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03 08 18 À l'est de la RDC, des agricultrices se prennent en main (RTBF)

Rosette Kabuo ne manque pas d’ambition. Veuve, mère de six enfants, cette femme menue et énergique vit à Rutshuru, l’Est de la République Démocratique du Congo. Chaque jour, elle se demandait comment sortir sa famille de la pauvreté.


"Avec les guerres, beaucoup de femmes se sont retrouvées seules, constate-t-elle. Je dois nourrir mes enfants, les scolariser… Ils n’ont que moi pour assurer cette responsabilité."

La création d’une coopérative paysanne qui regroupe des petits producteurs de la région lui a donné les outils pour générer un revenu décent. "Avant, je ne cultivais que pour ma subsistance. Mais avec les formations que j’ai reçues, j’ai vu que le maïs peut être mangé, mais il peut aussi être transformé, entreposé… Et l’agriculture peut être un business !", s’enthousiasme Rosette, 40 ans, présidente de la coopérative, qui se rêve en entrepreneure.

"Leur donner les moyens d’être indépendants"

 Un coup de pouce pour tenter de relancer l’économie paysanne dans une région durement touchée par des conflits successifs. 
Depuis deux ans, les Nations unies soutiennent le projet, fournissent des conseils techniques, des outils, une aide à la commercialisation, des cours d’alphabétisation… 
Le stockage et la vente groupée permettent aussi aux petits producteurs d’obtenir de meilleurs prix. Actuellement, une partie de la production est achetée par le Programme alimentaire mondial (PAM) et utilisée pour préparer les repas dans les cantines scolaires d’écoles des environs. "Les enfants mangent correctement, cela améliore leur concentration et leur motivation, constate Deborah Mupenda, une cuisinière. Cela réduit aussi les absences".

Un coup de pouce pour tenter de relancer l’économie paysanne dans une région durement touchée par des conflits successifs. "Beaucoup de ces personnes ont été déplacées, leurs champs ont été pillés, ils n’ont plus d’outils…, dit Jacques David, chargé de la communication du PAM à Goma. Nous ne sommes plus dans une optique de distribution d’urgence de nourriture. Nous voulons leur donner les moyens d’être indépendants dans leur production."

"Nous avons toujours résisté ; aujourd’hui, nous pouvons progresser"
 Environ 12.000 petits producteurs, principalement des femmes, bénéficient de ce projet.
Les femmes se sentent impliquées dans les décisions et le projet montre des signes encourageants pour une future autonomie. 
"Elles prennent beaucoup d’initiatives. Nous leur avions donné une décortiqueuse pour le maïs, mais il n’y avait pas encore de courant sur ce site, raconte Laurent Ngongo, responsable de projet pour l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Sans attendre notre assistance, les membres de la coopérative ont cotisé deux milles dollars en six mois et ont payé pour le raccordement. Elles ont aussi ouvert un petit restaurant, à proximité du marché".

Environ 12.000 petits producteurs, principalement des femmes, bénéficient de ce projet. "Nous avons toujours résisté, mais, aujourd’hui, nous pouvons progresser, dit Rosette Kabuo. Et ça, c’est nouveau dans ma vie." 
Avec l'argent gagné, elle peut nourrir sa famille, utiliser ce qu’il reste pour scolariser ses enfants, investir dans l’achat d’une parcelle supplémentaire à cultiver, et briser ainsi le cycle de misère. Son espoir est que, une fois que leur situation économique stabilisée, les humanitaires puissent partir. Et que la guerre ne revienne pas détruire ses efforts.

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