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11 07 18 Le Potentiel - Processus électoral: Le CNSA dénonce la passivité de la Céni et du gouvernement

Le CNSA dénonce la passivité de la Céni et du gouvernement face à un processus électoral à la dérive, le CNSA ne décolère pas et pense amener la Céni et le gouvernement à faire preuve de bon sens pour éviter le pire. En cause, la tripartite peine à dégager un compromis autour de grandes options pour des élections apaisées.
Hier mardi, celle-ci n’a pas pu se réunir, la Céni et le gouvernement ayant brillé par leur absence. Le CNSA dénonce la passivité de ses partenaires de la tripartite qui ne se montrent pas disposés à garantir un processus électoral apaisé.
Les manigances tendant à retarder le processus électoral et à entraver la mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre 2016 sont mises à nu à la Tripartite CNSA-Gouvernement et Céni. Selon les premières notes de l’évaluation à mi-parcours de l’application du compromis politique, le CNSA rend la Céni et le gouvernement responsables du retard et de tous les ratés accumulés à ce jour et les accuse de s’être engagés dans un travail de sape du processus électoral.

UN RAPPORT ACCABLANT

Dans un document présenté hier mardi 10 juillet en l’absence des représentants du gouvernement et de la Céni, il se dégage un niveau de réalisation très bas des engagements contenus dans le compromis politique du 31 décembre 2016.

Le tableau sombre présenté n’a pas donné lieu à un dialogue direct entre les trois parties. Président du CNSA, Joseph Olenghankoy prend son mal en patience, en attendant la clôture des travaux, prévue ce mercredi 11 juillet.

Anticipant sur la suite des événements, le CNSA tente de se dédouaner dans un exercice d’évaluation vicié dès le départ. Il prend la mesure du décor qui est planté pour des élections troublées.

Tous les ingrédients sont réunis et dénoncés, notamment, l’invocation d’un possible troisième mandat pour le président en fonction, l’instabilité des institutions provinciales, l’opacité d’un fichier électoral avec 16% d’enrôlés sans empreinte digitale, l’usage de la machine à voter sans l’unanimité de la classe politique, la tendance à imposer des considérations politiques au sein de l’administration publique, la persistance des poches d’insécurité, de la criminalité et la méfiance intercommunautaire…

En définitive, dans toutes les deux problématiques majeures soulevées pendant les travaux, à savoir : la décrispation politique et le financement du processus électoral, le CNSA se heurte à un mur, à savoir, le gouvernement. Ce dernier, relève-til, s’évertue à nager dans une chronique d’une vraie-fausse application de la mise en œuvre de l’Accord de la Saint Sylvestre.

Pris point par point, l’évaluation du processus électoral renforce le doute sur la tenue des élections. Le chapitre 4 de l’accord ressort les différents engagements pris par toutes des parties mais qui, malheureusement, ne sont toujours pas tenus. La refonte du fichier électoral s’est effectué avec le piège mis à nu concernant l’existence des 16% d’enrôlés sans empreinte digitale.

S’agissant des moyens externes et internes et le respect du plan de décaissement, le CNSA ne dispose à ce jour d’aucune information. L’autre piège tendu au processus, c’est la trouvaille de la machine à voter comme voies de rationalisation du système électoral. La classe politique est loin de s’accorder à ce sujet.

Dans la foulée, il n’y a pas de contrôle trimestriel par le Parlement, comme convenu, sur l’utilisation des ressources budgétaires mises à la disposition de la Céni. Et tout est fait pour éviter même au CNSA, un suivi régulier du processus. La preuve : c’est le long intervalle des évaluations avec la Céni et le gouvernement. La dernière date d’octobre 2017 alors que l’accord prévoit une tripartite une fois tous les deux mois.

D’autres points restent en suspense. C’est notamment le remplacement bloqué du délégué de l’UDPS à la Céni et aucune information au sujet de la sécurisation du processus électoral. Entretemps, la violation du caractère apolitique de l’administration publique, de la police nationale et des services de sécurité, est flagrante. La tendance est celle d’imposer des considérations politiques dans l’administration publique.

L’autre mur érigé par le gouvernement devant le CNSA concerne la décrispation politique consacrée au chapitre 5 de l’Accord. Les prisonniers politiques, dits emblématiques, demeurent en détention. Si le dédoublement des partis politiques a trouvé une suite favorable, à quelques exceptions près (cas du MSR), l’autorité compétente est restée de marbre s’agissant d’apporter des corrections aux erreurs contenues dans la liste des partis politiques publiée au Journal officiel le 30 avril 2018. Une consécration de la confusion, s’indigne le CNSA.

EVITER L’HÉCATOMBE 

Si les trois acteurs majeurs du processus électoral ne savent pas se mettre d’accord, l’on est déjà en droit de craindre le pire, c’est-à-dire des élections entachées de graves irrégularités où tout le monde n’aura pas les mêmes chances.

Le CNSA, qui se dit défendre l’accord du 31 décembre d’où il tire son existence, promet de ne pas baisser les bras. D’ores et déjà, le double report des opérations des dépôts des candidatures aux provinciales est aussi une source d’inquiétude.

Corneille Nangaa s’est dédit après une intransigeance passagère. Les acteurs politiques bénéficient d’une rallonge allant jusqu’au 12 juillet 2018 pour déposer leurs dossiers aux BRTC.

En sera-t-il de même lorsqu’on atteindra l’échéance fatidique du 23 décembre 2018 ? C’est tout le problème. Pour l’instant, la Céni est loin de rassurer. Bien des préalables pour des élections apaisées restent toujours en suspens.

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