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25.11.18 Les violences sexuelles faites à la femme: une réalité à Butembo (CongoForum)


BUTEMBO – Dans la marge de la Journée internationale pour l’élimination de la violence sexuelle à l’égard des femmes, CongoForum a rencontré une organisation non gouvernementale qui intervient dans la protection des droits de la femme et de l’enfant à Butembo au Nord-Kivu. Dans cette ville de l’est de la RDC les violences sexuelles faites à la femme restent une réalité. Cette affirmation vient de maître Cathy Furaha de l’ONG ‘‘Femmes Juristes pour les droits de la femme et de l’enfant’’ (FJDFE).

Pour cette actrice des droits humains, de plus en plus, les violences faites à la femme montent en flèche dans la ville de Butembo et dans le territoire de Lubero. Au lieu qu’elles baissent, et en dépit des sensibilisations dans lesquelles s’est impliquée son organisation, plutôt le taux est à la hausse vertigineuse. Cette organisation s’engage dans l’accompagnement des victimes de ce genre de violations des droits humains.

Pour Maitre Cathy Furaha, les causes de la montée en flèche  des cas de violences sexuelles sont multidimensionnelles. D’abord au niveau de la communauté, où le poids de la culture et la coutume néfaste continue à peser sur la femme, où l’on considère que les maux causés à l’égard de la femme ne peuvent pas faire objet d’une attention. Et le stéréotype qui s’est aussi ancré par rapport à la femme elle-même qui pense qu’elle est faite pour subir les violences et qu’elle est appelée à les supporter.

Impunité

L’impunité et la non-application des lois dans le pays ou dans la région de Butembo constituent une des grandes causes des problèmes. Les preneurs des décisions  n’appliquent pas la loi, idem chez les acteurs de la justice. Cela fait que les coupables soient protégés par les juridictions compétentes en subissant des influences de la part des décideurs. Soit les violeurs ont des moyens qui font qu’on les laisse partir et qu’il n’y a pas de poursuite contre eux.

Un autre problème est que la femme n’est pas autonome et qu’elle dépend parfois directement de la personne qui l’a violée. Si elle dépend économiquement du violeur, elle aura du mal à dénoncer son bourreau. 

Notre interlocutrice, Cathy Furaha de l’ONG FJDFE, ajoute que le contexte sécuritaire de Butembo-Lubero est un des grands facteurs qui favorisent les violences sexuelles faites à la femme. La région étant occupée par des groupes armés, les gens se sont habitués à des violences car ils vivent quotidiennement dans un climat de violences. Et la violence devient une chose normale dans le vécu des gens de la région menacée par les groupes armés.

Mineures et femmes cultivatrices 

Quelles sont les tranches d’âge les plus touchées par les violences sexuelles dans le territoire de Lubero? Dans la plupart des cas, il s’agit de mineures, de femmes cultivatrices vivant dans des milieux éloignés des centres urbains, d’ ouvrières et d’ agents dans les entreprises. Certaines femmes sont vulnérables à cause de leurs activités économiques: elles sont des vendeuses de boissons ou sont obligés à travailler la nuit.

Selon maître Cathy Furaha, on constate beaucoup de violences sexuelles dans la commune de Bulengera, qui fait partie de la ville de Butembo. Dans le territoire de Lubero, des agglomérations assez touchées sont Mangurejipa, Njiapanda, Muhangi  et Kipese. 

Maître Furaha insiste sur l’application de la loi et l’implication de tous les membres de la communauté afin d’éliminer les violences sexuelles à l’égard de la femme.

© CongoForum –  Roger Mulyata, 25.11.18

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