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12-06-18/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE MARDI (CongoForum)

L’acquittement du sénateur Jean-Pierre Bemba à la Haye et la dernière mesure sur l’uniformisation des couleurs des véhicules de transport en commun dans la ville province de Kinshasa dans le cadre de la lutte contre l’insécurité sont les principaux sujets abordés par les journaux parus ce jour à Kinshasa. Cependant, le dossier relatif aux indemnités de sortie des députés s'invite aussi au menu des médias en ce mardi 12 juin 2018. Enfin, l’on se pose des questions sur la reviviscence d’un accord russo-congolais datant de 1999.

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Affaire Bemba

 

La Tempête des Tropiques titre « Cour Pénale Internationale, JP Bemba : dernière «formalité» à la Haye »

« Acquitté sur la principale accusation, le leader du MLC a encore rendez-vous avec la CPI ce mardi pour une affaire considérée comme accessoire qui ne peut empêcher sa libération.

Acquitté en appel par les juges de la Cour pénale internationale concernant les accusations de crimes de guerre en rapport avec les atrocités que ses troupes auraient commises en République Centrafricaine, Jean-Pierre Bemba Gombo n’a pas été libéré immédiatement, comme l’avait prévenu la juge Christine Van den Wyngaert. Car, la CPI doit statuer maintenant sur une affaire accessoire, celle portant sur l’accusation de subordination de témoins.

C’est dans ce cadre que la CPI organisera une autre audience ce mardi 12 juin 2018. Audience au cours de laquelle la chambre de première instance VII va rendre sa décision dans cette autre affaire qui, de l’avis des observateurs avertis, ne va empêcher la Cour Pénale Internationale de libérer le sénateur congolais et leader du MLC.

Etant donné que Jean -Pierre Bemba Gombo a été acquitté pour l’affaire principale, il est possible que le leader du MLC soit également innocenté, notent des observateurs qui suivent de près le déroulement de ce procès. Ce mardi, il peut y avoir une autre surprise, pensent-ils.

 » Le principal tient à l’accessoire en état. Il vient d’être libéré sur le principal et l’accessoire ne tiendra pas « , a fait notamment remarquer le professeur André Mbata de l’Université de Kinshasa. Selon lui, Bemba a déjà purgé la grande partie de la peine. Et d’ajouter : » la libération de Jp Bemba que nous avons rencontré dans sa cellule à La Haye constitue une grande victoire du droit sur l’arbitraire et de la justice sur l’injustice » !

 

La CPI sauve sa neutralité

L’arrêt de la chambre d’appel de la CPI acquittant le sénateur Jean-Pierre Bemba a beau avoir été mal accueilli par les victimes des violences survenues en RCA, cette décision vient réaffirmer la neutralité de cette Cour basée à la Haye. En effet, les décisions de la CPI envoient les messages forts aux auteurs de crimes relevant de la compétence de la Cour Pénale Internationale et démontrent que ces actes ne resteront pas impunis.

 » (….) les crimes les plus graves qui touchent l’ensemble de la communauté internationale ne sauraient rester impunis(…) « , peut- on lire sur le préambule du Statut de Rome, texte fondateur de la CPI adopté par les Etats à Rome le 17 juillet 1998.

C’est pour la première fois dans l’histoire de l’humanité que les Etats ont décidé d’accepter la compétence d’une Cour Pénale internationale permanente, chargée de poursuivre les crimes les plus graves commis sur leur territoire ou par leurs ressortissants, à compter de l’entrée en vigueur du Statut de Rome , le 1er juillet 2002.

La CPI ne remplace pas les cours et tribunaux nationaux mais le Statut de Rome accorde à chaque Etat le devoir d’exercer sa compétence pénale vis-à-vis de responsables de crimes internationaux.

Depuis sa création, la CPI a fait et continuer à faire un travail formidable dans la lutte contre l’impunité des auteurs de crimes.

