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24.11.11 L'Observateur - En marge de la journée mondiale des droits de l'enfant


La France intervient pour les enfants affectés par les conflits en RDC
Chaque 20 novembre, l'humanité célèbre la journée mondiale des droits de l'enfant. En RDC, cette journée a été aussi célébrée cette année. A cette occasion, Gilles Vaubourg, conseiller de coopération de l'ambassade de France, s'est associé à la cérémonie organisée par le Bureau International Catholique pour l'Enfance (BICE) pour célébrer le 22ème anniversaire de l'adoption de la convention sur les droits des enfants.


Au cours de cette cérémonie, Gilles Vaubourg a rappelé notamment l'engagement de la France en faveur des droits des enfants, et particulièrement les principaux axes des efforts fournis par la France dans ce domaine en RDC et dans la région des Grands Lacs. 

De sa prestation, il ressort que l'engagement français en faveur des enfants affectés par les conflits représente un effort substantiel. Il représente en RDC, plus de 2,218 millions de dollars (1 640 000 €), sur la période de 2008-2011.

Selon les données disponibles, en RDC l'engagement de la France se traduit par la mobilisation de plusieurs instruments d'aide bilatérale : Fonds de solidarité " protection des enfants dans les conflits armés " (740 000€), crédits de sortie de crise (700 000€ et aide alimentaire programmée (200 000€).

Cet effort français en faveur de la paix en RDC est intégré à une approche régionale couvrant, outre la RDC , l'Ouganda, le Burundi et bientôt le Rwanda.

En RDC, l'engagement français concerne l'ensemble du territoire national et en particulier les provinces du Nord Kivu et Sud Kivu, du Kasaï Orientale et Kasaï Occidentale.

A en croire ces données, l'engagement de la France a déjà permis la réinsertion de 36 957 enfants affectés par les conflits. A ce propos, cette réinsertion passe notamment par la réunification familiale (4 500 enfants), la scolarisation (2 275 enfants), la réinsertion économique (7 150 enfants). Ce sont l'UNICEF, l'ONG Save The Children et le BICE qui ont mis en œuvre ces projets.

Il y a aussi un soutien à la production agricole de 1 000 ménages accueillant des enfants sortis des forces et groupes armés.

En ce qui concerne le Projet mis en œuvre par l'ONG COOPI, il est mis en exergue des activités de prévention de l'enrôlement des enfants par les groupes armés au bénéfice de 10 000 participants venant des forces armées, des structures locales de l'Etat, des membres de groupes armés.

La coalition pour l'arrêt de l'usage d'enfants soldats et le BICE ont mis en œuvre ces projets. Il est aussi signalé le renforcement des capacités des ONGs nationales. A l'actif de la coopération française, l'on cite également la production d'études sur le recrutement et l'utilisation d'enfants par des groupes armés.

La coalition pour l'arrêt de l'usage d'enfants soldats a réalisé une étude sur le recrutement d'enfants par les groupes Maï-Maï et développe un plaidoyer auprès de la commission sur le droit des enfants du HCDH.

Dans tous les cas, l'engagement de la France en faveur des droits des enfants se poursuit en RDC. Entre autres, ce sont actuellement 120 enfants (90 enfants sortis des forces et groupes armés et 30 enfants sexuellement exploités) qui sont pris en charge dans la plaine d'Uvira (sud - Kivu) dans le cadre d'un projet de protection et réinsertion socio-économique mené par l'ONG COOPI sur financements français. Pour la coopération française, au-delà des enfants sortis des forces et groupes armés, il nous faut, ensemble, répondre aux besoins des enfants des rues, ces shegue, Kuluna et enfants en conflit avec la loi. Il s'agit là d'un axe important car une jeunesse bien formée c'est l'avenir garanti de la RDC. Mais en raison de la montée de la délinquance juvénile dans quelques grands centres urbains et de l'existence des milices Maï Maï dans la partie orientale du pays, il y a lieu de prendre au sérieux la menace qui pèse sur le pays avec l'affluence de plus en plus nombreuse dans les rangs d'une certaine jeunesse désoeuvrée. Ne rien faire pour pallier à cela est de nature à compromettre l'avenir de la RDC. Le gouvernement et les partenaires au développement doivent prendre la mesure de la réalité et relever le défi de la réinsertion des jeunes délinquants et ceux sortis des conflits armés. 

Didier Munsala Buakasa

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