Congoforum Congoforum


News
Analyse et réflexion
Coopération
Economie
Fiche du Congo
Fiche de la Belgique
Développement
Interviews
Liens

print

Dernières infos

10 08 18/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE VENDREDI (CongoForum)

Les journaux parus à Kinshasa au matin de ce vendredi 10 août 2018 commentent les orientations des acteurs politiques pour la suite du processus électoral, après la clôture des dépôts des candidatures à la présidentielle et aux législatives nationales. Ils reviennent aussi sur l'appel à la vigilance lancé par le Comité laïc de coordination (CLC), malgré la désignation du candidat du front commun pour le Congo à la présidentielle. La presse joséphiste, de son côté, analyse en long et large les candidatures pour la présidentielle clôturée il y a deux jours
                         Chers Visiteurs et Abonnés,

Si vous désirez vous INSCRIRE (ou inscrire un ami) à notre Revue de la Presse, afin de la recevoir quotidiennement par courriel  dans votre boîte, rien de plus simple !
Envoyez un courriel à l’adresse
yigdrya@gmail.com en mentionnant simplement « Revue de presse » (et l’adresse, si ce n’est pas celle d’où vous écrivez). C’est tout !!!
Nous avons vraiment besoin de votre soutien financier. Comme vous le savez, nous avons failli devoir renoncer à la gratuité des envois. Ce serait regrettable, alors qu’il suffirait que chaque abonné verse 1€ par an pour perpétuer ce service de CongoForum, un site web unique qui existe depuis octobre 2005.  Nous préférons donc faire appel à vous pour que vous cotisiez librement.  Merci de verser votre soutien sur le compte BE53 7380 1810 3353 EUR de l’asbl CongoForum, ou d’utiliser sur notre site le bouton « Donate » et ses options « crédit » ou « Paypal ».
Si au contraire vous souhaitez vous DESINSCRIRE, c’est encore plus simple. Cliquez sur le lien « ad hoc » ci-dessous,en fin de document.

Pour plus de détails sur l’actualité congolaise, voyez www.CongoForum.be Encore des questions? Mme Helène Madinda vous répondra: helene.madinda@gmail.com.

Autosatisfaction officielle

 

« Respect de la Constitution par le Raïs : les USA, l’UE, l’UDPS et la Majorité saluent la décision de Joseph Kabila », titre Forum des As qui estime que cette décision a surpris la communauté tant nationale qu’internationale. Ce satisfecit général de la communauté nationale et des Occidentaux, ajoute ce journal, saute aux yeux, au regard des communiqués qui atterrissent.

« Même les opposants les plus farouches au Raïs apprécient ce sens de respect de la parole donnée. Aux dires de Félix Antoine Tshisekedi, le président national de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), "le geste du président Joseph Kabila constitue un pas dans la bonne direction" », relève FdA.

 

L’Avenir fait remarquer que Washington, Paris, Bruxelles, UE et UA saluent la décision de Kabila, après la désignation de Shadary comme candidat du FCC à la présidentielle. Cette communauté internationale, rappelle le journal, n’avait jamais cru que Joseph Kabila prendrait une telle décision, allant à contre-courant de la dynamique actuelle dans la région des Grands Lacs où le Rwanda, l’Ouganda, le Burundi et le Congo-Brazzaville n’ont pas hésité un seul instant à modifier leurs constitutions respectives pour se cramponner au pouvoir. Et ce, sans la condamnation de la communauté internationale, indique le tabloïd.

 

L’ambassade des Etats-Unis à Kinshasa a aussitôt salué cette volonté manifeste du président congolais de baliser la voie à l’alternance au pouvoir, renseigne Forum des As.

 

Actualite.cd indique que la cheffe de MONUSCO et les ambassadeurs du Canada, des Etats-Unis, de la Suisse, de l’Union africaine ainsi que de l’Union européenne ont, dans une déclaration commune jeudi 9 août 2018, appelé à préparer une alternance pacifique à l’issue des élections prévues à la fin de cette année.

Ils ont réitéré leur appel à toutes les parties à veiller à ce que le processus électoral et le transfert du pouvoir soient menés de manière transparente, pacifique et inclusive, conformément à la constitution et à l’accord de la Saint-Sylvestre de décembre 2016, rapporte le site web.

 

Le journal satirique Grognon évoque des « révélations sur le choix de Emmanuel Shadary », qu’il qualifie de « candidature la plus importante de ce cycle électoral ».