La CPI est une œuvre humaine qui ne manque pas d’imperfections. il faut que les Etats puissent continuer à soutenir le travail de la CPI en le renforçant. Car, la finalité consiste à mettre un terme à l’impunité des auteurs de crimes les plus graves touchant l’ensemble de la communauté internationale et à contribuer ainsi à leur prévention ».

 

Le Phare titre « Dossier contre Bemba au Parquet Général : faux ! »

« Un communiqué anonyme, non signé et non daté, rédigé dans un français approximatif et attribué au Parquet Général de la République, au sujet d’un prétendu dossier pendant contre Jean-Pierre Bemba au niveau de cette juridiction, a circulé abondamment hier lundi 11 juin 2018 sur les réseaux sociaux. Selon le texte mis à la portée du public, il serait demandé « aux victimes directes ou indirectes des actes de rébellion, sédition, meurtre, enlèvement, pillage, viol, torture et autres traitements cruels inhumains et dégradants commis par les présumés miliciens de la DPP de l’ancien Vice-Président Jean-Pierre Bemba en 2006, d’entrer en contact, à dater de la publication dudit communiqué avec ses services pour une audition. Le Bureau reste ouvert du lundi à mercredi. Nos sentiments patriotes ».

Bien que l’office du Procureur général de la République soit resté muet, sans doute par devoir de réserve, il a été donné d’apprendre, des sources dignes de foi, que ledit communiqué est un faux grossier.

Le Parquet Général de la République, indique-t-on, n’a pas actionné une quelconque procédure contre Jean-Pierre Bemba. Et si tel était le cas, l’opinion tant nationale qu’internationale en serait largement informée par les voies autorisées.

Mais, comme on pouvait l’imaginer, pareille alerte a provoqué une grande agitation dans plusieurs états-majors politiques ainsi que chez l’homme de la rue à Kinshasa, à la veille de ce que tout le monde attend comme une simple formalité à accomplir ce mardi 12 juin 2018 par la Cour Pénale Internationale pour vider complètement l’acte d’accusation ficelé contre l’intéressé par le bureau du Procureur de cette juridiction internationale. Certains esprits ont vite fait d’opérer un rapprochement entre le dossier de Jean-Pierre Bemba et

celui de Germain Katanga, qui a été mis aux arrêts l’année dernière par le Parquet général de la République, dès son retour à Kinshasa, en provenance du centre pénitencier de La Haye, alors qu’il venait de purger sa condamnation par la Cour Pénale Internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Et, jusqu’à ce jour, il se trouve en détention préventive à la Prison militaire de Ndolo, car poursuivi également pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en Ituri. En dépit des arguments développés par ses avocats, pour démontrer devant la Haute Cour

militaire devant laquelle il est déféré, qu’il ne peut être poursuivi pour la deuxième fois pour les mêmes faits, l’accusation maintient sa volonté de le faire condamner une seconde fois.

D’où, certains compatriotes commencent à redouter un coup fourré contre Jean-Pierre Bemba. Blanchi par la CPI et libre, l’ancien Vice-président de la République peut-il craindre l’exhumation, par la justice de son pays, du dossier des violences post-électorales de juillet 2006 ou mars 2007, dans lesquelles étaient impliquées les troupes du Mouvement de Libération du Congo, lequel avait cessé d’être un groupe armé depuis la signature de l’Accord Global et Inclusif en décembre 2002, dans le cadre du Dialogue Intercongolais ? La question reste posée. Même si Jean-Pierre Bemba parait n’avoir aucun compte à rendre à la justice congolaise, cadres et militants du MLC restent sur leurs gardes ».

 

La Prospérité titre  « Bemba attend sa libération aujourd’hui ! »

Maintenant, c’est une simple question d’heures, des minutes, voire des secondes. Les juges d’appel n’auraient plus de raison de continuer à l’embastiller dans les installations de la CPI, n’en déplaise à Fatou Bensouda, se moque La Prospérité qui fait savoir qu’après l’audience de mardi 12 juin, Bemba quittera sûrement la prison.

