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15.06.07 The Post (numéro complet)

the post
Edition n°9-408 du jeudi 14 juin 2007

POLITICS
Mise en place dans l’armée et la police
Raüs ‘‘relégué’’
au Bas-Congo
Le lieutenant-général Dieudonné Kayembe, ancien de Saint Cyr, remplace Philémon Kisempia. Il jouit d’une réputation indéniable et aura la lourde tâche de mettre fin à la présence criminelle de ‘‘forces négatives’’ qui défient le pouvoir
La radio trottoir donnait le général John Numbi Banza pour le futur chef d’état-major général des FARDC, en remplacement du lieutenant-général Philémon Kisempia Sungilanga Lombe. Le chef de l’Etat a plutôt porté son dévolu sur le lieutenant-général Dieudonné Kayembe Mbandakulu. Formé à l’Ecole militaire française de Saint Cyr, Kayembe a été sous Laurent-Désiré Kabila vice-ministre de la Défense , limogé en 2000, peu avant l’assassinat de Mzee en janvier 2001. En 2002, le général Kayembe a dirigé le renseignement militaire avant de disparaître sur la scène. Agé d’une soixantaine d’années, Kayembe est originaire du Katanga, province du chef de l’Etat. De l’avis de plusieurs épaules galonnées des FARDC, le nouveau chef d’état-major général est un homme de confiance du président et jouit d’une réputation indéniable au sein de l’armée. Il aura donc la délicate tâche de nettoyer l’Est du pays des ‘‘forces négatives’’ qui défient depuis plusieurs années le régime. Le général Rigobert Masamba Musungu, originaire du Bas-Congo, et ancien commandant de la base aérienne de Kamina, a été placé à la tête de la force aérienne, poste occupé jusque-là par Numbi. Le vice-amiral Didier Etumba Longila, originaire de l’Equateur, qui dirigeait la DEMIAP (renseignement militaire), a été nommé chef d’état-major de la force navale. De son côté, le général de brigade Gabriel Amisi Kumba alias Tango Fort, a été maintenu à l’état-major de la force terrestre. Amisi occupe ce poste depuis la mort du général RCD Sylvain Buki. La direction des services du renseignement militaire a été confiée au général Kitenge Tundwa, qui dirigeait le Service national.
Par ailleurs, le général-major Numbi a obtenu la direction de la police nationale, en remplacement du général Daniel Katsuva wa Katsuvira. L’autre surprise a été la ‘‘relégation’’ au Bas-Congo du tout-puissant colonel Raüs Chalwe, qui dirigeait de mains de maître les services spéciaux de la police dont le QG est basé à Kin-Mazière. Raüs va diriger l’inspection provinciale de la police au Bas-Congo. Aux termes de ces ordonnances lues très tard dans la nuit par le porte-parole du gouvernement Toussaint Tshilombo Send à la télévision publique, le chef de l’Etat a dissout l’Unité de police intégrée (UPI) dont la mission principale a été de sécuriser le processus électoral.
Cette mise en place, intervenue 24 heures après la réunion du Conseil supérieur de la défense, a été accueillie favorablement au sein de l’opinion à Kinshasa en raison notamment des allégations présentant la plupart des officiers démis comme des ‘‘sans coeurs’’ à l’endroit des troupes sous leur commandement. Ci-dessous la liste des promus.
Chef de l’opposition:
Bemba? Tshisekedi?
Le député MLC Delly Sessanga, président de la commission politique, administrative et juridique (PAJ) de l’Assemblée nationale, avait proposé un texte de loi ‘‘équilibré’’ sur le statut de l’opposition en RD Congo. Ce projet de loi amendé de 29 articles sera globalement voté jeudi 14 juin par la plénière de la chambre basse du parlement. Mercredi 13 juin, les députés présents dans l’hémicycle ont adopté article par article. Ce texte, qui prévoit des devoirs et des droits de l’opposition politique, sera ensuite envoyé au Sénat pour une relecture avant sa promulgation. C’est la première fois en RDC, qui vient d’achever un délicat processus de transition lancé en 2003, disposera d’une loi consacrant l’existence institutionnelle de l’opposition dont le ‘‘coordonnateur’’ ou le ‘‘chef de file’’ sera désigné par consensus. Le leader de l’opposition aura rang de ministre et jouira des avantages y afférents. Il bénéficiera d’une immunité s’il n’est membre d’aucune assemblée délibérante au niveau national ou local. C’est-à-dire en clair que le chef de l’opposition peut ou ne pas être un parlementaire. Qu’on le veuille ou non, l’opposition est actuellement incarnée par le Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba Gombo, adversaire malheureux de Joseph Kabila au second tour de la présidentielle de 2006. Bemba qui prolonge tranquillement son séjour portugais a beaucoup de chance de coordonner officiellement l’opposition pendant cette législature. A moins d’une surprise désagréable. L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) d’Etienne Tshisekedi s’est déjà exprimé sur la question. ‘‘On ne décrète pas un leader de l’opposition’’, avait déclaré Valentin Mubake, président du Comité national de l’UDPS. Comme pour mettre en garde contre des visées ‘‘exclusionnistes’’ de ceux qui minimisent le poids politique de ce parti qui a combattu la dictature. Cette loi permettra en outre aux partis politiques d’opposition de bénéficier de l’aide publique.
blaise ndongala.
