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15.11.07 Sylvain Ngabu Chumbu victime d'un embargo immérité (Obs)

Depuis l'incident survenu le 22 octobre 2007 dans son cabinet de travail entre lui et deux journalistes d'Horizon 33, le ministre d'Etat Ngabu est placé sous embargo. Aucun média congolais n'est autorisé à parler de lui ni de ses activités.

Toutes les associations de la presse nationale ont vigoureusement réagi à la suite de ce que les deux journalistes leur ont rapporté. Qu'ils étaient copieusement rossés, sur ordre du ministre d'Etat, par des policiers commis à sa garde. Un seul son de cloche auquel manquait un deuxième, celui du ministre.

Pour permettre à la corporation embrigadée dans ce combat singulier de mieux comprendre les tenants et les aboutissants de cette affaire, la première version aurait du être confrontée à la deuxième qui vient enfin d'être livrée à l'opinion.

Un problème de calendrier n'a pas permis qu'il en soit autrement. Que cache ou qui se cache derrière cette affaire qui, à l'analyse, n'en est pas une en réalité ? Une nébuleuse politique comme toujours.

En effet, tous les faits croisés permettent aujourd'hui de dire sans crainte d'être contredit qu'il s'est agi, dans cette affaire, d'un odieux montage destiné à salir un homme. Un montage qui n'honore ni leurs auteurs ni la corporation qui s'est laissée manipulée par des personnes qui poursuivent visiblement un seul but: avoir la peau de Ngabu. Récit.

Il est 11 h 30' environ ce 22 octobre 2007 lorsque le ministre reçoit en son cabinet de travail deux journalistes d'Horizon 33. Il est question d'une interview que le ministre leur avait accordée. Mais à sa grande surprise, le ministre se rend compte qu'à la diffusion de cette interview, les journalistes avaient fait un montage qui transformait son interview en un débat entre lui et le professeur Kalindje.

Le ministre qui n'apprécie pas d'avoir été ainsi abusé, fait part de sa déception aux journalistes. Il s'en suit, toujours dans le bureau du ministre, un échange des propos. Les journalistes montent le ton et s'adressent au ministre d'une manière qui frise l'insolence et l'agressivité.

Priés poliment de sortir de son bureau, les journalistes refusent. Défié et humilié devant ses collaborateurs, qui ne comprennent rien à ce drôle de bras de fer, le ministre insiste. Et plus il insiste plus les journalistes résistent. L'un des deux s'installe confortablement pendant que l'autre fait ostensiblement des va et vient dans le bureau du ministre. C'est le défi. Dégoûté, les collaborateurs du ministre se mêlent de l'affaire pour, à la manière bantoue, emmener les journalistes à quitter les lieux. Celui qui était assis en face du ministre est évacué, sans être brutalisé. Le deuxième quitte à son tour le bureau avec des larmes de crocodile. Il feint de regretter ce qui vient de se passer.

A force de palabrer, les deux journalistes se retrouvent dehors comme ils étaient entrés, c'est-à-dire sans dégâts corporels quelconques. Au lieu de rentrer chez eux, ils restent sur place en fulminant de colère. Et pendant tout ce temps, ils ont les oreilles collées à leurs portables. Ils appellent, et on les rappelle. Quelques pas en avant, et les voici de nouveau de retour. Cette fois-ci les journalistes prétendent devant un public médusé, avoir été agressés par les gardes du ministre.

L'un des journalistes, le chef en fait, qui est toujours en costume, a la chemise déboutonnée et le singlet déchiré. Fort de son pouvoir d'homme des médias, il a cette phrase malheureuse, entendue par plusieurs oreilles curieuses ; "A travers la campagne médiatique, je provoquerai son départ du gouvernement".

Le lendemain de ce jour de malheur, Ngabu qui n'en revient toujours pas, part pour une mission de service à l'Unesco à Paris. Nous sommes le 23 octobre 2007. Jusqu'au 30 octobre, il est aux appels absents à Kinshasa. Pour lui, ce petit incident ne valait pas une insomnie. En son absence et en l'absence de sa version des faits que son cabinet-qui minimisait aussi l'incident-mettra du temps à livrer à l'opinion, les organisations des médias montent au créneau. Qui ne dit mot consent. Tel est leur credo. Ayant manqué de la considération à l'endroit des deux d'entre eux, les journalistes, toutes tendances confondues, épousent la version de leurs confrères. La campagne est déclenchée.

Ngabu qui n'a jamais été capable d'égorger une poule, devient dans ce feuilleton dégueulasse le cogneur des journalistes. Immolé sans avoir été entendu, il est interdit d'accès aux médias du pays. Le gouvernement est mis sous pression pour se débarrasser de ce ministre " indélicat ". Et pourtant effacé et efficace jusqu'à ce vendredi 2 novembre 2007 où la vraie version des faits est livrée à l'opinion, les deux journalistes, que personne n'a vu malmenés, continuent à jouer aux martyrs.

La vérité qui ne doit plaire à personne, c'est que Ngabu n'a jamais fait bastonner des journalistes. Ce n'est pas conforme ni à la véracité des faits, ni à son éducation, ni encore moins à son rang. Dans cette affaire appelée à se terminer en eau de boudin, Ngabu est victime de sa correction morale et intellectuelle. Il ne mérite donc pas de souffrir de cet embargo qui résulte d'un montage grossier des personnes de peu de foi. Et sur lesquelles les organisations de la corporation gagneraient à bien ouvrir l'œil.

Ntumba Mvemba

L'Observateur

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