Normalement, comme il a été acquitté dans l’affaire principale axée sur les atrocités qui lui étaient attribuées autrefois jusqu’à les lui faire payer de son séjour prolongé sous le contrôle d’un geôlier à la CPI, il va de soi que les charges retenues contre lui soient, à leur tour, évacuées, espère le quotidien. Pour le tabloïd, sa place est désormais dans l’agora politique où les jeux et enjeux l’attendent avant les joutes électorales du 23 décembre 2018. Au MLC et partout où se trouvent ses proches, la fête sera totale.

 

Abordant la question de son retour sur la scène politique, Forum des As s’exclame: «« Vérité dure, dure vérité : Bemba libre, l’Opposition panique ! »  
« De Moïse Katumbi à Eva Bazaïba en passant par Félix-Antoine Tshilombo, Martin Fayulu et autres Adolphe Muzito, les premières réactions en rapport avec l’acquittement de Jean-Pierre Bemba vont dans le sens de considérer que c’en est fini des Kabilistes ! ».

A dire vrai, renchérit notre confrère, la peur change plutôt de camp. Pour la Mp, l’adversaire n’avait jusque-là pas de visage, l’Opposition étant à la recherche du candidat commun. Or, si Bemba sort de la prison pour le pouvoir (dixit Eve Bazaïba), les Opposants présidentiables sont réduits à revoir à la baisse leurs ambitions…  Dans cette perspective, le grand et principal perdant est Fatshi !

Au Centre (Espace Kasaï) par exemple, Félix-Antoine Tshilombo tremble (…). Il s’est toutefois abstenu de faire allusion au contexte politique actuel caractérisé par les enjeux électoraux, après la libération de Bemba. En vérité, il sait qu’il ne fait pas le poids devant le Chairman. En son for intérieur, il a pleinement conscience de perdre le « fief » de Kinshasa qu’il a cru être le sien jusque-là. Atout qu’il envisageait certainement de mettre sur la table des négociations avec Moïse Katumbi pour la présidentielle, illustre le tabloïd.

 

Si La Prospérité pense que Bemba vient changer la donne en RDC, Patrick Nkanga de la MP, cité par 7sur7.cd pense le contraire.

Pour lui, Bemba n’a plus la même influence qu’en 2006 et presque tous les leaders de l’ex-Equateur sont avec la MP. « Sa probable libération ne va aucunement perturber la Majorité actuelle qui d’ailleurs s’est élargie. La politique est dynamique, donc évolutive. Il n’existe pas des popularités statiques, aujourd’hui l’ex-Equateur a été divisée en 5 nouvelles provinces, ce qui implique des réalités sociologiques, politiques et économiques endogènes à chacune d’elles. Il est quasiment impossible aujourd’hui, qu’il y ait une seule personnalité qui prétende avoir prééminence sur toutes les 5 provinces de l’Equateur issues de la reconfiguration administrative », dit-il dans une interview accordée à ce média en ligne.

 

Times.cd qui cite Eve Bazaiba, secrétaire générale du MLC, annonce pour sa part que son parti sera en Congrès à Kinshasa du 12 au 13 juillet 2018, et que Bemba n’a aucun problème pour mettre le pied dans son pays, il est le président national du MLC.

 

A ce sujet, Ensemble pour le changement met en garde le pouvoir contre toute tentative d’empêcher le retour de Bemba, rapporte Actualité.cd. Pour cette plateforme de soutien à Moïse Katumbi, le pouvoir ne devrait pas « monter des affaires et procédures judiciaires grossières à l’instar de celles fabriquées de toutes pièces contre Moise Katumbi ou par des actes d’intimidation ».

