que le problème se situe du côté de la Ceni qui, pour des raisons qui lui sont propres, s’est obstinée à passer la commande auprès d’une entreprise privée.

Le Congolais vigilant devant le fichier électoral  
Selon l’élu de Mbuji-Mayi, « un chien échaudé craint même l’eau froide ». L’on se souviendra que lors des élections de 2006 et 2011, le peuple congolais a été roulé dans la farine. Raison pour laquelle il se pose beaucoup de questions au sujet de l’actuel fichier électoral. Aujourd’hui encore, le même scenario se dessine. « Le jeu se joue toujours entre la Majorité présidentielle et la Ceni ».  
Les fraudes massives de 2006 et 2011 se préparent encore en 2018. « Il est impérieux que le Congolais soit attentif à ce qui se fait. D’autant qu’il s’agit de son propre sort, étant souverain primaire, dans la mesure où il sortira ridicule lorsqu’il se trouvera en face des résultats falsifiés ».  
Pour Mutanda, la situation pourrait dégénérer dans le cas où des réactions populaires seront imprévisibles. Surtout que « les préparatifs électoraux se déroulent dans un climat de méfiance. Le peuple congolais n’est pas dupe. C’est ce qui explique le fait que le peuple répond positivement à l’appel de toute manifestation de contestation ».  
Malgré les efforts fournis par la classe politique et l’Union Africaine à travers les dialogues politiques, en l’occurrence celui qui a abouti à l’accord de la St sylvestre, ayant prévu des élections en décembre 2017, puis reportées en décembre 2018, « aujourd’hui on envisage étonnamment un autre report ».

Dédoublement de l’UDPS, ne pas céder au chaos 
Selon l’ancien secrétaire général de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, c’est depuis longtemps que cette formation politique est identifiée comme symbole de la lutte pour le changement en République démocratique du Congo. Cette lutte doit aboutir à un Etat de droit dans lequel le Congolais peut se retrouver, où tout le monde peut donner la chance à tout le monde, et que règne la justice pour tous. C’est l’objectif fixé par ce parti politique depuis 36 ans.  
Mutanda rappelle que l’Udps s’est battue contre le régime dictatorial et sanguinaire de Mobutu, avant le combat qu’elle mène actuellement avec les régimes Kabilistes. « Il est tout à fait normal que ces pouvoirs dictatoriaux n’acceptent pas les performances de ce parti politique. Ils ont décidé de l’infiltrer, l’affaiblir de l’intérieur.  
Raison pour la quelle pendant la période de la 2e République, il existait plusieurs ailes de l’Udps notamment celle de Tshisekedi, Kibasa et celle de Ngoyi Mukendi ». Personne, surtout du coté du pouvoir, ne peut accepter un parti politique de l’opposition bien organisé, structuré, ayant un projet de société bien élaboré.

Après le Palu et le Mlc… l’Udps  
Alexis Mutanda rafraichit la mémoire de l’opinion nationale en remontant à l’époque d’après dialogue intercongolais, peu avant les élections, lorsque le Palu s’est allié à la majorité. Au même moment, le Mouvement de libération du Congo (MLC) avait connu le départ en cascade de ses cadres, juste pour l’affaiblir. « Maintenant, on s’attaque avec toutes les batteries sur l’Udps. Il faudrait que ce parti politique tombe. Les cadres de l’Udps qui ont intériorisé la vision de ce parti doivent comprendre ce message. On est en train d’organiser un chaos pour ce parti ».

