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05.02.10 Syfia: Lubumbashi : dans les hôtels, la propreté rapporte plus que la prostitution
(Syfia Grands Lacs/RD Congo) La fermeture, il y a 6 mois, par les autorités provinciales de Lubumbashi de quelque 20 hôtels qui n'étaient pas en règle a vite porté ses fruits. Ces maisons de passe mal famées sont aujourd'hui des établissements propres et confortables qui attirent de nombreux clients et rassurent le voisinage."Avoir des moyens ne suffit pas pour ouvrir un hôtel. Il y a des normes à suivre, des documents à obtenir. Mais les gens n'en font qu'à leur tête", tempête Charles Mambwe, le responsable de la division provinciale du Tourisme et hôtellerie de Lubumbashi, chef lieu du Katanga au sud de la RD Congo, "Aujourd’hui chacun pense faire ce qu’il veut d'un bâtiment. Un jour c’est une école, le jour suivant c’est une Eglise, enfin c’est un hôtel. Avec des gens pareils, il ne faut même pas négocier. Il faut fermer directement !", dit-il, dépité.
En août dernier à Lubumbashi, quelque 20 hôtels, pour la plupart des maisons de passe, faute d’avoir rempli les normes exigées, ont été fermés par les autorités provinciales. Celles-ci souhaitaient, donner une meilleure image de la ville, prévenir les abus et enrayer la montée de la criminalité. Selon le bourgmestre de la Rwashi, André Tshikwej a Kazuw, "tout ce qui compte pour les responsables de ces bordels c’est de l’argent. Peu leur importe qui y entre…". Et d’ajouter : "plus d’une fois nous avons arrêté des malfaiteurs qui vivaient à Lubumbashi mais sans adresse. Ils se faisaient passer pour des clients dans ces hôtels … ", fulmine André Tshikwej.
A la commune de la Kenya où ces maisons mal famées sont concentrées dans un même rayon, où, par exemple "on kidnappait les gens pour les violer", la mesure de fermeture a été saluée par les habitants. "Désormais, on peut passer tranquillement sur ce tronçon. Il fallait bien que l’hôtel Biole soit fermé. Il y avait de l’insécurité…", jubile un passant qui emprunte l’avenue Mutoshi à Luvua, un quartier populaire de la commune de la Kenya.
"Plus c’est propre, plus les gens viennent"
Ces nouvelles mesures ont porté leurs fruits. Six mois plus tard, l'image de ces hôtels a changé. Loin d’être affectés, certains propriétaires des hôtels fermés se sont mis en règle avec les autorités provinciales et ont entrepris de réhabiliter leurs établissements. C’est le cas notamment de l’hôtel Clément qui a amélioré ses conditions d’hygiène, repeint les murs, renouveler la literie et même mis dehors les pensionnaires indésirables. "Cela a réveillé ma conscience, j’ai réhabilité mon hôtel. J’avais peur de perdre ma clientèle par cette fermeture, mais curieusement j’ai plus de clients qu’avant. Plus c’est propre, plus les gens viennent !", affirme, satisfait Gabin Lunda, responsable d’un autre hôtel fermé puis rouvert. "Mon patron a ajouté à l’hôtel un restaurant. Désormais celui qui loge ici peut manger sur place. Auparavant le client allait se débrouiller ailleurs", témoigne Jean de Dieu Kalala, gérant d’un Guest House.
Pour ouvrir un hôtel, explique Charles Mambwe, il faut qu’un expert d’hôtellerie descende sur les lieux établir un procès-verbal de contrôle technique qui détermine la disposition des chambres, des installations hygiéniques et des autres services de l’hôtel. Une licence d’exploitation est ensuite délivrée au demandeur qui doit également obtenir le certificat d’homologation permettant à la division provinciale du Tourisme et hôtellerie de catégoriser l’hôtel selon le confort, le standing et le nombre de chambres. A Lubumbashi, seuls 220 hôtels répertoriés sont déclarés viables.
La division provinciale du Tourisme et hôtellerie se félicite de cette mesure qui a rendu plusieurs hôtels de la place propres. "Il y a une nette amélioration du secteur hôtelier, se félicite la division du Tourisme. En plus de la peinture et des conditions hygiéniques, d’autres ont même ajouté plus de confort et des services dans leurs auberges. Et bien d’autres ont acheté des espaces médiatiques pour vanter leur nouveau confort". Dans toutes les communes, les chefs de quartiers sont chargés de veiller à ce que les hôtels rouverts ne puissent plus loger en permanence les prostituées et des bandits.





