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Reportages

16.01.07 Le commerce du sexe se porte bien à Kinshasa (Cocorico/Congorepères)

A Kinshasa ,grande métropole située au cœur du continent africain, il n’est pas facile de nouer les deux bouts des mois. Des milliers des personnes rivalisent d’ardeur à longueur des journées pour gagner une maigre pitance. Si une petite poignée des dames connues sous l’appellation de « Mama Bipupula » se démènent comme des diables sur les principaux marchés et ports de la ville pour trouver de quoi manger à leurs progénitures, d’autres femmes et jeunes filles jouissant de toutes leurs aptitudes physiques se livrent à un commerce pas comme les autres. Il s’agit du commerce du sexe qui prend des proportions fort inquiétantes à Kinshasa. Pratique immorale décriée, la prostitution passe pour le gagne-pain de bon nombre des membres de la gente féminine

Matonge : haut lieu de la prostitution

 Matonge, quartier situé en plein centre de la ville de Kinshasa est qualifié de centre d’ambiance. Il est le lieu par excellence où se déroule le commerce du sexe. Dès 19 heures, des jeunes filles parées pour la circonstance, gagnent leurs lieux de travail qui sont les bistrots, nganda et hôtels où ils sont vite rejoints par les amateurs de la « chair féminine ».

A 20 heures, les abords des hôtels La Crèche, Yaki et d’autres boîtes de nuit sont noirs de monde. Des filles aux tenues sexy s’exposent dans la pénombre à l’attente des éventuels clients. En dépit de la forte campagne médiatique battue pour amener les hommes à demeurer fidèles à leurs épouses, les filles de joie ne manquent pas de preneurs. Elles s’offrent aux amoureux du sexe moyennant un tarif discutable. Les plus exigeantes offrent leurs services à 10 dollars américains aux premières heures de la soirée. Cela est valable pour un seul coup. Mais, plus les heures avancent, les tarifs sont revus à la baisse. Cependant, il n’est pas exclu que certains clients puissent s’offrir le voyage vers le ciel à un prix dérisoire.

Le Bois de Boulogne

Si Paris, capitale de la France a son Bois de Boulogne, la ville de Kinshasa peut se targuer d’avoir aussi son Bois sur la place commerciale de Limete. C’est une bande de terre située le petit boulevard et le boulevard Lumumba, au niveau des 5ème et 7ème rue. Chaque jour aux heures vespérales, des filles provenant des quartiers environnants gagnent ce haut lieu de négoce et se mettent en « tenue de service ». Ici, le pagne n’est pas de mise. Il est plutôt question de se parer des vêtements mettant en exergue le postérieur, les cuisses et pourquoi pas le mont de vénus. Le moment venu, des nombreux clients affluent et se disputent ces créatures tapies sous les arbres longeant le petit boulevard. Ces lieux servent souvent de cadre d’assouvissement et des ébats amoureux, en dépit de la présence des quelques éléments de la police nationale. Le même scénario est vécu également au centre des affaires. Dès la tombée de la nuit, des filles viennent de toutes parts et se rangent le long de l’avenue de la Justice. Certaines d’entre elles se mettent à poils, question de séduire même les hommes les irréductibles. D’autres filles préfèrent tenter leur chance dans les boîtes de nuit ou auprès de certains veilleurs de nuit de faction devant les magasins et les bâtiments publics. Elles rodent ainsi sur les places les plus fréquentées avec l’espoir de tomber sur un éventuel preneur. Faute de quoi, c’est la fringale.

« Filles biberons »

La catégorie la plus dangereuses des prostituées est celle constituée par les filles biberons. Elles sont aussi appelées « Oiseaux migrateurs ». C’est un genre des dévergondées de classe. Parées des habits somptueux et parfois roulants carrosse, elles s’enduisent des produits toxiques ou des drogues. Grâce à ce stratagème, elles tendent des pièges à leurs proies en leurs proposant de sucer les seins ou d’autres parties intimes pour accroître leur plaisir. Dans les instants qui suivent cet acte, les jouisseurs tombent dans un sommeil hors du commun. C’est alors que ces belles amazones sortent leurs griffes et dépouillent systématiquement leurs victimes. Ces filles opèrent ordinairement dans le cercle des hôtels proches de la place Vis-à-vis et jouissent souvent de la complicité des tenanciers des ces lieux de tolérance.

A Matete, les abords du Tribunal de Grande Instance constituent un haut lieu de rencontre pour les amateurs du plaisir sexuel. A partir de 21 heures, il n’est pas permis de s’hasarder par là. Autrement, on tombe dans les filets de ces filles de joie qui ne demandent pas mieux que de trouver de l’argent à n’importe quel prix. A défaut de ne pouvoir offrir des espèces sonnantes et trébuchantes, l’on est obligé de faire preuve des prouesses sexuelles en passant son zizi dans le fonds de chacune de ces allumeuses en quête de plaisir. Mais, les observateurs les plus avertis en la matière attestent que c’est au quartier Yolo dans la commune de Kalamu que le sexe se vend à vil prix. Aux heures du soir, les putes en petites tenues s’exposent le long de la rivière Kalamu et proposent le voyage vers le septième ciel moyennant 300 FC. Les amateurs de la chair peuvent ainsi se régaler soit à ciel ouvert, soit dans des taudis faisant lieu de « baisodrome », c’est-à-dire, lieux appropriés pour baiser. Là, les « pousse pousseurs » côtoient les étudiants, les fonctionnaires, voire même les hommes d’affaires. Mboyo, une fille âgée d’à peine 18 ans affirme qu’elle affectionne cette activité qui lui permet de faire face aux exigences de la vie. Au bout de chaque jour, révèle-t-elle, elle arrive à totaliser plus de 3000 Fc Congolais, fruit d’un dur labeur nocturne.

 

 

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