Le Congolais est appelé à la prise de conscience  
Le patron du groupe de presse La Tempête des Tropiques, Canal Numérique Télévision et Radio Trinitas Fm, et Fondateur de l’Asbl Adam, Alexis Mutanda, précise que depuis l’indépendance de la RDC en 1960, le pays est entrain d’aller vers la catastrophe de manière systématique. « Toutes nos richesses sont exploitées de manière anarchique. Maintenant, on touche sur le bassin du fleuve Congo qui est un de plus importants au monde et constitue une grande part de la richesse nationale. Le fait ne s’arrête pas là, l’espace national est aussi envahi. Le Bas–Uélé est occupé. Les éleveurs s’implantent. On a aucun rapport de ce point de vue » révèle-t-il.  
A l’heure actuelle, on peut dire sans se tromper, « le pays nous échappe, les richesses sont en train de partir entre les mains des prédateurs internationaux. Le pays est en train de disparaitre. Le Congolais est conscient de ce qui lui arrive.  
Parce qu’il est entièrement propriétaire de ce patrimoine. Il doit prendre une décision pour mettre un terme à ce pillage ». C’est dans cette optique que l’ ONG Adam (les Amis d’Alexis Mutanda) focalise ses objectifs dans la conscientisation du Congolais afin de comprendre que chacun a la responsabilité de se prendre en charge, de se valoriser.  
Il doit comprendre qu’il possède une certaine valeur. Cette valeur doit concourir pour sauver son patrimoine et jouer son rôle qui lui convient au concert des nations. Lorsqu’il y a des compétitions internationales, la RDC doit y participer et ramener des résultats pour le bien–être de sa population. C’est le souhait de cette Asbl qui est, du reste, implantée partout au pays. 
Sa devise est le leadership. Son souci est de créer une nouvelle génération de leaders capables de servir le peuple, protéger son territoire et le sécuriser. Pour y arriver, selon AlexIis Mutanda, il faut un véritable engagement. Il faut des gens réellement responsables qui puissent travailler dans l’intégrité pour aboutir à un changement.

Conférence Humanitaire de Genève : une décision « suicidaire » prise par les autorités de Kinshasa  
L’élu de Mbuji-Mayi n’est pas allé par le dos de la cuillère pour qualifier la décision prise par les autorités de Kinshasa de « suicidaire ». Bien qu’une somme de 77 millions d’Euros soit octroyée à la République Démocratique du Congo, Kinshasa avait décliné sa participation à cette rencontre de Genève. Il a souligné que les problèmes ayant trait à l’insécurité en RDC sont multiples. 
Le cas du Kasai-Central à la base de milliers de déplacés vers l’Angola. Beaucoup de personnes ont quitté leurs villages, leurs milieux naturels, pour aller ailleurs. Le problème de l’Est, selon le rapport publié par le HCR sur la RDC, renseigne plus de 40.000 à 45.000 familles (hommes, femmes et enfants) qui traversent chaque jour le lac Albert pour se refugier en Ouganda, avec risque de noyade.  
Du coté de Kalemie, les Congolais traversent le lac Tanganyika (10 fois plus long que le lac Albert), pour se réfugier en Tanzanie, fuyant ainsi les menaces des groupes armés, alors que la Tanzanie regorge une pléthore de réfugiés congolais. En Ituri, depuis des années, il y a de tueries de tout genre, les déplacés qui fuient leurs villages vers différentes directions.  
« Lorsqu’on dit qu’il n’y a aucun problème en RDC, c’est regrettable », dit-il. Il y a deux ou trois ans, rappelle ce député national, le Congo-Brazzaville avait chassé plus de 10.000 Congolais de la RDC, tous entassés à Kinshasa. Beaucoup parmi eux n’ont pas retrouvé leur stabilité sociale puisqu’ils avaient abandonné leurs biens dans l’autre rive.  
Tous ces problèmes méritent des solutions. Les victimes du Kasaï-Central doivent être réhabilitées. Ces problèmes humanitaires sont très graves. « Pourquoi refuser cette aide financière ? C’est une cruauté ».

Faux magistrats

La Prospérité titre «Pluie d’ordonnances en RDC : des juges et des magistrats à la porte» et affirme que cette décision est un grand coup de balai effectué par JKK pour mettre fin au « scandale judicaire » qui a fait grand bruit tant dans les milieux élitistes qu’au plus bas niveau de la société congolaise.  
Le quotidien rappelle que des révélations récentes avaient mis au jour le fait que plusieurs animateurs des organes judiciaires étaient des faussaires. Après enquête, note le tabloïd, près de 200 personnes exerçant dans le pouvoir judicaire en RDC n’en avaient pas la qualité.  
Pour le ministre de la Justice, ces ordonnances sont un message lancé à l’endroit de tout le corps de la magistrature pour que chacun des membres ait à cœur la pratique correcte de dire le droit sinon, dans quelques temps, ils peuvent être, eux aussi, emportés.

Forum des As note qu’après cet assainissement dans le secteur judiciaire, Joseph Kabila nomme de nouveaux responsables dans ce secteur.  
« On n’entre pas dans la magistrature avec l’idée de se faire de l’argent. Plutôt, avec la détermination de dire le droit », fait remarquer Alexis Thambwe Mwamba, ministre de la Justice qui a commenté ces ordonnances présidentielles.

