06 12 19/ REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE VENDREDI (Dialogue)

Les conséquences de la réhabilitation du gouverneur du Kongo central sont largement commentées par la presse parue à Kinshasa en ce jour de la Saint Nicolas 2019 .

Affaire Matubuana et soubresauts de la cohabitation

(Il ne faudrait pas céder à la tentation de ne voir que l’aspect comique des choses, soit comme une « caleçonnade » où des dignitaires se retouvent coincés dans une affaire Q, soit commme un combats de coqs clochermelesque entre ministres pour monter au plus haut du fumier…

Le Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba a demandé à son ministre de l’Intérieur, Gilbert Kankonde, de lui fournir des explications sur sa décision de réhabiliter le gouverneur du Kongo-central et son adjoint. Ce gouverneur, Atou Matubuana Nkuluki, avait été suspendu pour son implication dans un scandale sexuel qui avait vu le vice-gouverneur Justin Luemba accusé d’avoir violé une assistante du gouverneur. La décision du ministre de l’Intérieur de réhabiliter le gouverneur suspendu a provoqué la colère de certains députés et du Premier ministre. qui a appris la nouvelle de la réhabilitation … par la télévision. Il a estimé que cet acte « bafoue l’autorité du Premier ministre, nuit à l’unité et à la cohésion gouvernementale ». La dispute apparaît comme une nouvelle manifestation de l’hostilité de plus en plus visible entre les formations qui cohabitent au pouvoir, le PPRD de Joseph Kabila, et l’UDPS de Félix Tshisekedi. Le Premier ministre est ssu du FCC , tandis que le ministre de l’Intérieur est UDPS.

Les sorties de Ramazani Shadary avaient ulcéré le camp UDPS. Avaient suivi des déclarations offensives, voire offensantes, et des destructions mutuelles d’affiches de Kabila et de Tshisekedi par des groupes adverses. Le secrétaire permanent du PPRD en avait remis une couche (on peut difficilement croire que ce soit sans l’assentiment de M. Kabila) en apparaissant, le dimanche 24 novembre, en…kimono de ju-jitsu, à une réunion de la Ligue des jeunes du PPRD – qui ressemble de plus en plus à une milice – pour leur dire: « Notre Ligue des jeunes et une ligue d’un parti civilisé mais si on vous attaque, nous allons réciproquer ».

Tshisekedi avait gardé le silence. Il essaie, depuis son arrivée sur le fauteuil présidentiel, de grignoter du pouvoir. Notamment au moyen d’un cabinet pléthorique, qui lui permet de dédoubler (la Présidence récuse le terme sans convaincre) certains ministères en créant, avec ses fidèles, des agences directement rattachées au chef de l’Etat. NdlR)

« Affaire Atou Matubuana : Ilunga Ilunkamba et Gilbert Kankonde se répondent de loin ! » titre La Tempête des Tropiques

« Le Premier ministre initie une action disciplinaire contre le VPM, ministre de l’Intérieur qui dit n’avoir pas réceptionné le courrier. Les deux réponses sont relayées par les médias et les réseaux sociaux

Des réseaux sociaux relayés par certains médias à Kinshasa font état d’une action disciplinaire initiée par le Premier ministre et chef du Gouvernement, Sylvestre Ilunga Ilunkamba, contre le Vice-premier ministre en charge de l’Intérieur, Sécurité et Affaires coutumières, M. Gilbert Kankonde.

Il serait reproché à ce dernier la levée de la mesure de suspension du Gouverneur du Kongo-Central, Atou Matubuana, et son adjoint Justin Luemba Makoso. A l’heure actuelle, la situation demeure confuse autour de cette action disciplinaire. Dans l’entourage du Vice-premier ministre Gilbert Kankonde Malamba, on dit ne pas être informé de cette prétendue correspondance du chef du Gouvernement lui demandant des explications sur la réhabilitation du Gouverneur du Kongo-Central et son adjoint, dont les immunités parlementaires n’ont pas été levées pour qu’ils soient entendus par la justice.

Au niveau de la Primature, personne ne veut parler de ce malaise. Pourquoi alors initier une action disciplinaire contre un Vice-premier ministre pendant qu’on refuse d’apporter les précisions nécessaires sur cette affaire ? Aussi, pourquoi avoir fait fuiter une telle information dans les médias, alors que le membre du Gouvernement incriminé semble ne pas être informée ? Voilà autant de questions que se posent certains observateurs.