 
L’est du Congo est loin d’être un havre de paix
L’Est congolais est loin d’être une oasis de paix, après les récentes guerres qui ont secoué la région. Des rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) ont transformé la contrée à un abattoir humain, commettant quasi quotidiennement des exactions diverses sans que des mesures fermes ne soient prises par le gouvernement. Ils tuent, violent et déportent des filles vers les forets montagneuses du Nord et du Sud-Kivu où ils ont érigé des camps. Des milliers de soldats des FARDC déployés dans la région ne voient rien, n’anticipent pas non plus. Moins encore les Casques bleus de la Mission de l’ONU (Monuc) qui y a pourtant largué le gros de ses 17.000 hommes.
Six mois après son élection à la tête du pays, Joseph Kabila, le président de la République , n’arrive toujours pas à nettoyer cette région de ces ‘‘forces négatives’’ qui ont servi à un moment donné mais sont devenus au fil des années une menace sérieuse pour les populations qui désertent leurs villages pour échapper aux descentes punitives de ces FDLR. ‘‘Nous nous efforçons à les persuader de déposer les armes et de rentrer chez eux au Rwanda, tout en gardant l’option militaire au cas où ils refuseraient d’obtempérer’’, a répondu Kabila à une question d’un confrère lors de son séjour de travail début juin à Brazzaville.
On rappelle qu’en fin mai, 18 civils ont été tués à l’arme blanche dans leurs villages du Sud-Kivu, 27 blessés et 18 enlevés, lors d’une attaque attribuée par des habitants à des rebelles hutus. Cinq jours plus tard, sept personnes étaient enlevées dans un autre village de la région par des assaillants identifiés comme étant des FDLR. Ces tueries avaient poussé les autorités des pays de la région des Grands lacs à se réunir rapidement la semaine dernière à Lubumbashi pour mettre fin à la présence de ce groupe sur le territoire congolais.
Selon les dernières estimations, l’Est du Congo héberge près de dix mille rebelles des FDLR, dont la plupart ont milité au sein des ex-Forces Armées Rwandaises (FAR), défaites en 1994 par l’Armée patriotique rwandaise de Paul Kagame. A ce jour, outre ceux qui sont retournés chez eux, qui sont morts en exil ou tués dans les combats, ce sont près de 10.000 combattants et 5.000 membres de leurs familles qui ont quitté la RD Congo grâce au programme de démobilisation et de réinsertion lancé en 2002 par la Monuc. On estime à environ 7.000 le nombre de combattants rwandais qui vadrouillent encore en RDC. Certains de ces rebelles sont accusés par Kigali d’avoir participé activement au génocide rwandais de 1994, qui avait fait au Rwanda au moins 800.000 morts, essentiellement parmi la minorité tutsie, avant de fuir dans le Kivu voisin.
En plus des FDLR dont la présence depuis 13 ans en RDC est source de conflit avec le voisin rwandais, Kabila doit également faire face à la présence de rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées/Armée nationale pour la libération de l’Ouganda (ADF/Nalu), estimés à 1.500 hommes par l’ONU. Désigné chef de l’Etat après l’assassinat de son père Laurent-Désiré Kabila en janvier 2001, Kabila a, contre toute attente, conduit une délicate transition politique en RDC avant d’être élu en 2006 à la tête du pays, lors de la première élection historique d’un président au suffrage universel direct dans l’ex-Zaïre. ‘‘Les opérations de neutralisation lancées contre ces groupes armés se sont révélées inefficaces’’ à cause notamment du manque d’organisation et de logistique qui caractérise la nouvelle armée congolaise en restructuration, selon des experts militaires de l’ONU. Participant aux travaux de la tripartite + 1 tenus dernièrement à Lubumbashi, William Lacy Swing, le représentant du secrétaire général de l’ONU en RDC a, quant à lui, estimé que le recours à la force paraît désormais imminent pour résoudre la question des groupes armés étrangers en RDC, sans toutefois exclure les voies diplomatiques.
Pour un spécialiste de la région des Grands lacs, l’incapacité du pouvoir de Kinshasa à rétablir l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire ‘‘nourrit des inquiétudes légitimes chez les voisins’’ rwandais et ougandais qui, selon lui, continueront à brandir le prétexte de la présence de ces forces sur le territoire congolais pour entraver le processus de la restauration de l’autorité de l’Etat. Phénomène Nkunda. L’est de la RDC c’est aussi le ‘‘phénomène Laurent Nkunda’’, ce général tutsi congolais radié de l’armée placé et sous le coup d’un mandat d’arrêt mais qui n’arrête pas de défier le pouvoir. Cet ex-officier issu de l’ex-rébellion du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) cherche à contraindre les forces de la République à se battre contre ses troupes qui, selon la MONUC , ont augmenté en nombre. Selon des sources militaires onusiennes, Nkunda continue à recruter des combattants alors qu’il venait déjà de fournir à l’armée 7.000 hommes désormais mixés avec d’autres troupes. Pour un observateur de l’ONU, ‘‘il est évident que Nkunda a massivement recruté au Rwanda. Mais, il est aussi évident que toutes ces recrues n’ont pas pu être engagées à l’insu des autorités rwandaises, ce qui pose sérieusement la question de la position de Kigali par rapport aux risques de déstabilisation dans l’est de la RDC ’’. Ce qui, du coup, a ravivé la tension dans le Nord-Kivu notamment où une cohabitation pacifique des communautés devient difficile.
