08 11 19/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE VENDREDI (Dialogue)

Certains médias de Kinshasa reviennent en ce vendredi 8 novembre 2019 sur la condamnation, par le juges de la Cour pénale internationale, de Bosco Ntaganda. L’épineuse question du dédoublement de l’AFDC-A a provoqué un incident hier à l’Assemblée nationale. Les médias kinois commentent les échanges des coups entre les députés se disputant la paternité du regroupement parlementaire AFDC-A.

CPI

Cas-Info.ca titre « La CPI condamne l’ex-chef milicien congolais Bosco Ntaganda à 30 ans de prison »

L’ancien chef de guerre Bosco Ntaganda a été condamné à 30 ans d’emprisonnement ce jeudi 07 novembre par la Cour pénale internationale via sa chambre de première instance 6, rapporte Cas-Info.ca. Selon le communiqué de presse de cette chambre, le temps passé en détention à la CPI soit du 22 mars 2013 au 7 novembre 2019 sera déduit de la peine.

Cet ancien rebelle a été reconnu coupable depuis le 8 juillet dernier de dix-huit chefs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité commis en Ituri entre 2002 et 2003, rappelle le site web. Il s’agit des Attaques contre des civils, viol, esclavage sexuel de civils, pillage, enrôlement et conscription d’enfants soldats âgés de moins de 15 ans et leur utilisation active dans les hostilités, conclut le portail.

La Chambre a considéré que les conditions de l’emprisonnement à perpétuité n’étaient pas réunies et que, dans ce cas, la durée totale de l’emprisonnement ne pouvait dépasser 30 ans conformément au Statut de Rome, la chambre a estimé qu’elle ne disposait d’aucun autre pouvoir discrétionnaire dans la détermination de la peine totale, explique Le Potentiel.

Compte tenu de la nature et de la gravité des crimes, ainsi que de la solvabilité de M. Ntaganda, ajoute le quotidien, la Chambre a estimé qu’il n’était pas approprié d’imposer une amende ou une confiscation de biens en plus de l’emprisonnement. La Défense et le Procureur ont le droit de faire appel de cette peine dans un délai de 30 jours, conclut le tabloïd.

Ida Sawyer, directrice adjointe de la division Afrique de Human Rights Watch (HRW) estime que cette peine est un message fort pour d’autres chefs rebelles œuvrant en RDC et autres auteurs des violations des Droits de l’Homme, note pour sa part 7sur7.cd.

En outre, Ida Sawyer espère que cela va également contribuer à « dissuader ceux qui continuent de commettre des exactions contre des civils au Congo et ailleurs ».

Prunelle RDC titre « Condamnation de Ntaganda: le Dr. Denis Mukwege appelle le bureau du procureur à poursuivre les enquêtes dans le Kivu »

« Les réactions après la condamnation à 30 ans de prison de l’ex chef de guerre Bosco Ntaganda ce 7 novembre 2019 par la Chambre de première instance VI de la Cour pénale internationale (CPI), reconnu coupable de 18 chefs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, commis en Ituri, en République démocratique du Congo (RDC), en 2002-2003.

Le prix Nobel Congolais Denis Mukwege s’est d’ailleurs exprimé dans ce sens via son compte twitter. Il appelle par ailleurs le Bureau du Procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI) à poursuivre ses enquêtes dans les Kivus.

Cette réaction du célèbre gynécologue congolais et médecin directeur de l’hôpital de Panzi entre dans la droite ligne de son combat de tous les jours: la justice et la vérité avant la réconciliation. En effet, depuis des années, le Docteur Mukwege ne cesse de dénoncer le silence de la communauté internationale dans les crimes commis en RDC. Il ne cesse de rappeler que le rapport Mapping qui répertorie les graves crimes commis en RDC « moisit » dans les tiroirs de New York et les auteurs pourtant identifiés et connus sont restés jusque-là cachés ».

Contexte
Le 8 juillet 2019, la Chambre de première instance VI a déclaré M. Bosco Ntaganda coupable, au-delà de tout doute raisonnable, de 18 chefs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, commis en Ituri, en République démocratique du Congo (RDC), en 2002-2003, à savoir, des crimes contre l’humanité suivants : meurtre et tentative de meurtre, viol, esclavage sexuel, persécution, transfert forcé de population et déportation ; et de crimes de guerre suivants : meurtre et tentative de meurtre, le fait de diriger intentionnellement des attaques contre la population civile, viol, esclavage sexuel, le fait d’ordonner le déplacement de la population civile, enrôlement et conscription d’enfants de moins de 15 ans et leur utilisation pour les faire participer activement à des hostilités, attaques contre des biens protégés, et destruction de biens appartenant à l’adversaire. Il a été condamné à 30 ans ce mercredi. Le temps passé en détention à la CPI du 22 mars 2013 au 7 novembre 2019 sera déduit de la peine ».