 

Politico.cd se remémore « le jour où Kamitatu et Endundo ont achevé Bemba à la CPI ». Si la majorité de la classe politique, en dehors du pouvoir congolais, jubile, certains, au sein même de l’opposition, ne sauront peut-être pas sur quel pied danser. Des jadis amis, des très proches, des vieux amis et copains, tous, devront regarder la libération du « chairman » de loin, met en garde le média en ligne.

Ce site rappelle les faits qui remontent en juillet 2010, au point saillant du procès de Jean-Pierre Bemba à la CPI. « Et pendant que la défense du leader du MLC s’organise, le monde découvre une situation bien étrange. Deux des témoins clés du procureur de l’époque, Luis Moreno Ocampo, ne sont autres que Olivier Kamitatu et José Endundo », écrit ce site internet.

 

L’Avenir titre « Affaire Bemba: Thambwe Mwamba dément "Le PGR n’a jamais lancé d’appel à témoins" ».

Le ministre de la justice a démenti lundi un communiqué attribué au procureur général de la République, dans lequel il serait demandé à tout kinois, « victime directe ou indirecte des actes de rébellion, sédition, meurtre, enlèvement, pillage, viol, torture et autres traitements cruels, inhumains et dégradants », commis par la milice de Jean-Pierre Bemba en 2006, à se présenter à son office pour une audition, publie ce journal.

 

La Prospérité s’interroge : « Bemba, Luanda et enjeux 2018 : une épée de Damoclès sur Kinshasa ? ».

Ce journal qui se veut évocateur cite : « D’après la légende grecque qui relaie le soubassement de cette expression "Epée de Damoclès", le précité était un courtisan du roi Denys l’Ancien, qu’il flattait souvent à propos de ses richesses et du bonheur attaché à sa condition de majesté.

Pour faire comprendre à Damoclès combien ce bonheur était précaire, le roi l’invita un jour à un banquet où il jouissait l’ombre de ce jour festif des honneurs dus au roi. Damoclès attablé et plus qu’heureux va, dans ce moment de grande joie, découvrir qu’une épée est suspendue au-dessus de sa tête maintenue par un simple crin de cheval.

Donc, qu’elle pouvait tomber sur lui à n’importe quel instant alors qu’il jouissait du bonheur presqu’absolu. Voilà, culture oblige, l’explication trait-à-trait de cette formule qui décrit une situation périlleuse ou évoque des circonstances particulièrement risquées ».

Ce journal revient sur le cas de la Rdc en soulignant : « Bien loin des contrées de la Grèce où elle a trouvé ses origines, l’expression est dans des langues à Kinshasa sur la situation découlant des analyses du jeu politique et diplomatique autour des élections à venir ».

 

La couleur des autobus

 

Au sujet de la mesure du Gouvernement de Kinshasa de l’uniformisation des couleurs des véhicules de transport en commun, « Confusion autour du modèle de couleur jaune de taxis », titre Forum des As qui relève que « Le modèle de la couleur jaune à peindre les véhicules de transport en commun appelé communément "Ketch" tel qu’imposé par la ville de Kinshasa prête désormais à confusion, à tel point que chaque propriétaire de véhicule y va comme il entend’.

Une situation, selon ce journal, qui embarrasse aussi bien les agents de l’ordre, commis pour le contrôle, que les conducteurs contraints de se soumettre à cette obligation, vu que le délai du moratoire leur accordé est épuisé.

 

Dans un autre article intitulé « Plus de 420 taxis déjà à la fourrière: nouveau cauchemar pour les taximen », ce journal explique que « la police ne lésine pas sur les moyens dans la lutte contre les enlèvements dans la capitale de la République démocratique du Congo ».

FdA pressent : « Le début d’une nouvelle semaine de cette opération de contrôle va, sans nul doute, perturber à nouveau la circulation à travers la capitale », expliquant par ailleurs que « les barrages des agents de la police sont érigés sur toutes les artères routières de la ville de la Kinshasa. Les agents de l’ordre interpellent les taximen dont les couleurs des voitures ne sont pas conformes aux directives des autorités de la ville à Kinshasa ».  Cependant, poursuit-il, obtenir les numéros d’enregistrement tel qu’exigé par le gouvernement provincial devient un parcours de titan, et pour les propriétaires, et pour les conducteurs des taxis et taxi-bus. Ils décrient un manque d’organisation dans le processus d’obtention des autocollants numériques.