Toutes ces questions ont été évoquées lundi 11 juin au cours de la réunion du Conseil supérieur de la défense. Le ministre Tshikez Dieumu a déclaré à l’issue de cette réunion que des dispositions ont été prises pour permettre à l’armée congolaise d’accomplir sa mission régalienne.
 
Le DDR africain en panne, des Etats en
conférence au Grand Hôtel Kinshasa
Les pays africains peinent à réussir le processus de réintégration sociale des ex-combattants. Des représentants de 22 Etats d’Afrique réunis depuis mardi 12 juin au Grand Hôtel Kinshasa vont adopter jeudi 14 juin des recommandations pour une meilleure suivi des programmes DDR dans le continent. Organisée par le Bureau du conseiller spécial pour l’Afrique, cette deuxième conférence internationale sur le DDR en Afrique a bénéficié des réfléxions de plusieurs experts africains en la matière, ce qui permettront aux participants de rédiger les conclusions de leurs travaux ouverts par le ministre congolais des Affaires étrangères Mbusa Nyamwisi qui représentait le chef de l’Etat. Démobiliser d’anciens belligérants et réaliser leur réinsertion sociale est un défi à relever par les pays en post-conflit, a indiqué le représentant du secrétaire général de l’ONU en RDC, l’ambassadeur américain William Swing.
Concernant la RDC , la Conférence des Nations Unies sur le désarmement la démobilisation et la réinsertion (Conader) affirme avoir démobilisé déjà 102 148 ex-combattants. Parmi eux, 55 000 sont pris en charge. Selon Daniel Kawata, coordonnateur de la Conader, il reste encore 80.000 éléments à démobiliser. La Conader espère démobiliser encore effectivement 30 à 40.000, a-t-il précisé. Pour Daniel Kawata, le plus grand problème, c’est la réinsertion sociale. ‘‘Ceux qui ne sont pas pris en charge se soulèvent avec des manifestations à gauche, à droite. Notre grand défi, c’est de parachever ce que nous avons commencé, c’est-à-dire, résorber le nombre de ceux qui ne sont pas encore pris en charge au travers des programmes’’, a déclaré le coordonnateur de la Conader.
Cette deuxième conférence internationale intervient deux ans après celle de Freetown. Les Nations unies ont symboliquement choisi d’organiser cette deuxième rencontre en RDC. Elle vise également à ‘‘renforcer les capacités des acteurs africains’’, à ‘‘partager les expériences’’ entre pays ayant achevé leurs processus, comme la Mozambique , des pays où le désarmement est toujours en cours, comme la RDC , et ceux où il commence, comme la Côte d’Ivoire, a ajouté William Swing. Pour sa part, l’ambassadeur de Belgique Johan Swinnen, dont le pays co-finance avec la Suède l’organisation de cette conférence, a mis en garde contre les conséquences d’un processus DDR ‘‘pas abouti’’ ou ‘‘bâclé’’, qui ‘‘représente un facteur de tension important, et partant, un risque non négligeable de retour à la violence’’.
Un casse-tête politique pour les Grands Lacs
AFP.- La présence de groupes armés étrangers en RD Congo, ravagée par une guerre régionale entre 1998 et 2003, n’est plus considérée comme une menace sécuritaire directe pour les pays voisins mais reste un problème politique majeur dans les Grands Lacs. ‘‘On ne peut plus dire aujourd’hui que la RDC est un sanctuaire pour des groupes armées étrangers. On estime à un peu plus de 6.000 les combattants restant à rapatrier dans leur pays’’, explique Peter Swarbrick, responsable du programme de désarmement et rapatriement des combattants étrangers de l’ONU en RDC. Depuis 2002, quelque 9.300 combattants étrangers - dont 5.200 Rwandais, 3.660 Burundais et 430 Ougandais - ont désarmés et été volontairement rapatriés par l’ONU, ainsi que plus de 5.300 de leurs proches. La grande majorité de ces combattants sont des rebelles hutus rwandais, accusés par Kigali d’avoir participé au génocide rwandais de 1994, qui a fait plus de 800.000 morts, essentiellement parmi la minorité tutsie. ‘‘Quand nous avons lancé le programme, on parlait d’au moins 40.000 rebelles hutus sur-armés, capables de replongler la région dans le chaos. Nous les avions alors évalués à 17.500 et nous les estimons maintenant à environ 6.000’’, indique Swarbrick. Aujourd’hui, ces rebelles regroupés au sein des Forces armées de libération du Rwanda (FDLR) ‘‘ne représentent plus aucune menace militaire significative pour le Rwanda’’, affirme-t-il, rappelant que leur dernière tentative de renversement du régime de Kigali, en 2001, s’était soldée par un cuisant échec. Par ailleurs, à la faveur du processus de paix au Burundi voisin, les rebelles burundais ont pratiquement tous quitté la RDC fin 2006 et la Monuc estime à encore ‘‘une centaine’’ les miliciens ougandais des ADF (Forces démocratiques alliées). Quant aux rebelles ougandais de l’Armée de résistance du seigneur (LRA), les experts de l’ONU estiment que s’ils font de fréquentes incursions (depuis le sud du Soudan) en RDC depuis 2006, ils n’y ont pas établi de bases. Pourtant, l’ex-Zaïre est encore considéré comme le ventre mou de l’Afrique centrale, source potentielle de déstabilisations régionales. Doté d’institutions légitimes issues des élections de 2006, le pays reste fragilisé par la porosité de ses frontières et la persistance de foyers de violence dans l’est.
