Congoforum Congoforum


News
Analyse et réflexion
Coopération
Economie
Fiche du Congo
Fiche de la Belgique
Développement
Interviews
Liens

print

Reportages

13.03.18 Le 8 mars : les femmes ? Mais sans complexes ! (Marcel Yabili)


(Opinion)

La « journée internationale des femmes » de l’ONU est renommée « journée international des droits des femmes » par le gouvernement français.
On se laisse berner par les médias et les copier-coller des discours à la mode.

Oui, il y a beaucoup à dire et à faire pour la femme, mais ici, elle n’est pas dans un trou !

Dans mon livre “ Géant d’ Afrique, géant d’ Asie”, Harmattan 2012 p 27 il y a ce
dialogue:

— Les femmes d’ici sont parmi les plus émancipées. Leur dur labeur leur garantit une
sorte d’indépendance économique, dans les couples.
— Mais on les viole !
— Violées, mais pas voilées ! On peut ne pas désespérer. Elles ne sont ni excisées ni
infibulées. Les femmes congolaises sont intactes. Elles ont une avance sur les autres
africaines.

Les fameux viols qui accompagnent en filigrane le Dr Mukwege ? Ils ne sont pas plus omniprésents ici qu’ailleurs. Regardez nos femmes ; elles connaissent ces dangers ; ells ne sont pas naïves. Pourtant elles continuent à se couvrir d’un pagne léger, sans ceinture ni agrafes ; elles déambulent sans être obsédées par la crainte d’être dévêtues. Elles ne sont pas davantage escortées pour protéger leur intégrité. Le crime du viol est épisodique.

On avait péroré sur l’ incapacité juridique de la femme mariée et réformé le code en ce sens. En réalité la notion avait été empruntée au droit napoléonien.

Actuellement, ce sont des Églises du réveil qui puisent dans la Bible des éléments d’ infériorité de la femme qui aurait été créée à partir de la côte d’ un homme... Des pasteurs prêchent contre l’impudicité et en faveur des grossesses qu’on ne peut éviter…

L’émancipation de la femme est un phénomène récent. Notre histoire montre qu’on n’ a jamais barré les routes à la femme. Il n’ y a pas eu de protestations lorsqu’ en 1965, Mobutu avait annoncé que les femmes voteraient désormais; pas de rejet de l’ accession de
femmes à des métiers et à de hautes fonctions.

Dans mon autre livre, « Je crois en Droit » Editions BAHÛ-BAB 2014 p 147, je raconte qu’ en 1967, le Code du travail garantissait déjà “ à travail égal, salaire égal”. Depuis, les barèmes de salaires n’ont pas deux colonnes “hommes / femmes”.

Il est bon de reconnaître tout cela : les progrès qui ont été réalisés et la capacité d’opérer des changements sans tergiversations véritables.

Marcel Yabili, mars 2018

< Retour