
Reportages
07.11.09 BLO - Beni-Lubero : La guerre atteint le secteur pétrolier
La guerre dagression de la R.D.Congo ne fait que sétendre à tous les secteurs de la vie. Après le contrôle des institutions citoyennes du pays, larmée, la police, les entreprises étatiques, les mouvements de résistance congolaise, la déstabilisation des populations civiles déplacées et réduites à la dépendance aux ONG onusiennes, lheure est à la déstabilisation du secteur économique privé qui maintenait encore un semblant de normalité. Pour la région de Beni-Lubero, la
déstabilisation du secteur économique privé s’effectue à la frontière
de Kasindi, 4ième douane congolaise en volume d’import-export après
Matadi, Kasumbalesa et Tembo. Si depuis un temps, tous les secteurs
économiques se plaignaient de la surtaxation des produits importés,
depuis deux semaines c’est le secteur pétrolier qui se trouve dans la
ligne de mire de ceux qui veulent déstabiliser l’Est de la R.D.Congo.

L’argument
de la crise économique mondiale ne tient pas debout pour expliquer la
surtaxation à la frontière de Kasindi où un tarif particulier est
imposé aux importateurs pétroliers contrairement aux autres postes
douaniers de la R.D.Congo. Au cours de deux dernières semaines les
importateurs pétroliers ont vu la taxe pour 1 mètre cube (1 m³) passer
de 74 US$ à 242 US$.
Pour
protester contre cette taxation abusive, les pétroliers de Beni-Lubero
sont en grève depuis hier jeudi 5 novembre 2009. La ville de Butembo où
nous nous trouvons est depuis hier une ville sans carburant. Toutes les
stations de carburant, les dépôts, et même les petits kiosques des
revendeurs sont fermés.


Tous
les camions citernes des pétroliers de Beni-Lubero sont bloqués à
Kasindi, car les importateurs refusent de payé cette taxe triplée pour
on ne sait quel motif, surtout qu’ailleurs au pays, il n’en est pas le
cas.
Les
vendeurs du carburant ont aussi rejoint les importateurs dans la
protestation. D’où la générale sur toute l’étendue de la ville de
Butembo.
Le
prix du carburant étant parmi les facteurs régulateurs de la
conjoncture économique en ville de Butembo, les conséquences commencent
à se faire sentir dans tous les domaines de la vie et par tous, sans
discrimination.
Tous
les bubolais et les bubolaises constatent que, qu’on ait une voiture ou
pas, la vie à Butembo dépend beaucoup du carburant. C’est le cas dans
le domaine du déplacement, de l’éclairage le soir, de la communication
par internet, de la charge des téléphones, de l’approvisionnement de la
ville en denrées alimentaires et autres biens, des interventions
chirurgicales dans les Hôpitaux, etc.
Comme la taxe à la douane a triplé, les prix ont aussi triplé.
- 1 litre de carburant chez les Kadhafi clandestins, vient de passer de 1080 FC à 2000 FC.
- Une
course de ville en taxi qui se négocie habituellement autour de 400 FC
vient de passer à 1500 FC. La distance de Furu à Matanda qui est d’ 1
km, coûte depuis ce matin 3 000 FC, soit 3 US$.
- 20
minutes de navigation dans les Cyber Café pour envoyer un email ou lire
l’actualité de par le monde, est passé de 0,5 US$ à 1 US$.
- La circulation en ville est paralysée, plusieurs bubolais ayant renoncé à leurs engins roulants.
- Les prix des denrées alimentaires ne peuvent pas résister au phénomène en cours.
Au
banc des accusés se trouve toujours le gouvernement congolais qui reste
indifférent à la souffrance du peuple congolais. Cette accusation se
base sur l’impunité avec laquelle il récompense les malfrats. Le
Gouvernement congolais avec sa panoplie des ministres avait fixé le
tarif sur les produits pétroliers à l’importation. Si ce gouvernement
contrôle toujours Kasindi, il suffirait de rappeler à l’ordre les
douaniers de Kasindi, punir les contrevenants, pour que le problème
soit résolu. Mais hélas ! Un gouvernement qui reste immobile quand les
congolais sont massacrés se réveillera-t-il quand les survivants
manquent de carburant ? C’est toute la question. Les pétroliers quant
à eux annoncent une grève illimitée, autrement dit l’arrêt de
l’importation si la situation ne change pas ! C’est donc de nouveau le
petit peuple qui sera la victime de cette grève du pétrole que l’ennemi
voudrait peut-être utiliser comme une autre stratégie de dépeupler
Beni-Lubero.



Pour
parer à toute éventualité, les beniluberois sont appelés à user de leur
imagination pour faire échec à cette nième tentative de déstabilisation
de leur région.
Kakule Mathe
Butembo
Beni-Lubero Online





