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Filmer à tout prix . Cinéma d'Afrique (Africalia)
Quatre films documentaires coproduits par Africalia et présentés au festival Filmer à tout prix à Bruxelles du 17 au 30 novembre 08

Chaîne alimentaire, Marie-Louise Sarr - 2008 - Sénégal / Belgique - 28'
Coumène, Demba Oumar Kane - 2007 - Mauritanie - 6'
La brèche, Abdoul Aziz Cissé - 2007 - Sénégal / Belgique - 45'
Le monologue de la muette, K. Sylla & C. Van Damme - 2008 - Sénégal / France - 45'
Maam kumba, Alioune Ndiaye - 2008 - Sénégal / Belgique - 26'
Mouchatt, Ahmedou Ould Mahfoudh - 2007 - Mauritanie - 13'
Sagné, le petit monde, Mohamed Ould Idoumou - 2007 - Mauritanie - 26'
Thiam B.B., Adams Sié - 2007 - Sénégal / Belgique - 20'
Un ami est parti, Delphe Kifouani - 2008 - Sénégal / Belgique - 23'
Yandé Codou, la griotte de Senghor, A. Diabang Brener - 2008 - Sénégal/Belgique - 52'
Depuis
2006, le GSARA et le festival Filmer à tout prix développent, avec le soutien du CGRI, d’ AFRICALIA, du
CIRTEF et de la Maison de la Laïcité de Gesves, un projet
de mise en valeur du cinéma documentaire au Sénégal
: Cinéma(s) d’Afrique(s).
Concrètement,
une résidence d’écriture et de réalisation
documentaire, d’une durée de trois mois, est organisée
chaque année à Saint-Louis. Elle réunit trois ou
quatre jeunes cinéastes sénégalais accompagnés
par des cinéastes et des techniciens belges. Dans une
dynamique d’écriture continue, chaque cinéaste
africain travaille à la transformation de son projet, d’une
idée de film en un film achevé. L’enjeu de
cette résidence consiste aussi à amener les cinéastes
à vivre ensemble la fabrication de leurs films, en partageant
un quotidien, en participant à l’élaboration et
aux tournages des scénarios.
Les
jeunes cinéastes africains qui participent à la
résidence ont en général une expérience
dans le domaine du cinéma. Ils ont pour la plupart suivi des
formations à l’audiovisuel (Media Centre de Dakar /
Ecole nationale des Arts) ou achèvent un cursus universitaire
dans le domaine des pratiques cinématographiques (Master 2
Cinéma de l’Université Gaston Berger). Certains
ont même parfois plusieurs films à leur actif.
Tous
participent en tout cas à l’émergence d’une
nouvelle génération de cinéastes au Sénégal.
Une génération de cinéastes du réel qui
se sont affranchis du cinéma de leurs pères et de celui
de l’Europe, tout en s’inscrivant dans leur filiation.
Obstinément désireux d’être libres, ces
documentaristes témoignent d’un désir, et d’une nécessité, celle de documenter autrement sur l’Afrique et sur son inscription
dans le monde.
En
trois années, le projet Cinéma(s) d’Afrique(s) a
permis à quelque 12 films de voir le jour.
Quatre
de ces films seront montrés dans cette programmation consacrée
au nouveau cinéma documentaire africain.
La
brèche
d’Abdoul Aziz Cissé, au travers d’une narration
qui concilie maîtrise du temps et de l’espace et
dénonciation, pose la problématique des conséquences
des travaux hydrauliques sur l’écosystème du
fleuve Sénégal et sur l’imaginaire de ses
habitants. Un
ami est parti
de Delphe Kifouani, dans un récit à la première
personne, questionne la notion de différence, ses tabous et
ses paradoxes, à l’intérieur de l’Afrique
aujourd’hui. Alioune Ndiaye, dans Maam
Koumba Bang,
investit son imaginaire d’un mythe encore vivace au Sénégal
et particulièrement à St Louis, celui de la mère
du fleuve et des eaux. Marie-Louise Sarr, en filmant de manière
chorégraphique et sans parole dans les cuisines du restaurant
universitaire de St Louis, évoque dans son film Chaîne
alimentaire,
le corps au travail et l’aliénation qui en découle.
Parallèlement
à ces films, nous avons voulu aussi réserver une partie
de cette section à deux autres jeunes cinéastes
sénégalaises,
plus expérimentées, et qui, elles aussi, ont fait leurs
premiers pas dans des ateliers, des résidences (Media Centre
de Dakar, AfricaDoc…). Khady Sylla et Angèle Diabang
Brener sont deux réalisatrices qui inscrivent leur travail
dans une dynamique (de création et de production) libérée
des frontières, dans un va-et-vient entre le Sénégal
et l’Europe. Khady Sylla a
co-réalisé son
dernier film avec Charlie Van Damme. Angèle Diabang Brener
a monté son nouveau film en Belgique. Toutes deux produisent à
partir du Sénégal et co-produisent
avec l’Europe. Leurs derniers films, Le
silence de la muette
et Yandé
Codou, la griotte de Senghor,
témoignent incontestablement de cette vitalité.
Enfin,
une séance sera aussi consacrée à trois films
tournés, réalisés et produits par les jeunes
réalisateurs de la Maison des cinéastes en Mauritanie
(Sagné,
le petit monde
de Mohamed ould Idoumou, Coumène
de Demba Oumar Kane et Mouchatt
de Ahmedou
Ould Mahfoudh).
En quelque six années, la Maison des cinéastes de
Nouakchott a permis au cinéma mauritanien de renaître
de ses cendres. Après plus de 20 ans de dictature politique et
culturelle, après presque autant d’années sans
salle de cinéma, sans cinéaste à l’exception
de ceux partis en exil ou de la diaspora, cette structure a ramené
la pratique cinématographique et le cinéma (comme moyen
de regarder autrement) dans la sphère publique. Des ateliers
d’écriture et de réalisation sont organisés
dans la capitale et à l’intérieur du pays. Ils
sont destinés à tous ceux et celles qui veulent
s’exprimer par l’image et le son. Les films qui en
découlent témoignent d’un soulagement, celui de
pouvoir dire enfin. Ils expriment aussi une nécessité,
celle de se libérer pour reconstruire. Pour donner une vie à
ces films, la Maison des Cinéastes les fait circuler en milieu
rural par le biais d’une caravane appelée Les
Ecrans dromadaires,
en les programmant aussi chaque année lors de la Semaine
nationale du film
(SENAF).
A
notre tour, nous avons voulu faire partager trois de ces films. Entre
fiction et réel, ils participent aussi à leur façon
à l’émergence de ce nouveau cinéma
documentaire venu d’Afrique.
Pierre-Yves
Vandeweerd.
La
soirée consacrée aux trois films réalisés
dans le cadre de la résidence Cinéma(s) d’Afrique(s)
2008 est organisée avec le soutien du CGRI.





