Congoforum Congoforum


News
Analyse et réflexion
Coopération
Economie
Fiche du Congo
Fiche de la Belgique
Développement
Interviews
Liens

print

Reportages

07.04.18 Toute Heure – Eliezer Ntambwe emprisonné au pavillon 2 de la prison centrale de Makala


KINSHASA – Le musèlement de la presse RD.Congolaise ne cesse de prendre de l’ampleur à 8 mois de l’organisation des élections, soit le 23 décembre 2018. ELIEZER NTAMBWE, journaliste et animateur de Tokomi Wapi ? (entendez : Où en sommes-nous ? », un magazine diffusé sur les télévisions de Kinshasa, a été interpellé dans la matinée du lundi 02 avril 2018 dans son bureau au centre-ville de la capitale par des agents dont certains étaient en tenue de la Police et d’autres en tenue civile. Ils l’avaient escorté à pied avant de l’embarquer dans une jeep de couleur blanche stationnée à quelques mètres de son bureau. L’animateur a été conduit, à la suite d’un mandat d’amener, au parquet près du tribunal de Grande instance de Gombe où il a été placé sous mandat d’arrêt provisoire. La procédure en chambre du conseil n’était pas encore terminée qu’il a été transféré à la prison centrale de Makala alors que le mandat d’arrêt provisoire couvre cinq jours de procédure. La demande de liberté provisoire formulée par ses avocats a été rejetée.


L’animateur a été interpellé à la suite d’une plainte d’Alphonse Ngoyi Kasanji, gouverneur de la province du Kasaï oriental (Centre de la RDC) qui le poursuit pour «diffamation» dans une affaire de diamant de 35 carats. A en croire les membres de la famille du propriétaire dudit diamant, décédé mystérieusement à son retour à Sankuru et que le journaliste avait interviewé, le gouverneur Alphonse Ngoyi Kasanji lui aurait « extorqué » son diamant. Le plaignant  a fait savoir, dans une «mise au point » en date du 05 avril 2018, le journaliste avait invité dans son bureau, deux de ses collaborateurs  pour les mettre au courant d’une émission pour laquelle le journaliste aurait obtenu un financement extérieur pour le tournage en lien avec le diamant querellé. 

Mais, il sied de souligner que le journaliste avait plutôt demandé à l’accusé, à savoir Ngoyi Kasanji, de présenter sa version des faits, ce que l’intéressé avait refusé en optant pour la méthode forte; qu’il qualifie d’humiliation.  

Question : est-ce que l’arrestation du journaliste ne s’agissait pas d’une fuite  en avant du gouverneur Ngoyi Kasanji pour étouffer l’affaire principale qui, au-delà du manque à gagner pour le trésor public étale au grand jour le banditisme, la perfidie sans scrupule, la mafia ?

« Même s’il a le droit d’ester en justice, on comprend que la célérité qui accompagne la procédure laisse croire que les pouvoirs régaliens du plaignant ont pesé face au journaliste qui n’a que comme arme son micro et son objectivité», dénonce Freedom for journalist (FFJ), organisation indépendante de défense et de promotion de la liberté de la presse.  

Pour ce faire, cette organisation exprime toute sa peine au regard de la célérité avec laquelle l’animateur du magazine «Tokomi Wapi ? » a été transféré, jeudi 05 avril 2018, du cachot du parquet général à la prison centrale de Makala, à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC).

FFJ compte mener des actions pacifiques pour obtenir la libération du journaliste. Voilà pourquoi FFJ classe d’ores et déjà, M. Ngoyi Kasanji sur la liste de prédateurs de la liberté de la presse au même titre que certains mandataires réfractaires à la critique de leur gestion.
Outre le FFJ, l’Union nationale de la presse congolaise (UNPC) et Journaliste en Danger (JED) sont montés au créneau pour fustiger la procédure avec laquelle l’affaire a été traitée. Déjà, des marches sont prévues dans les jours à venir par l’association des journalistes engagés.

Dommages ! 

Sur ordre des tenants du pouvoir, les responsables pénitentiaires ont placé ELIEZER NTAMBWE au pavillon 2 de la prison centrale de Makala. Pavillon aux conditions exécrables et peuplé par des détenus criminels. Il convient de signaler que, ledit pavillon n’a pas des conditions hygiéniques adéquates.   

Outre son arrestation, à la veille de son transfert à la prise centrale de Makala, comme le malheur ne vient pas, sa  fille aînée aurait été fracturée au niveau de la jambe dans une collusion avec le bus transco (société de transport de l’Etat congolais) aux encablures de la 7ème Rue, dans la commune de Limete quand elle allait à l’Université. C’est qui prouve que même la vie des enfants du journaliste est mise en dangers. 

© Touteheure.com – Jules Tambwe, avril 2018 




< Retour