Pour un analyste en poste dans la région, la difficulté tient également au fait que contrairement à l’Ouganda, qui a ouvert des négociations directes avec la LRA , le Rwanda refuse catégoriquement de discuter avec les FDLR. ‘‘On a aussi le sentiment que chacun trouve un intérêt à voir perdurer un Etat faible au Congo, pour des raisons économiques ou de stratégie politique interne’’, indique un observateur de l’ONU, qui rappelle que les zones occupées par les rebelles sont généralement riches en minerais.
Lettre du renégat Nkunda
au Premier ministre Gizenga
A Son Excellence Monsieur le Premier ministre, chef du gouvernement
Kinshasa/Gombe
Objet: problématique sécuritaire à l’Est du pays
Excellence Monsieur le Premier Ministre,
Permettez-moi de commencer cette lettre par vous féliciter très sincèrement pour avoir été choisi par la majorité parlementaire et nommé par le chef de l’Etat à la direction du gouvernement de la République.
Votre longévité politique presque cinquantenaire tout comme votre expérience des affaires publiques ont, à coup sûr forgé en vous un caractère bien trempé, mais aussi une sagesse à toute épreuve. Ainsi donc, en ma qualité de ‘‘chairman’’ du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) et Partenaire du Gouvernement dans le processus du mixage des Forces Armées de la République Démocratique du Congo à l’Est du Pays, je voudrais soumettre à Votre Excellence un certain nombre des sujets sur lesquels l’attention du Gouvernement devrait se focaliser en vue d’y apporter de manière urgente les solutions appropriées:
01. Processus de mixage des FARDC
Au cours des affrontements militaires sanglants qui se sont produits au Nord-Kivu entre fin Novembre 2006 et début Janvier 2007 et qui opposaient les FARDC à des forces armées relevant du commandement du CNDP, des entretiens ont eu lieu à Kigali, la Capitale rwandaise, entre le Général Major John NUMBI, envoyé personnel du Chef de l’Etat et Commandant Suprême des FARDC d’une part, et d’autre part moi-même, représentant le Haut Commandement militaire du CNDP, sous la modération du Général James KABAREBE, Chef d’Etat Major Général des Forces Rwandaises de Défense. Ces entretiens ont abouti à un ‘‘gentleman agreement’’ qui consistait en l’instauration immédiate d’un cessez-le-feu permanent;
- la mise en œuvre d’un processus d’intégration militaire spécifique appelé ‘‘mixage’’, en attendant la réalisation des conditions propices au brassage;
- le début des négociations politiques entre le Gouvernement et le CNDP en vue de la satisfaction des revendications contenues dans le Cahier des Charges de celui-ci.
Je me permets de saluer ici la disponibilité et la médiation efficace du Commandant de l’Armée rwandaise, mais également le courage, l’esprit patriotique et la perspicacité du Chef d’Etat Major de la Force Aérienne Congolaise au cours de la rencontre de Kigali et dans les mois qui ont suivi.
Cependant, Excellence Monsieur le Premier Ministre, quand on fait l’évaluation de cette rencontre, on réalise tout de suite:
a) que le Cessez-le-feu a été immédiat;
b) que le processus de mixage a abouti à la constitution de 5 brigades de 2.400 hommes chacune;
c) mais que la 6ème brigade n’a pas pu être formée faute de fourniture par l’Etat-major Général des FARDC de son contingent de 2 bataillons;
d) que ce processus est en panne au Sud-Kivu et dans les territoires de Beni et Lubero au Nord-Kivu;
e) que l’ensemble des Forces est mal encadré, sans logistique appropriée et sans moyens de survie nécessaires à l’accomplissement efficace de ses missions et, pour finir;
f) que les négociations convenues n’ont jamais connu le moindre début de commencement.
Cette évaluation peu reluisante devrait préoccuper au plus haut point le Gouvernement de la République et l’inciter à se montrer plus entreprenant et plus efficace.
02. Présence des FDLR à l’Est du Pays
Il est de notoriété publique que la Province du Nord-Kivu mais aussi celle du Sud-Kivu sont infestées d’ex-FAR/lnterahamwe communément appelées FDLR. Ces forces négatives pillent, violent et tuent des congolaises et des congolais depuis de nombreuses années. Elles constituent la principale force hostile à laquelle se heurtent les FARDC dans leur mission de sécurisation du peuple congolais.