En tant que Vice-premier ministre en charge de l’Intérieur et Sécurité, Gilbert Kankonde est la deuxième personnalité au sein de l’exécutif national. Une action disciplinaire initiée contre sa personne par le chef de ce Gouvernement central ne devrait donc pas être portée sur la place publique, comme cela semble être malheureusement le cas.

D’ailleurs le VPM Gilbert Kankonde ne reconnait pas avoir réceptionné un courrier émanant de la Primature lui enjoignant d’expliquer sur la réhabilitation de M. Atou Matubuana, en réponse à une question de Radio Top Congo. Il a aussi indiqué avoir remis la situation du Kongo-Central à l’état sur base des dossiers laissés par son successeur.

Au nom de la solidarité gouvernementale, le Premier ministre et Chef du Gouvernement risque de se fragiliser lui-même s’il se laissait influencer par sa famille politique qui ne lésine pas sur les provocations pour pousser le VPM Gilbert Kankonde à la faute. Surtout que dans l’affaire Matubuana, le Vice-premier ministre de l’Intérieur et sécurité n’a fait que respecter la procédure judiciaire et la volonté de l’Assemblée provinciale du Kongo-Central.

Lorsque l’Assemblée provinciale de Kinshasa avait refusé de suspendre le ministre province de Kinshasa de l’Intérieur, Dolly Makambo (poursuivi dans une affaire d’assassinat, pourquoi n’avait-on pas obligé le VPM Gilbert Kankonde de suspendre ce prévenu aujourd’hui condamné à 10 ans de prison ?

Sylvestre Ilunga Ilunkamba est un éminent professeur d’université et aussi un doyen, pour avoir été plusieurs fois ministre avant de diriger aujourd’hui le premier Gouvernement issu de l’alternance démocratique que vient de connaître la RD Congo. Nous continuons donc à croire qu’il maitrise bien la situation, et qu’il saura puiser dans sa sagesse pour éviter toute crise susceptible de mettre à mal la cohésion dont a tant besoin la coalition au pouvoir FCC – CACH ».

Le Phare titre « Feuilleton Atou Matubuana : inquiétant jeu de ping-pong entre Ilunga et Kankonde ! »

« Le feuilleton Atou Matubuana, gouverneur de la province du Kongo Central, est en train de prendre une dangereuse tournure avec l’entrée en scène de deux poids lourds du gouvernement, à savoir le Premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba, et le vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur, Gilbert Kankonde. On rappelle que depuis les scandale de la sextape ayant rendu tristement célèbre son adjoint, Justin Luemba, et son assistante, Mimi Muyita, et dont il était accusé d’être l’architecte, le numéro un de l’exécutif du Kongo Central était suspendu au mois d’août 2019 par le vice-premier ministre intérimaire sortant chargé de l’Intérieur, Basile Olongo, ensuite soutenu par un vote de confiance des députés provinciaux contre la requête du Procureur général près la Cour de Cassation qui sollicitait sa mise en accusation au mois de septembre et, enfin, destitué le mercredi 03 décembre à la suite d’une nouvelle motion de défiance votée contre lui par une partie des députés provinciaux ( 24 sur 41), lors d’une plénière délocalisée dans un hôtel de Matadi.

Mercredi 04 et jeudi 05 décembre 2019, des faits troublants sont venus se greffer sur le dossier. Il y a eu d’abord la tentative d’agression, au Palais du Peuple, du vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur Gilbert Kankonde par deux députés nationaux, en l’occurrence Adrien Phoba et Papy Mantezolo, qui l’accusaient d’avoir réhabilité le gouverneur Atou Matubuana. Signalons que ce membre du gouvernement venait d’effectuer son entrée dans la salle des Congrès, en vue de répondre à une question d’actualité relative aux tueries des civils à Beni ainsi qu’aux dégâts matériels et humains des dernières pluies à Kinshasa, quand il a été bousculé par les deux « honorables » visiblement décidés à lui faire passer un mauvais quart d’heure.

Comme par hasard, au même moment, une bagarre générale venait d’éclater, à Matadi, entre députés provinciaux favorables à la motion de défiance articulée contre Matubuana et ceux qui y étaient farouchement opposés, avec des dégâts matériels importants.