La RTBF diffuse « La Cour pénale internationale (CPI) a condamné ce jeudi l’ex-chef de guerre congolais Bosco Ntaganda à une peine de 30 ans de prison pour des crimes de guerre et contre l’humanité, la peine la plus lourde jamais prononcée par la juridiction basée à La Haye.

Citant des « crimes multiples », dont l’esclavage sexuel et la persécution, le juge Robert Fremr a déclaré, lors d’une audience, que la peine imposée à Bosco Ntaganda « est ainsi fixée à 30 ans d’emprisonnement ».

Reconnu coupable en juillet dernier

Il avait été reconnu coupable par la CPI en juillet dernier pour des exactions commises en 2002 et 2003 en Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC).

« La chambre considère Bosco Ntaganda coupable de meurtres, d’avoir dirigé intentionnellement des attaques contre des civils, de viols, d’esclavage sexuel, de persécutions et de pillages en tant que crimes de guerre et crimes contre l’humanité », avait alors déclaré lors d’une audience le juge Robert Fremr ».

AFDC-A

Forum des As explique « DEDOUBLEMENT DU GROUPE PARLEMENTAIRE AFDC-A A LA CHAMBRE – Du rififi au Palais du peuple »

« A l’issue de la plénière d’hier aux allures d’un pugilat, Adèle Kanyinda explose: « Nos députés ont été élus sous le label AFDC-A et non sous celui du FCC, qui n’est pas un regroupement mais une plateforme électorale non enregistrée par le Journal officiel… »

La reconnaissance par le Bureau de l’Assemblée nationale, du groupe parlementaire de l’aile dissidente de l’AFDC-A, a mis la poudre aux feux.

Dès l’ouverture de la séance, la tribune de l’hémicycle se transforme en un ring. Les élus Pro Bahati en viennent aux mains avec ceux de la dissidence devant micros et caméras, obligeant ainsi la présidente de l’Assemblée nationale, Jeanine Mabunda, à suspendre momentanément la plénière afin de ramener de l’ordre dans la maison.

Après moult rappels à l’ordre de la part du speaker de la Chambre, les élus de deux camps rivaux font fait la paix des braves. Mais amènent le combat sur un autre terrain, verbal celui-là, arguments contre arguments.

A la reprise de la séance, un député proche de Bahati prend la parole sous forme d’une motion incidentielle pour dénoncer le « coup fourré du FCC » contre son regroupement politique.

Se basant sur le Règlement Intérieur de l’Assemblée nationale qui stipule dans ses articles 54 et 55 qu’un groupe parlementaire se constitue une et une seule fois, William Kazumba trouve inimaginable que le Bureau puisse cautionner le dédoublement du regroupement politique AFDC-A après qu’il ait été constitué.

Pour cet élu de Dibaya dans le Kasaï Central, le dédoublement de l’AFDC-A est une tricherie flagrante consacrant la violation de la loi. Il accuse le Questeur de l’Assemblée nationale de retenir à la source les cotisations des députés du groupe AFDC-A sans qualité ni titre au nom de l’AFDC-FCC.

« Ce qui prouve à suffisance le détournement des fonds de notre groupe parlementaire » déplore-t-il avant de demander à la présidente de l’Assemblée nationale de reconnaitre illico presto le Groupe parlementaire AFDC-A dirigé par Adèle Kanyinda.

Selon lui, cette matière déjà tranchée par le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale ne peut faire objet d’un quelconque examen par la commission Politique, Administratif et juridique.

Aussitôt après l’intervention de ce fidèle de Bahati, les députés du FCC sont intervenus pour exiger le rejet de sa motion.

Tshimanga Buana fait remarquer que l’AFDC-A reste membre du FCC en dépit de la « rébellion » de son président, Bahati Lukwebo.

Pour l’ancien Rapporteur de la Chambre basse, les députés de l’AFDC-A ont été élus sous le label du FCC. Il estime que Bahati paye le prix de sa « rébellion » contre le FCC et son autorité morale, Joseph Kabila.

Faux, rétorque Adèle Kanyinda. Elle démontre que les députés de son regroupement ont été élus sous le label AFDC-A et non sous celui du FCC qui n’est pas un regroupement mais une plateforme électorale non enregistrée par le Journal Officiel.