Conférence de Genève

Le Phare titre « Après Genève, virage à 180 degrés de She Okitundu »  
« L’argent n’a pas d’odeur ». Ainsi pourrait-on dire du Vice-Premier ministre et ministre congolais des Affaires Etrangères, Léonard She Okitundu, chaud partisan du boycott de la Conférence de Genève sur la situation humanitaire de la RDC, qui vient d’effectuer un virage à 180 degrés dès l’annonce de la mobilisation, par la communauté internationale, d’une enveloppe de 528 millions d’euros en faveur des populations congolaises vulnérables. Elle concerne plus de 16 millions de personnes, dont 4,5 millions de déplacés internes.
Le gouvernement congolais, qui venait de faire une annonce de 100 millions de dollars américains, à étaler sur deux ans, au profit de ses citoyens frappés par les conflits armés, la malnutrition, les maladies, le manque de logements et autres besoins élémentaires, ne s’attendait sans doute pas à un signal fort des donateurs internationaux.  
Comme si Kinshasa n’a jamais roulé pour l’échec de la rencontre du vendredi 13 avril 2018 à Genève ni salué l’appel au boycott relayé bruyamment par les Emirats Arabes Unis, le ministre congolais des Affaire Etrangères soutient aujourd’hui que la RDC n’a jamais dit non à la solidarité internationale. A l’en croire, la situation humanitaire aurait été surévaluée, ce qui aurait sérieusement écorné l’image de marque du pays et découragé de nombreux investisseurs.  
Curieusement, c’est le même ministre qui exige que le pays soit étroitement associé au processus de décaissement et d’affectation de cette manne financière sur le terrain. 
Ce qui étonne de nombreux observateurs, c’est l’entêtement des autorités congolaises à ne pas admettre une triste réalité : la persistance d’une situation humanitaire catastrophique pour plusieurs millions de Congolais, dans des zones de conflit armé comme dans des villes et villages non touchés par l’insécurité. 
De nombreux concitoyens sont d’avis que les « amis du Congo » ont vu juste. Car les besoins de l’écrasante majorité des citoyens congolais sont si immenses en termes de nourriture, d’eau potable, de médicaments, de kits scolaires, de logements, de vêtements… qu’il serait hypocrite de ne pas accepter la main tendue de ceux qui disposent de plus de moyens que l’Etat congolais. L’option de sabotage de la Conférence de Genève a été perçue, par beaucoup, comme une volonté de ne pas porter assistance à des millions d’hommes, de femmes et d’enfants abandonnés à leur triste sort dans les deux Kasaï, au Tanganyika, au Sud-Kivu, au Nord-Kivu, en Ituri, voire au Nord et Sud-Ubangi. 
Les bonnes volontés qui ont résolu de porter secours aux Congolais devraient être chaleureusement remerciées car même si la crise humanitaire n’a pas atteint le niveau L3, en tout cas, les populations sinistrées ne sont pas loin de cette cote d’alerte. Le geste de la communauté internationale est d’autant significatif qu’il a été d’une spontanéité touchante. Par ailleurs, les 528 millions de dollars américains ne représentent que le tiers de l’aide globale à mobiliser. Ce qui veut dire que la situation humanitaire qui prévaut en RDC est prise très au sérieux par les donateurs extérieurs. Ce montant n’est pas négligeable car représentant le 1/10me du budget national. 
L’autre fait qui intrigue les observateurs, en sus de l’attitude négativiste du gouvernement congolais à l’égard de la manne humanitaire internationale, c’est l’absence des Etats africains, jusque-là, sur la liste des bienfaiteurs du peuple congolais. On ne va pas jusqu’à affirmer qu’ils se réjouiraient des malheurs du peuple congolais. On peut être porté à croire que le boycott, par les décideurs politiques congolais, de la Conférence de Genève, n’était pas de nature à stimuler les donateurs à mettre la main à la poche. S’il y a une leçon à tirer de ce qui vient de se passer en Suisse, c’est le devoir de réserve dont devraient faire montre certains décideurs congolais face à l’immixtion positive des autres dans nos problèmes internes ».

« Les fonds ont été mobilisés. Maintenant, on doit associer le gouvernement de la RDC pour actionner cette aide. Sinon, nous allons tirer les conséquences », menace She Okitundu, dans une interview à Actualite.cd expliquant que son gouvernement est le représentant légitime du peuple congolais au nom duquel cette conférence a été organisée.