Et, comme si cela ne suffisait pas, les médias faisaient état, hier jeudi 05 décembre, d’une demande d’explication adressée par le Premier ministre Ilunga Ilunkamba au vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur Gilbert Kankonde, à qui il reprochait de ne lui avoir pas réservé copie de la lettre de réhabilitation du gouverneur du Kongo Central. Dans la même correspondance, l’illustre expéditeur déplorait, dans le chef du patron de l’Intérieur, d’avoir appris cette mesure administrative à partir de la télévision.

Réponse du berger à la bergère : Gilbert Kankonde, réagissant sur la radio Top Congo hier, a déclaré n’avoir pas reçu la fameuse demande d’explication du Premier ministre. Il s’est plaint, lui aussi, d’avoir appris l’information des médias. Il a, par la même occasion, mis quiconque au défi de lui produire les lettres par lesquelles il aurait suspendu puis réhabilité le gouverneur Atou Matubuana.

Cohésion gouvernementale menacée

Un des constats à faire à la suite du feuilleton Atou Matubuana est que la cohésion gouvernementale est sérieusement menacée. Alors qu’on s’attendait à un message de solidarité du Premier ministre à l’endroit d’un de ses plus proches collaborateurs menacé de lynchage à l’Assemblée Nationale, dans un décor de barbarie sauvage, on a eu droit à sa caution morale tacite au dérapage d’Adrien Phoba et Papy Mantezolo. Les observateurs notent que les termes utilisés dans la lettre du locataire de la Primature sont de nature à saper complètement l’autorité du vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur vis-à-vis des responsables des exécutifs et parlements provinciaux, qui risquent de ne plus le reconnaître comme leur hiérarchie directe.

L’autre constat est que des pesanteurs politiques, en provenance des regroupements politiques auxquels appartiennent le Premier ministre Ilunga et le vice-premier ministre Kankonde, sont en train de vicier l’atmosphère entre les deux, au point que la guerre semble ouverte entre eux.

Quand on pense au fâcheux précédent des ordonnances présidentielles portant nomination de nouveaux mandataires à la SNCC et à la Gécamines, toujours pas exécutées par le ministre du Portefeuille, on se demande où va la coalition Cach-FCC.

Le vœu de nombreux compatriotes est que l’harmonie revienne au plus tôt au sein de l’équipe gouvernementale, car ses membres devraient être au service du peuple et non de leurs familles politiques ».

L’affaire du gouverneur Matubuana et son adjoint non seulement laisse le pouvoir au Kongo Central en ébullition aujourd’hui mais aussi démontre que le gouvernement ne fonctionnement pas normalement, analyse Le Potentiel.

Il s’étonne du retard avec lequel le Premier ministre réagit par rapport à cette affaire alors que le FCC a réagi un jour après, soit le 30 septembre, par un communiqué signé par son coordonnateur, Néhémie Mwilanya.

Sur sa lancée, Le Potentiel estime que l’affaire Matubuana « met à nu le dysfonctionnement du gouvernement Ilunga Ilunkamba ».

Le quotidien s’étonne du retard qu’a pris le Premier ministre pour réagir dans ce dossier : « Sept jours après l’acte posé par un membre de son gouvernement, alors que le FCC a réagi un jour après, soit le 30 septembre, par un communiqué signé par son coordonnateur, Néhémie Mwilanya ». Le journal conclut que l’imbroglio règne aujourd’hui dans le Kongo Central tout simplement parce que les « dirigeants compétents n’ont pas pris des décisions qu’il faut au moment opportun ».

Gilbert Kankonde Malamba, vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et des Affaires coutumières, renseigne Actualite.cd, a reçu ce jeudi 5 décembre une lettre de demande d’explication émanant du Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba.

Il lui est reproché d’avoir pris la décision de réhabiliter le gouverneur Atou Matubuana sans en avoir au préalable consulté sa hiérarchie. Le Premier ministre dit se référer à l’Ordonnance n° 17/024 du 10 juillet 2017 portant organisation et fonctionnement du gouvernement, modalités de collaboration entre le Président de la République et le Gouvernement ainsi qu’entre les membres du gouvernement, indique le site web.

Pour le chef du gouvernement, indique 7sur7.cd, l’acte posé par le vice-Premier ministre de l’Intérieur a bafoué son autorité et porte atteinte à la cohésion de l’exécutif national.

Le Premier ministre souligne qu’aucune décision de cette importance ne pouvait être prise sans son avis, « compte tenu de la gravité des faits commis par Atou Matubuana et Justin Luemba », ajoute le site web.