Pour lui, le rappel de Shadary, du gouvernement à l’arène politique, notamment au secrétariat permanent du PPRD constituait à lui seul toute une indication de Joseph Kabila dont personne n’a su tenir compte.

 

Katumbi

 

Le Potentiel plaide pour le cas Katumbi et appelle la classe politique à la maturité et à la solidarité comme en 1990 à la Table ronde à Bruxelles.

« Moïse Katumbi a encore une chance de postuler à la présidentielle. Pour y parvenir, il doit franchir l’obstacle que le pouvoir en place a dressé sur son chemin, c’est-à-dire revenir en RDC. Il y a 58 ans, les leaders congolais présents à la Table ronde de Bruxelles s’étaient retrouvés dans la même situation, concernant Patrice-Emery Lumumba resté en prison à Léopoldville », commente ce quotidien.

Le Potentiel pense que Moïse Katumbi a encore une chance de postuler à la présidentielle. Pour y parvenir, il doit franchir l’obstacle que le pouvoir en place a dressé sur son chemin, c’est-à-dire revenir en RDC.

Selon ce journal, la rallonge de la CENI des opérations de réception et traitement des candidatures à la présidentielle ainsi qu’aux législatives nationales qui va jusqu’au 13 août 2018 permet à Moïse Katumbi de jouir encore d’une marge de manœuvre - assez étroite certes – pour se lancer dans la course présidentielle. Des démarches sont en cours au plan international pour tenter de réconcilier le régime en place avec le camp Katumbi et l’arrivée ce vendredi à Kinshasa du président sud-africain s’inscrit dans ce cadre, révèle le quotidien.

 

Mediacongo.net annonce « Interdit d'entrer en RDC, Katumbi attaque l’État congolais devant le Conseil d’État ».

« Le chef de file de la plate-forme « Ensemble » a déposé ce jeudi 9 août, via ses avocats , deux requêtes au secrétariat du 1er président du Conseil d’État , Félix Vunduawe te Pemako.

Dans la première requête, Moïse Katumbi sollicite la levée de toutes les mesures administratives lui interdisant d'entrer et de circuler librement sur le territoire national, ce qui est un droit garanti à tout Congolais par la Constitution.

Dans sa deuxième requête, Moïse Katumbi sollicite auprès du professeur Vunduawe, en sa qualité de 1er président du Conseil d’État, d'ordonner à la CENI de recevoir sa candidature à la présidentielle , en dépit de la fin de la période de dépôt des candidatures.

Une rencontre est prévue ce vendredi 10 août entre le président du Conseil d’État, Félix Vunduawe te Pemako et le secrétaire général d'Ensemble, Delly Sesanga, afin de discuter de ces deux requêtes. Notons que les avocats de Moïse Katumbi ont éprouvé de sérieuses difficultés pour saisir le Conseil d’État ,une institution nouvellement installée , parce que les services de greffe de cette juridiction ne sont pas encore opérationnels. Ils ont ainsi été contraints de déposer les requêtes au secrétariat du 1er président du Conseil d’État ».

 

Le Phare titre: « Candidatures à la présidentielle : deux requêtes de Katumbi sur la table de Vunduawe »

Dans l’espoir de recouvrer son droit de résidence au pays de ses ancêtres qu’il estime être violé par ses détracteurs présents dans les cercles du pouvoir à Kinshasa, Moise Katumbi vient de saisir le premier président du Conseil d’Etat, rapporte Le Phare.

Selon ce journal, les avocats du président de la plateforme Ensemble ont déposé mercredi 08 août, sur la table de Félix Vunduawe Te Pemako, président de cette haute instance judiciaire nationale, deux requêtes contre l’Etat congolais. La première requête, explique le journal, sollicite une décision du Conseil d’Etat portant levée, sans équivoque, de toutes les mesures interdisant à Moïse Katumbi de revenir au pays et d’y circuler librement, comme le lui garantit la constitution de la République, promulguée le 18 février 2006.

La deuxième requête sollicite du Conseil d’Etat la décision de sursoir à la clôture du dépôt des candidatures à la présidentielle pour le cas de Moïse Katumbi, dont le droit d’entrer et de circuler librement à travers le territoire national, a été violé par les tenants du pouvoir en place à Kinshasa, précise le quotidien.

