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14 05 18 Le Phare - La Majorité sanctionne l’Opposition radicale

599 partis et 77 regroupements politiques sont autorisés à fonctionner en République Démocratique du Congo. La liste, tenue secrète depuis son dépôt à la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), le 26 mars 2018, par le Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur et Sécurité, Henri Mova Sakanyi, a finalement été rendue publique le
samedi 12 mai.
Comme on s’y attendait, la Majorité Présidentielle,
famille politique de ce membre du gouvernement, a sanctionné
l’Opposition radicale. Celle-ci, représentée par Félix Tshisekedi,
Moïse Katumbi, Pierre Lumbi, Gabriel Kyungu, Gilbert Kiakwama, Martin Fayulu, Delly Sesanga, Olivier Kamitatu, José Endundo, Christophe Lutundula, Franck Diongo, Jean Claude Muyambo, Eugène Diomi, Yezu Kitenge et autres Mwenze Kongolo… est particulièrement diabolisée pour avoir refusé d’adhérer au schéma de la violation de l’Accord du 31 décembre 2016.

En guise de punition, le ministère de l’Intérieur a « offert » le
Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au
Changement, à la dissidence conduite par Joseph Olenghankoy, alors que toute l’opinion congolaise et internationale sait que l’aile légale
appartient au duo Félix Tshisekedi- Pierre Lumbi, héritiers politiques
de feu Etienne Tshisekedi. 
Quant à la plate-forme « Ensemble pour le Changement », dont le fondateur n’est personne d’autre que Moïse Katumbi, elle est purement et simplement ignorée des fichiers de l’administration de l’Intérieur.

Ce qui choque le plus, sur la liste des partis et regroupements
politiques agréés en RDC et partant qualifiés pour participer aux
élections présidentielle, législatives nationales et provinciales,
sénatoriales, urbaines, communales et locales, c’est la présence de
quatre « UDPS », dont le sigle se traduit par Union pour la Démocratie et le Progrès Social. Comble de ridicule, l’UDPS/Tshisekedi et l’UDPS/Tshibala porte le même numéro d’agrément, à savoir O91 – 49, la même date d’agrément, 17 janvier 1991 et la même adresse pour leurs sièges, entendez 2600, Petit Boulevard, quartier Résidentiel, commune de Limete.
Signalons, à titre purement indicatif, que le président délégué de
l’UDPS/Tshibala, Dr Thacisse Loseke, a mis ses pieds pour la dernière au siège de son prétendu parti il y a plus d’une année. C’est pareil pour son « Autorité morale », le Premier ministre Bruno Tshibala.

On peut également signaler au passage la présence de deux MNC-L
(Mouvement National Congolais – Lumumba), dont l’un a pour responsable feu Christophe Gbenye, et l’autre, François Lumumba, fils du héros national Patrice Lumumba. Au niveau des regroupements politiques apparaît un certain « Zaïre », un label qui sonne faux après le rejet du nom Zaïre de Mobutu par feu Laurent-Désiré Kabila et le retour du pays à son nom original de Congo.

Ainsi que chacun peut le constater, le ministère de l’Intérieur a
violé délibérément la loi portant organisation et fonctionnement des
partis et regroupements politiques, laquelle interdit leur
dédoublement, l’utilisation de la même dénomination, du même sigle, du même emblème, de la même devise, etc. Ce qui vient de se passer est un mépris avéré de la Majorité à l’égard du CNSA (Conseil National de Suivi de l’Accord du 31 décembre 2018) et de son soi-disant président, Joseph Olenghankoy, dont tout le monde se souvient des décisions portant disqualification des UDPS de Tshibala et Mubake. Il s’agit également d’un discrédit jeté sur la justice congolaise, et plus précisément aux tribunaux de Paix et de Grande Instance de Matete, auteurs des jugements portant disqualification de Tharcisse Loseke comme représentant légal de l’UDPS.

Tous égaux dans les urnes

Il est à espérer que la légalisation officielle des dédoublements,
triplements et quadruplements des partis politiques ainsi que la
disqualification d’ « Ensemble » n’est pas annonciatrice d’une
stratégie d’élimination ou de torpillage, par la Majorité
Présidentielle, de tous les partis et regroupements de nature à lui
faire ombrage lors des scrutins de fin d’année. Si l’égalité des
chances est assurée lors des compétitions électorales, on peut
affirmer que ce que vient de se passer au niveau du ministère de
l’Intérieur, s’apparente à un coup de pieds dans l’eau. Car, le moment
venu, les partis et regroupements politiques ayant une assise
politique et sociologique effective sur le terrain, aux quatre coins
de la République, sauront tirer leur épingle du jeu. Au regard de la
maturité politique atteinte par le peuple congolais depuis l’éveil des
consciences boosté par la Conférence Nationale Souveraine, les
électeurs savent de quel côté se trouve le salut de la Nation.

Kimp

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