Il est plus qu’urgent de faire connaître, sans ambiguïté aucune, la position du Gouvernement de la République face à cette problématique FDLR: soit on les combat sans merci en vue de l’éradication définitive de leur nuisible présence en RDC, auquel cas, il faut doter les FARDC de tous les moyens adéquats pour ce faire, ou au contraire, il faut trouver une formule consistant à en faire des réfugiés normaux, c'est-à-dire sans armes et sans agressivité, mais cela suppose de leur part un désarmement volontaire, pas acquis par avance, comme on le sait. Mais l’on ne peut plus, sans semer le trouble au sein de l’opinion, se voiler la face et se taire devant l’ambiguïté du discours parlementaire et le silence du Gouvernement à ce Sujet. Il importe d’avoir une clarté et une unité dans le discours aussi bien que dans l’action.
03. Retour des réfugiés
Il devient de plus en plus inacceptable qu’aucune initiative ne soit entreprise en vue du retour des réfugiés originaires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu exilés dans les pays voisins. Or, un tel retour ne coûterait rien au Trésor Public, puisqu’il suffirait de signer les Accords Tripartites appropriés Pour donner au Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, HCR en sigle, les instruments juridiques préalables à son intervention à la fois financière et humanitaire. Nous voudrions espérer que le Gouvernement mettra tout en œuvre, comme son devoir institutionnel le lui exige, Pour rapatrier tous les Congolais, sans exception, désireux de regagner au plus vite leur mère-patrie.
Depuis Octobre 2006, le CNDP a déposé un Cahier des Charges contenant l’essentiel de ses revendications. Il a fait de la satisfaction de celles-ci la condition ‘‘sine qua non’’ de sa venue Sur la scène politique normale du Pays.
A cet égard, la parole donnée à Kigali, en janvier dernier, par l’envoyé personnel du Chef de l’Etat ne devrait souffrir d’aucun manquement, sous peine de décourager les bonnes volontés qui s’inscrivent pleinement dans la voie de la pacification et de la concorde retrouvée dans notre cher pays.
En souhaitant que vous puissiez accorder à la présente l’urgente attention qu’elle requiert, je vous prie de croire, Excellence Monsieur le Premier Ministre, l’expression de ma très haute considération.
24 pc d’enfants congolais utilisés comme travailleurs
Chaque année, le 12 juin est proclamé ‘‘Journée Internationale sur le travail des enfants’’. C’est un phénomène auquel notre pays n’échappe pas. Les enfants qui travaillent ont, en principe, moins de chances d’être scolarisés et courent plus de risque d’abandonner l’école.
Leur travail échappe normalement à toute réglementation et les expose à des multiples abus. Les enfants sont considérés par ceux qui les exploitent comme une main-d’œuvre moins chère et moins revendicative. De nombreux types d’activités menacent la santé et le développement des enfants.
L’enquête la plus fiable à ce sujet, réalisée en RD Congo avec l’aide de l’Unicef et de l’Usaïd, remonte à 2001. Les résultats de cette enquête que l’Unicef distribue gratuitement montrent que 24 pc d’enfants de 5 à 14 ans sont utilisés actuellement en milieux de travail. Globalement, les filles travaillent plus que les garçons, mais ceux-ci effectuent davantage des travaux rémunérés.
Les enfants travaillent moins en milieu urbain, dans les ménages les plus riches et quand leur mère est plus instruite. L’enquête montre que 10 pc d’enfants travaillent pour une personne extérieure au ménage, parmi lesquels 8 pc ne sont pas rémunérés. La moitié des enfants font des travaux ménagers dont 7 pc pendant 4 heures ou plus par jour. Un peu plus d’un enfant sur dix exercent un travail pour la famille et 4 pc d’enfants travaillent pour leur propre compte.
Dans le cadre de cette journée, les regards se trouvent tournés vers les enfants qui sont abondamment exploités dans les carrières des mines à travers la Rd Congo : Katanga, ex-Kivu, les deux Kasaï, Province Orientale, etc. Cette situation que vit notre pays incite l’Unicef à demander à nos autorités à élaborer et mettre en œuvre des politiques et programmes particuliers pour améliorer la situation des enfants congolais des mères les plus pauvres, les moins instruites, et habitant en milieu rural. Car ils sont les plus vulnérables en matière de scolarisation, de santé, de nutrition et de protection.
Il est aussi demandé au gouvernement de cesser d'abandonner la charge du financement de l’éducation aux parents, ce qui condamne la plupart d’enfants en âge scolaire à ne pas ou jamais fréquenter l’école.
SOCIETY
L’avenir de l’enfant africain toujours incertain, plus de
30 ans après le massacre de triste mémoire de Soweto
L’avenir de l’enfant africain paraît de plus en plus incertain au vu des difficultés sans fin que connaissent les gouvernements du continent. A l’occasion de cette seizième journée, la section Protection de l’enfant de la Mission de l’ONU (MONUC) et la police congolaise ont décidé d’unir leurs efforts pour fêter l’enfant africain par une campagne conjointe pour la protection de l’enfant. Elle se poursuivra jusqu’à mercredi 20 juin. La situation de l’enfant reste précaire en RD Congo où celui-ci est utilisé selon les cas comme un bouclier humain sans que la communauté ne pipe mot. La vie de l’enfant congolais est aussi caractérisée par de nombreuses violations de ses droits. Cette campagne vise, d’une part, à sensibiliser davantage la police nationale congolaise sur la protection de l’enfant tout en renforçant ses capacités et, d’autre part, à la présenter comme un organe par excellence de protection de l’enfant à travers des unités spécialisées. Dans le cadre des cérémonies de commémoration de cette journée de l’enfant africain, une conférence de presse est prévue jeudi 14 juin, au QG de la MONUC , pour marquer le lancement de cette campagne. Les ministères de l’Intérieur et de la Condition de la Femme et de la Famille (CONDIFFA), l’Inspection générale de la PNC , le Fonds des Nations unies pour l’enfance, ainsi que la police MONUC participeront à cet échange. Une tranche spéciale sur Radio Okapi sera diffusée le 15 juin et parlera du rôle de la police nationale congolaise dans la protection des enfants en rupture familiale. Des sketches, causeries éducatives et parades seront présentés, avec la participation de nombreux enfants, au cours d’une autre cérémonie le 16 juin, présidée par l’Inspecteur provincial de la PNC pour la ville de Kinshasa, au Camp Lufungula. On ose croire que dans un avenir proche, l’enfant congolais retrouvera le goût de la vie et fera désormais l’objet des préoccupations des autorités gouvernementales souvent indifférentes.