Dans sa correspondance, ajoute Cas-info.ca, Sylvestre Ilunga rappelle que « l’un des partenaires de la coalition au pouvoir à savoir le FCC avait publiquement désavoué le comportement du gouverneur et de son adjoint(…) et que le procureur près la Cour de Cassation avait ouvert un dossier pénal à charge des concernés et ce, sans compter les diverses initiatives en cours au niveau de l’Assemblée provinciale du Kongo-Central ».

« Sylvestre Ilunga vs Gilbert Kankonde : ça sent le régime 1+4 », titre Forum des As qui évoque une « tension de plus en plus visible au sein du gouvernement » suite à la réhabilitation controversée du gouverneur et vice-gouverneur du Kongo Central.

Rapportant la lettre de demande d’explication du Premier ministre adressée au Vice-premier ministre de l’Intérieur, le journal mentionne que le chef du gouvernement n’y va pas par le dos de la cuillère, pour qualifier la décision de Gilbert Kankonde comme une façon de se « moquer de son autorité et de saper la cohésion gouvernementale ».

Le quotidien indique qu’aujourd’hui encore, on semble ressasser le comportement du schéma 1+4 lorsque les membres du gouvernement d’alors faisaient plus allégeance à leurs composantes respectives, plutôt que de se considérer comme membres du corps que fut l’Exécutif national.

Congo Nouveau parle d’un « premier choc entre le FCC-CACH » dans cette affaire Atou Matubuana. Bien qu’évoluant dans une coalition, les deux regroupements politiques semblent s’épier ; chacun cherchant à piéger l’autre. Le trihebdomadaire estime que le ton utilisé par le Premier ministre dans sa lettre ressemble ni plus ni moins à des « remontrances faites à un adversaire ».

« Pour certains observateurs, à travers sa lettre, le Premier ministre s’adresse indirectement au chef de l’Etat dont le VPM chargé de l’Intérieur est très proche. Et pour donner le ton, le mercredi 4 décembre dernier, le VPM Kankonde a fait l’objet d’une agression au Parlement », raconte le tabloïd.

Divers

Entretemps, La Prospérité signale « CACH : l’UNC appelle à la mutation en plateforme politique »

« Depuis que Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe, au nom de leurs partis politiques respectifs, ont signé l’accord de Nairobi formant la coalition CACH, il y a plus d’un an, certains analystes ont relevé le fait qu’ils avancent désormais sans boussole. Bien que leur union ait abouti à la prise du pouvoir, à l’issue des dernières élections de 2018, auxquelles a été élu Président de la République, Félix Tshisekedi. Son Directeur de Cabinet et Président National de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC), a épinglé cet aspect des choses au cours d’une réunion de la Direction politique nationale du parti tenue à Kinshasa, le 4 décembre 2019.

Il était question d’évaluer la situation sécuritaire et humanitaire sur l’ensemble du pays ainsi que le fonctionnement de la coalition Cap pour le Changement (CACH). L’UNC a donc invité les membres de la coalition CACH à se structurer en une plateforme politique pour consolider l’alliance entre l’UNC & Alliés et l’UDPS & Alliés, en vue de renforcer la cohésion et l’unité d’action derrière le Président de la République.

‘’A cet effet, un projet de charte a été adopté et sera soumis à l’appréciation de nos alliés de l’UDPS & Alliés pour une éventuelle adoption par notre coalition‘’, précise le communiqué de la réunion, signé par Vital Kamerhe.

Il est plus que temps aujourd’hui pour les membres du CACH qui forment une partie de la coalition au pouvoir avec leurs alliés du Front Commun pour le Congo (FCC), de se réorganiser pour mieux affronter les prochains défis autant politiques que sociaux.

Au cours de cette réunion, l’UNC a aussi condamné les massacres, tueries et toutes formes d’exactions perpétrées par les groupes armés et autres forces négatives notamment sur les populations de Beni, Ituri et Tanganyika.

Ainsi, a-t-elle invité ses membres, quels que soit leurs statuts au sein ou en dehors des institutions de l’Etat et du parti, de s’abstenir de tout propos, faits et actes concernant la situation à l’Est et susceptibles d’envenimer ou de choquer la conscience nationale et internationale ».