Les requérants sont contraints de passer plusieurs jours juste pour la délivrance du numéro d’enregistrement. On ne sait donc pas à ce rythme ce qu’il adviendrait entre la lenteur observée dans la délivrance des autocollants numériques et la fermeté de la police qui s’est donné un nouveau rendez-vous avec ceux qu’elle considère comme récalcitrants ». 
Pour FdA, « les suggestions pour pallier à cette situation vont dans les sens les plus divers. La moindre des choses serait d’accroitre le nombre d’agents et de machines ainsi qu’une décentralisation de la cellule d’identification dans des maisons communales.  Et aussi, les taximen déplorent qu’ils soient arrêtés alors qu’ils ont déjà versé leur argent. Il faudrait une certaine souplesse des agents de l’ordre dès lors que les requérants peuvent présenter les preuves de paiement. Entretemps, le contrôle se poursuit sur terrain ».

 

Indemnités de sortie des députés

 

« Scandale AN : Des Députés haussent le ton et donnent 48h à Aubin Minaku! », révèle La Prospérité.

Selon ce dernier, « ils menacent de créer un scandale si, après le 14 juin prochain, ils ne sont toujours pas satisfaits. Ils ne réclament rien d’autre que leurs droits. Ils, ce sont les députés nationaux concernés par l’épineuse question des indemnités de sortie sous la gestion Minaku (Cfr Dossier Congo Motors).

C’est là un ultimatum lancé au président de l’Assemblée Nationale, Aubin Minaku Ndjalandjoko. En effet, dans une missive lui adressée et dont une copie est parvenue au quotidien, ils haussent, décidément, le ton et attendent une réponse thérapeutique ».

 

RDC / Russie

 

A l’époque de la signature de cet accord en 1999 par Laurent Kabila, il avait été perçu comme « un accord de défi », rappelle un conseiller, alors que le président de l’époque se sentait « lâché par ses alliés traditionnels ».

L’accord de coopération militaire et technique qui dormait dans les tiroirs depuis 19 ans sans être appliqué, a de nouveau été adopté vendredi dernier à l’Assemblée nationale, au lendemain de la visite à Kinshasa du vice-ministre russe des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov. Il prévoit la livraison par la Russie d'armements, de matériels de guerre « et autres équipements spécifiques », des « missions de conseils », ou encore la formation de spécialistes militaires dans les écoles russes. La Russie ne cache pas aussi à terme ses ambitions dans le secteur des mines, des énergies et de l’agriculture. Mais derrière, il y a aussi des enjeux politiques.

Moscou serait-elle en train de monnayer son pouvoir au sein du Conseil de sécurité de l’ONU ? Kinshasa n’est pas le seul pays d’Afrique à susciter sa convoitise ces derniers temps. On a assisté à des rapprochements avec Kigali, Bangui et Addis Abeba.

Mais l’’accord de coopération adopté vendredi est remis au goût du jour à 6 mois d’une échéance présidentielle scrutée de très près, et alors que Kinshasa est sous la pression des pays occidentaux. « Le soutien de la Russie, réputée pour faire régulièrement contrepoids au sein du Conseil de sécurité, pourrait être utile à la RDC », estime un observateur. A l’issue de sa rencontre avec le président Kabila vendredi, Mikhaïl Bogdanov a insisté sur la « convergence de vue » entre les deux pays en ce qui concerne « la sauvegarde de la souveraineté ». « Tout problème congolais doit avoir une solution congolaise », a-t-il déclaré, tout en insistant plus tard dans un communiqué sur l’importance de respecter l’échéance du 23 décembre « pour réduire les tensions ». (source RFI)

 

D’où la question que pose Le Phare « Contre les pressions occidentales, V. Poutine peut-il soutenir Joseph Kabila ? »

« L’internationalisation de la crise politique en République démocratique du Congo, à la suite notamment de la conclusion de l’Accord politique global et inclusif du Centre interdiocésain de Kinshasa, a davantage ouvert l’espace congolais à des jeux de puissances. Un peu plus d’un quart de siècle après la fin de la Guerre froide et la victoire du complexe bloc occidental, la RDC est l’objet de la projection de moult acteurs étatiques majeurs de la vie internationale.