 

Appel à la vigilance

 

La Tempête des Tropiques titre « Dauphin : réactions favorables, vigilance recommandée »

« Partis politiques, société civile, communauté internationale… tout le monde a donné son avis

La désignation du Secrétaire exécutif du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), Emmanuel Ramazani Shadary, comme candidat du Front commun pour le Congo (FCC) à l’élection présidentielle, a suscité plusieurs réactions au sein de la classe politique et la société civile congolaise ainsi qu’au niveau international.

La Belgique, l’ancienne puissance coloniale de la RDC qui suit de près la situation politique en RDC, a salué le geste du président Joseph Kabila. Mais la Belgique, par l’entremise de son ministre des Affaires Etrangères, Didier Rynders, s’en tient à la transparence du processus au Congo-Kinshasa. La France a réagit positivement à cette situation et promet de soutenir les initiatives sous-régionales pour la suite du processus démocratique en RDC.

 L’administration Trump a, de son côté, salué la décision courageuse de Joseph Kabila, mais reste très regardante sur la suite du processus électoral. Les USA veulent voir les élections se dérouler de manière transparente et équitable afin de consacrer la première alternance démocratique en RDC. Avec la visite du président sud-africain à Kinshasa, en sa qualité du président de la SADC, nous osons croire que les choses pourront aller vite.

 

Premier pas et première victoire

 C’est sur twitter mercredi 8 août que les Congolais ont salué une première « victoire » qui va amener à l’alternance à la tête du pays, a dit le président national de l’Union pour la démocratie et le progrès Social (UDPS).

« C’est un pas dans la bonne direction, mais le plus important est à venir. La décrispation, les élections libres et crédibles pour une alternance pacifique, restent les prochains objectifs. Merci aux pays de la région, merci à la communauté internationale, merci au peuple congolais », a dit Félix Tshisekedi, candidat président de la République. De son coté, le Mouvement Citoyen Lutte pour le Changement (LUCHA) qui exige le départ de Joseph Kabila du pouvoir depuis 2016, se réjouit également de l’acte posé par le président sortant.

« Nous avons gagné une bataille importante mais la lutte continue: celle d’une vraie alternance & des élections où voter ne sera pas une formalité, mais l’occasion réelle de CHOISIR nos dirigeants selon nos aspirations, avec la certitude que le résultat reflète ce choix souverain », note ce mouvement citoyen.

Pour sa part, le député national Patrick Muyaya, membre du Parti Lumumbiste Unifié (Palu), a remercié le président Joseph Kabila et salué la mémoire des Congolais morts dans la lutte pour l’alternance du pouvoir.

« La date du 8 août 2018 restera à plusieurs titres historique à l’instar de celle du 24 avril 1990. Que des sacrifices consentis. Tout a un prix et les Congolais en ont payé chèrement pour l’avènement de l’alternance. Reste des élections transparentes. Et le peuple vaincra », a dit l’élu de la Funa.

Quant au député Dany Banza, président l’Avenir du Congo (ACO), il estime que la date du 8 août 2018 marque d’une pierre blanche l’histoire du Congo.

« Je salue ce jour du 8 août 2018 qui marque d’une pierre blanche l’histoire de la RDC dans la lutte pour le respect de la Constitution, spécialement dans son volet électoral et du mandat à la Présidence de la République », dit-il.

 

Appel à la vigilance

Dans sa clandestinité, Léonie Kandolo du Comité Laïc de Coordination (CLC) a appelé le peuple à la vigilance.

« La désignation d’un dauphin est une grande victoire… mais restons vigilants car ce n’est pas la garantie des élections transparentes et inclusives », a–t- elle martelé. Rompant son silence, Carine Katumbi, l’épouse de l’opposant en exil Moïse Katumbi, rend également hommage aux martyrs de la lutte pour l’alternance.

Pour l’opposition congolaise, il s’agit d’une victoire arrachée de haute lutte dix-neuf mois après l’expiration officielle du second mandat de Joseph Kabila (fin 2016). « Il a fini par céder aux pressions venues de toutes parts, du peuple congolais, de nos voisins, de la communauté internationale. Mais nous n’accepterons pas des élections qui ne soient pas crédibles », a prévenu Martin Fayulu, président du parti EciDé (Engagement pour la citoyenneté et le développement) et candidat à la présidentielle.

 Malgré la désignation du dauphin par Kabila, les opposants au régime et les organisations de la société civile continuent à réclamer « des mesures de décrispation politique » par la libération des militants emprisonnés au cours des deux dernières années ou le retour de ceux contraints à l’exil.