Elle a brandi tous les documents qui reconnaissent l’AFDC-A comme regroupement politique avec comme autorité morale, Bahati Lukwebo.

Après ce choc frontal, la plénière décide finalement de transmettre ce dossier à la Commission PAJ pour examen avant que l’Assemblée nationale tranche »

Un groupe de députés a créé une vive tension à la plénière de ce jeudi 7 novembre 2019 à l’Assemblée nationale. Ils ont failli en venir aux poings, décrit Actualite.cd. Il s’agit des députés du regroupement AFDC-A de Modeste Bahati Lukwebo qui n’ont pas toléré que d’autres députés, dirigés par Néné Nkulu, s’identifient comme membres du même regroupement, ajoute le site web.

Tout est parti d’une motion incidentielle initiée par un membre de l’AFDC-A pour demander à la plénière de trancher la question de paternité dudit regroupement. Ce que les « dissidents » n’ont pas supporté à leur tour, rapporte le portail.

La présidente de l’Assemblée nationale, Jeannine Mabunda, en accord avec l’ensemble de son bureau, a proposé à la plénière d’envoyer les protagonistes qui réclament chacun la paternité de ce groupe parlementaire, à l’arbitrage de la commission politique, administrative et juridique, afin que la commission les entende et propose à la plénière une voie de sortie, fait remarquer Le Phare.

Le bureau de la Chambre basse du Parlement aura ainsi pris une décision cruciale, mieux équitable, dévoilant la couleur du jeu démocratique qui règne incontestablement dans cette ‘’maison du peuple’’, commente La Prospérité.

Ce journal prend la défense de Jeanine Mabunda et indique que son Bureau a pu démontrer noir sur blanc qu’il tient mordicus à sa neutralité en suggérant à ce que cette question soit traitée à la commission ‘’PAJ’’, laquelle suggestion a été appuyée immédiatement par l’assemblée plénière. « Face à des attaques et aux inculpations entrecroisées de ceux qui revendiquent la paternité du regroupement AFDC-A, ledit Bureau s’est placé au-dessus de la mêlée », note ce quotidien.

Face à cette situation, Congo Nouveau note que Joseph Kabila continue à harceler l’AFDC-A en agissant par procuration, notamment en utilisant Jeanine Mabunda à l’Assemblée nationale.

« Pendant qu’à l’Assemblée nationale l’AFDC-A est dédoublée, les membres de l’AFDC-A extraparlementaire n’ont pas non plus la quiétude. Certains sont constamment harcelés pour quitter le navire conduit par Modeste Bahati Lukwebo afin de rejoindre le FCC de Joseph Kabila qu’ils ont pu quitter en restant fidèles à l’AFDC-A », éclaire le trihebdomadaire qui y va pour exemple un communiqué de presse du FCC/Sud-Kivu où les membres de l’AFDC-A au sen des institutions ainsi que des anciens députés et mandataires publics sont appelés à renouveler le serment de loyauté envers Joseph Kabila ce samedi 9 novembre… Ce que les proches de Bahati qualifient de « harcèlement ».

Fatshi

AfricaNews titre : « Fatshi-Museveni : dossier à 10 milliards de dollars ». Le journal qui annonce la visite du 9 au 10 novembre 2019 du président Félix-Antoine Tshisekedi en Ouganda, indique que plusieurs dossiers seront évoqués avec Museveni notamment les 10 milliards exigés devant la Cour internationale de justice par Kinshasa à Kampala pour réparation des exactions commises par les militaires ougandais sur le territoire congolais lors de leur intervention entre 1997 et 2003.

Le Potentiel titre «Neutraliser les forces politiques négatives pour libérer Fatshi »

« Le chef de l’Etat Félix Tshisekedi tente d’exercer tant bien que mal son pouvoir. En même temps, il doit faire avec les caprices d’un partenaire encombrant dans la coalition, à savoir le FCC de Joseph Kabila qui impose son rythme. Au point que l’action du chef de l’Etat s’en ressent. La territoriale et le portefeuille de l’Etat ont fourni les premiers signes de friction entre les prétendus partenaires au pouvoir d’Etat. Neutraliser les forces négatives devient une nécessité afin de libérer Félix Tshisekedi de la chape de plomb qui le ceint.