Le rapprochement aux conséquences fâcheuses avec la « taciturne Chine» n’ayant pas produit d’effets escomptés notamment sur le plan sécuritaire, le pouvoir de Kinshasa reste butté à des pressions occidentales dont l’intensité semble aller crescendo. Pour l’heure, c’est officiellement suite à la non-tenue de l’élection présidentielle en 2016.

Au-delà du « ping-pong » entre la Majorité présidentielle et l’opposition politique au sujet de la mise en œuvre de l’Accord politique du 31 décembre 2016, au-delà de la controverse en cours sur la volonté politique et la possibilité technique de la tenue de la présidentielle en décembre 2018, au-delà de la polémique sur la possibilité constitutionnelle d’un nouveau mandat pour le Président sortant, etc., la filière scientifique des Relations internationales, à laquelle je m’identifie, m’astreint à réfléchir sur le rôle qu’en ce temps qui court, la Russie de Vladimir Poutine peut s’attribuer en RDC, un incontestable enjeu international.

La Russie, qui s’évertue – en dépit des difficultés économiques – à affirmer énergiquement sa puissance et à la consolider à travers une posture diplomatico-stratégique de plus en plus contraire au camp occidental, peut chercher à agir non moins manifestement en RDC dans la perspective de relever le défi d’entrer de plain-pied en Afrique.

Ce d’autant plus qu’à la suite de l’attitude quelque peu distante que l’Administration Trump parait afficher politiquement à l’égard du continent africain, le champ congolais est plus à la portée des puissances européennes qui militent pour un meilleur repositionnement sur cette aire. Ceci implique, dans la perspective d’assurer le contrôle de l’initiative politique à Kinshasa, le concours en leur faveur des « Africains » exerçant ou ayant exercé de l’influence sur la RDC.

Dès lors, il est fort possible que Vladimir Poutine, nostalgique de la défunte URSS, soit pleinement disposé à apporter à son homologue congolais le soutien dont ce dernier aurait besoin pour autant que ceci constituerait une brèche pour placer la Russie au cœur de l’Afrique. Ce après les échecs de l’ex-URSS à ce propos. La clarté des positions diplomatiques de Moscou et, partant, sa détermination à assumer ses options stratégiques sur les espaces où il se déploie à l’instar de la Syrie, de l’Iran ou du Venezuela, peuvent constituer, pour Kinshasa, une garantie de sa défense contre les pressions occidentales.

Généralement, la rhétorique diplomatique de Moscou repose sur l’obligation internationale de respecter la souveraineté des Etats tel qu’il ressort de la Charte de l’ONU. C’est à ce titre que, lors des débats au Conseil de sécurité de l’ONU ayant précédé le vote de la Résolution 2409 sur la situation en RDC, il avait mis en garde, au sujet des élections qui ont coulé salives et ancres dans ce pays, les puissances occidentales contre toutes violations de la souveraineté de ce pivot géostratégique au centre de l’Afrique. Cette stratégie discursive ne laissera certainement pas indifférente Kinshasa qui fait face à une hétéroclite opposition politique soutenue par des instances occidentales, notamment européennes.