Pour la société civile de la RDC, le fait que Kabila ait finalement désigné un dauphin n’est pas un cadeau fait à la nation. Seul acte qui peut détendre l’atmosphère politique selon Christopher Ngoyi Mutamba, coordonateur national de la Société civile de la RDC, est la mise en application de l’Accord du 31 décembre 2O16 et la Résolution 2409 du Conseil de sécurité des Nations Unies.

La Société civile de la RDC continue à s’opposer à la machine à voter, à la confiscation des mass-médias par une seule famille politique et dénonce l’instrumentalisation de la justice pour écarter d’éventuels rivaux politiques.

Donc, pour Christopher Ngoyi Mutamba et Jean Bosco Puna, le fait que Kabila ne se représentera pas aux prochaines élections ne signifie pas qu’il a respecté l’Accord de la Saint Sylvestre. Loin de là. Les ONG des droits de l’homme qui ont été en première ligne contre un éventuel troisième mandat du président Kabila, se félicitent de la désignation du dauphin, tout en s’inquiétant des sanctions qui pèsent sur Shadary.

« Nous avons pris acte de sa désignation, mais nous relevons aussi le fait qu’Emmanuel Shadary est sous le coup de sanctions internationales, notamment de l’Union européenne, du fait de son implication dans des répressions de manifestations publiques, ce qui nous préoccupe beaucoup », a expliqué Me George Kapiamba, président de l’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ).

Human Rights Watch a souligné le fait que Joseph Kabila « ne tentera pas de briguer un troisième mandat inconstitutionnel en décembre comme un premier pas. Cependant, nous sommes encore très loin d’un processus électoral crédible, et beaucoup de choses peuvent se passer d’ici à décembre, y compris des délais supplémentaires », a mis en garde Ida Sawyer, directrice adjointe de la division Afrique de Human Rights Watch.

Elle a souligné la «répression violente du gouvernement qui se poursuit sans relâche», le fait que Moïse Katumbi ait été empêché d’entrer dans le pays pour déposer sa candidature, les débats autour de la machine à voter ou encore le fait que «la commission elle-même et les tribunaux du pays semblent être sous le contrôle total de Kabila ».

Ida Sawyer a appelé enfin les partenaires régionaux et internationaux de la RDC «à exercer une pression forte pour que le pays connaisse une transition véritablement démocratique et pour prévenir davantage de répression et d’effusion de sang dans les mois à venir».

Le maintien au pouvoir de Joseph Kabila après l’expiration de son deuxième et dernier mandat constitutionnel fin 2016, avait aggravé la crise politique qui secouait la République démocratique du Congo depuis plusieurs années déjà. Son retrait de la course à la prochaine présidentielle devrait calmer les tensions et ouvrir une nouvelle ère pour le pays, a noté Ida.

 

Une première bataille de gagnée

Une satisfaction mais de la prudence aussi du côté du Comité laïc de coordination (CLC), qui se préparait déjà pour des journées d’actions contre une éventuelle candidature du président Kabila. « C’est une première partie qui est gagnée parce qu’il s’agit d’un processus.

Nous sommes satisfaits que le président Kabila ait respecté la Constitution et l’accord de la Saint-Sylvestre pour son troisième mandat », a déclaré Jonas Tshiombela, porte-parole du CLC. « Mais ce n’est pas tout le combat. Ce n’est qu’une bataille qui est gagnée. Il y a une partie qui reste à gagner, et nous appelons toute la population à plus de mobilisation », a-t- il dit. »

 

Pour Isidore Ndaywel, rapporte Cas-Info.ca, le très gros danger est passé, il reste maintenant à surveiller le reste. Il fait allusion aux « embûches » dans le processus notamment la machine à voter, le fichier électoral qu'il faut auditer et la mise en place des mesures de décrispation politique croit savoir le site web.

 

Dans un communiqué publié jeudi 9 août, renseigne La Prospérité, le Comité laïc de coordination, tout en se disant déterminé à défendre l’intérêt du peuple, accepte de manière temporaire de surseoir à son programme d’actions du 12, 13 et 14 août, pour faire preuve de bonne foi et encourager, en même temps, le chef de l’Etat et la CENI à prendre, de bonne grâce et non plus au prix du sang, toutes les dispositions nécessaires et urgentes, pour garantir au peuple congolais son droit le plus légitime aux élections crédibles, inclusives, apaisées et transparentes.