Historique. La journée de l’enfant africain a été instituée par l’Organisation de l’unité africaine, aujourd’hui Union africaine, en juillet 1990 en commémoration du massacre des enfants de Soweto le 16 juin 1976. Ce jour là, des écoliers et des étudiants noirs s’étaient rassemblés à Soweto, une banlieue noire située à 24 kilomètres au sud-ouest de Johannesburg, dans la province du Transvaal en RSA, encore sous le régime d’apartheid, pour protester contre l’obligation pour les noirs de suivre leur enseignement en afrikaans, la langue de la principale communauté blanche du pays. Cette manifestation tourna vite à l’émeute car la police, qui avait reçu instruction de rétablir l’ordre à tout prix et par tous les moyens, ouvrit le feu sur la foule, faisant plus de 500 morts et plus de 1000 blessés. Depuis lors, cette journée est commémorée par l’ensemble de la communauté africaine autour de différents thèmes de réflexion. Au-delà de la dimension historique de cette commémoration, il s’agit, pour les états africains préoccupés par le bien-être de leurs enfants et donc du devenir du continent, de faire le point sur la situation de l’enfant dans leurs pays respectifs, surtout de l’enfant en situation difficile. Il s’agit également d’approfondir la réflexion sur certains problèmes spécifiques et de prendre les mesures appropriées afin d’assurer l’avenir de tout enfant.
Santé: le vice-ministre Ntua se rend compte
des conditions de fabrication des médicaments
L’amélioration des conditions de santé des Congolais est l’une des actions prioritaires du gouvernement de la RD Congo. Le Premier ministre Antoine Gizenga l’a affirmé dans son discours d’investiture devant l’Assemblée nationale. Le ministère de la Santé est depuis en action, pour concrétiser les voeux du gouvernement. C’est la raison de la tournée d’inspection que le vice-ministre de la Santé , Ferdinand Ntua, a effectuée en mai dernier dans les usines des produits pharmaceutiques de Kinshasa. Il a visité une soixantaine de laboratoires et dépôts pharmaceutiques parmi lesquels ZENUFA, SOPHA, PHATKIN, NEW-CESA MEX, CAISA-PHARMA, POLYPHARMA, PROMED et GEN TAI qui fabriquent notamment le gros des produits vendus à travers le pays. A l’issue de cette visite, Ntua est arrivé à la conclusion que tout est faisable en RDC si ces laboratoires sont suffisamment équipés et assistés. Ces visites s’inscrivaient dans le cadre des attributions du ministère. Le but était notamment de se rendre compte des conditions dans lesquelles fonctionnent ces grandes sociétés. Point n’est besoin de rappeler que les produits pharmaceutiques ont un réel impact sur la santé humaine. Le processus de leur fabrication doit revêtir un caractère sérieux, c’est-à-dire leur fabrication doit répondre aux normes médicales mondialement reconnues.
Le laboratoire chinois GEN TAI, en français ‘‘soyez le bienvenu’’, est une clinique moderne sur qui le pays peut compter dans le cadre des chantiers du chef de l’Etat. Il dispose d’une usine ultramoderne capable de satisfaire la demande des Congolais notamment en médicaments anti-paludiques.  ‘‘La santé étant l’un des chantiers prioritaires du chef de l’Etat, nous nous sommes rendus compte qu’il y a des entreprises qui travaillent pour le bien être de la population’’, a commenté en liminaire le vice-ministre Ntua. Le gouvernement, à travers le ministère de la Santé , veut tout simplement contrôler le secteur et y remettre de l’ordre. Les responsables des usines inspectées ont salué l’initiative de leur hôte et promis une franche collaboration pour permettre aux autorités politiques du pays de remplir correctement leur mission dans le cadre du programme du gouvernement. Les responsables de ces labo ont été par la suite reçus à leur demande par le vice-ministre. Ils lui ont exprimé leurs desiderata dans le cadre de leurs activités qui nécessitent sans nul doute un encadrement du gouvernement. Parmi les problèmes soulevés au cours de cette rencontre il y a notamment la contrefaçon qui menace l’industrie. Le vice-ministre leur a assuré le soutien du gouvernement dans la lutte contre les produits piratés qui abondent le marché aussi bien à Kinshasa qu’à l’intérieur du pays et qui sont souvent à la base des complications sanitaires. Il a à l’occasion annoncé la création par le gouvernement d’une commission interministérielle pour lutter contre la contrefaçon. Des efforts doivent être fournis par les services de l’Etat pour mettre fin à ces pratiques qui tendent à prendre corps en RDC.