Pour le secrétaire général de « Ensemble » et coordonnateur de l’« Alternance pour la République » Delly Sesanga, les propos de She Okitundu représentent l’apogée de la contradiction d’un régime incapable de protéger les Congolais, porté plus par la quête de l’argent que de la situation des millions des Congolais en détresse, rapporte Capsud.net. Selon lui, poursuit le site web, les tenants du pouvoir en place incarnent ce que les Congolais abhorrent et troublent les consciences universelles.

Pour Léonard She Okitundu, fait remarquer de son côté le Bulletin de l’ACP, la RDC n’a pas refusé la mobilisation de la solidarité de l’aide internationale, mais plutôt la manière dont les organisateurs ont exclu le pays de l’organisation de la conférence humanitaire de Genève. 
Il a soutenu que si cette conférence était inclusive, la rencontre de Genève allait récolter des fonds importants au-delà des projections, rapporte l’agence.

Le Phare  estime que « Delly Sesanga tacle She Okitundu ». 
« 
Après avoir boycotté avec pompe la Conférence de Genève consacrée à la mobilisation de l’aide humanitaire en faveur de sa population meurtrie et démunie, le gouvernement congolais, via son vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, exige d’être associé pour actionner les fonds mobilisés par les partenaires et évalués à 568 millions.  Léonard She Okitundu, qui avait fini par dissuader certains pays donateurs comme les Emirats Arabes Unis de participer à cette conférence, menace même de tirer toutes les conséquences dans le cas où le gouvernement de son pays ne serait pas impliqué dans la gestion de ces fonds. 
Cette rétropédalage du chef de la diplomatie congolaise n’a pas manqué de susciter des réactions au sein de la classe politique, surtout dans les rangs de l’opposition.  
Ainsi, le Secrétaire général de « Ensemble » et coordonnateur de l’ « Alternance pour la République » (AR), Delly Sesanga, a profité d’une matinée politique organisée hier dimanche 15 avril 2018 au siège de son parti, l’ « Envol », sur l’avenue de l’Enseignement, dans la commune de Kasa-Vubu, pour tirer à boulets rouges sur le vice-premier ministre et ministre congolais chargé des Affaires étrangères.  
Delly Sesanga a déclaré que les propos de She Okitundu représentent l’apogée de la contradiction d’un régime incapable de protéger les Congolais, porté plus par la quête de l’argent que la situation des millions des Congolais en détresse.  
Selon lui, les tenants du pouvoir en place incarnent ce que les Congolais abhorrent et trouble les consciences universelles. « Ce pouvoir est tout ce que les congolais ne veulent plus voir, un gouvernement estropié, illégitime et approximatif », a martelé l’élu de Luiza.

Pour L’Avenir, la maigre moisson pour la conférence de Genève est l’effet du boycott de la RDC. Ce journal rapporte qu’interrogé par certains confrères, She Okitundu a laissé entre : « les fonds ont été mobilisés à Genève, maintenant on doit associer la RDC pour actionner cette aide, sinon nous allons tirer les conséquences…. ».

Après avoir boudé la conférence humanitaire, « Le peu de fonds levé à Genève intéresse Kinshasa », constate Congo Nouveau. Léonard She Okitundu n’a pas eu froid aux yeux pour demander aux organisations bénéficiaires de ces fonds d’associer le gouvernement pour actionner l’aide humanitaire en RDC. 
Sinon, menace-t-il, le gouvernement tirera les conséquences. Et pourtant, note ce journal, le montant réuni à Genève est non seulement théorique (parce que ce ne sont que des promesses de dons) mais aussi insuffisant pour couvrir les besoins humanitaires sur le terrain que le même gouvernement continue de minimiser.

Pour Forum des As, mieux vaut peu que rien du tout. Dans le contexte de la catastrophe humanitaire dans certaines parties de la RDC, enregistrer 500 millions de dollars constitue déjà une bonne nouvelle.

Tractations MP-Udps à propos de la primature

 « Courtisé par la MP, Félix Tshisekedi va-t-il trahir ? ». C’est la question que se pose LE POTENTIEL. Le quotidien de l’avenue Kongo Central note qu’entre rester fidèle à la ligne tracée par son défunt père pour l’avènement d’un Etat de droit en RDC et tendre la main au Président Kabila dans le cadre d’une nouvelle transition, la pression est très grande sur Félix Tshisekedi.