Le CLC prévient, par ailleurs, que si ces préalables ne sont pas réunis, il reviendra à la charge, avec une série de nouvelles manifestations pacifiques, conclut le quotidien.

 

L’Institut de Recherche en Droits Humains – IRDH – dans un communiqué, fait savoir que

« LES OSC SALUENT KABILA POUR LE RESPECT DE LA CONSTITUTION ET L’INVITENT A LA DESCRIPATION POLITIQUE

Les Organisations de la Société Civile (OSC) se félicitent du respect de l’article 70 de la Constitution par le Président KABILA KABANGE Joseph, en faisant annoncer qu’il ne se présente pas à la présidentielle du 23 décembre 2018. En outre, elles l’invitent à procéder, urgemment, à la mise en œuvre des mesures de décrispation.

Soutenant l’appel à la paix et l’inclusivité de la Conférence Episcopale Nationale de la RDC (CENCO) du 07 août, les OSC signataires rappellent que l’Accord du 31 décembre 2016 a pour objectif de résoudre la crise politique née de l’interruption de la régularité et la continuité du processus électoral. De ce fait, elles recommandent vivement la mise en œuvre du chapitre V relatif aux mesures de décrispations restées en souffrance, notamment :

1. La cessation des poursuites politiquement motivées contre KATUMBI CHAPWE Moïse;

2. Et, la libération des prisonniers politiques emblématiques dont DIOMI NDONGALA Eugène, DIONGO SHAMBA Franck, Bâtonnier MUYAMBO KYASSA Jean-Claude, ainsi que les prisonniers d’opinions, notamment BENI Carbone, BOPOMI Mino, KALONJI Cedric, TSHUNZA Grace et KABEYA Palmer.

Les OSC rappellent, par ailleurs, que la décision de ne pas présenter la candidature de KABILA s’inscrit dans l’esprit de l’Accord politique dont les autres points déjà appliqués sont:

1. Point II.2 : Le Président de la République reste en fonction jusqu'à l’installation effective de son successeur élu;

 

Point III.2.2. : Les députés et sénateurs restent en fonction jusqu’à l’installation effective de nouvelles assemblées législatives et délibérantes ;

Point III.3 : Le Gouvernement est dirigé par l’opposition ;

Chapitre VI : Les membres du CNSA sont désignés pour assurer le suivi de l’Accord.

 

Fait à Lubumbashi, le 08 août 2018.’

 

Opposition

 

La Tempête des Tropiques annonce « Préparatifs en vue d’une candidature commune de l’opposition : L’UDPS, le MLC et l’UNC se sont concertés hier »

« Une rencontre est projetée pour le mois de septembre entre les candidats opposants ayant postulé à la présidence de la République en vue de discuter sur la possibilité de désigner un candidat commun de cette famille politique. « La question est à l’ordre du jour, nous aurons cette rencontre à l’étranger parce que vous savez que certains d’entre nous ont été empêchés de rentrer au pays ». C’est ce qu’ont déclaré hier lesdits candidats.

« La règle d’or, c’est la flexibilité, a dit Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi. Mais aussi, chacun de nous devra brandir son programme et on va discuter comme des hommes en se regardant dans les yeux. Au finish, on attendra la fumée blanche comme à l’élection du pape ».

C’est à ce propos que le président de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC), Vital Kamerhe, celui de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi ainsi que la secrétaire générale du Mouvement de Libération du Congo(MLC), Eve Bazaiba se sont rencontrés hier jeudi 9 août à Kinshasa.

Il est question pour eux d’échanger sur la problématique de la candidature commune de l’opposition politique congolaise, en vue de l’élection présidentielle du 23 décembre prochain. La machine à voter figure également au menu de leurs échanges. Le véritable problème n’est pas de désigner le candidat unique mais plutôt de savoir le pourquoi de la machine à voter.

Notons pour rappel que lors de la seconde guerre mondiale, pour arrêter les bombardements aériens des Allemands, les alliés n’ont pas cherché à améliorer le style ou le système de combat, mais ils ont bombardé carrément les usines de fabrication de ces avions ».

 

Africanews analyse les candidatures à la présidentielle déposées à la CENI et y voit un scrutin avec « quatre duels fratricides ». Il s’agit, selon le trihebdomadaire, de Kin-Kiey qui défie Shadary, Muzito contre son ex mentor Gizenga, Badibanga qui se mesure à son frère Fatshi, les argentiers Matungulu et Tshiani issus des institutions de Bretton Woods.