Il y a des signes qui ne trompent pas. La coalition FCC – CACH impose de nombreuses contraintes au chef de l’Etat Félix Tshisekedi, si bien que ce dernier est obligé de supporter bon gré mal gré les caprices d’un partenaire qui devient de plus en plus encombrant. Le grand retard pris dans la formation du gouvernement en a été une belle illustration. Il a fallu passer par de nombreux arbitrages entre le FCC et le CACH pour arriver enfin à la nomination du gouvernement Ilunga Ilunkamba.

D’aucuns notent qu’il y a une chape de plomb à l’action du chef de l’Etat.Dans le portefeuille de l’Etat, la nomination en mai dernier des nouveaux mandataires de la Gécamines et de la SNCC traine toujours dans les tiroirs du ministre du Portefeuille, estampillé FCC. Un affront au chef de l’Etat, dès l’instant où le ministre du Portefeuille ne sait pas respecter la signature du « garant de la nation ».

Les accrocs

Dans la territoriale, la situation est tout autant similaire. Une brouille divise le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et les gouverneurs des provinces d’obédience FCC. A la base, il y a cette improvisation dans les exécutifs provinciaux des commissaires spéciaux. Ces postes ne sont pas prévus dans la nomenclature des gouvernements provinciaux. Bien plus, certains gouverneurs des provinces ont procédé, en dehors de toute procédure légale, à la nomination des bourgmestres. Ce que le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, de tendance UDPS, a rejeté.

Le bras de fer est très visible et fournit la preuve que la mise en garde du patron de l’Intérieur n’a eu aucun effet sur le terrain. En lieu et place de se soumettre, les gouverneurs de province se sont plutôt coalisés autour d’une action pour narguer leur chef hiérarchique.

En dehors de ce qui se passe dans la territoriale et dans le portefeuille de l’Etat, la coalition FCC – CACH présente d’importants signes de faiblesse. Pour le chef de l’Etat, c’est un sérieux handicap pour la visibilité de son action

Interrogé par RFI, un politologue a trouvé des mots justes pour expliquer la situation inconfortable dans lequel se trouve Félix Tshisekedi. « Joseph Kabila s’impose, quand Félix Tshisekedi négocie », a indiqué ce politologue. Il n’a pas tort. Il a vu juste. Car, c’est exactement ce qui se passe en RDC depuis l’investiture en janvier 2019 de Félix Tshisekedi, comme cinquième chef de l’Etat de la RDC.

En réalité, Félix Tshisekedi n’a pas les mains libres. En s’adjugeant d’une majorité confortable dans les deux chambres du Parlement, tout en s’assurant le contrôle de la quasi-totalité des assemblées provinciales, Joseph Kabila jouit par rapport à Félix Tshisekedi d’un avantage comparatif considérable.

Selon le jeu politique établi dans la Constitution du 18 février 2006, rien ne peut être décidé sans avoir l’avis de celui qui détient la majorité à l’Assemblée nationale. Pour le cas précis, c’est à Joseph Kabila, autorité morale du FCC, que Félix Tshisekedi doit se référer pour toute décision touchant à la marche de l’Etat. Ce n’est pas de la fiction. C’est la dure réalité qui s’impose au chef de l’Etat. Pour la nomination de son gouvernement, le chef de l’Etat a dû démarcher pendant sept mois pour parvenir enfin à un compromis avec Joseph Kabila. La nomination du gouvernement Ilunga a pris presque deux mois – le temps que le FCC et le CACH se mettent d’accord sur le profil des candidats.

Si des observateurs reconnaissent que ce sont des contraintes dues à la coalition, c’est l’Etat congolais qui en pâtit. Le pays marche à reculons. La cause, c’est bien entendu la chape de plomb collée au chef de l’Etat.

Il ne faut oublier que le FCC rêve de revenir aux affaires en 2023. De ce point de vue, il n’a aucun intérêt à travailler pour la réussite du mandat de Félix Tshisekedi. Bien au contraire, le FCC se sert de tous les moyens à sa disposition pour étouffer le chef de l’Etat.

Que faire en pareille situation ?

Il faut libérer Félix Tshisekedi. C’est le passage obligé pour lui donner réellement l’occasion de gérer la République. Pour l’instant, il ne sait pas le faire, tant que le FCC veille au grain.

Il fait remonter en 2006 pour comprendre le sort qui s’abat sur Félix Tshisekedi. A l’époque, Joseph Kabila gagne les premières élections libres et démocratiques qui inaugurent la 2ème République. En face, Joseph Kabila devait supporter la présence inconfortable de Jean-Pierre Bemba, arrivé 2ème à la présidentielle. Celui-ci passe pour un handicap que Kabila doit subir. Les dissensions entre les deux leaders vont déboucher sur un affrontement armé en plein cœur de la capitale, Kinshasa. Pour donner la chance à Kabila d’asseoir son emprise sur le pays, Bemba sera contraint à l’exil, avant d’être incarcéré à la Cour pénale internationale.