La Tempête des Tropiques titre à la Une «Insécurité à Beni : les députés nationaux demandent la permutation des généraux des FARDC »

« Face aux tueries perpétrées presque chaque jour par les rebelles ougandais d’ADF contre les populations civiles du territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu, des voix s’élèvent de plus en plus au sein de l’opinion nationale pour exiger la permutation des officiers de l’Armée nationale (FARDC) qui sont restés longtemps sur ce front.

La dernière réclamation en date, c’est celle des députés nationaux. Plusieurs de ces élus qui ont pris la parole au cours d’une plénière de l’Assemblée nationale convoquée le mercredi 04 décembre pour l’audition plaident pour l’audition des ministres de la défense et de l’Intérieur à propos de l’insécurité qui sévit à Beni, ont exprimé cette demande de vive voix.

Plus de 80 députés nationaux qui ont pris la parole lors de cette séance plénière. Selon eux, il faut envoyer de nouvelles troupes et de nouveaux commandants non originaires dans la région meurtrie de Beni . Ils ont notamment cité les exemples des généraux tels que Mbuza Mabe, Bahuma, Mamadou Ndala qui ont eu du succès dans cette région sans en être originaires.

« On doit sanctionner tous ces commandants. Il faut aussi enlever toutes ces troupes qui ont fait longtemps dans cette région. Il faut envoyer des personnes en dehors de tout doute soupçonnable et en lien avec les égorgeurs [rebelles ougandais des ADF] », a affirmé le député Paul Muhindo.

Concernant la collaboration avec la MONUSCO, certains députés nationaux ont estimé que la Mission onusienne devrait quitter le pays. D’autres, par contre, redoutent que le départ précipité de la MONUSCO joue en faveur de l’ennemi. « Soyons prudents avant de demander le départ précipité de la MONUSCO. Nous ne devons pas tomber dans ce piège, pour ne pas servir le cynisme et les intérêts inavoués de ceux qui ont pris notre pays en otage », a martelé le député Gratien Iracan.

On espère que le sujet sera évoqué par le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, lors du discours qu’il prononcera, la semaine prochaine, sur l’état de la Nation devant le parlement réuni en Congrès ».

Le Potentiel titre « Moïse Katumbi : il est temps de sortir du bois »

« Gouverneur adulé du Grand Katanga puis par l’ensemble de la RDC, Moïse Katumbi a été considéré vers la fin de son mandat comme l’homme à abattre par la Majorité présidentielle de Joseph Kabila. Contraint à l’exil, il n’a pas pu se présenter à la présidentielle de décembre 2018 du fait d’une parodie de justice. Rétabli dans ses droits, le leader de l’opposition nourrit de grandes ambitions pour 2023. Aussi s’est-il empressé d’annoncer la création de son parti politique dès son retour au pays. Puisque 2019 touche à sa fin, nombreux sont les compatriotes qui lui demandent de sortir du bois aux fins de se positionner à temps par rapport aux autres prétendants.

Moïse Katumbi, président d’Ensemble pour le changement, a entamé la première étape de son « safari national » dans l’Est. Après une pause, il entend reprendre sa randonnée dans la partie Ouest de la République par la ville de Kisangani, avec comme point de chute Kinshasa.

Partout où il est passé, il a remercié la population pour le soutien que celle-ci lui a apporté pendant son temps d’exil, mais aussi l’encourager à tenir bon malgré toutes les difficultés liées à l’insécurité, la précarité de la vie, etc.

Débuté dans le Grand Katanga, le safari de Moïse Katumbi a drainé un monde fou à son passage dans les grandes villes de la RDC. Lubumbashi, Kolwezi, Bunia, Beni, Butembo, Goma, Kindu n’ont pas résisté au charme de Katumbi. Après les villes de l’Est, Katumbi se prépare à donner l’assaut dans la partie Ouest, y compris les provinces du Centre, bastion de l’UDPS du chef de l’Etat Félix Tshisekedi.

S’il ne confirme pas encore sa candidature – c’est trop tôt, note son entourage – il est un fait que Katumbi balise déjà la voie. Il se met presque dans la position d’un potentiel présidentiable pour 2023. Il y a cependant des zones d’ombre qui persistent. Evidemment, la grande interrogation qui taraude les esprits est celle de savoir la bannière avec laquelle Moïse Katumbi battra pavillon en 2023.