Le changement, le vice-ministre Ntua, ne le voit pas seulement du côté des fabricants mais également chez les consommateurs. Le vice-ministre Ntua a fait savoir que des mesures seront bientôt prises pour réglementer l’achat des antibiotiques et des stupéfiants en RD Congo. Il a clairement indiqué que dorénavant personne ne pourra acheter ces médicaments sans une ordonnance médicale. Une mesure qui sera difficile à appliquer si le gouvernement n’instaurait pas un régime de sanction à l’encontre des contrevenants. Il sera à tout de point de vue nécessaire d’associer l’ordre national des pharmaciens.
ginette mungela.
 
Kimbuta plaide pour une synergie
entre l’exécutif et administration urbaine
Investi mercredi 6 juin au Cinépolis par l’Assemblée provinciale de Kinshasa, le gouvernement Kimbuta a été présenté officiellement lundi 11 juin aux cadres et agents de l’administration urbaine. Plusieurs autorités de la ville ont rehaussé de leur présence cette cérémonie dont le directeur urbain, Gabriel Pandanzila. A l’occasion, le ministre de la Population , Sécurité et Décentralisation de la ville province, le PPRD Godard Motemona, a invité ses collègues à se mettre au travail en vue de changer l’image de la population kinoise. Ex-vice gouverneur de Kinshasa, Motemona estime que les ministres provinciaux ont intérêt à travailler de mèche avec les cadres et agents de l’administration urbaine en vue de relever les défis. ‘‘Nous devons nous appuyer sur les cadres  et agents de l’administration provinciale pour changer les conditions de vie de nos populations’’, a-t-il lancé.
Pour le gouverneur de la ville, André Kimbuta, cette cérémonie a permis aux acteurs  ainsi qu’aux responsables de la capitale de développer une solidarité. Il pense qu’avec la nouvelle configuration politique, les Kinois doivent également changer leur vision des choses. Kimbuta a invité les administratifs à apporter concours et expertise technique aux différents ministres provinciaux pour le bien-être de la population kinoise. ‘‘Les ministres sont responsables de la politique urbaine à mener dans différents secteur relevant de leurs attributions’’, a-t-il poursuivi, rappelant qu’il appartient désormais aux ministres provinciaux de correspondre avec l’extérieur, de faire des propositions sur les options politiques et autres décisions administratives de la ville province. Le gouverneur a invité ses hôtes à une franche et étroite collaboration pour  relever les défis. ‘‘Les ministres provinciaux devront tenir compte des avis techniques des divisions urbaines dans le processus de prise de décisions, mieux, dans la gestion des secteurs d’activités leur dévolus’’, a expliqué le numéro de la ville. La nouvelle Constitution a conféré une nouvelle configuration politique au pays. Jadis nommés par le chef de l’Etat, les gouverneurs des provinces ainsi que leurs gouvernements  sont désormais investis  par leurs Assemblées provinciales. A Kinshasa, les chefs de divisions sont sous la coordination des ministres provinciaux. A l’occasion, Kimbuta a énoncé les principes directeurs qui, selon lui, devront guider l’action gouvernementale de la ville de Kinshasa.  Il a invité les ministres provinciaux à faire preuve de la probité morale, de l’écoute de la population, de la compétence et du dévouement. Le gouverneur a demandé aux bourgmestres d’intensifier les actions d’hygiène et d’assainissement dans leurs municipalités respectives. Il  a appelé les policiers à faire preuve d’une probité morale en vue d’assurer la sécurité des personnes et leurs biens. Les actions de Kimbuta se basent entre autres sur la salubrité, l’accès à l’eau potable, à l’appui au secteur de l’éducation, à la protection civile, la formation citoyenne ainsi que la réinsertion.
blaise ndongala.
 
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Contrats de prédation: la révisitation est noyautée
par des lobbies étrangères pour flouer le gouvernement
Rien de bon qui soit profitable au pays et aux Congolais ne pourra sortir des travaux de la commission gouvernementale sur la révisitation des contrats miniers entamés lundi 11 juin. La commission chargée de l’évaluation des contrats est composée d’une trentaine d’experts rattachés à la présidence et au gouvernement, institutions légitimes issues des élections générales de 2006 qui ont mis fin à une période de transition entamée après une guerre de près de cinq en RDC (1998-2003). Elle bénéficiera surieusement de l’assistance technique d’experts internationaux, dont ceux des fondations américaine du Centre Carter et sud-africaine Open Society Initiative for Southern Africa (Osisa). Ce qui est absurde de l’avis des observateurs qui estiment que ces deux fondations ne seront pas partiales du fait de l’intérêt de leurs pays dans les investissements miniers au Katanga. La commission va examiner ‘‘au cas par cas’’ les contrats et proposer ‘‘des modalités de leur révision en vue de corriger ainsi les déséquilibres constatés’’, a déclaré le ministre des Mines Martin  Kabwelulu, qui n’a pas souhaité voir certains contrats résiliés.
