Les gomatriciens s’apprêtent à fêter le Nouvel An malgré la situation d’insécurité et le chômage (CongoForum)

GOMA – Comme partout dans le monde les congolais s’apprêtent, eux aussi, à fêter le Nouvel An. Dans la ville de Goma (Nord-Kivu) et à l’est du pays cette situation se produit aussi en dépit de l’insécurité et du chômage. CongoForum constate que les habitants fréquentent les marchés locaux au centreville pour se procurer des habits appropriés et la nourriture pour partager avec leurs familles et amis. L’année 2020 a été une année remplie de moments difficiles.

Madame Furaha Ramazani, une mère d’environs 45 ans, visite le marché central de Virunga pour faire certains achats. “Moi je suis venue pour acheter des habits pour mes enfants et pour moi-même”, explique-t-elle. “J’aimerais aussi trouver à manger au marché car je dois organiser une petite fête pour mes enfants et les voisins. Nous voulons manger ensemble et essayer d’oublier certaines difficultés de 2020. Si nous avons des petits moyens c’est grâce à mon époux. Nous voulons bien débuter 2021”.

Les vendeurs au marché ne semblent pas trop optimistes. “En dépit des préparatifs pour le Nouvel An nous n’avons pas encore vu venir les clients en masse”, disent certains. “Les années précédentes nous recevions beaucoup de demandes pour des achats”.

“Ils n’achètent pas comme d’habitude”

Ombeni Kabambi vend des chaussures et des vêtements. “Les gens passent mais n’achètent pas comme d’habitude”, constate-t-il. “Certains veulent trouver des habits à des prix moins chers. Cela nous dérange, nous risquons de tomber en faillite après les fêtes”.

Beaucoup de jeunes manquent de pouvoir d’achat pour pouvoir fêter. “La crise financière ne nous permet pas de fêter”, explique Alain Akwonka, un jeune chômeur qui vit au Quartier Himbi de Goma. “La seule solution sera de rester à la maison pour méditer et bien préparer l’année prochaine. Avec un bon emploi je saurais fêter comme certains autres. Je demande au gouvernement congolais de penser aux jeunes et de trouver des mesures pour nous sortir du chômage”. Et Alain poursuit: “Des jeunes qui ne trouvent pas à manger ou ne savent pas comment fêter risquent de se livrer aux mauvais comportements, ce qui peut avoir un impact négatif sur leur vies”.

La situation des enseignants

Les enseignants de Goma confirment que c’est très difficile de fêter le Nouvel An sans moyens financiers. “Moi je suis enseignant dans une école privée mais nous ne sommes pas contents du travail des gestionnaires de notre école”, raconte Nicolas Baguma, un père de deux enfants qui n’a pas assez d’argent. “Pour moi le congé scolaire a démarré sans aucun sou, ce qui risque de créer des tensions au sein de ma famille qui avait espéré de vivre un moment de joie. Quand je n’arrive pas à fêter avec ma famille, je suis considéré comme un irresponsable”.

C’est clair que la fin d’année est un bonheur pour certains et un malheur pour des autres. La pauvreté permanente pèse énormément sur les familles. Souvent les épouses mettent leurs époux sous pression ce qui pousse certains hommes à faire l’impossible pour tenter de satisfaire leurs femmes.

© CongoForum – Paulin Munyagala, 30.12.20

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