Ce journal résume que dans la conquête des voix des électeurs, l’on va devoir assister à des passes d’armes entre les personnalités issues d’une même moule, notamment les fils du même terroir, les cadres ayant évolué au sein d’un même regroupement politique, les cracks des milieux d’affaires de la diaspora, les ‘’opportuno-situationnistes’’ de dernière heure, etc… »

Par ailleurs, le même journal publie les noms des six candidats président de la République en « situation d’irrégularité », faute d’avoir versé la caution exigée par la loi électorale. Il s’agit d’Antoine Gizenga, Bébé Malwalwa, Laure-Marie Kawanda, Noël Tshiani, Michel Okongo et Jean-Paul Moka.

 

Divers

 

Pendant ce temps, le Bulletin de l’ACP rapporte que le Président de la République sud-africaine, Cyril Ramaphosa, effectue ce vendredi une visite de travail à Kinshasa.

L’agence précise que le Président sud-africain qui va visiter pour la première fois la RDC depuis son accession à la magistrature suprême de son pays, le 15 février 2018, aura des entretiens avec son homologue congolais, Joseph Kabila Kabange, sur les relations de coopération entre les deux Etats membres de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). L’évolution du processus électoral en RDC ne manquera certainement pas au menu de leurs entretiens.

 

Rappel : Les 7 conditions à défaut desquelles une élection sera NULLE.

 

L’élection est un processus complexe, une machine aux multiples rouages, et il faut que chacun de ceux-ci fonctionne impeccablement pour que l’élection puisse être valable.

Si un seul de ces rouages est défectueux ou grippé, cela met à néant la validité de tout le processus et les élections sont nulles. Schématiquement, ces conditions sont au nombre de sept:

 

1 – Le corps électoral doit être correctement connu et identifié. Là où, comme en RDC, le dernier recensement remonte au Déluge, ce recensement doit avoir lieu avant que l’on n’envisage d’organiser des élections .

2 – L’organisation pratique et matérielle des élections doit être confiée à une institution neutre et apolitique. C’est actuellement un point d’achoppement en RDC.

3 – Lorsque l’obstination d’un Président, jamais élu comme en RDC, ou simplement arrivé en fin de mandat, rend une Transition indispensable, celle-ci ne peut être présidée que par une personne consensuelle et qui s’engage à ne pas être candidate.

4 – La certification des résultats doit être confiée à un pouvoir judiciaire parfaitement indépendant.

5 – Toutes les opérations, depuis les bureaux de vote jusqu’à la proclamation finale, doivent être parfaitement transparentes, soumises à l’observation, tant des témoins désignés par les candidats que des observateurs nationaux ou internationaux. En particulier, les opérations électroniques doivent être, soit évitées, soit soumises à une surveillance particulièrement scrupuleuse. (Même si elles ne concernent que la transmission des résultats des bureaux locaux au bureau central. Le souci affiché de « gagner du temps »peut cacher une intention de gagner l’élection… en trichant).

6 – Les élections doivent être organisées par ordre d’importance croissante : régionales  et locales, d’abord, provinciales et législatives ensuite, présidentielle en fin  de parcours.

7 – Là où, comme en  RDC depuis les élections de 2011, l’on vit sous un régime illégitime, il ne saurait être question d’impunité. Il faut des enquêtes sérieuses pour déterminer les causes et origines des irrégularités, qu’on punisse les responsables, qu’on les écarte définitivement de toute responsabilité électorale et qu’on en tire les conséquences quant aux futures élections. Il aurait dû y avoir  une protestation générale des démocrates de tous les partis, car un démocrate ne saurait accepter que son candidat gagne par la fraude, la corruption et le mensonge.

 

Il est indispensable que TOUTES ces conditions soient réalisées EN MEME TEMPS. Sans quoi l’on s’expose aux pires aventures telles celles dont la RDC donne, pour son malheur, le triste exemple à l’Univers entier. Dans ce pays, en effet, aucune de ces sept conditions n’a jusqu’ici été respectée.

L’on pourrait ajouter une huitième condition aux sept énumérées ici : le soutien ferme et sélectif de la «communauté internationale » aux démocraties en construction. Mais cela ne dépend pas des pays africains eux-mêmes.

 

 

 

 

© CongoForum, le vendredi 10 août 2018

 

 

 

 

 

 

 

 

< Retour