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30.01.07 Procès Thomas Lubanga : La Cpi confirme les charges (L'Avenir)

* On s’y attendait : l’affaire Thomas Lubanga fera l’objet d’un procès en bonne et due forme * D’autres enquêtes suivront, ce qui fait trembler ceux qui avaient érigé l’impunité en droit divin ; le peuple Congolais sent le soulagement l’envahir ; l’histoire finira par rattraper tout le monde avant longtemps.

L’affaire Thomas Lubanga du nom de ce chef de guerre congolais emprisonné à la Haye, sera bel et bien en jugement à une date qui sera fixée par le bureau du procureur de la Cour Pénale Internationale. Les charges retenues contre Thomas Lubanga Dyilo courent de septembre 2002, date de la création des Forces patriotiques pour la libération du Congo (FPLC ), au 13 août 2003. Le jugement s’effectuera devant une chambre de première instance. La décision de la chambre, notifiée verbalement par le juge président Claude Jorda, se fonde sur la preuve matérielle de l’implication de Thomas Lubanga dans la conscription et l’enrôlement des enfants de moins de 15 ans dans les FPLC qui est la branche militaire de l’Union des Patriotes congolais pendant les hostilités qui ont eu lieu dans le district de l’Ituri. Par cet acte, le présumé avait engagé sa responsabilité pénale en sa qualité de coauteur des crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis dans la période précitée.

L’enrôlement systématique des enfants dans le conflit de l’Ituri, en Province Orientale de la République Démocratique du Congo, était un fait avéré, connu du peuple Hema. Ces enfants dressés contre l’ennemi, participaient massivement aux attaques après un entraînement succinct au maniement d’armes. Cette aptitude au combat était suggestivement motivée par les drogues qu’on faisait ingurgiter à ces mineurs. Cette utilisation d’enfants soldats dans le conflit de l’Ituri était un plan des chefs des milices hema, ayant pour objectif le renforcement de l’effort de guerre par le recrutement de gré ou de force des enfants dans les combats. La cour a conclu à la responsabilité de Thomas Lubanga qui de concert avec d’autres officiers supérieurs des FPLC, ont joué un rôle essentiel dans la coordination générale du plan commun de l’utilisation des enfants comme chiens de garde et chair à canon. Même si les rafles ne visaient pas exclusivement les moins de 15 ans, il était évident que cette catégorie de gosses devait être objectivement concernée par cette action délibérée. La Chambre I a considéré que Thomas Lubanga et les autres dirigeants des FLPC partageaient la connaissance des résultats de leur action.

D’autres enquêtes se profilent à l’horizon

Interpellé par les journalistes présents au point de presse qui avait été convoqué à la suite de l’audience de la Chambre Préliminaire I, l’avocat de Thomas Lubanga s’est dit convaincu de l’innocence de son client. Il a plaidé en faveur de la libération pure et simple de son client, Thomas Lubanga Dyilo, qui dit-il, devient de plus en plus hypocondriaque à cause de l’isolement. Il a besoin de six mois pour élaborer une défense digne de ce nom, et selon lui, le procès proprement dit ne peut s’ouvrir qu’après une année. La Cour Pénale Internationale estime pour sa part que le cas Lubanga ne restera pas isolé dans le processus enclenché de restitution de la justice à qui de droit, c’est à dire au peuple congolais. Une deuxième enquête sera incessamment diligentée, et toujours en Ituri. Puis une troisième interviendra avec comme site, la province de l’équateur. Il est évident que d’autres têtes parmi les seigneurs de guerre qui ont écumé la République Démocratique du Congo au cours des cinq dernières années de folie, seront désignées à l’intention de la Cour. Dans les cercles fermés de la classe politique congolaise, on tremble déjà à l’idée de purger des longues peines de prison loin de la famille. Il faut dire que la décision de la CPI est accueillie avec un soulagement au sein de la population congolaise, principale victime expiatoire de la guerre de 1998. La folie qui s’est emparée des Congolais et des étrangers pendant ces années douloureuses, s’est amplifiée par l’assurance d’une impunité sans bornes. En effet, malgré les nombreux appels à la modération des organismes de défense des droits de l’Homme, les seigneurs de guerre n’ont eu de cesse de multiplier les massacres des populations innocentes. Les Nations Unies s’y sont mêlés , citant des noms dans les panels sur le pillage des ressources naturelles de la RDC en vain jusqu’à ce jour. Bras vengeur Thomas Lubanga apparaît dans cette configuration, comme l’un des bras de l’hégémonie extérieure. Cet homme a agit dans son propre pays avec la hargne et la froideur d’un militaire étranger en pays conquis. Des voix autorisées ont affirmé que toute son action était en fait, un complot contre sa nation, qu’il n’assimilait qu’à son Ituri natal. Les pillages des ressources dont sa province regorge étaient faites pour le seul profit des étrangers. Ce faisant, il a vite été classé comme force négative, ennemi de la paix dans son pays, la République Démocratique du Congo. Arrêté au terme d’une cabale monté et réussi par le gouvernement congolais, il a été transféré brusquement en Hollande où il attend le verdict qui sera prononcé au terme de son procès.

Rappel historique

Le 10 février 2006 : la Chambre Préliminaire I a délivré un mandat d’arrêt à l’encontre de Thomas Lubanga Dyilo ; Le 17 mars 2006 : Thomas Lubanga Dyilo a été transféré au quartier pénitentiaire de la Cour à la Haye ; Le 20 mars 2006 : Thomas Lubanga Dyilo a comparu pour la première fois devant la Chambre Préliminaire I ; La Chambre Préliminaire I est composée du juge président Claude Jorda ( France ) et des juges Akua Kuenyehia (Ghana ) et Sylvia Steiner (Brésil ).

La Chambre Préliminaire I a entendu les arguments des parties et les observateurs des représentants légaux des victimes lors de l’audience de confirmation des charges qui s’est tenue du 9 au 28 novembre 2006. L’Avenir

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