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16 03 17 Beni Lubero online - Kinshasa mieux placé pour expliquer le kidnapping de la Suédoise et de l’Américain du groupe d’experts de l’ONU au Kasai

Monsieur MICHAEL SHARP de nationalité américaine et Madame ZAHIDA KATALAN de nationalité suédoise, tous deux membres du groupe d’experts de l’ONU pour la RDC, ont été enlevés le lundi 13 mars 2017 au Kasai-Centrale, en R.d. Congo .
MICHAEL SHARP (Américain) et ZAHIDA KATALAN (Suédoise) du Groupe d'Experts de l'ONU sur la RDC, kidnappés
Selon une description faite par le porte-parole du Gouvernement congolais, Cet événement malheureux s’est produit sur l’axe BUKONDE-TSHIMBULU, sur le Pont MOYO, proche du Village NGOMBE, en Secteur de BUKONDE dans la Province de KASAI-CENTRAL. Dès lors, aucune information n’a filtré sur l’identité de leurs ravisseurs ni sur leur destination.

Or, le porte-parole du gouvernement central de la R.D. Congo a étayé ce fait avec un si ample détail qu’il y aurait lieu de comprendre que seul ce Gouvernement devrait être interpellé pour édifier les opinions sur cet acte ignoble et crapuleux. Et, d’emblée, en matière d’enquête, une première suspicion aurait droit de cibler d’office le même gouvernement pour des raisons ci-après:

1. Les deux experts de l’ONU kidnappés se rendaient au Kasai-Central, en R.D. Congo, dans le cadre d’enquête sur les massacres des militants de Kamwena Nsapu, dont les auteurs ne sont autres que des éléments de troupes de l’armée gouvernementale congolaise. Le pouvoir en place n’a point manqué de bouder l’initiative de cette enquête qui vient ajouter une nouvelle tache noire sur l’image des autorités congolaises déjà ternie par bien des crimes contre ses propres citoyens.

2. Le Kasai-Central, à l’instar du territoire de Beni, est actuellement bourru de fosses communes où pourrissent des innombrables victimes de massacres commis par les FARDC, dont la révélation causerait un scandale intolérable pour le gouvernement.

3. Sur la photo de Monsieur Michael (ci-haut jointe), l’un des kidnappés, on peut remarquer le port d’un macaron octroyé par le Service congolais de l’Immigration, la DGM. C’est une preuve que l’officiel congolais connaissait en fond la circonscription de la mission de ces deux agents de l’ONU aussi bien concernant son objet qu’au sujet de l’espace qu’elle allait couvrir. Et, pourtant aucun dispositif de sécurité n’a été monté en leur faveur en vue de leur permettre de mener à bonne fin leur travail, qui relève à la fois d’un intérêt national et international.

L’objectif poursuivi par le sadisme dont les deux experts de l’ONU subissent les rigueurs consiste visiblement à décourager, voire empêcher, toute initiative d’enquête au sujet des massacres dénoncés au Kasai-Central. L’enlèvement de MICHAEL SHARP et ZAHIDA KATALAN est un acte de représailles de Kinshasa sur la communauté internationale; car, le régime de Kabila estime que les experts de l’ONU ont déjà trop frappé sur lui par ses interminables enquêtes dont les rapports l’enterrent chaque jour davantage devant les opinions. Bien plus, le gouvernement congolais pense que le chantage qu’il fera au sujet du présent kidnapping, à tort ou en raison, en déshonneur du groupe Kamwena Nsapu, suffira pour se dédouaner des crimes qui ont été opérés au Kasai par ses propres mains.

Pendant ce temps, une stratégie est en pied d’œuvre pour rabaisser les Etats-Unis à concéder à travailler en partenariat avec Kinshasa non seulement dans la planification de la recherche des victimes ayant été kidnappées, mais encore dans la quête de revalorisation du régime de Kinshasa devant l’opinion internationale.

Voilà à quel point les cris de condamnation par le gouvernement de Kinshasa de l’enlèvement de nos deux victimes ressemble mal à des larmes de crocodile, après la réussite d’une machination qui ne saurait se voiler qu’à un aveugle.

Les autorités au pouvoir en R.D. Congo auront trop persisté dans la stratégie de régner par défi. Elles ont fait des crimes, violences, massacres etc. leurs armes de pointe pour garantir leur pérennisation au pouvoir. Car, en regardant globalement l’état de la Nation, on comprend immédiatement qu’aucun coin de la République n’est actuellement épargné de feu de violence que le régime en place allume en stimulant des conflits interethniques (cas de la guerre entre Bantous et Pygmées au Haut-Katanga et entre des ressortissants Banyarwanda et autres autochtones au Kivu et en Ituri), la création des groupes armés et des rébellions un peu partout à travers le pays etc.

Tout compte fait, Joseph Kabila n’est plus cet homme d’Etat que la communauté internationale imaginerait et/ou dont peuple congolais rêverait un avenir meilleur. Il a, par contraire, prouvé ce qu’il est et ce dont il est capable en matière de crime et de prédation. Il est temps d’aider les congolais à le stopper dans cette course à la cruauté qui frôle la rage, surtout à partir du moment où l’illégitimité de son pouvoir l’excite à n’épargner personne, partant du vulnérable citoyen congolais (qu’il a meurtri jusqu’à la moelle de ses os) au plus puissant citoyen américain.

Jean-Luc Br.

« On comprend ainsi le grave danger de toute rallonge au pouvoir de Joseph Kabila. Les congolais dignes de ce nom doivent refuser toute forme de transition. En effet, au vu de ce qui se passe au Kivu-Ituri, toute transition au-delà de décembre 2016, donnerait du temps et des moyens au gouvernement congolais qui est, de toute évidence, complice de l’occupation rwandaise du Kivu-Ituri en cours » (Père Vincent MACHOZI, le 19 mars 2016, parole qui a valu son assassinat le jour suivant).

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