Beni: au moins 38 morts, bilan des massacres des villages de Kisunga et Kamwanga en chefferie de Bashu, l’armée denonce un conflit du pouvoir (CongoForum)

BENI – Le bilan de l’attaque ADF la nuit de jeudi à vendredi 12 novembre dernier dans les villages de Kisunga et Kamwanga en chefferie de Bashu dans le territoire de Beni ne cesse de s’alourdir du jour au jour. Jusqu’au samedi la nouvelle société civile congolaise évoque un bilan provisoire de 38 morts. Alors que d’autres sources indépendantes parlent même d’environs 40 civils tués. Il s’agit tous des otages qui avaient été emportés par les assaillants au terme des incendies des infrastructures sanitaire du centre de santé Kyalumba à Kisunga non loin de Kyondo. Ils ont été tous tués dans le Graben, selon la société civile.

Face à cette consternation totale en chefferie de Bashu, Moïse Kiputulu, coordonnateur de la nouvelle société civile du Congo (NSCC) en territoire de Beni, demande le remplacement de tous les militaires affectés dans la chefferie et leur commandement respectif. Il leur reproche de faillir dans leur mission.

Il en est de même pour les autorités de l’état de siège dans la province du Nord-Kivu. Il s’agit notamment du gouverneur militaire et policier, des administrateurs militaires et policiers ainsi que tous les maires policiers de cet état de siège. Selon ce cadre de la société civile, cette gouvernance spéciale décrétée en province du Nord-Kivu par le chef de l’Etat a plutôt empiré la situation et a étendu les massacres dans les entités qui n’étaient pas même touchées par cette hémorragie sécuritaire.

Réaction de l’armée

Concernant la multiplicité des attaques ADF dans la chefferie de Bashu, l’armée dénonce une implication des milices qui seraient créées par des chefs coutumiers en conflit dans cette entité coutumière. C’est le porte-parole de l’opération Sokola1 qui l’a révélé en réaction aux dernières tueries enregistrées aux villages de Kisunga et Kamwanga.

Dans cette dénonciation l’armée parle d’une probable implication des milices liées au pouvoir coutumier de Bashu. Le porte-parole de l’opération SOKOLA1 parle d’un règlement de compte entre les chefs coutumiers de cette chefferie. Le capitaine Anthony Mwalushayi ajoute que les miliciens, qui ont multiplié les attaques contre les FARDC, sont au service de trois familles qui se disputent le pouvoir coutumier.

Réaction de la société civile

Réagissant à cette nouvelle version de l’armée sur ces tueries à Bashu, la société civile du Nord-Kivu accuse plutôt la défaillance des forces loyalistes devant l’ennemi. Edgar Mateso, vice-président de la coordination provinciale de la société civile, demande ainsi au commandement militaire d’arrêter ces chefs coutumiers qui sacrifieraient leurs administrés. Il ajoute que ce que l’armée déclare, c’est simplement d’une échappatoire. « Les embuscades contre les véhicules sur l’axe Komanda-Luna, les attaques en secteur de Ruwenzori et aujourd’hui Bashu, partout là-bas y-a-t-il des conflits de pouvoir ? », s’interroge la société civile du Nord-Kivu.

© CongoForum – Roger Mulyata, 15.11.21

Image – source : presse congolaise

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