Plus loin de la RDC, la Côte d’Ivoire est passée par le même schéma. En 2010, la crise post-électorale met aux prises le président élu Alassane Ouattara et le sortant Laurent Gbagbo. Finalement, c’est Ouattara qui en sortira gagnant, alors que Gbagbo devra passer son temps en détention à la Cour pénale internationale. Pareil au Sénégal entre Macky Sall et Abdoulaye Wade, tout comme Joao Lourenco et José Eduardo Dos Santos en Angola. Dans les deux cas, les sortants ont été obligés de s’effacer pour donner l’occasion aux entrants d’asseoir leur emprise sur le pays.

La RDC ne devrait-elle pas passer par ce schéma ? Car, il faut reconnaitre que l’omniprésence du président sortant Joseph Kabila sur la scène politique gêne énormément Félix Tshisekedi. A moins de faire preuve de naïveté, le FCC n’a jamais été de bonne foi dans l’accord qui le lie au chef de l’Etat. Le FCC est dans la logique de la terre brûlée, c’est-à-dire placer Félix Tshisekedi dans les conditions de ne pas travailler.

Il est temps de neutraliser les forces politiques négatives qui tirent vers le bas le chef de l’Etat. D’autres pays sont passés par là, avant une sortie de crise. Avec Félix Tshisekedi, la RDC a peut-être besoin de passer par le même schéma. Dans les milieux politiques et diplomatiques, le sujet fait déjà débat ».

Sous le titre « « La vision du Président » », l’éditorialiste de Forum des As ironise un brin.

vendredi 8 novembre 2019

« Selon la vision du chef de l’Etat », « Conformément à la vision du Président de la république », « Dans le cadre de la vision du Président », tutti quanti. Pas un discours d’un officiel rd congolais sans qu’on n’y trouve cette formule invoquée et évoquée à temps et à contretemps. Le concept « vision du Président » est mangé à toutes les sauces. C’est devenu la tarte à la crème.

Certes, comme chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi a une vision pour le pays. Il l’a exprimée notamment dans son discours d’investiture en début d’année. Mais, cela n’est pas une raison pour faire de la « vision du Président » le refrain de tous les discours et déclarations officiels.

Un coup d’œil dans le rétroviseur (Zaïre-RDC) renseigne que ce réflexe digne de Pavlov a été le détonateur, d’une part, de la démission collective de responsabilité de nombre de… responsables et du culte de la personnalité.

Est-il besoin pour un ministre, chef de son département, de justifier le moindre de ses actes réglementaires par la « vision du Président de la république » ? Sonne-t-il responsable pour un mandataire public – ADG, DG…- de devoir citer systémiquement et systématiquement le chef de l’Etat et sa vision là où on attend de lui qu’il décline l’objet social de l’entreprise dont il la direction ? Idem pour un gouverneur de province mutatis mutandis.

Cette overdose autour de la « Vision du Président » a pour conséquence de faire du chef de l’Etat un homme providentiel, mieux un deus ex machina, un demi dieu venu du ciel pour sauver son peuple.

En la matière, les Zaïro-congolais en savent non quelque chose, mais beaucoup de choses. Enormément de choses. Eux qui ont vu, sur leurs écrans, un Président toiser le ciel ! Le culte de la personnalité, on sait comment il commence. Mais bien malin qui pourrait prédire les proportions qu’il finit par prendre.

De grâce, aidons le Président à réussir son programme, pour autant que celui-ci cadre avec l’intérêt général. Mais, ce n’est pas en récitant matin, midi et soir « vision du Président » qu’on accompagne de la plus efficace de manières FATSHI.

Divers

Le Bulletin de l’ACP annonce que le saut-de-mouton érigé dans la commune de Ngaliema, au quartier Kinsuka-Pompage, sera mis à la disposition des usagers de la route d’ici à deux ou trois semaines.

L’agence poursuit que cet ouvrage, l’un des dizaines qui sont en train d’être construits à Kinshasa dans le cadre du Programme d’urgence des 100 jours du président de la République, pourra parer à l’épineux problème des embouteillages qui font perdre beaucoup de temps aux Kinois.

Laissez un commentaire

Vous devez être connectés afin de publier un commentaire.