En tout cas, jusqu’à preuve du contraire, Katumbi ne s’est jamais désolidarisé de Lamuka, la plateforme dont il est co-fondateur. Dans toutes ses déclarations, Katumbi se dit adepte d’une « opposition constructive ». Ce qui l’éloigne fondamentalement de l’aile dure de Lamuka, incarnée notamment par Martin Fayulu et Adolphe Muzito. Ces sons discordants font jaser et indiquent qu’il existerait des fissures au sein de l’opposition.

En réalité, au sein de Lamuka, il y a déjà une bipolarité qui ne dit pas son nom. Il y a d’un côté, les modérés qui se retrouvent dans le discours de Katumbi, face aux radicaux qui ont opté pour la ligne dure en s’alignant derrière Fayulu et Muzito.

On sent déjà une certaine rupture. Pour preuve, Katumbi a pris l’habitude depuis un temps de s’afficher plus comme président d’Ensemble pour le changement qu’un des leaders de Lamuka. Des signes d’éloignement sont bien visibles.

Qu’est-ce à dire ?

On sait d’ores et déjà que Moïse Katumbi a toujours rêvé de diriger la RDC. Il pensait le faire en 2018 en s’engageant dans la course présidentielle, avant que le président honoraire Joseph Kabila ne déploie sa machine pour lui barrer la route. Avec Félix Tshisekedi, aux commandes jusqu’en 2023, Katumbi estime avoir enfin une chance de prétendre au trône présidentiel. 2023 se prépare maintenant, ne cessent de l’exhorter tous ceux qui croient en lui.

Et pour cause. Ses probables concurrents se mettent déjà en ordre de bataille.

L’UDPS est en train de s’organiser pour élargir les appuis au chef de l’Etat dans le cadre d’une Majorité présidentielle populaire. Autour de Félix Tshisekedi, le projet est très avancé. Actuel directeur de cabinet du chef de l’Etat, Vital Kamerhe ne pourrait pas s’effacer, comme en 2018, au profit de Félix Tshisekedi. Parallèlement, la famille politique de Joseph Kabila continue à mûrir sa réflexion pour être en mesure de capitaliser ses chances de succès en 2023. La dernière retraite de Kisantu, dans le Kongo Central, a d’ores et déjà fixé les grandes lignes de la bataille de 2023.

Que fait entre-temps Moïse Katumbi ? Difficile à dire. Toutefois, dans son entourage, on laisse entendre qu’il se presserait lentement. Des indiscrétions rapportent que Katumbi nourrit le sérieux désir de créer un grand parti en vue de l’assaut présidentiel de 2023. Sur ce point précis, rien n’est encore fixé. Il prend son temps ; le temps d’étudier le terrain et ses futurs collaborateurs. Ne dit-on pas que celui qui veut aller loin ménage sa monture.

Pour d’aucuns, Moïse Katumbi devrait vite sortir du bois et se définir de manière claire face à l’opinion nationale et internationale. Ceux-ci ne voudraient pas le voir balloter entre continuer avec Lamuka ou faire cavalier. Tailler son propre chemin n’irait pas en contradiction avec le rapprochement inévitable avec des partenaires éventuels le moment venu.

Le peuple doit savoir de quel côté se trouve Moïse Katumbi. Et le leader d’Ensemble pour le changement n’a pas intérêt à entretenir indéfiniment le flou autour de sa personne, c’est-à-dire comme acteur politique. Il est un fait qu’au sein de Lamuka, sa voix est marginale – Fayulu et Muzito ayant choisi d’évoluer dans des extrêmes. Alors, que gagnerait encore Katumbi à rester dans un regroupement qui ne prêche pas son idéologie ? C’est tout le problème.

S’il a des ambitions pour 2023, c’est maintenant que Katumbi doit se prononcer. Il est imprudent d’attendre que le temps s’égrène pour se positionner lorsque sera lancé le sprint électoral de 2023.

Avec son aura qui a dépassé les frontières du Grand Katanga, Katumbi jouit d’un atout majeur qu’il devra capitaliser à tout prix. Il ne lui reste plus qu’à trouver le cadre pour faire passer son message et forger sa stature de potentiel présidentiable. Sans conteste, Lamuka n’est pas le lieu indiqué pour lui. L’opinion a hâte de voir Moïse Katumbi rebondir sous une nouvelle casquette, à savoir celle qui le place en véritable sprinter favori pour 2023, une ligne d’arrivée qui se rapproche à grands pas ! »

Laissez un commentaire

Vous devez être connectés afin de publier un commentaire.