La plupart de ces contrats offrent à des investisseurs privés d’énormes avantages fiscaux et parafiscaux parfois au détriment de l’Etat. Certains mandataires publics ‘‘auraient même conclu des contrats avec des sociétés privées en violation flagrante de la loi en la matière’’, a-t-il souligné. ‘‘Le gouvernement a décidé de revisiter ces contrats, sans toutefois que cela ne se traduise en une révolution minière’’, a tempéré Kabwelulu.
La RDC recèle d’immenses ressources naturelles, dont 34 pc des réserves mondiales connues de cobalt et 10 pc des réserves de cuivre. Mais 75 pc de ses 60 millions d’habitants vivent avec moins de 1 dollar par jour. Les plus grandes compagnies internationales y sont présentes, dont le premier groupe minier mondial BHP Billiton, le géant de l’or sud-africain Anglogold Ashanti et l’américain Phelps Dodge. Les experts du secteur minier estiment que plus de 90 pc des exportations sont illégales. ‘‘Il est donc plus que temps que les mines congolaises profitent pleinement et visiblement au peuple du Congo’’, a martelé le ministre des Mines. Sur 60 premiers contrats à examiner, plus de la moitié ont été passés entre la Générale des carrières et des mines (Gecamines), une société minière d’Etat implantée au Katanga, et des investisseurs étrangers. A son apogée, au milieu des années 80, la Gécamines produisait plus de 400.000 tonnes de cuivre par an. En 2006, elle tablait sur une production de 20.000 tonnes. En 2001, une restructuration a été lancée, sous l’égide de la Banque mondiale et plus de la moitié de ses 33.000 employés ont été licenciés. Des participations, le plus souvent majoritaires, ont été cédées, ‘‘bradées’’ selon nombre d’ONG et d’observateurs, à des groupes étrangers, dans un incroyable flou juridique. Parmi les nouveaux investisseurs, figurent notamment l’américain Phelps Dodge, le canadien First Quantum et le Chinois Covec.
L’actuel administrateur-délégué général de la Gécamines , Paul Fortin, s’est félicité de voir démarrer une ‘‘radiographie’’ des partenariats de l’entreprise publique, qu’il souhaite voir s’exercer ‘‘dans la transparence pour dissiper les anxiétés, les craintes entre partenaires’’. Prévus jusqu’en août, ces travaux , selon le ministre, ‘‘marque le démarrage du train de la bonne gouvernance mis en chantier par le président de la République (Joseph Kabila) et le Premier ministre (Antoine Gizenga)’’.
Portefeuille: la réforme Mabunda en marche
Le gouvernement s’inscrit désormais dans la logique du désengagement dans la gestion des entreprises. Il a décidé d’ouvrir progressivement les entreprises publiques aux partenaires privés pour favoriser la relance de la croissance. Cette décision a été annoncé samedi 9 juin par la ministre du Portefeuille, au cours d’un point presse. Cette réforme des entreprises publiques portent notamment sur ‘‘la modernisation du cadre juridique et institutionnel’’ et ‘‘le désengagement de l’Etat des activités marchandes’’ dans cinq secteurs cibles: les mines, l’eau et l’électricité, les hydrocarbures, les transports et télécommunications et les finances. Elle prévoit ‘‘la promotion des partenariats public-privé’’ dans des ‘‘secteurs qui ont des effets d’entraînement important sur l’économie en terme de contribution au produit intérieur brut (PIB), aux finances publiques, aux ressources extérieures et à l’emploi’’, selon la ministre, Jeannine Mabunda.
L’Etat se ‘‘désengagera’’ d’un certain nombre d’entreprises, procèdera à des ‘‘cessions partielles’’, a-t-elle dit, excluant ‘‘toute privatisation totale au stade actuel’’. Le Comité de pilotage de la réforme des entreprises publiques (Copirep), une structure gouvernementale installée en 2002 et appuyée par la Banque mondiale, est chargé de proposer des stratégies globales, sectorielles et par entreprise, de proposer un nouveau cadre légal et réglementaire, ainsi que d’assister les institutions dans la mise en oeuvre des réformes engagées. ‘‘Les entreprises publiques doivent être performantes’’ et pour cela, ‘‘il faut des mandataires compétents’’, a souligné la ministre, qui a procédé en avril et mai au remplacement des comités de gestion des sociétés nationales d’électricité et d’eau (Snel et Regideso) ainsi qu’à la Minière de Bakwanga, une société diamantifère d’économie mixte très lourdement endettée.
Elle a fustigé ‘‘la politisation’’ de la gestion des entreprises pendant la période de transition politique instaurée en 2003 après une guerre de près de cinq ans. Durant cette période, sanctionnée en 2006 par des élections générales, tous les postes au sein d’institutions ou d’entreprises publiques étaient attribués par quotas à des partis dirigés par les anciens belligérants se retrouvant au sein d’un gouvernement de transition. Mabunda n’a pas précisé la durée estimée de cette vaste réforme, qui devrait être pilotée par une commission inter-ministérielle dont la création a été décidée en Conseil des ministres. Dans le souci d’aboutir à de bons résultats dans ce processus de réforme des entreprises, le gouvernement doit faire preuve de sérieux dans ses engagements.
***the end***

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