 

Selon le confrère, Joseph Kabila mise sur le nouveau président de l’UDPS pour s’offrir une béquille et passer outre le cap de décembre 2018. La tentation est trop forte, mais Félix Tshisekedi va-t-il trahir toutes ces années de combat et cracher sur la mémoire de tous ces martyrs de la démocratie ? Wait and see, conclut LE POTENTIEL.

 

Sous le titre : « Primature : Félix Tshisekedi non partant », L’EVEIL rapporte que les rumeurs qui enflent font état des conditions posées par Félix Tshisekedi pour accepter de devenir le Premier ministre du gouvernement de la République en remplacement de Bruno Tshibala aux conditions suivantes : rapatriement du corps d’Etienne Tshisekedi, l’application totale et intégrale de l’accord de la St Sylvestre, etc.

 

Cette information contraste avec la déclaration de Félix Tshisekedi il y a peu lorsque les mêmes rumeurs avaient été injectées dans l’opinion. Y réagissant, le président de l’Udps avait écrit sur son compte twitter : « Je veux que ça soit clair. Je ne suis ni demandeur ni preneur d’un poste de premier ministre. La kabilie, qui est à l’agonie, doit se sauver seule ».

 

L’EVEIL s’interroge cependant, qu’est-ce qui a bien pu changer entre-temps pour que Félix Tshisekedi se ravise. Rien du tout. Toutes ces rumeurs sont fausses, a réagi l’un des collaborateurs immédiats de Félix Tshisekedi qui a laissé entendre que ce dernier est préoccupé par la réorganisation du parti pour mieux affronter les échéances qui viennent. La primature est oubliée depuis longtemps, et l’Udps pense actuellement à la date du 23 décembre.

Processus électoral:

La Prospérité et Forum des As constatent que « La Cenco appelle au parachèvement de l’accord ».  
« Le gotha politique congolais bouge et se surchauffe en ce moment où le processus électoral se dirige droit vers une phase cruciale après les opérations de nettoyage et de consolidation du fichier électoral. Ce moment a semblé propice pour la Conférence épiscopale nationale du Congo -CENCO- dont les évêques membres du comité permanent ont passé en revue les enjeux sociopolitiques de l’heure à la faveur de l’assemblée générale de l’Institution financière pour les œuvres de développement -IFOD-, tenue à Kinshasa du 11 au 12 avril 2018.  
Par l’entremise de leur secrétaire général et porte-parole, Abbé Donatien Nshole, les évêques catholiques, médiateurs des discussions ayant abouti à l’Accord de la Saint Sylvestre, ont dit toute leur préoccupation au sujet de la non-application des préalables exigés par ledit accord pour l’organisation des élections libres, transparentes et apaisées. « Il s’agit principalement du parachèvement des mesures d’application. Ne pas les mettre en pratique, c’est compromettre le processus électoral et hypothéquer des élections, unique voie de sortie de la crise actuelle », a estimé l’abbé Nshole lors de sa conférence de presse du 13 avril dernier.

Certification de la machine à voter  
Outre les mesures d’application, les évêques de la CENCO ont aussi abordé la problématique de la machine à voter et s’inquiètent du fait qu’aucun consensus ne soit trouvé, à huit mois du scrutin, pour l’utilisation de cette technologie proposée par la Commission électorale nationale indépendante - CENI. Dans l’optique d’apaiser toutes les parties prenantes au processus, la CENCO a, de nouveau, insisté sur la certification de la machine à voter par des experts nationaux et internationaux. Le motif avancé par les évêques est de « trouver un consensus capable de rassurer toutes les parties prenantes sur le volet technique et le volet juridique ». 
L’abbé Nshole a laissé entendre que les évêques sont peinés de constater le bras de fer diplomatique entre la Communauté internationale et le gouvernement congolais non sans plaider pour le renforcement de la coopération entre les deux parties, conformément aux normes internationales, pour l’intérêt du peuple de la RD-Congo.  
« Cette surchauffe a malheureusement amené à des prises des décisions qui pénalisent davantage le peuple RD-congolais. Il s’agit entre autres de la fermeture de la Maison Schengen, l’interruption de la coopération technique belge, la réduction des vols SN et le refus du gouvernement congolais de participer à la Conférence des donateurs pour apporter une réponse à la crise humanitaire en RD-Congo », a dit le SG de la CENCO. En dépit du refus manifeste du gouvernement RD-congolais, la Conférence des donateurs s’est tenue à Genève, vendredi 13 avril. USD 528 millions ont été mobilisés.

