L’ancien chef rebelle Bosco Ntaganda condamné à 30 ans de prison (CongoForum)

LA HAYE / GOMA – L’ancien chef rebelle Bosco Ntaganda (46) vient d’être condamné à 30 ans de prison. Les réactions fusent de partout sur la condamnation de cet ex-rebelle. Notamment à Goma, au Nord-Kivu, les réactions sont vives. Bosco Ntaganda a été responsable pour beaucoup d’exactions, d’abus et de faits de violence à l’est du Congo.

Selon Frédéric Macirire, chef de travaux dans plusieurs universités, la peine infligée à Bosco Ntaganda est tout à fait justifiée. « Ce verdict est proportionnel aux crimes qu’il avait commis, notamment en Ituri. Evidemment les proches des victimes ne retrouveront plus les leurs tués par ce rebelle, mais ils seront vraiment fiers du processus de réparation amorcé par cette haute cour internationale à leur faveur ».

Bosco Ntaganda, alias ‘le Terminator’, a été reconnu coupable de massacres de civils et de viols de jeunes filles enrôlées comme enfants soldats en RDC. Ces crimes ont perennisé la pauvreté de beaucoup de personnes et ont transformé pas mal d’enfants en orphelins.

Une leçon pour d’autres

Un jeune étudiant congolais au Burundi pense que ça doit être une leçon pour tout autre mouvement rebelle qui sème le terreur sur le sol congolais. « Ils doivent rendre les armes pour faciliter une paix durable au pays et permettre aux jeunes dans leurs rangs de laisser les armes et de retourner dans leurs villages pour aller étudier, cultiver, faire l’élevage pour le bien de leurs enfants ainsi que leurs communautés respectives. A part ça l’armée congolaise ainsi que le chef de l’État vont les traquer comme des chiens jusqu’au dernier de leur partisans. »

Certains pensent que Bosco Ntaganda doit réparer tout ce qu’il a commis comme faute grave contre la population congolaise, surtout au Nord-Kivu et en Ituri. En plus, il faudrait poursuivre ses commanditaires – en RDC ou ailleurs – pour qu’ils répondent aussi de leurs actes.

Traquer tous impliqués

Elie Mastaki, un jeune gomatricien, commente : « Je trouve cette condamnation exemplaire mais la CPI devrait être capable de tracer tous ceux qui pourraient être impliqués dans les différents crimes. Ce chef rebelle était appuyé par certains dignitaires nationaux et internationaux, alors que la CPI étende ses poursuites à tous les présumés criminels ! On a condamné Bosco, mais les mêmes gens vont nous fabriquer un autre ».

Toujours selon Elie Mastaki la RDC doit assurer aussi que justice soit faite et que les victimes soient assistées et indemnisées. « Sur le plan environnemental il faut réparer tous les dégâts causés. Les Nations Unies prévoient la préservation de l’environnement en temps de guerre. Que la CPI et la RDC quantifient tous ces dégâts et que Bosco et les autres payent ».

Un jeune activiste au Sud-Kivu, joint au téléphone, donne sa réaction à CongoForum : « En tant que jeune du Sud-Kivu je ne peux que conseiller aux autres rebelles de se rendre, de déposer les armes et d’adhérer aux FARDC ».

Puis il y a la réaction de Victoire Nzabara, un jeune notable du territoire de Masisi : « Cette condamnation intervient pour montrer à la face du monde que le sang des innocents ne demeure jamais impuni. Bosco Ntaganda a commis trop d’actions inhumaines au Nord-Kivu : des tueries, des viols etc. Maintenant il doit subir sa punition ».

‘Une bonne administration de la justice’

Arsène Mongane est avocat au barreau du Nord-Kivu : « Les personnes qui protégeaient Bosco Ntaganda ou qui étaient derrière lui l’ont facilité à être transféré à la CPI pour éviter l’intervention de la justice congolaise. En tout cas maintenant on assiste à une bonne administration de la justice ».

« Cet ancien rebelle est touché par la peine la plus lourde de l’histoire de la CPI. Ce qui constitue une bonne avancée. Il peut encore faire recours s’il le souhaite. En appel les juges pourront confirmer ou infirmer le verdict ».

« Reste la réparation civile des dommages auprès des victimes. On parle de victimes directes et de victimes indirectes. La CPI a mis en place un fonds pour indemniser les victimes des violences sexuelles, ce fonds doit agir sans oublier qu’ en principe c’est l’auteur des faits qui doit réparer. Le fonds peut faire des efforts mais il faut aussi et surtout soutirer des fonds au patrimoine du chef rebelle, et penser à ses commanditaires ».

Maître Mongane souhaite que la CPI continue son travail pour trouver les co-auteurs des crimes. « L’état congolais devrait accompagner la CPI dans le processus de la réparation civile des victimes. Notre état doit permettre à la CPI d’atteindre les biens de Bosco Ntaganda et de saisir des biens qui lui appartiennent. Ces biens peuvent être vendus aux enchères. Les recettes réalisées par ces ventes aux enchères doivent être versées sur le compte de la CPI ».

© CongoForum – Paulin Munyagala, 07.11.19

Image : Bosco Ntaganda
Source : CPI

Laissez un commentaire

Vous devez être connectés afin de publier un commentaire.