Reste à savoir jusqu’où Moscou pourrait offrir ses services à Kinshasa, et les conséquences de la construction de l’axe Moscou-Kinshasa sur la stabilisation de l’espace congolais. Le «strabisme » dont souffre la classe politique congolaise ne rassure pas – encore – quant à un avenir durablement apaisé. D’autant plus que la complexité de la « réalité politique congolaise » porte – toujours – atteinte à l’effectivité de l’indépendance de l’Etat congolais. Le jeu de politique interne reste ainsi moins déterminé par l’engagement des hommes politiques à œuvrer véritablement et opiniâtrement pour le

bien-être de la population congolaise que par leur niveau de manipulation au profit de tierces parties. Ceci laisse libre cours aux jeux de puissances qui pourraient, à nouveau, s’affronter en RDC, loin des intérêts des Congolais.

Pour la RDC, le défi majeur reste ainsi de maîtriser et d’exercer fermement et efficacement l’initiative politique pour l’amélioration des conditions sociales des populations et le développement de l’Afrique. Sans ignorer le reste du monde. Pour ce faire, les Congolais doivent gagner le pari de l’unité nationale ».

 

 

Rappel : Les 7 conditions à défaut desquelles une élection sera NULLE.

 

L’élection est un processus complexe, une machine aux multiples rouages, et il faut que chacun de ceux-ci fonctionne impeccablement pour que l’élection puisse être valable.

Si un seul de ces rouages est défectueux ou grippé, cela met à néant la validité de tout le processus et les élections sont nulles. Schématiquement, ces conditions sont au nombre de sept:

 

1 – Le corps électoral doit être correctement connu et identifié. Là où, comme en RDC, le dernier recensement remonte au Déluge, ce recensement doit avoir lieu avant que l’on n’envisage d’organiser des élections .

2 – L’organisation pratique et matérielle des élections doit être confiée à une institution neutre et apolitique. C’est actuellement un point d’achoppement en RDC.

3 – Lorsque l’obstination d’un Président, jamais élu comme en RDC, ou simplement arrivé en fin de mandat, rend une Transition indispensable, celle-ci ne peut être présidée que par une personne consensuelle et qui s’engage à ne pas être candidate.

4 – La certification des résultats doit être confiée à un pouvoir judiciaire parfaitement indépendant.

5 – Toutes les opérations, depuis les bureaux de vote jusqu’à la proclamation finale, doivent être parfaitement transparentes, soumises à l’observation, tant des témoins désignés par les candidats que des observateurs nationaux ou internationaux. En particulier, les opérations électroniques doivent être, soit évitées, soit soumises à une surveillance particulièrement scrupuleuse. (Même si elles ne concernent que la transmission des résultats des bureaux locaux au bureau central. Le souci affiché de « gagner du temps »peut cacher une intention de gagner l’élection… en trichant).

6 – Les élections doivent être organisées par ordre d’importance croissante : régionales  et locales, d’abord, provinciales et législatives ensuite, présidentielle en fin  de parcours.

7 – Là où, comme en  RDC depuis les élections de 2011, l’on vit sous un régime illégitime, il ne saurait être question d’impunité. Il faut des enquêtes sérieuses pour déterminer les causes et origines des irrégularités, qu’on punisse les responsables, qu’on les écarte définitivement de toute responsabilité électorale et qu’on en tire les conséquences quant aux futures élections. Il aurait dû y avoir  une protestation générale des démocrates de tous les partis, car un démocrate ne saurait accepter que son candidat gagne par la fraude, la corruption et le mensonge.

 

Il est indispensable que TOUTES ces conditions soient réalisées EN MEME TEMPS. Sans quoi l’on s’expose aux pires aventures telles celles dont la RDC donne, pour son malheur, le triste exemple à l’Univers entier. Dans ce pays, en effet, aucune de ces sept conditions n’a jusqu’ici été respectée.

L’on pourrait ajouter une huitième condition aux sept énumérées ici : le soutien ferme et sélectif de la «communauté internationale » aux démocraties en construction. Mais cela ne dépend pas des pays africains eux-mêmes.

 

 

 

 

© CongoForum, le mardi 12 juin 2018

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