Crainte de la montée des tensions identitaires 
L’autre actualité qui défraye la chronique est celle relative à la double nationalité. A en croire l’abbé Nshole, les évêques « redoutent la montée des tensions identitaires et l’instrumentalisation de la justice pour le règlement des comptes politiques », renseigne le document.  
La Cenco attire particulièrement l’attention de l’opinion sur cette question de double nationalité pour laquelle la loi, insiste-t-elle, doit être appliquée de manière impartiale. « Personne n’est au-dessus de la loi qui doit être appliquée de manière impartiale », lit-on dans le communiqué signé par le SG de la CENCO,l’abbé Donatien N’shole. 
Le débat sur la double nationalité s’est cristallisé depuis l’ouverture de l’information judiciaire par le Procureur général de la République contre l’opposant Moïse Katumbi. La justice accuse le gouverneur honoraire de l’ex-Katanga de faux et usage de faux pour avoir exercé ses fonctions alors qu’il avait acquis la nationalité italienne. 
Si la justice confirme les faits, le candidat de « Ensemble » court le risque de ne pas concourir à la présidentielle de décembre 2018 conformément à la constitution. « Pour lui, s’en est fini », a récemment déclaré le Secrétaire permanent du PPRD, parti présidentiel, provoquant une vague de protestations dans le camp de soutien à Moïse Katumbi
. »

 

Rappel : Les 7 conditions à défaut desquelles une élection sera NULLE.

 

L’élection est un processus complexe, une machine aux multiples rouages, et il faut que chacun de ceux-ci fonctionne impeccablement pour que l’élection puisse être valable.

Si un seul de ces rouages est défectueux ou grippé, cela met à néant la validité de tout le processus et les élections sont nulles. Schématiquement, ces conditions sont au nombre de sept:

 

1 – Le corps électoral doit être correctement connu et identifié. Là où, comme en RDC, le dernier recensement remonte au Déluge, ce recensement doit avoir lieu avant que l’on n’envisage d’organiser des élections .

2 – L’organisation pratique et matérielle des élections doit être confiée à une institution neutre et apolitique. C’est actuellement un point d’achoppement en RDC.

3 – Lorsque l’obstination d’un Président, jamais élu comme en RDC, ou simplement arrivé en fin de mandat, rend une Transition indispensable, celle-ci ne peut être présidée que par une personne consensuelle et qui s’engage à ne pas être candidate.

4 – La certification des résultats doit être confiée à un pouvoir judiciaire parfaitement indépendant.

5 – Toutes les opérations, depuis les bureaux de vote jusqu’à la proclamation finale, doivent être parfaitement transparentes, soumises à l’observation, tant des témoins désignés par les candidats que des observateurs nationaux ou internationaux. En particulier, les opérations électroniques doivent être, soit évitées, soit soumises à une surveillance particulièrement scrupuleuse. (Même si elles ne concernent que la transmission des résultats des bureaux locaux au bureau central. Le souci affiché de « gagner du temps »peut cacher une intention de gagner l’élection… en trichant).

6 – Les élections doivent être organisées par ordre d’importance croissante : régionales et locales, d’abord, provinciales et législatives ensuite, présidentielle en fin de parcours.

7 – Là où, comme en RDC depuis les élections de 2011, l’on vit sous un régime illégitime, il ne saurait être question d’impunité. Il faut des enquêtes sérieuses pour déterminer les causes et origines des irrégularités, qu’on punisse les responsables, qu’on les écarte définitivement de toute responsabilité électorale et qu’on en tire les conséquences quant aux futures élections. Il aurait dû y avoir une protestation générale des démocrates de tous les partis, car un démocrate ne saurait accepter que son candidat gagne par la fraude, la corruption et le mensonge.

 

Il est indispensable que TOUTES ces conditions soient réalisées EN MEME TEMPS. Sans quoi l’on s’expose aux pires aventures telles celles dont la RDC donne, pour son malheur, le triste exemple à l’Univers entier. Dans ce pays, en effet, aucune de ces sept conditions n’a jusqu’ici été respectée.

L’on pourrait ajouter une huitième condition aux sept énumérées ici : le soutien ferme et sélectif de la «communauté internationale » aux démocraties en construction. Mais cela ne dépend pas des pays africains eux-mêmes.

© CongoForum, le lundi 16 avril 2018

 


 

 

 

 

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